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 Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)

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Chün Müdân

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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   Jeu 27 Nov - 18:56

De retour dans sa chambrée, Hui Kânhao s’étendit sur son lit pour revisionner la journée qu’il avait passée avec Suno.  Que de richesses ! Que de partage entre cet inconnu d’une contrée lointaine et lui ! Une contrée pas si lointaine en fait si on regardait les cartographies, mais il était probable qu’il n’y mettrait jamais les pieds… sauf miracle.

Ah oui, il faut que je me documente sur « Les Lunes Rouges » ! Sur la Princesse qui les anime et leur donne une âme à ce que j’ai compris à demi-mot… Je ne doute pas des qualités de Suno et je ne cherche pas à trouver la faille… Je veux juste connaître et comprendre… En cela, je suis le digne fils de mes parents… Comprendre avant de juger.

Un sourire flottait sur son visage quand il s’endormit, toujours habillé, sur son lit de soldat.


Le lendemain, de bonne heure, il emmena ses troupes avant le levé du soleil vers une frontière qui préoccupait l’Empereur. Sa mission était de lui ramener des informations sur les mouvements des troupes de l’Empire Kiang. Peut-être était-ce dérisoire ou peut-être était-ce sérieux et embarrassant. Il lui fallait le déterminer. L’empereur Sun Lui Ma tenait beaucoup à ce que son empire soit serein et prospère.
La troupe chemina vers la frontière nord durant plus d’une journée et fut attaquée par des brigands. Ils furent rapidement éliminés ou emprisonnés et la frontière fut sécurisée. Hui y laissa une escouade entraînée et garda une liaison pérenne avec elle au cas où d’autres événements se produiraient. Il avait bon espoir que plus aucun conflit ne se déclencherait à cet endroit.
Aussi, fit-il demi-tour dès le lendemain, comme il était prévu, avec le reste de sa troupe.


De retour au fort, il fit son rapport à son supérieur. L’ayant transmis par la voie hiérarchique, il se rendit à la bibliothèque pour s’informer sur l’armée de Soriyeo. Il y avait peu d’informations sur le sujet et Hui s’en étonna. Mais il lut tout de même un article informatif qui le captiva :

Les "Lunes Rouges" soient indissociables de la famille royale. Ils sont intimement liés à leurs choix et actions, ce qui fait que selon les pouvoirs en place, ils ne sont pas libres d'exercer leur vraie vocation, aider le peuple. Les volontés de leur premier commandeur et ancien roi n'étant pas toujours les vertus des suivants. C'est pourquoi il est une grande chance que les "Lunes Rouges" soient désormais sous le contrôle de la princesse Sian Nyang, vu qu'elle a plus a cœur les intérêts de son peuple que ceux de la couronne et de la noblesse.

Hui ne comprenait pas bien ce qu’il était en train de lire, mais une chose était sûre, Les Lunes Rouges étaient l’armée privilégiée de la Princesse Sian Nyang qui les commandait. Hui en était peiné, mais en même temps, il se rendait compte qu’il était lui aussi à la solde de son Empereur. Seulement, son armée avait des chefs de guerre qui imposaient parfois leurs ressentis et leurs objectifs. L’Empereur Sun Lui Ma leur laissait parfois le privilège d’exprimer leurs compétences. Etait-ce le cas en Soriyeo ? Il n’en était plus très sûr.

Il n’avait rien trouvé de particulier sur Suno. Cela ne le chagrina ni ne le surprit. Un soldat était un quidam soumis et intègre. Quoi de plus ? Pourtant, il avait senti autre chose en lui que la soumission… l’intelligence du combat. Comment se pourrait-il que de tels guerriers n’aient pas leurs compétences reconnues ? Hui était dubitatif.
En plus, il n’avait pas senti Suno malheureux de son sort. Alors, il y avait quelque chose de manquant dans son puzzle… Ou alors, Suno appartenait à une élite dont il n’avait pas idée, lui, le petit Lieutenant… Et il en fut triste. Pourquoi lui aurait-il caché sa position dans l’armée de son Royaume ?
Non… Il ne comprenait pas et c’était tout. Inutile de rejeter la faute de son ignorance sur les autres !

Hui alla se doucher longuement, doutant de lui, mécontent de ce qu’il n’avait pas compris et désireux de se reposer. Il savait que s’il n’avait pas compris Suno, c’est que ce dernier ne lui avait pas donné les clés pour le comprendre. C’était son droit. Hui resta longtemps sous l’eau chaude comme pour se laver de toutes ces déceptions et elles lui tenaient à la peau.


