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 Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]

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Cao Long

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MessageSujet: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Jeu 25 Sep - 12:04

Cao Long déambulait dans les couloirs du palais en compagnie de son cousin Xiahou Dun. Le seigneur de guerre était d'humeur soucieuse. En effet depuis leur arrivée au palais, son épouse Dame Cai Wenji était souffrante, car celle-ci possédait une santé frêle et supportait mal le changement de climat. Ce dernier avait passé des heures à veiller sur elle, jusqu'à que celle-ci lui demanda de ne pas s'inquiéter et de penser à autre chose.

Le gouverneur qui ne supportait pas de séjourner au palais était donc légèrement à cran, de plus l'état de sa femme le rendait plus que nerveux. Ainsi Cao Long décida de se rendre dans l'un des rares endroits du palais qu'il aimait visiter. Il se dirigeait vers la bibliothèque afin d'y trouver un peu de répit. Il avait prit soin d'ôter sa tenue habituelle quelque peu martiale, pour un confortable han fu de soie bleue. Néanmoins Cao Long prit son arme à la main, pensant qu'il valait mieux la garder avec dans un lieu qu'il jugeait hostile.

Les deux hommes marchèrent dans les couloirs pendant plusieurs minutes, des murmures s'élevaient à chaque fois qu'ils croisaient des servants ou nobles de la cour. De toute le déplacement du gouverneur à la capitale impériale n'était pas passé inaperçu, et l'information avait déjà fait le tour du palais. Cao Long détestait cette facette de la cour, aucun secret, aucune information ne pouvaient rester cachés bien longtemps. Ainsi la nouvelle à propos de l'état de Dame s'était répandue comme une trainée de poussière. Et en quelques heures une dizaines de dames issues de la noblesse tentèrent de quérir une visite auprès de son épouse. Ce que le gouverneur refusa catégoriquement, qui les congédia sans aucun remords.

Après plusieurs longues minutes de marche, Cao Long arriva à la bibliothèque impériale dont les portes étaient déjà ouvertes. Il entra dans l'immense pièce et jeta un regard sur les longues étagères. Son cousin borgne s'adressa alors au seigneur.

- Frère Long, ne t'inquiètes pas pour Dame Wenji. Elle ira mieux et recouvrit ses forces d'ici peu.
- Merci frère Dun, je suis touché par ton attention. Mais il est normal pour un mari de s'inquiéter pour son épouse. Même pour le seigneur des Cao.
- Dame Wenji est forte, et elle tient ça de vous. Ayez confiance en elle et tout ira bien.
- Soit, je te crois mon cher frère; Mais je voudrais que tu ailles veiller sur elle pendant que je suis ici. Préviens moi si Dame Wenji se réveille.
- Ce sera fait frère.


Les deux hommes se séparèrent après ce bref échange. Cao Long s'avança plus profondément dans la bibliothèque, et posa son épée sur une table proche de lui. Le seigneur de guerre parcourut les rayons chargés d’inestimable livre à la recherche d'une œuvre. Son attention s'attarda alors sur un œuvre littéraire retraçant la fondation de l'empire Miyong. Il vit alors qu'un eunuque s'approchait pour prendre le même ouvrage. Mais le fonctionnaire se ravisa en voyant le noble poser sa main sur l'ouvrage, puis s'en alla aussi vite qu'il était venu. Cao Long leva un sourcil en signe d'interrogation, et emporta le livre avec lui. L'homme se posa sur dans un coin et commença à étudier le livre, il prenait d'ailleurs quelques notes sur des feuilles de papier.

Ce dernier s'interrompit, il venait d'apercevoir la présence d'une seconde personne dans la pièce. Il crut qu'il s'agissait de son épouse Dame Wenji, ou de son cousin Xiahou Dun. Mais il se rendit compte que ce n'était pas le cas et replongea dans sa lecture.


Dernière édition par Cao Long le Jeu 25 Sep - 22:51, édité 1 fois
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Chün Müdân

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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Jeu 25 Sep - 17:56



En tant que Tutrice des Concubines Impériales, Chün Müdân bénéficiait d’une autorisation pour circuler dans tout le Palais, ce qui n’était pas offert à toutes les servantes des lieux. En tant qu’érudite, elle avait aussi l’avantage de pouvoir entrer dans la grande bibliothèque aux heures creuses et en prenant la précaution de demander aux eunuques et aux gardes si elle ne dérangerait personne.

Cet après-midi là, la bibliothèque était déserte et Chün en profita pour aller y consulter les ouvrages qu’elle ne trouverait jamais ailleurs. Une sorte de plaisir qu’elle s’offrait de temps en temps.
Effectivement, les nombreuses étagères recelaient des trésors historiques, des collections poétiques inestimables, des estampes de maîtres aussi, enfin tout ce que l’Empire possédait de culture y était concentré.
Mais elle n’avait pas l’autorisation de toucher elle-même les ouvrages très délicats et elle devait les demander à un eunuque qui allait les lui chercher pour ensuite lui permettre de les consulter sur un pupitre spécial.

Ce jour-là, elle voulait se documenter sur l’histoire de son Empire. Dans sa tête bien faite, elle avait pensé qu’elle devait se familiariser avec la culture ancienne pour réussir la fête de l’anniversaire de la fille aînée de l’Empereur et de Zhuge Lin Pin. Une touche de valeurs ancestrales ne pouvait qu’apporter de la dignité à cette manifestation.

Quand l’eunuque revint vers elle les sourcils froncés, elle sut qu’elle n’aurait pas ce qu’elle désirait. Il lui expliqua avec douceur qu’un personnage noble, arrivé après elle, avait pris l’ouvrage qu’elle convoitait. Dans la tête de Chün, une alarme retentit : la date approchait… l’Impératrice allait juger sa prestation… l’Empereur lui-même allait être déçu ! Elle ne pouvait pas laisser cette personne passer avant elle, c’était trop urgent.

Elle prit sur elle d’avancer dans les travées de la bibliothèque jusqu’à apercevoir l’homme qui feuilletait l’ouvrage qu’elle voulait elle aussi lire. De dos, il avait une stature impressionnante, il était habillé de soie bleue du meilleur goût et portait ses cheveux attachés en hauteur par un diadème en or. Elle ne pouvait voir de lui que ce dos et l’épée posée sur la table de travail.

Elle s’approcha encore et, baissant les yeux, elle toussota pour manifester sa présence.

Pardonnez-moi, votre Excellence, je suis la Tutrice Chün Müdân de ce Palais Impérial et il est urgent que je puisse consulter l’ouvrage que vous tenez en mains. Je ne vous aurais pas dérangé si cela n’était pas vraiment crucial, croyez-le. Pourriez-vous faire savoir à l’eunuque de cette bibliothèque quand il sera disponible ?
Je ne vous dérange pas davantage. Je vous remercie.