Le lendemain, il se présenta au bâtiment dévolu aux étrangers et demanda la permission de voir Suno. Ce qui lui fut accordé. Il frappa doucement à la porte de la chambre de celui qu’il avait considéré comme son ami et après son ouverture, s’enquit :

Avez-vous le temps de le perdre avec moi ?
J'aimerais que vous acceptiez de vous entraîner avec moi... Ce serait un grand honneur.
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Suno Uji

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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   Mer 3 Déc - 11:00

Suno avait songé au soldat qu'il avait rencontré la veille lorsqu'il entendit un bruit de cavalcade au petit matin, avant le levé du soleil. Il n'avait pas véritablement trouvé le sommeil cette nuit là, son esprit étant en paix, il n'éprouvait pas le besoin de le reposer d'avantage. Il avait alors profité de ce temps pour se promener sur les remparts du fort. Il ne pouvait aller bien plus loin tant que le soleil n'était pas plus levé, les soldats ayant leurs ordres et il le comprenait parfaitement.

Les jours suivant c'étaient passé ainsi dans la quiétude. Les entrainements rythmaient la vie quotidienne et il avait également passé une bonne partie des deux après midi dans la bibliothèque, à feuilleter divers récits et à se renseigner sur l'histoire de l'empire. Il était désireux de parfaire ses connaissances.

Au matin du troisième jour, le Commandeur était sorti comme à son accoutumée très tôt. Il avait parcouru quelques kilomètres en dehors de la ville au pas de course, accompagné par Dang Na et deux autres de ses Lunes Rouges. Ce petit échauffement était un prélude à leur entrainement et permettait de remettre les idées à leurs places. De retour, Suno fit un détour par ses quartiers afin de vérifier quelque chose quand on frappa à sa porte.
Son premier réflexe fut de penser que l'empereur avait peut être pris sa décision mais cela l'étonnait, c'était un délai plus que court pour une telle décision.
En voyant Hui devant la porte, il lui sourit et le salua, comme on salut un ami.

Bien le bonjour mon ami, je suis heureux de vous voir en un seul morceau, vous sembliez si sombre il y a trois jours ... . Avez-vous fait bon voyage ? Tout s'est il bien passé lors de votre mission ?

Avez-vous le temps de le perdre avec moi ?
J'aimerais que vous acceptiez de vous entraîner avec moi... Ce serait un grand honneur.

Le Commandeur lui sourit.

Passer du temps avec vous n'est pas une perte, croyez moi et si vous désirez vous entrainez, je vous en prie, suivez moi j'y allais également et peux vous proposer de vous entrainer avec nous, toutefois je me dois de vous prévenir que vous allez sans doute devoir vous accrocher. Au risque d'être d'une immodestie piètre, nos entrainements sont plus durs que des entrainements classiques et poussent les corps dans leurs retranchements, rares sont les personnes qui peuvent en suivre un en entier dès la première fois.

Il sortit avec lui et se dirigea vers le terrain d'entrainement. Une fois arrivé, Dang Na vint à leur rencontre et Suno l'avertit que Hui s'entrainerait avec eux. Il savait qu'il ne devrait alors montrer aucun enchainement ou technique propre aux Lunes Rouges, chose à laquelle il s'astreignait en terre étrangère. Sur le terrain, ses hommes le saluaient, comme il se devait. Suno soupira légèrement, il ne pourrait plus se cacher désormais. Il espérait que le comportement de cet homme ne changerait pas.
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Chün Müdân

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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   Mer 3 Déc - 22:28

Hui Kânhao apprécia l’accueil de son compagnon des « Lunes Rouges »  et le suivit avec excitation.  Certes, il se savait très moyen en combat, mais il espérait apprendre de ces étrangers au travers de son nouvel ami. Aussi le suivit-il avec enthousiasme, sans rien laisser paraître cependant, sauf un sourire de satisfaction et de remerciement.

Sur le terrain, il fut surpris de la déférence des soldats envers son ami… Peut-être était-il un combattant reconnu et glorieux ? Mais il y avait un malaise dans le cœur de Hui… Ce Suno était un véritable chef. Hui baissa la tête et pensa un moment furtif se retirer de l’entraînement qu’il avait tant désiré. Il se sentait trahi.  Mais, il avait sollicité ce privilège qui lui avait été accordé. Alors comment reculer ?

Il se positionna selon les ordres et combattit du mieux qu’il put mais le cœur n’y était pas vraiment. Il fit des fautes qui lui valurent des coups meurtriers. Il avait l’esprit ailleurs, se demandant qui était ce nouvel ami… ami ? Il n’en était plus très sûr et cela le chagrinait. Alors, il fit le vide dans son esprit et se battit comme un diable jusqu’à en être couvert de sueur, les yeux vitreux, les gestes instinctifs, tout à l’attente de son adversaire et flairant ses moindres décisions… Il fut indomptable et cruel… comme jamais.

Quand l’entraînement s’acheva, il était carrément détruit physiquement. Il avait le souffle court, les membres douloureux et la sueur lui brûlait les yeux alors que son esprit battait encore la campagne. Il alla se mettre sous la douche chaude et salvatrice, savourant la relaxation de tous ses muscles, mais son esprit n’y trouvait pas le repos. Il s’assit sous le jet d’eau chaude et se couvrit les yeux de ses mains. Les larmes salées se mêlèrent à l’eau suave  qui coulait et cette quiétude le rassura. Il quitta les lieux sans croiser personne.

De retour dans ses quartiers, il trouva une lettre de sa sœur. Elle était datée de plusieurs semaines et donc, il pouvait craindre ce qu’il voulait ! Mais la lettre était agréable et rassurante… Elle lui donnait même une adresse où lui répondre et, dans un sourire, il s’y mit aussitôt :

Chère Pivoine, ma sœur aimée,

J’attendais tant de tes nouvelles ! Je suis ravi que tu ailles bien et je prie les Dieux tous les soirs pour nos parents et toi.
J’ai rencontré un nouvel ami, mais je ne sais pas bien si c’est vraiment un ami ou s’il fait semblant… tu connais le problème, n’est-ce pas ? Pourtant, je crois que cet homme te plairait beaucoup : il est cultivé, joli de son apparence et il plait à nos parents. Il est étranger, de Soriyeo… est-ce vraiment important ? Je t’en parlerait plus longuement dans ma prochaine lettre ou peut-être n'en parlerais-je plus du tout ! Je suis encore dans l’expectative…

Je t’embrasse tendrement et prends bien soin de toi.

Ton frère qui t’aime
Hui Kânhao

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Suno Uji

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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   Jeu 4 Déc - 11:40

Suno avait apprécié les efforts déployés par Hui lors de l’entrainement. Il n’avait pas été ménagé mais avait bien tenu. Toutefois, il l’avait observé et avait vu son esprit vacillé à un moment. Il avait ensuite parut dans un état second, comme si sa conscience l’avait abandonné et que seul la tension maintenait son corps.

Il l’avait ensuite observé et l’avait trouvé distant, méfiant, presque effacé. Il était partit assez vite après la fin de l’entrainement, sans trop s’attarder. Suno en fut contrit mais il pensait savoir d’où venait ce malaise. Il sentait une distance se créer avec cet homme et cela venait du fait qu’il n’avait pas été franc dès le début. Du moins, il pensait que c’était ça, le soldat avait du se renseigner sur les Lunes Rouges ainsi qu’il le lui avait dit mais son anonymat de façade ne correspondait pas avec l’attitude de ses hommes.

Il y réfléchit quelques temps puis se décida. Il mit son armure légère puis se dirigea vers les quartiers des soldats de Myong. On lui indiqua les appartements de Hui Kânhao et il s’y dirigea. On le salua sur le passage, quelques soldats l’ayant reconnu. Il le leur rendit et continua sa route. Il frappa à la porte et attendit. L’homme lui ouvrit.

Mon ami, je me dois d’être honnête envers toi. Je t’ai senti méfiant et distant ce matin et je ne peux que te comprendre, je n’ai pas été totalement honnête avec toi. Non pas par malhonnêteté mais plutôt pour ne pas créer un malaise entre nous. Toutefois, en ne voulant pas cela, je l’ai malgré moi créé. Puis-je entrer ?

Hui s’écarta et le laissa entrer. Suno s’inclina légèrement pour le remercier.

J’ai pour nom Suno Uji, je suis le Commandeur des Lunes Rouges. Je n’ai pas voulu te le révéler afin que notre échange puisse rester simple, naturel, au-delà de toutes considérations de grade ou de protocole. Je le demande à certains de mes hommes, je leur demande quelques fois de mettre le protocole de coter. Je suis avant tout un de leurs, je suis avant tout un soldat.
Je n’ai pas été désigné par mon prédécesseur comme c’est la coutume. Il fut tué lors d‘une bataille et je fus élu par « acclamation », ces hommes ont décidé de me confier leurs vies. Je suis resté comme j’ai toujours été et le resterais toujours.


Il inclina le torse devant Hui.

Je te demande de m’excuser et de ne pas me juger trop sévèrement. Je n’ai pas fait cela par malice, disons que je trouvais cela plus simple. Je pourrais comprendre que tu m’en veuilles mais te demande ta confiance tout de même.

Il regarda le soldat et attendit une réponse, une réaction.
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Chün Müdân

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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   Jeu 4 Déc - 18:17

Hui laissa entrer Suno et répondit à son salut respectueux. Il avait le regard triste de ceux qui avaient été abusés. Puis il l’écouta et son esprit comprit ce que son cœur n’acceptait pas. Il ne savait plus comment se comporter devant ce Commandeur qu’il avait pris pour un simple soldat, susceptible d’être un camarade, d’entendre ses racontars ou ses anecdotes de simple Lieutenant… Il se trouvait devant un homme important de l’armée de Soriyeo et il savait qu’ils n’étaient pas égaux. Dans ces circonstances, que partager ?