Chün recula de quelques pas toujours courbée.
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Cao Long

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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Ven 26 Sep - 9:59

Cao Long était concentré dans la lecture de l'inestimable ouvrage. Celui-ci continuait à étudier en long et en large les récits décrits par le livre. Il tomba alors sur plusieurs pages écrites en langue ancienne. Le noble intrigué par l'écriture délicate sur le papier jauni, rassembla ses connaissances en langue ancienne et commença alors une brève traduction. Celui-ci écrivit quelques phrases.

« Les deux frères ennemis sous les milles cerisiers
Se tenaient face à face pour leur dernier combat.
Ni les torrents, ni la tempête ne purent les arrêter.
L'un vaillant, l'autre félon aux volontés inébranlables.
Aux millièmes pétales tombées tout deux...»


Il s'agissait d'un poème sur le combat qui opposa le fondateur de l'empire à son propre frère. Le seigneur tenta d'aller plus loin dans la transcription, mais il interrompu par une voix dans son dos.

- Pardonnez-moi, votre Excellence, je suis la Tutrice Chün Müdân de ce Palais Impérial et il est urgent que je puisse consulter l’ouvrage que vous tenez en mains. Je ne vous aurais pas dérangé si cela n’était pas vraiment crucial, croyez-le. Pourriez-vous faire savoir à l’eunuque de cette bibliothèque quand il sera disponible ?
Je ne vous dérange pas davantage. Je vous remercie.


Le seigneur de guerre ne broncha et reprit son travail. Au bout d'une heure le poème commençait à prendre forme petit à petit. Cependant il ne peut contempler son travail car eunuque vint à sa rencontre. Celui-ci salua le gouverneur puis remit son message.

- J'ai message de la par du seigneur Xiahou Dun à son excellence. Dame Wenji vient de se réveiller et demande à vous voir.

Le noble se fit pas prier et referma le livre avec délicatesse. Il le laissa sur la table et prit Da Ji son épée. Puis se dirigea vers la sortie de la bibliothèque impériale. Le quadragénaire s'en alla vers ses appartements, oubliant au passage ses notes, ainsi que son pinceau d'écriture. Son nom était d'ailleurs gravé sur l'étui qui était resté sur la table. Il s'arrêta un bref instant devant l'eunuque et prévint celui-ci que l'ouvrage était libre. Celui-ci s'en alla alors vers ses appartements, afin de voir son épouse. Lorsque Cao Long y arriva, il trouva son cousin, mais aussi son épouse qui s'était le levée de son lit. Cai Wenji étaitassise sur un fauteuil avec son erhu à la main. Elle était entrain de composer un poème pour l'anniversaire de la fille de l'empereur, celle-ci s'arrêta un instant et se dirigea vers son mari.

- Vous arrivez juste à temps mon cher époux ! Je crois que le poème l'anniversaire de la princesse est bientôt prêt. Il faudra le retranscrire au propre à la bibliothèque. Mais avant de le remettre à l'impératrice je voudrais vous le faire écouter.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Dim 28 Sep - 9:25



La jeune femme attendit patiemment, assise sur un banc, que le responsable de la bibliothèque impériale vienne lui annoncer que l’ouvrage qu’elle voulait consulter était disponible. Elle attendit ainsi plus d’une heure et sa patience fut récompensée.

Elle fut conduite à la table où le livre l’attendait, laissé par le Seigneur qu’elle avait osé aborder. Elle remercia l’eunuque qui se retira, la laissant seule. En s’approchant de la table, elle aperçut un étui d’écriture gravé au nom du Gouverneur Cao Long, ainsi que des notes : une traduction d’un poème épique ancien. Bien qu’elle ne fût pas habilitée à toucher ces objets, elle consulta les notes avec curiosité et sourit. Elle connaissait ce poème et quelques approximations traînaient dans le texte du Seigneur Cao Long.
Toute à la joie de partager les goûts littéraires de cet étranger, elle traça des corrections de son pinceau fin en marge des notes manuscrites, changeant par-ci par là un mot ou une expression, une tournure de vers. Elle y passa elle aussi plus d’une heure, oubliant ce qu’elle était elle-même venue y faire. Elle ne mesurait pas non plus l’incongruité d’un tel comportement ni l’impudence avec laquelle ce geste pouvait être perçu. Elle en avait oublié les longues minutes d’attente et d’ennui.

Se retenant de montrer son exaltation, elle remit les documents et le pinceau à l’eunuque de la Bibliothèque et lui demanda de les faire remettre au Gouverneur Cao Long en expliquant qu’il les avait oubliés en partant.

Puis elle fit enfin ce pour quoi elle était dans ce lieu. Elle consulta les coutumes anciennes relatives aux anniversaires impériaux. A sa grande déception, il n’y était décrit que les anniversaires des enfants mâles… et encore, bien après leurs six ans.

Ce fut sur le chemin du retour vers sa petite cour que Chün Müdân sentit son cœur se serrer : elle avait manqué d’humilité en griffonnant les notes du Gouverneur ! Si cet homme s’en sentait blessé dans son orgueil et qu’il décidait de se plaindre d’elle, elle recevrait sûrement un blâme de l’Impératrice… D’un autre côté, c’était son rôle de corriger, d’enseigner, de partager son savoir… Oui, mais avec les concubines ou les enfants de deuxième lignée… Pas avec un Gouverneur !!!

De retour chez elle, tourmentée par son geste impulsif, Chün revêtit son hanfu de travail et des gants pour jardiner et soigner ses fleurs. En général, cette activité d’amour proche de la nature lui vidait l’esprit et la rassérénait. Or, ce soir-là, plus le temps passait, plus la nuit tombait et plus la gravité de son acte lui apparaissait.
Il fallait qu’elle trouve le moyen de rattraper cette bévue…
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Dim 28 Sep - 13:39

Le seigneur de guerre écoutait sa femme chantait le poème accompagné d'une musique jouée au erhu. Cao Long semblait oublier tout ses soucis en écoutant la voix mélodieuse de son épouse. Peu à peu les notes de musiques et le chant bercèrent le quadragénaire qui finit par sombrer dans un profond sommeil. Son épouse bienveillante s'arrêta puis déposa une couverture sur son mari, qui dormait assit sur un fauteuil.

Ce fut alors qu'un eunuque arriva et quémanda le gouverneur. Dame Cai Wenji ne souhaitant pas réveiller son époux et reçut personnellement le serviteur. Celui-ci lui remit l'étui d'écriture et les notes que Cao Long avait laissée à la bibliothèque. La femme congédia avec gratitude le serviteur puis alla s'assoir vers la petite cour intérieure. La poétesse feuilleta les notes de son mari, et fut surprise de voir que les inscriptions avaient été corrigé. Une correction que Cao Long n'aurait jamais laissé faire, sauf par Cai Wenji. La jeune femme émit un rire léger et commença à lire avec attention le poème. Celle-ci eut une agréable surprise, et ne s'attendait pas à ce que les vers soient tournés de manière si soignée. Elle se demanda alors qui avait eut autant d'audace pour réécrire la traduction de son mari, pour en faire quelque chose d'aussi merveilleux.