Evidemment, votre position dans l’armée du Royaume de Soriyeo est exceptionnelle et je comprends qu’à vos yeux, j’ai pu paraître naïf ! Vous n’avez pas l’air d’en rire et je vous en remercie. Malgré tout, je suppose qu’il ne sera plus possible d’espérer une amitié entre nous puisqu’elle serait bancale, n’est-ce pas ? Je ne suis que Lieutenant, c’est bien plus bas qu’un Commandeur… Bien plus anodin… Très en dessous…
Décidément, mon grade insipide me poursuit dans mes rencontres : ma fiancée, vous…


Hui se laissa tomber sur un coussin où il se recroquevilla comme une fleur qui se fane.  Il pensait qu’il n’était pas à la hauteur des souhaits de ses parents qui l’auraient préféré lettré et instructeur, ni pour sa sœur qu’il n’avait pas su marier, ni pour son Empereur qui le laissait végéter au grade infamant de Lieutenant malgré des années de dévouement et de combats glorieux… ni pour Suno qu’il aurait souhaité son ami… Il ne valait même pas la corde pour se pendre !

Partez, Commandeur ! Laissez-moi maintenant… A moins que vous ne vouliez vous saouler à mes déboires ? En ce cas, je vous ramène à ma chère taverne… Mais j’y serai aussi bien seul.

Il leva un visage empreint de désespoir vers son invité. Intérieurement, il s’en voulait de montrer ainsi ses faiblesses. Mais curieusement, il ne lui en voulait pas. Il s’en voulait plutôt à lui de n’être pas à la hauteur de Suno Uji.

Il est vrai que vous m’avez caché votre grade. Je l’ai appris aujourd’hui et j’en ai été surpris dans le mauvais sens du terme. Par contre, je tiens à vous dire que vous êtes la plus belle rencontre de ma vie. Même si elle doit s’achever avec la nuit. Vous m’avez fait suffisamment confiance pour me raconter votre enfance, votre abandon et la perte de votre famille originelle… et en cela, je vous sais gré. Je ne dirai rien à personne à votre sujet. Rien… jamais !

Hui Kânhao se leva et marcha lourdement vers la porte de son habitat qu’il laissa ouverte derrière lui. Il se dirigea vers la taverne où il savait trouver le réconfort souhaité et l’oubli de son existence dérisoire. Il ne se retourna pas pour savoir si Suno Uji le suivait ou pas. Par contre, il soupesa la bourse qui était cachée dans les plis de son hanfu et calcula combien de verres il pourrait boire.
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Suno Uji

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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   Ven 5 Déc - 17:26

Evidemment, votre position dans l’armée du Royaume de Soriyeo est exceptionnelle et je comprends qu’à vos yeux, j’ai pu paraître naïf ! Vous n’avez pas l’air d’en rire et je vous en remercie. Malgré tout, je suppose qu’il ne sera plus possible d’espérer une amitié entre nous puisqu’elle serait bancale, n’est-ce pas ? Je ne suis que Lieutenant, c’est bien plus bas qu’un Commandeur… Bien plus anodin… Très en dessous…
Décidément, mon grade insipide me poursuit dans mes rencontres : ma fiancée, vous…

Suno le regarda s’effondrer sur ses coussins.

Pourquoi cela ne serait il plus possible ? Une amitié n’est jamais bancale, elle ne se soucie pas des grades, elle est neutre et sincère. Je n’étais pas sincère avec vous de peur de votre réaction, celle que vous avez justement. Je me fiche du grade qu’il peut y avoir entre nous, comme je vous le dis, une amitié est neutre.

Il était peiné pour Hui, de le voir ainsi le chagrinait, il ne voulait pas que ce dernier se dévalorise par rapport à lui, ce n’était nullement ou bien son attention. Quand il le vit se lever et lui proposer de boire, il ne put s’empêcher d’avoir un peu plus pitié de lui. Il se fourvoyait quand à ses pensées et ce qu’il pouvait imaginer.

Il le regarda partir puis il prit quelques secondes de réflexion avant de le suivre à son tour. Il fit un détour par ses quartiers, il savait où allait le soldat, il savait donc où le trouver. Il se changea et mit un simple duromagi pour le suivre. Il le rattrapa alors qu’il allait entrer dans la taverne. Il lui prit alors le bras.

Hui, je vous ai dit que je n’avais rien à faire de votre grade. Seule votre amitié compte. Si je vous ai raconté que je demandais à mes hommes de me tutoyer c’est que je les ai connus bien avant d’être Commandeur. Je suis avant tout un soldat et dans le privé je n’accepte pas que mes hommes me vouvoient, du moins pas ceux que je connais depuis de nombreuses années. Je n’accepte pas que des personnes que je considère comme mes amis puissent se trouver obligé de respecté un certain protocole.

Si vous vous dites mon ami, considérez moi comme vous m’avez considéré jusqu’à ce soir, simplement, normalement. Pour ma part, mon amitié vous est acquise, n’en doutez pas.
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Chün Müdân

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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   Ven 5 Déc - 18:13



Hui Kânhao regarda longuement Suno Uji, écoutant ses paroles de réconfort et il y crut… du moins, il les comprit. Cet homme était le plus étrange qu’il ait jamais connu, ne se gonflant pas de ses mérites ni de ses titres, désirant que ses hommes soient proches pour une plus grande complicité et donc, par là même, une fidélité accrue. A la fin du discours de Suno, à la porte de la taverne, Hui s’inclina vers lui et sourit en relevant la tête.

Je vous ai appelé « camarade » et « soldat » lors de nos premières rencontres, ce qui m’aurait valu le fouet et la prison si j’avais autant manqué de respect à l’un de mes supérieurs. Je sais maintenant que vous ne me sanctionnerez pas, mais je tiens pourtant à vous présenter mes excuses pour n’avoir pas décelé en vous un être d’une grande position. Commandeur Suno Uji, je suis également contrit d’avoir essayé de vous éloigner de moi, alors que mon souhait le plus profond en était à l’antipode. Ne me laissez plus délirer… mon… ami ?

Hui et Suno entrèrent dans la taverne et prirent place à une table un peu en retrait. La tenancière arriva, souriante et avenante, à son habitude, et demanda ce que ces Seigneurs de guerre venaient fêter chez elle.

Hui lui répondit : La fraternité sans tabou ni frontière !

Elle virevolta sur elle-même en riant, ayant pris leur commande. Puis elle revint avec une bouteille d’alcool légèrement ambré, deux petits verres et quelques bols de mets épicés : Il ne faut pas boire l’estomac vide. C’est offert par la maison ! Elle disparut avant que les deux hommes puissent la remercier, laissant toutefois son regard ardant couler de manière insistante sur Hui. Ils se sentirent tout à coup affamés et picorèrent dans les bols, tout en devisant aimablement. Puis ils trinquèrent, choquant leurs verres remplis d’alcool.

Je ne me souviens plus de la dernière fois où j’ai ainsi dîné avec un ami aussi exaltant et convivial !

Hui riait en se masquant la bouche de la main par politesse et pour ainsi paraître bien éduqué. Mais il riait ouvertement et cela ne lui était pas arrivé depuis bien des années. Il racontait des anecdotes pour faire rire son ami à son tour et cela fonctionnait bien, l’alcool aidant. Il ne s’apercevait pas que la Dame de la taverne ne le quittait pas des yeux…
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Suno Uji

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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   Mar 9 Déc - 16:56

Je vous ai appelé « camarade » et « soldat » lors de nos premières rencontres, ce qui m’aurait valu le fouet et la prison si j’avais autant manqué de respect à l’un de mes supérieurs. Je sais maintenant que vous ne me sanctionnerez pas, mais je tiens pourtant à vous présenter mes excuses pour n’avoir pas décelé en vous un être d’une grande position. Commandeur Suno Uji, je suis également contrit d’avoir essayé de vous éloigner de moi, alors que mon souhait le plus profond en était à l’antipode. Ne me laissez plus délirer… mon… ami ?

Suno lui sourit.

Ici nul fouet, nul prison pour de telles paroles. Simplement un sourire et de bonnes paroles.

Il lui donna une tape à l’épaule, semblable à celle qu’il donnait à ses hommes lorsqu’il était avec eux. Entrant dans la taverne, Suno se sentait le cœur plus léger et d’une humeur festive, chose assez rare chez lui qui était plutôt réservé. Il avait envie de faire durer l’instant jusque tard dans la nuit et de profiter de ce moment de vie. Alors que Hui commandait en souriant, il remarqua un léger regard de la tenancière pour ce dernier. Il sourit légèrement mais comme cela ne dura que quelques secondes, il ne sut s’il avait bien vu ou avait rêvé.

Le plateau qu’elle apporta sentait divinement bon mais ils ne purent exprimer leur gratitude, elle était repartie en un instant, ne laissant planer dans l’air que une note fugace de son parfum aux senteurs florales. Bien rapidement dominé par les notes de cumin, curcuma, curry ou encore safran se dégageant des amuses bouches apportés. Suno avisa dans un petit bol quelques morceaux de gingembre, un de ses aliments préféré, il en saisit un morceau qu’il croqua à pleine bouche. Quel délice.

Hui avait versé un verre chacun de cet alcool ambré. Le Commandeur n’avait aucune idée de ce que cela pouvait être mais alors qu’il le sentait, il se demanda si ce n’était pas une sorte de saké. L’odeur lui rappelait cet alcool. Ils choquèrent alors leurs verres et burent une rasade du breuvage. Suno fut surpris par le feu de l’alcool, il était puissant. Il toussa légèrement et souffla un grand coup. Il regarda Hui qui riait en le voyant ainsi. Il lui sourit en retour.

La soirée se passait agréablement mais Suno avait cette constante impression qu’ils étaient observés. Il repéra assez vite ce qui lui donnait cette impression et aperçu la tenancière qui ne lâchait pas Hui du regard, autant que faire se peux en restant la plus discrète possible. Suno sourit, son ami avait une admiratrice et il ne le savait pas … . Il allait devoir remédier à cela.
Cela faisait un moment qu’ils étaient ici, combien de temps, cela il ne saurait le dire, il sentait ses sens légèrement altérés par l’alcool et se dit qu’il était temps de stopper cela.
Il reposa son verre en prenant une dernière boule de riz gluante.