La journée continua sans encombres. Cao Long qui s'était réveillé un peu avant le coucher du soleil, jouait au Go avec son noble cousin Xiahou Dun. Tout en discutant devant un thé.

- Le cadeau de la princesse arrivera bientôt, son transport n'a pas été le plus simple. Mais il serait judicieux de trouver la place nécessaire...
- Hum... Il s'agit du présent de la province de Gyoseung et de son peuple. Et il est de notre devoir de le remettre en son nom. Peu importe les contraintes... Je demanderais à l'intendance de s'en occuper.
- Quoi de plus majestueux qu'un arbre fleuri comme présent, j'espère que son altesse l'impératrice sera satisfaite.
- Il faut aussi rajouter le poème demander à Dame Wenji...
- Tout cela devra cesser un jour...
- Je sais mais il n'est pas encore venu.


La lune avait fait son entrée dans le ciel étoilé, et Cao Long se tenait a côté de son épouse. Tous deux discutèrent longuement, c'est alors que la poétesse sortit les écrits du seigneur de guerre et lui présenta les modifications qui y avaient été apporté. Ce dernier lut le poème corrigée par la tutrice , puis le reposa avec indifférence.

- La personne qui a touché à mes notes à beaucoup de courage... Osé me corriger.
- Comptez vous châtier cette personne mon seigneur ?
- Hmm... Je tiens d'abord à connaître cet imprudent, ensuite j'en tirerais une décision.
- Serait-ce une pointe d'admiration pour l'érudition de cette personne que je vois ?
- Ne dites pas n'importe quoi Wenji, la seule personne que j'admire dans ce monde se tient avec moi.  
- N'essayez pas de fuir ma question cher époux. Même le grand Cao ne peut se cacher à mes yeux. Nous trouverons cette personne tôt ou tard, soyez en certains. En attendant il faut que je remette mon œuvre à sa majesté. Mais je dois le faire au propre...  
- Ne comptiez pas le faire vous même ?
- Si seulement mon état le permettait... Mais ne vous inquiétez pas, j'ai trouvé la personne apte à cette tâche. J'aimerais que vous demandez la présence de la grande tutrice pour demain...
- Ce sera fait ma douce Wenji...


L'épouse posa sa tête contre l'épaule de son mari, profitant de la douceur nocturne elle se laissa emporter dans un sommeil profond. Quant au gouverneur, il fixa un moment les étoiles puis finit son verre d'alcool de riz. Lorsqu’il eut terminer il porta délicatement son épouse dans le lit. Il se dirigea ensuite dehors et trouva un eunuque.

- Vous ! Je veux que vous préveniez la tutrice impériale. Dites lui que le gouverneur Cao et Dame Wenji requièrent sa présence à ses appartements demain matin, nous tenons à la rencontrée dans la matinée. Précisez que c'est urgent et que nous devons la voir impérativement au sujet d'un poème.


Dernière édition par Cao Long le Dim 28 Sep - 16:48, édité 1 fois
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Chün Müdân

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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Dim 28 Sep - 16:37

La nuit ne lui avait pas porté conseil comme elle l’espérait et Chün Müdân s’était levée le teint brouillé et le regard terne, ce qui avait alarmé Yù Liè sur son état de santé.

- Tout va bien, ma douce, simplement un souci qui n’a pas voulu se résoudre cette nuit, comme je l’espérais… Donne-moi du thé très fort et reviens m’aider à m’habiller, s’il te plait.

Entre-temps, pendant que la jeune femme buvait son thé à petites gorgées gourmandes, un eunuque fit son apparition pour porter un message : elle était invitée ou plutôt sommée de se rendre le matin même au pavillon du Gouverneur Cao Long.

« Peste de toute cette affaire ! Il n’a pas fallu longtemps pour que mon acte soit découvert… Il va me falloir du courage ! Mais je suis de la famille Hao et j’en ai, du courage. Jusqu’à reconnaître mes torts et à présenter des excuses… Pauvre de moi ! Que va-t-il se passer ? »

La jeune femme se fit habiller d’un hanfu jaune pâle brodé d’ivoire et de orange, dans des arabesques très étudiées, mais restant humble. Elle se fit coiffer d’un chignon torsadé et relevé d’épingles d’agent rehaussées de pierres d’ambre et se maquilla sobrement. Ensuite, elle alla vers le rendez-vous que le Gouverneur Cao Long lui demandait.

En chemin, même si elle croisa quelqu’un, elle ne s’en souvint pas par la suite. Elle avançait comme une victime, les yeux baissés sur ses chaussons de soie assortis à sa tenue.

A la porte du pavillon dévolu au Gouverneur, elle se fit annoncer, présentant l’invitation du Gouverneur à l’eunuque de service.

Je suis attendue…

Puis elle s’assit sur le banc de l’entrée. Elle n’y resta pas longtemps. Le même eunuque lui expliqua qu’elle pouvait entrer, mais qu’il lui faudrait être concise et rapide lors de l’entretien, l’épouse du Gouverneur étant de santé fragile. Elle acquiesça de la tête et avança dans la cour, vers les appartements du couple.

A l’entrée du pavillon, elle se déchaussa précautionneusement et entra en se courbant comme si elle avait affaire à l’Empereur.

Mille bonheurs sur vous, Dame Wenji et sur vous, Gouverneur Cao Long ! Je vous présente mes excuses les plus sincères pour avoir outrepassé mes droits et contrevenu au protocole…

Elle s’agenouilla et se pliant la tête touchant le sol, elle supplia :

Je n’avais pas toutes mes idées, j’ai été emportée par mon enthousiasme et je vous prie de me pardonner, d’oublier cet écart… Je regrette si je vous ai blessé, Grand Seigneur…

Elle resta ainsi. De la frange de ses cils, elle pouvait remarquer les deux époux côte à côte, mais n’en apercevait que la frange du bas de leurs vêtements. Le Gouverneur devait être à gauche, le bas du hanfu bleu foncé et vert sombre, et son épouse à sa droite, les couleurs du vêtement dans les verts tendres et ivoire… Cela dénotait déjà de leurs personnalités, elle plus douce que lui… Mais que penser de la suite ?

Chün Müdân avait les larmes aux yeux tellement elle était contrite de son acte insensé. Elle essayait de ne pas éclater en sanglots, ce qui aurait été encore pire que d’avoir fauté. Mais elle était bien consciente que, quoi qu’il se passe, quoi qu’il lui arrive, elle aurait à l’assumer pleinement.

Avec honneur et bravoure.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Lun 29 Sep - 0:05

Les deux époux s'étaient levés de bonheur aujourd'hui, en effet ils devaient recevoir ce matin la tutrice du palais Chün Müdân. Le médecin vint un peu plutôt qu'à l'habitude, afin de donner à Dame Wenji son traitement. Ils se préparèrent ensuite à la venue de la tutrice, et revêtirent leurs hanfus. La couleur des hanfus chacun créait un contraste flagrant, entre le bleu et vert foncé de Cao Long, et le vert tendre ainsi que l'ivoire de Cai Wenji. La jeune femme était d'ailleurs coiffé d'un magnifique diadème orné de fleur représentant la lune, lui donnant un aspect mystique.

La matinée se déroula sans accro, finalement un eunuque annonça au couple l'arrivée de la tutrice, qu'ils autorisèrent à entrer. Ils se mirent alors en place pour recevoir leur invité, et s'assirent côte à côte sur les fauteuils de la pièce. Chün Müdân arriva devant eux, le couple remarqua l'air désolé de la jeune femme qui s'agenouilla devant eux.

Mille bonheurs sur vous, Dame Wenji et sur vous, Gouverneur Cao Long ! Je vous présente mes excuses les plus sincères pour avoir outrepassé mes droits et contrevenu au protocole…
Je n’avais pas toutes mes idées, j’ai été emportée par mon enthousiasme et je vous prie de me pardonner, d’oublier cet écart… Je regrette si je vous ai blessé, Grand Seigneur…

Le couple resta perplexe face aux excuses de la tutrice, et mit quelques secondes pour comprendre la situation. Cai Wenji retint alors un petit rire puis s'adressa avec bienveillance à Chün Müdân.

- Allons relevez vous Dame Müdân... Nous ne vous avons pas appelé pour vous punir, mais pour demander vos services.

La femme du gouverneur tendit alors plusieurs feuilles à la tutrice. Il s'agissait du poème que la poétesse avait composé.

- Sa majesté l'impératrice m'avait demandé  de composer ce poème pour l'anniversaire de la princesse. Cependant mon état de santé ne me permet pas de le mettre au propre personellement. C'est pourquoi je vous demande de le faire pour moi, car j'estime que vous êtes la plus qualifiée pour mener à bien cette mission.

Le gouverneur posa alors son regard sur Chün Müdân, et s'adressa à son tour à la jeune femme d'une voix calme et autoritaire.

- Il va de soit que vous ne devrez faire aucunes fautes, et surtout aucunes modifications... Nous comptons sur vous pour remettre cette œuvre aux mains de son altesse en personne. Puisque la santé de Dame Wenji ne lui permet pas de le faire elle-même.

Tout semblait être réglé pour la tutrice, comme si l'affaire des notes du gouverneur était oublié. Mais se ne fut pas le cas.

- Quant aux notes que j'ai laissé à la bibliothèque... Entant qu'homme de lettres j'ai été impressionné par votre maîtrise de la langue ancienne. Mais entant qu'homme de loi ceci est une entorse flagrante au protocole, qui ne peut pas rester impunie...

Un silence lourd et accablant tomba dans la pièce. Dame Wenji et Cao Long observaient avec un même regard perçant la tutrice. Mais contrairement au gouverneur, l'épouse esquissa un léger sourire. Le seigneur reprit une dernière fois la parole, mais avec un ton moins froid et surtout moins aggressif.

- Cependant il semblerait que vous ayez reçu les meilleurs recommendations. Considérez donc que vous êtes pardonné, mais tâchez de ne pas refaire ce type d'erreur à l'avenir.

Cao Long avait prit sa décision dans la matinée. Il avait choisit de suivre les conseils avisés de son épouses. De plus il ne voyait pas l'intérêt d'une quelconques punition à l'encontre de Chün Müdân.

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Chün Müdân

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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Lun 29 Sep - 20:16

Chün Müdân s’était relevée avec reconnaissance suite à l’imprécation de Dame Wenji. Celle-ci était pâle et tremblait un peu en lui tendant le poème à mettre au propre. Pourtant l’écriture était fluide et fine. Mais la Tutrice supposa qu’elle avait fourni un gros effort pour l’écrire et qu’elle n’avait pas l’énergie de le retranscrire pour l’offrir.

Je prendrai soin de votre poème et je n’y changerai rien, même pas une virgule… D’ailleurs, je pense qu’il est parfait tel qu’il est.

Aux fausses menaces de Cao Long, elle rebaissa les yeux. Le Gouverneur était comme tous les hommes (à part son grand-père) et il ne supportait pas d’être contredit ou corrigé. Heureusement, elle comprit que ses « recommandations » venaient de Dame Wenji. Elle choisit de le lui faire savoir par une offre détournée.

Gouverneur, je vous sais gré de votre mansuétude à mon égard et je vous promets qu’un tel incident ne se produira plus. Grande Dame Wenji, je reste à votre disposition s’il vous venait le désir d’écrire encore… Je serai votre plume, fidèle et soumise.

Elle prit congé dans les règles et s’en fut à la Bibliothèque Impériale où elle savait trouver les meilleurs papiers pour y transcrire les vers de la femme du Gouverneur Cao Long. Elle savait aussi y trouver la paix propice au délice de lire un tel poème… et ce fut le cas.
Dame Wenji n’était pas vieille et elle se souvenait parfaitement de ses six ans. Aussi, avait-elle écrit un poème à la fois doux et joyeux pour une petite Princesse, et à la fois porteur de vœux et d’espoir que les plus grands apprécieraient. Chün en était admirative.

Elle prit soin de s’installer confortablement avant d’écrire le poème de son pinceau le plus fin. Elle s’appliqua à écraser les poils du pinceau ou à les faire voler pour que les idéogrammes soient parfaits. Elle y ajouta des fioritures rouges… et douta…

M’en voudra-t-elle que je prenne cette initiative ? Ne m’a-t-on pas dit de ne rien changer ? Je dois m’en assurer !

Son travail terminé, elle refit le chemin à l’envers vers le pavillon du Gouverneur et confia le manuscrit à l’eunuque qui gardait l’entrée.

Veuillez demander à Dame Wenji si mon travail lui convient, et si ce n’est pas le cas, dites-lui que je le recommencerai jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite. Dites-lui aussi que je suis désolée de la déranger pour un travail que j’aurais dû finaliser moi-même. Mais les dernières circonstances… Enfin, dites-lui mes mots. J’attendrai ici.

La journée avait déjà basculée vers l’après-midi et Chün n’avait rien mangé depuis le matin. Bien qu’elle fût une ascète, elle sentait son estomac protester de ce délai dans la prise de nourriture. Elle s’assit sur un petit banc dévolu aux visiteurs qui attendaient une entrevue et attendit, les mains sur son estomac pour le faire taire et la tête tournant au malaise parce qu’elle n’avait pas mangé au petit déjeuner, angoissée de l’entrevue avec le couple…

Je me sens mal… Désolée…

Chün tomba du banc et perdit connaissance.


Dernière édition par Chün Müdân le Mer 1 Oct - 12:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Mer 1 Oct - 11:19

Gouverneur, je vous sais gré de votre mansuétude à mon égard et je vous promets qu’un tel incident ne se produira plus. Grande Dame Wenji, je reste à votre disposition s’il vous venait le désir d’écrire encore… Je serai votre plume, fidèle et soumise.