Mon ami, il est temps pour moi, hélas, d’interrompre cette soirée. Il me faut regagner mes quartiers, au fort. Je tiens à te remercier de cette délicieuse soirée.

Il se leva et vit que Hui faisait de même.

Toutefois, je ne te permettrais pas de repartir d’ici et de me suivre. Du moins, pas avant que tu n’es parlé à cette jeune femme.

Il fit un léger signe de tête vers la tenancière qui leur tournait le dos.

Cette jeune personne n’a eut d’yeux que pour toi tout au long de cette soirée et ce serait une offense de ta part que de ne pas aller engager la conversation avec elle. Je te le demande d’un ami à un autre : va la voir et parle lui. Crois-moi, tu as tout à y gagner.

Il s’étira un peu.

Si tu souhaites te joindre à nous de nouveau demain matin, sache que tu seras le bienvenu. Il est cependant possible que tu ressentes fortement les efforts que tu as déployés ce matin. Cela est même plus que probable et bouger te sera douloureux, c’est une chose normale pour ceux subissant notre entrainement au début.

Allez mon ami, je te laisse. Et surtout n’oublies pas, vas lui parler.

Avant que ce dernier n’ait pu répondre il partit en direction du comptoir et y laissa quelques pièces, largement de quoi couvrir leur repas. Il remercia la tenancière et sortit.
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Chün Müdân

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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   Mar 9 Déc - 18:55

La tape sur son épaule réconforta Hui Kanhâo et il en éprouva un grand soulagement intérieur. Toute sa culpabilité s’envola et il sut qu’il y aurait d’autres entraînements, même s’il sentait quelques muscles inconnus à ce jour se manifester par une bonne lassitude.

Si la soirée fut fort agréable, les dernières paroles de Suno au sujet de la Dame de la taverne lui causa un certain ébahissement ou plutôt un ébahissement certain. Et ce fut la bouche légèrement sèche qu’il regarda Suno regagner ses quartiers. Il prit le temps de finir son verre, de picorer encore dans les bols largement entamés pour se donner du courage. Puis il se leva et rejoignit le comptoir où se tenait la jeune femme. Ce fut les yeux baissés qu’il s’adressa à elle, en prenant garde que personne d’autre qu’elle n’entende ses paroles.

Je vous remercie, ma Dame, d’avoir agrémenté notre soirée de mets exceptionnels. Vous avez eu une idée généreuse que mon ami et moi avons beaucoup appréciée. Cependant, il ne pourrait être autrement que je vous paie ce repas sans être honteux de reparaître devant vous et dans votre établissement.

Il entendit un rire assourdi et sentit une main se poser sur la sienne et se retirer immédiatement. Ce geste lui fit lever les yeux vers elle et il s’aperçut qu’elle avait les prunelles rieuses au centre d’un iris  mauve, ce qui le remua. Il n’avait jamais vu de regard comme le sien ! Il bafouilla alors son nom et lui raconta qu’il faisait ses classes militaires dans le fort… et tout en parlant, il se rappela qu’elle savait déjà tout ça… qu’il devait lui paraître bêta. Il se racla la gorge pour se donner contenance et la salua avant de sortir de la taverne. Sur le visage de la jeune femme qui le suivit des yeux, il y avait un sourire amusé. Mais elle n’avait prononcé aucun mot.

De retour dans sa chambre, après une douche à laquelle il attribua le bien-être qu’il ressentait, il ne put trouver le sommeil tout de suite. Vêtu de son hanfu prévu pour la nuit, il repensa à toute cette soirée. Il s’aperçut notamment qu’il n’avait finalement pas payé les mets et que la Dame ne lui avait rien demandé. Il se demanda si Suno ne s’était pas fourvoyé dans sa certitude que Hui l’intéressait. Puis il revit ses yeux et son sourire et il convint qu’elle était très avenante avec lui depuis le début de ses visites, toujours gaie, irréprochable. Le sommeil le cueillit sur le souvenir de son parfum.




Le lendemain matin, levé aux aurores, Hui se prépara pour l’entraînement avec les hommes de Suno. Certes, il avait quelques courbatures et la tête un peu lourde de l’alcool ingurgité la veille. Non qu’ils aient bu beaucoup, mais Hui n’en avait pas l’habitude. Il but un thé bouillant avec un bol de gruau très sucré à la cantine du fort et s’en fut vers sa destination sportive. Sur le chemin, il respira profondément l’air vif et parfumé en tentant de s’enlever de la tête le visage de la tenancière de la taverne. C’est quand il trébucha contre une pierre du chemin qu’il se redressa en se concentrant sur les exercices à venir. Inutile d’être ridicule en plus d’être fatigué !

Il rejoignit Suno avant l’heure de l’entraînement et s’amusa à son air curieux.

Je lui ai parlé comme tu me l’avais conseillé.

Et ce fut tout ce qu’il raconta. D’ailleurs, qu’y avait-il de plus à conter ? Honnêtement, pas grand-chose !