Le couple regarda la tutrice se retirer avec humilité, le gouverneur et sa femme restèrent encore quelques minutes sur leurs fauteuils, ressassant la scène qui venait de se dérouler. Cependant les deux époux durent se séparer, en effet Cao Long devait s'en aller afin de remplir ses prérogatives de la journée. il quitta non sans regrets sa femme après s'être assuré qu'elle retourna se reposer. Cette dernière bien que souffrante se sentait mieux, elle resta une partie de l'après-midi à lire tout en discutant avec son fils Cao Shan. Celui-ci venait d'arriver à la cité impériale le matin même, ainsi sur ordre de son père, le jeune devait veiller sur sa mère le temps que le gouverneur revienne dans l'après-midi. Cao Shan portait beaucoup d'attention à sa mère qui avait une santé relativement fragile. Et lui venait en aide chaque qu'elle était dans le besoin. Celui-ci avait acquit le physique quelque peu similaire à son père, mais avait les yeux de sa mère. Il avait aussi en lui l'intelligence et la vivacité d'esprit de celle-ci, mais aussi le caractère obstiné et dur de son père.

Ainsi tout les deux mère et fils passèrent un moment paisible, qui cependant fut interrompu par le message portait par un eunuque. Ce fut le fils qui prit en personne le manuscrit et le remit à sa mère. Cette dernière prit alors connaissance du travail de la tutrice, et fut agréablement surprise par la qualité de l'ouvrage. Le poème avait été rédigé de manière précise, accompagné de quelques petits détails qui embellissait le poème de dame Wenji. Celle-ci renvoya le messager en faisant part de sa satisfaction à propos du travail de la tutrice.

Mais à peine l'eunuque fut parti, qu'il revint paniqué suant à grosse. Il informa Cao Shan et Cai Wenji que Chün Müdân gisait inconsciente dans le hall d'entrée. Cette dernière sortit du lit et s'en alla vers le hall d'entrée le plus vite qu'elle pouvait. Et ce malgré les protestations de son fils. Les deux Cao arrivèrent devant la tutrice qui était allongé sur le banc totalement évanouie.

-Elle est mal en point... Bien plus que moi... Cao shan, je veux que tu la fasse ramener à ses appartements, et que tu l'allonges sur son lit.
- Bien mère je m'occupe de cela tout de suite... En attendant je vous prie de...
- Non, je vais mieux ne t'inquiète pas... Ramène-la à son pavillon et veille à se qu'elle aille bien. Je viendrais te rejoindre dans peu de temps.


Le fils obéit à sa mère sur le champs, et porta dans ses bras la tutrice jusque dans les appartement de celle-ci avec l'aide de l'eunuque. Il fut alors accueilli par une vieille femme qui arriva vers lui complètement paniquée. Yù Liè permit au jeune noble de rentrer et de déposer sa maîtresse sur le lit. Cependant il fallut quelques bonnes minutes à Cao Shan pour faire comprendre à la servante qu'il n'avait pas l'intention de partir.

Cai Wenji arriva un quart d'heure plus tard avec une servante  qui portait un plateau. Elle avait fait faire pour la tutrice un repas pour quand cette dernière se réveillerait. La mère et son fils restèrent plus d'une heure à observait l'état de santé de Chün. Cai Wenji se sentait quelque peu coupable de la situation de Chün Müdân.

- J'aurais du faire plus attention... Personne ne devrait laisser passer son devoir avant sa propre santé... Je crois que nous n'aurions pas dût la convoqué trop tôt...

ils restèrent ainsi dans les appartements de cette dernière, et attendirent son réveil patiemment. Quand la tutrice reprit enfin connaissance et tenta de sortir du lit, Cao Shan se leva et s'adressa à Chün.

- Non restez assise je vous prie, vous n'êtes en état de rependre le travail. Vous devez penser à vous reposer d'abord Dame Müdân.

[HRP: Pour les pnj cités, au cas où ils sont dans le registre de Cao Long ^^]


Dernière édition par Cao Long le Mer 1 Oct - 23:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Mer 1 Oct - 12:53



Avant d’ouvrir les yeux, Chün Müdân bougea un peu en reprenant conscience et les effluves qu’elle sentait étaient son parfum, la douceur des draps celle de son lit… Mais quelle heure était-il ? Comment se retrouvait-elle dans son lit ???

De surprise, elle ouvrit brusquement les yeux et elle aperçut Dame Wenji à son chevet ainsi qu’un jeune homme qui lui ressemblait par ses yeux verts. Probablement un de ses fils ?

Par tous les Dieux des Monastères… Que m’est-il arrivé ?

Puis elle se souvint de son malaise devant le portail de la maison du Gouverneur et tenta immédiatement de se lever. Le jeune homme l’en empêcha. Elle ne pouvait s’adresser directement à lui.

Vraiment, je suis désolée de vous avoir importunée, Dame Wenji ! Surtout que je vous sais de santé fragile en ce moment. Décidemment, je ne vous apporte que des désagréments à vous et à votre Illustre époux. Ne vous souciez plus de moi, ma servante va m’apporter une collation. C’est simplement un petit malaise dû au manque de nourriture… C’est de ma faute, je crois toujours que nourrir mon esprit suffit à tout mon corps !

Elle eut un petit rire gêné. Heureusement, Yù Liè la sauva en apportant une petite table garnie d’un repas complet qu’elle installa entre sa maîtresse et les convives. Toutefois, Chün vit bien que sa servante était vexée dans son regard noir.

Ce repas vous est offert par les cuisines du Seigneur Cao Long et apporté spécialement pour vous par Dame Cai Wenji. Je vais aller faire du thé tout de suite.

Chün comprit alors ce qui avait froissé : elle avait refusé son petit déjeuner et n’était pas rentrée à l’heure du déjeuner, alors qu’elle avait sans aucun doute cuisiné pour elle… Elle devait se sentir mal jugée car il était facile de rejeter la faute du malaise de sa maîtresse sur son incompétence ou son manque de soin. Chün réglerait ça plus tard avec elle.

C’est beaucoup d’honneur, Dame Wenji ! Je ne mérite pas autant d’attention de votre part. Consentiriez-vous à m’accompagner pour ce repas ? Et vous, Seigneur ?
Yù, apporte les baguettes en ivoire pour nos invités, s’il te plaît.


Le repas fut l’un des plus gais que la Tutrice n’eut jamais pris au Palais Impérial. Maintes fois, ses baguettes cliquetèrent contre celles du fils du Gouverneur dans les plats qu’ils picoraient tous deux. Dame Wenji se contentait de boire son thé parfumé, d’écouter et de rire des plaisanteries de son fils. Quand la Dame montra des signes de fatigue, Chün se leva et la remercia encore en se courbant profondément.

Grâce à vous, je me sens bien mieux, Grande Dame. Me feriez-vous l’honneur de me permettre de remplacer votre servante et de vous donner le bras jusqu’à votre pavillon ?

C’est ainsi que la poétesse repartit encadrée de son fils et de la tutrice impériale jusqu’à ses appartements, l’eunuque et la fidèle servante leur faisant cortège. Sur le chemin, Chün se permit une demande :

J’ai beaucoup apprécié la douceur et la finesse de votre poème pour la petite Princesse Cai Cai… Heu… M’en feriez-vous lire d’autres de votre pinceau si talentueux ? Et puis n’oubliez pas mon offre… Je serais éminemment heureuse de transcrire pour vous…

Ils étaient arrivés à la porte de leur cour et Chün n’entra pas. Elle passa le relais à la servante de la femme du Gouverneur et s’inclina profondément avec les formules de politesse d’usage pour leur signifier son retrait. En se relevant, elle croisa le regard de Cao Chan et son cœur battit plus vite. Encore un malaise ?

Elle s’empressa de rentrer chez elle pour affronter le courroux de sa servante Yù Liè et les angoisses de la vieille Hüxï.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Mer 1 Oct - 23:41

Dame Cai Wenji marchait lentement en compagnie de Cao Shan et Chün Müdân en direction du pavillon affrété pour la famille Cao. Elle sentait quelque peu épuisée, mais pourtant la poétesse avait l'impression d'aller mieux depuis son bref séjour avec la tutrice et son fils. Elle observait avec léger amusement ce dernier, qui n'arrêtait pas de porter son regard sur la tutrice. Jusqu'à ce que Chün ne s'adresse à elle avec un peu de nervosité.

J’ai beaucoup apprécié la douceur et la finesse de votre poème pour la petite Princesse Cai Cai… Heu… M’en feriez-vous lire d’autres de votre pinceau si talentueux ? Et puis n’oubliez pas mon offre… Je serais éminemment heureuse de transcrire pour vous…

L'épouse de Cao Long répondit alors à la demande de la jeune femme avec gratitude.

- Dame Müdân, je serais moi-même très honoré de vous remettre certaines de mes écrits afin que vous puissiez en profiter. Ainsi en récompense pour vos services, je tiens à vous offrir quelques un de mes poèmes que j'ai composé personnellement. Je vous les ferais parvenir un peu plus tard à vos appartements par l’intermédiaire de mon fils Cao Shan.

Lorsqu'ils arrivèrent aux portes du pavillon, Dame Wenji, Cao Shan et Chün Müdân durent se séparer. Dame Wenji salua la tutrice puis rentra dans ses appartements, tandis que son fils resta un instant de plus à l'entrée. Son regard croisa celui de la tutrice pendant une brève seconde, le feu lui monta aux joues pendant quelques secondes avant qu'il se décida à rejoindre sa mère.

Cette dernière était déjà dans son lit, assise avec un petit coffret en bois laqué. Cai Wenji était entrain de chercher un petit carnet, contenant une dizaine de ses œuvres. Cao Shan s'assit sur un fauteuil à proximité de sa mère et resta silencieux. Il n'arrivait bizarrement pas à oublier l'image de la tutrice.

La femme du gouverneur trouva finalement ce qu'elle recherchait au bout d'une demi-heure. Celle-ci emballa soigneusement le petit livret dans une tissue de soie bleu, finement découpé. Puis rédigea une lettre qu'elle joignit au paquet. Dans sa missive la lettré expliqua qu'elle lui offrait un de ses livrets d'écriture, où une majeur partie des poème de Cai Wenji avait été couchés sur papier. Elle lui indiqua en dernier lieu de transcrire le dernier poème, et de le terminer. Contrairement aux autres celui-ci était resté dans l'anonymat, car la poétesse ne trouva plus l'inspiration pour l'achever. Elle n'imposa aucun délai, ni aucune restriction à la tutrice, mais juste de lui montrer l'aboutissement du travail qui aurait été fait. Elle voulait voir le talent de la tutrice en matière artistique.

L'épouse de Cao Long remit alors à son fils le paquet, et lui demanda de l'apporter aux appartements de Chün. Mais avant qu'il ne s'en aille, elle adressa une dernière remarque à Cao Shan.

- Cao Shan...Mon fils sais-tu à quel point tu ressembles à ton père ?
- Je ne vois pas où vous voulez en venir mère...


La mère émit un petit rire en voyant l'embarras de son fils.

- Peu importe c'est juste de vieux souvenirs qui me reviennent. Maintenant vas !

Le fils Cao se mit en route vers les appartements de la tutrice pour remettre le présent de sa mère à Chün. Quand celui-ci arriva et frappa à la porte, il fut accueilli par la servante de la tutrice.

- Pardonnez moi de vous importuné, mais je suis Cao Shan fils de Cao Long. Ma mère Dame Wenji m'a envoyé remettre à votre maîtresse ce paquet qui lui ait destiné.  
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Jeu 2 Oct - 16:50



De retour dans son pavillon, Chün Müdân retrouva ses servantes en train de desservir soigneusement les plats qui pouvaient se garder jusqu’au lendemain. Evidemment, tout n’avait pas été mangé. Yù Liè affichait toujours une mine renfrognée et Chün, le remarquant, la fit appeler.

Yù, C’est uniquement ma faute si j’ai eu un malaise aujourd’hui. Je l’ai d’ailleurs expliqué à Dame Wenji et à son fils. Personne ne pense du mal de toi. Et quand bien même… N’est-ce pas moi qui suis la plus importante à tes yeux ? Je ne laisserai jamais dire du mal de toi, tu le sais.

Le sourire réapparut sur la face lunaire de et Chün le lui rendit.

A propos de repas, tu partageras les restes ce soir avec Hüxï. J’ai bien trop mangé pour une seule journée et je me contenterai de thé et de fruits, ce soir.

La petite servante sauta de joie et alla porter la bonne nouvelle à Hüxï. Quant à Chün, elle s’isola dans sa chambre pour changer de hanfu et détacher ses cheveux. Devant son miroir, elle regardait rêveusement son reflet mais elle y voyait le visage d’un autre, le fils du Gouverneur Cao Long. Quel bel homme, cultivé, plein d’esprit… De plus, sa mère ferait une belle-mère des plus adorables… Chün rougit tout à coup de ses pensées et se cacha le visage dans les mains avant d’éclater d’un rire clair.

Ma pauvre petite Pivoine, tu crois que tu as encore seize ans ? Il n’empêche que c’est bien bon de sentir son cœur battre la chamade pour un homme…

C’est alors qu’elle entendit que l’on frappait à la porte de la cour et les petits pas de Yu qui y courait. Ce pouvait être une commande pour les cuisines ou une livraison de papier et d’encre. Chün ne broncha pas, continuant à brosser sa chevelure noire.

Maîtresse, le fils de Cao Long, celui qui vous a ramenée à la maison cet après-midi… il vous apporte un cadeau de sa mère. Je lui ai bien dit que vous vous reposiez, mais il insiste et ne veut pas lâcher le présent.

Cao Chan ? Vraiment ? Fais-le attendre deux minutes…

Chün torsada ses cheveux, mais dans sa précipitation, elle ne réussit pas à obtenir une coiffure sensée et elle les laissa se déployer dans son dos. Avec un soupir, elle se leva et alla au devant de son visiteur.