Quand l’entraînement commença par des exercices d’assouplissement et de musculation, Hui ne put s’empêcher de grimacer, mais son corps devait se plier à ses exigences et non l’inverse. Les muscles réchauffés, l’esprit aiguisé, la conscience centrée sur l’adversaire, Hui ne fit pas honte à son ami et commença à prendre vraiment du plaisir à cet espace de liberté qu’il s’octroyait en dehors de son armée.
En même temps, il apprenait beaucoup : les armes étaient légèrement différentes, les techniques novatrices pour lui et surtout, la motivation des hommes remarquable. Il comprenait l’engouement de ces guerriers pour leur chef et il était fier d’être parmi eux.

S’étant débarrassé de son armure d’entraînement, Hui s’accorda quelques instants de solitude et inévitablement, après quelques commentaires sur ce qu’il venait de vivre, ses pensées se tournèrent à nouveau vers la belle tenancière.

Je crois qu’elle s’appelle Wenquàn
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Suno Uji

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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   Mar 23 Déc - 10:39

Je lui ai parlé comme tu me l’avais conseillé.


Le moins que l'on puisse dire était que Hui avait le sens de conscision. Une simple phrase pour résumer tant de choses qui avaient pu se passer, ou non. Il ne de vait pas y avoir plus de détails à donner ou du moins rien qui ne regardait le Commandeur.
Il sourit à son ami et fit signe à Dang Na de mener l'entrainement. Il était une fois de plus dans les rangs de ses hommes et subissait l'entrainement à leurs côtés. Il en serait ainsi pour la première partie puis il prendrait le relais.

Le maniement des armes terminé, il alla rejoindre Dang Na et commença le corps à corps. La poussière dégagée par les hommes tombant sous l'effet des prises ainsi que celle soulevée avec les déplacements commençait à se coller aux corps transpirant des hommes. Ils étaient tous semblables, d'une couleur jaune ocre qui les fondait dans la masse et renforçait encore l'impression d'unité qui se dégageait d'eux. Ils n'étaient qu'un, nul héros, nul homme au-dessus des autres, seulement des soldats. Seulement des Lunes Rouges.

L'entrainement se termina et Suno alla auprès de Hui. Il avait noté que ce dernier avait gardé son armure d'entrainement, ce qui n'était nullement dérangeant sauf peut être pour lui au vu de l'intensité de l'entrainement. D'ailleurs, il ne s'en sortait pas trop mal. Bon il avait un temps de décalage et son corps souffrirait plus que les leurs mais pour un novice, ce n'était pas mal.

Il devisèrent de tout et de rien.

Je crois qu’elle s’appelle Wenquàn…

Et tu me sors ça comme cela, au débotté ? Sans autres remarques préalables ? Mon cher, il me semble que tu devrais avoir plus que des suppositions en ce qui concerne cette jeune femme. Il faut que tu en sois sur car elle, pour sa part, est sure de ce qu'elle ressent pour toi. Et je suis sur qu'elle était plus que ravie que tu t'intéresse à elle.

Il rejeta en arrière sa légère mèche de cheveux tressés et remis ses cheveux dans son catogan.

Va lui parler plus longuement, demande à t'entretenir avec elle. Il y a des regards qui ne trompent pas et je sais ce que j'ai vu. Je ne suis pas un expert des choses de l'amour mais je suis observateur et la lecture des sentiments est affaire d'observation donc fais moi confiance et vas-y.
Le fait que tu m'en reparle ainsi, sans prévenir veux également dire beaucoup.


Il lui mit une main ocre sur l'épaule et lui sourit . De minuscules rides de poussières se formèrent sur son visage.
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Chün Müdân

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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   Mer 24 Déc - 21:02



Hui tourna son regard vers Suno… C’était un regard épuisé par l’entraînement, légèrement aigri par ses multiples déconvenues auprès des femmes et un peu triste aussi parce qu’il n’avait aucune nouvelle de sa sœur et il était inquiet.

Je ne sais pas où est ma voie. Je n’ai rien à offrir à cette dame… Mon cœur est tellement lourd d’angoisse au sujet de ma chère sœur que je crois que je vais demander un congé à l’Armée Impériale pour aller à sa recherche. Je pensais que Chûn Müdan me donnerait de ses nouvelles mais elle reste silencieuse et une épine s’enfonce un peu plus dans mon cœur chaque jour.

Il se frotta le visage qu’il avait couvert de boue et de poussière, puis prit la main de son ami et la serra fortement. Puis il se leva et l’ayant salué à la hauteur de son grade, il s’en fut d’un pas traînant.

Hui prit une douche chaude mais son cœur ne s’allégea pas. Il se pencha ensuite sur son écritoire pour faire sa demande de congé à sa hiérarchie. Les mots ne venaient pas aisément, les formules employées paraissaient guindées, mais il persévéra jusqu’au bout. Il écrivit également une lettre à ses parents pour leur expliquer qu’il ne viendrait pas les visiter bientôt comme il avait l’habitude de le faire mais en donnant une fausse raison : inutile de les alarmer !