Seigneur Cao Chan ! Veuillez entrer, je vous prie. Ma servante me dit que vous avez un cadeau de votre mère à me remettre ? Serait-ce de la poésie ? Oh… je suis vraiment troublée de sa générosité.

Le jeune homme entra et ils se retrouvèrent assis sous un saule aux ramures tombantes. Il n’avait pas l’air très à son aise mais il tendit le petit carnet et la lettre de sa mère avec assurance. Chün prit le temps de lire l’écriture élégante de Dame Wenji et rougit comme devant son miroir quelques instants auparavant.

Ainsi, votre mère m’offre de finir l’un de ses poèmes inachevé et de lui soumettre mon travail ? C’est vraiment un grand honneur pour moi. Vous avez de la chance d’être ainsi entouré par de tels parents !

La Tutrice avait le regard brillant d’une femme comblée mais elle n’osait pas trop le lever vers son visiteur. Par contre, elle regardait ses mains qui ne tenaient pas en place. Le jeune homme lissait le tissu de son hanfu, en grattait doucement les broderies de ses ongles, les frottait l’une contre l’autre… Bref, il n’était pas serein. Et elle, ne voyait pas comment l’apaiser, sauf…

Cette journée a été difficile pour moi ! Riche en émotions aussi. Que diriez-vous d’un verre de liqueur de mandarine ? Cela nous détendra et nous dormirons mieux, je crois. Mais il ne faudra le dire à personne, n’est-ce pas ?

Elle émit un petit rire puis elle frappa dans ses mains deux fois pour faire venir Yù Liè et lui demanda de leur apporter deux petits verres de liqueur. Ils le burent tranquillement comme deux amis, sous les yeux attentifs des deux servantes cachées dans la cuisine.

Au moment du départ de Cao Chan, Chün lui rappela de remercier sa mère et de lui assurer qu’elle aurait son poème terminé sous trois jours. D’ailleurs, viendrait-il le chercher lui-même ?
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Ven 3 Oct - 13:14

Lorsque la servante revint vers Cao Shan, celle-ci lui permit finalement de rentrer dans les appartements de la tutrice. Celui-ci éprouvait un peu de nervosité à rencontrer Chün. Quand celle-ci vit la jeune femme arriver vers lui, cette dernière avait les cheveux détachés et portait un hanfu qui mettait en valeur sa personne. Le noble avait l’impression de voir un esprit divin.

- Salutation Dame Chün, je viens vous remettre en main propre un présent de ma mère à votre attention.

Le fils du gouverneur se sentait mal à l’aise, ce qui lui arrivait que très rarement. Il écoutait avec beaucoup d’attention les paroles de la tutrice. A vrai dire, il buvait chacune de ses paroles. Finalement tous deux finirent par s’assoir face à face devant un verre de liqueur de mandarine. L’alcool et la présence de Chün eurent vite fait de détendre le jeune homme. Ainsi pendant un bon moment ils parlèrent de tout et de rien, comme s’ils se connaissaient, oubliant presque le protocole en vigueur.
Lorsqu’il fut l’heure pour Cao Shan de s’en aller, le jeune homme se désola intérieurement de partir et  adressa des remerciements à la tutrice pour le moment passé en sa compagnie. Il prit soin de noter le message de cette dernière à l’attention de sa mère. Cependant il s’adressa une dernière fois à Chün.

- Je vous remercie encore pour ce moment fabuleux passé en votre compagnie. Et je serais ravi de voir vous revoir d’ici trois jours ma Dame…  

Le noble partit à pas lourd, et quand il se trouva hors de la vue de la tutrice. Il passa sa main dans ses cheveux et soupira. Le jeune homme ne pouvait oublier la jeune femme, dont la beauté naturelle avait été mise en valeur par sa chevelure détachée. Néanmoins il se rendit compte qu’il s’était adressé à la tutrice avec beaucoup de familiarité, et commença à s’en vouloir car il crut sur le coup avoir offensé la jeune femme.

Au même moment dans le pavillon du gouverneur, Cao Long et ses cousins Xiahou Yuan et Xiahou Dun étaient rentrés après avoir passé la journée à installer le cadeau de la princesse dans le jardin. Le gouverneur contrairement à d’habitude était fatigué, sûrement à cause de l’entêtement des eunuques et des gardes impériaux qui les avaient maintes fois entravé dans leurs travail. Tous les trois s’étaient mis autour d’une table et avaient déjeuné. Son cousin le général Xiahou Yuan n’arrêtait pas de raconter de manière joviale le récit du transport de l’arbre à ses frères par alliance, alors qu’ils se concentraient sur leur partie de Go.

- Vous savez le voyage n’ pas été facile mes frères… Nous avons été attaqués sur la route plusieurs fois ! Par un troupeau de buffle, des singes, des oiseaux et même une nuée de criquet !

Soudain le fils du gouverneur rentra et puis salua brièvement son père et ses oncles. Le gouverneur intrigué par le comportement morose de son héritier tenta de l’interpeller.

- Mon fils…?

Celui-ci s’excusa auprès de son père et prétendit être fatigué avant de se retirer dans sa chambre. Sa femme fit alors son entrée pour s’assoir auprès de son mari. Elle ajouta une remarque sur le comportement de son fils avant de poser sa main sur celle de son époux.

- Notre fils me rappelle une même personne il y a dix ans qui venait me voir…

Le général jovial rigola un bon coup et donna un coup de coude à son frère, qui rigola à son tour mais avec un peu plus de retenue.

- Ça y est je me souviens ! Il y a dix ans frère Long, tu revenais tous les soirs au camp avec la même tête que fait ton fils. Car chaque soir tu avais du mal à quitter sa belle ! Veuillez me pardonner Dame Wenji pour ma familiarité… Mais à force il ne voulait même plus aller au conseil de guerre du commandant Shang.

Pour seul réponse Cao Long leva ses sourcils en signe d’interrogation et d’étonnement. Alors que sa femme et ses cousins rigoler en ressassant de vieux souvenirs.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Ven 3 Oct - 17:20



Après le départ de Cao Shan, la jeune femme fit quelques pas de danse dans la cour avant de rejoindre sa chambre. Là, l’y attendait Hüxï, agenouillée dans le coin de la porte coulissante, ses vieilles lèvres pincées.

Petite Maîtresse, il est malséant de se présenter devant les jeunes hommes les cheveux dénoués, comme si vous dormiez ensemble ! Tu aurais dû me demander de te coiffer, il aurait attendu.

Hüxï… ne me gronde pas ! Il n’a pas eu l’air de s’en soucier et de toutes façons, j’allais effectivement me coucher.

Alors, tu n’aurais pas dû le recevoir. S’il ne s’en est pas soucié, comme tu le dis, le fils de Cao Long t’a dévoré des yeux et tu dois le tenir à bonnes distances. Tu es la Tutrice Impériale et depuis quelques temps mes oreilles sifflent de tes incartades.


Chün bailla ostensiblement et la vieille gouvernante se releva en grimaçant avant de prendre congés en souhaitant une bonne nuit à sa maîtresse. Mais il était clair que la jeune femme allait faire de doux rêves.