Puis il s’habilla de son hanfu le plus sobre pour rejoindre la taverne de sa belle. Au passage, il remit sa demande à l’Armée Impériale à un sous-fifre ainsi que la lettre pour ses parents avec quelques piécettes pour le motiver à ne pas l’oublier.
Les rues étaient désertes dans le fort. Tout au plus croisa-t-il quelques officiers qu’il salua et quelques soudards dont il se détourna. Devant la porte de la taverne, il n’hésita pas, contrairement à son habitude de timidité. Il entra d’un pas résolu et se dirigea vers le comptoir où se trouvait Wenquàn.

Bonsoir, belle dame… Auriez-vous quelques minutes à m’accorder ? Servez-nous ce qui vous sera agréable.

Le visage de la tenancière s’illumina à sa vue et Hui se dit que Suno était plus clairvoyant que lui-même. Elle acquiesça d’un sourire et prit le temps de servir deux verres d’une liqueur orangée avant de le devancer vers une table à l’écart des clients. Ils s’assirent tous les deux face à face et Wenquàn attendit que Hui lui parle. Ses magnifiques yeux étaient interrogateurs.

Je sens en vous, en moi, un lien spécial, une attirance comme seuls deux aimants pourraient fonctionner… Non, ne dites rien ! Si je me trompe, quittez simplement cette table et je ne vous importunerai plus. Mais si j’ai raison… alors, je vous demande de m’attendre. Je vais m’absenter quelques jours, quelques semaines et je ne voulais pas que vous vous imaginiez que je vous fuyais. Je pars à la recherche de ma sœur aînée dont je n’ai plus aucune nouvelle. A mon retour, ma première visite sera pour vous.

En effet, la dame ne s’était pas levée et avait même couvert la main de Hui de la sienne, dans un tendre geste. Le guerrier engloba la petite main dans les siennes et la porta à ses lèvres, s’enivrant de son doux parfum. En son for intérieur, il était heureux. Cette femme savait écouter, accepter… Il la savait déjà pleine d’humour et de joie… Elle était belle… plus que belle à ses yeux…

Ayant bu son verre, il se leva et, dans le coin sombre où ils étaient, ils s’embrassèrent passionnément. Ce fut un déchirement pour Hui de la quitter ainsi, mais sa sœur était toujours dans un coin de son esprit. Il regagna ses quartiers pour préparer son paquetage afin d’être prêt dès la permission accordée.
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Suno Uji

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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   Lun 26 Jan - 17:32


Suno regarda le soldat partir, plein de ces interrogations propre à un cœur dans le brouillard. A défaut de brouillard pour sa propre personne c'était plutôt la poussière qui lui obscurcissait la vue. Toutefois, il n'allait pas encore regagner ses quartiers et l’entraînement se poursuivit avec quelques soldats qui restèrent également.
L'arc était une arme considéré par beaucoup comme ignoble car permettant de donner la mort tout en pouvant être protéger. Mais l'art de la chasse n'était il pas l'art noble par excellence ? Et l'on chasse bien avec un arc pourtant.
Que ce soit à l'arrêt ou en marche, à pied ou à cheval, un Lune Rouge se devait de maîtriser l'arc et de faire mouche à chaque coup. L’entraînement se passa ainsi, de nouveau dans la poussière dégagée par les chevaux et les cavalcades de ceux-ci. De nouveau, il ne rentra pas mais enfourcha Jinryon et partit au galop hors de la caserne puis hors de la ville.

Jinryon semblait heureux de se traitement. Le pauvre qui avait bénéficié d'un long moment de sortit avant de se retrouver ainsi au repos forcé ; Ce n'était pas quelque chose qu'il aimait, Suno le savait. C'est pourquoi il avait décidé de le pousser ainsi, de lui offrir une grande bouffée de liberté. Il était fougeux comme un cheval sauvage, certains pensaient que le démon de foudre Ju-Raï lui donnait cette énergie. Suno n'avait que faire de leurs histoire, il aurait donner sa vie pour son cheval et lui confirait également. Il se sentait léger et libre comme ce dernier en ce moment.

Son esprit repartit toutefois vers son ami et il décida de regagner la ville et de passer par la taverne où ils avaient vu la jeune femme. Il se débarbouilla un minimum dans un ruisseau avant de rentrer dans la cité et se dirigea vers ce lieu qui semblait désormais presque familier.
Il aperçut Wenquàn, la jeune femme, arborant un sourire encore plus grand que celui qu'il avait put lui remarquer. A n'en pas douter son ami était passer et ils avaient discuter. Il sourit à son tour et regagna le fort.

Il laissa Jinryon à l'écurie, non sans lui promettre de remettre ça très rapidement. Il fit un détour et passa par les quartiers des soldats et alla jusqu'aux appartements de Hui. Frappant doucement à la porte, lorsque son ami lui ouvrit il lui sourit franchement.

Alors ? Dis moi, cela s'est bien passé, je me trompe ?

Il lui lança un regard complice.
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MessageSujet: Re: Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)   

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Un étranger? Ici? (Pv : Chün Mündân)
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