Le lendemain, Chün s’astreignit à avaler tout ce que lui avait apporté Yù Liè pour le petit déjeuner. Puis elle procéda à sa toilette et se laissa coiffer par une Hüxï encore boudeuse.

Souris, petite Mère, ou ton teint va jaunir comme un citron !

Mon teint est bien le dernier de mes soucis ! Ta réputation, par contre…


La vieille gouvernante n’était plus aussi souple de caractère que dans son jeune âge et Chün la laissa à ses grommellements pour aller dans sa bibliothèque travailler sur le poème inachevé de Dame Wenji.

Il commençait ainsi :

Tandis que je vogue entre deux rives ornées de beaux arbres, dont la fraîche verdure irrite encore mon chagrin.
Nul ne sait même qui je suis, sur cette barque voyageuse ;
Nul ne sait si cette même lune éclaire, au loin, un pavillon où l’on songe à moi.
Heureuse lune ! Elle ne quitte point ce pavillon. Rien ne saurait l’en écarter.
Elle pénètre jusque dans la demeure de celle dont je suis séparé.
Elle illumine sa porte, qui devient alors blanche comme le jade,
Et dès qu’on lève les stores, elle est au fond de l’appartement intérieur.
Tandis que l’époux s’attriste ainsi, l’épouse, de son côté, dirige vers lui ses pensées ;
Car leurs pensées se cherchent, bien qu’ils ne puissent les échanger.



Ce poème eut une étrange résonance dans le cœur de Chün et elle le relit maintes fois pour se l’approprier, le ressentir pleinement, en chercher les émotions cachées, en palper les battements sourds et tristes.
Elle prit son pinceau pour le recopier. Elle s’y reprit plusieurs fois tant l’émotion qui en émanait faisait trembler sa main. La matinée passa ainsi, sans qu’elle soit satisfaite de son travail, ce qui était rare.

Elle décida alors qu’après le déjeuner, elle irait se promener dans les rues de la Capitale avec Yù Liè. Sortir un peu du Palais ne pouvait que lui faire du bien. Elle se noierait dans la foule du marché et se changerait les idées. Peut-être ferait-elle l’acquisition de précieuses épingles pour ses cheveux ou d’une pièce de tissu pour un nouveau hanfu ? Peut-être ramènerait-elle des petits cadeaux pour ses servantes ? Et aussi un cadeau pour Dame Wenji qui avait été si gentille avec elle ! Grâce à l’Impératrice et à l’organisation réussie de l’anniversaire de la Princesse Cai Cai, elle avait le pouvoir de dépenser un peu plus que d’habitude.
L’idée de cette sortie lui donna un regain d’énergie.

Note : Cette promenade sera racontée Place du Marché

* * *

A son retour, Chün offrit une veste ouatinée à ses deux servantes en prévision des jours plus humides et plus froids. Violette et intérieur rose pour Hüxï, bleue et intérieur ivoire pour . Puis elle alla emballer le cadeau qu’elle avait acheté pour Dame Wenji : un écritoire en bois de rose décoré de nacre enserrant un fin pinceau aux poils de martre. Ce n’était pas très original, mais elle ne connaissait pas assez cette Dame pour envisager de lui offrir autre chose. Elle y ajouta un message :

Puisse cet instrument être doux à vos mots…

Ce soir-là, Chün tourna un peu en rond. Bien sûr, la sortie au marché lui avait fait du bien et avait suffisamment fatigué son corps pour qu’elle passe une bonne nuit. Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de penser aux visages, aux êtres qui avaient touché son cœur.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Sam 4 Oct - 17:19

Un nouveau jour commençait au pavillon du gouverneur, et déjà une certaine agitation régnait dans les lieux. L’ensemble du personnel se pressait afin de préparer l’arrivée de nouveaux invités, tandis que le gouverneur état entrain de recevoir plusieurs nobles à son bureau.

Pendant ce temps-là Dame Wenji observait son fils, le jeune s’exerçait à l’épée dans la cour intérieure, sous l’œil attentif de son oncle. L’adjoint du gouverneur ne ménageait pas son neveu et se montrait intraitable en matière d’entraînement. En effet le borgne n'hésita pas à l'instant de désarmer Cao Shan avant de le jeter au sol sans aucune délicatesse.

- C'est tout ce que tu as, je t'ai connu en meilleur forme! A ce rythme-là tu vas mourir la prochaine fois que tu te battras !
- Je suis désolé mon oncle cela n'arrivera plus...
- Il y a intérêt si tu veux protéger ceux qui t'entourent ! Tu dois te battre pour survivre, et ne penser à rien d’autre. Ce sera tout pour aujourd'hui tu peux partir.

Cao Shan se releva et soupira il savait que les conseils de son oncle étaient vrais, mais il lui était difficile de les appliquer, tant son esprit était agité. Le jeune seigneur partit saluer sa mère afin de se préparer à partir à la chasse afin de se détendre. Le brun resta un après-midi entier à traquer le gibier dans les bois voisins de la cité impérial.
Alors que le fils était parti dans les forêts impériales depuis plusieurs heures et le soleil tendait déjà vers le crépuscule. Le père Cao sortit de son bureau où il avait terminé ses entretiens avec les conseillers de l’empereur. En effet la réunion des gouverneurs auprès de l’empereur approchait à grand pas. Le seigneur de guerre recherchait maintenant un peu de paix, rejoignit son épouse pour prendre le thé. Il la trouva attablée devant avec son erhu et le coffret de poème, le regard perdu en direction du ciel.
 
- Mon seigneur je ne sais pas si vous avez remarqué mais la lune a changé... Elle n'est plus la même par rapport à il y a dix ans.
- En effet il y a une décennie la lune était notre seul guide parmi la guerre et le chaos.
- Oui et chaque soir j'écrivais des vers mêlés de chagrin, de tristesse et désespoir... Mais je pense qu'aujourd'hui je me sens pas capable de le refaire, il y a longtemps je n'ai plus touché à ces sentiments.
- C'est donc pour cela que vous avez confié la seule œuvre que vous n'avez jamais achevé ?
- En effet... Je l'ai fais en espérant que quelqu'un d'autre arriverait à voir ces sentiments que j'ai perdu de vue...


Le couple resta comme cela à parler du passé pendant longtemps. Jusqu'à ce que leur fils rentra au pavillon avec une mine renfrognée, traduisant une certaine colère. Il fut suivit de son oncle Xiahou Yuan qui salua le gouverneur et son épouse, avant de s'adresser à eux.

- Bonsoir cher frère et vous chère sœur... Je vous ramène comme convenu le votre fils Cao Shan.
- Rien d’inhabituel Xiahou Yuan ?
- Mise à part que votre fils a faillit décimé toute la faune de la forêt... Je ne sais pourquoi votre fils l'humble héritier est d'humeur orageuse, si c'est ce que vous voulait savoir. Si vous voulez bien m'excuser mon seigneur
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