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 Qui sème le vent [ Solo ]

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Badaui Yong

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MessageSujet: Qui sème le vent [ Solo ]    Sam 18 Juin - 2:03


Qui sème le vent


All things in the world are empty. As such, appearances are meaningless. My field of vision is filled with beautiful women. Though I am drunk in the middle of a brothel, my laughter is full of heartache. Who will share with me an embrace of deep affection.


Les vagues ondulaient paresseusement sous le navire du capitaine Badaui Yong. Malgré la froideur de l’hiver qui était poignardante au milieu de la mer, les membres de son équipage étaient en sueur et essuyaient lassement leur front mouillé. Les moins chanceux soufflaient chaudement sur leurs doigts glacés par le manque de gants adéquats ou par la malheureuse perte de celle-ci. Des cris se firent entendre, on hurlait contre l’insolence des pirates qui avaient oser s’en prendre au bateau provenant de Soriyeo.

Yong sauta à bord du bateau endommagé par l’escarmouche qui y avait eu lieu, un sourire narquois dissimulé derrière son large foulard. Ils n’avaient pas prévu l’arrivée précipité d’une petite troupe de Lune Rouge en exercice sur les eaux tout près de la frontière de Miyong, mais il avait suffisamment d’expérience avec cette bande de chiens galeux, il connaissait la majorité de leurs tactiques maritimes et il avait ses années d’expérience en pleine mer.  Il s’arrêta sèchement lorsque l’un des soldats d’élite cracha à ses pieds, un air dégoûté au visage. Le capitaine regarda silencieusement le petit tas gélatineux et pâle avant d’envoyer un coup de pied dans le ventre de l’arrogant guerrier, assez fort pour lui couper le souffle, mais pas assez puissant pour lui briser les côtes. Ils souhaitait quand même garder ses petits jouets en bonne état, et puis, ce n’était pas contre les pions qu’il en avait…

- Je croyais qu’on apprenait aux Lunes Rouges le respect de l’autorité, se plaignit Yong en admirant le soldat plié en deux. Un gémissement plaintif le fit se retourner et il découvrit son compagnon Pangpang qui tirait un corps dans sa direction, un filament de sang ruisselant de la jambe du malheureux qu’il tenait par le col. Il le traînait comme un vulgaire sac de farine. Qu’est-ce que t’a foutu, Pangpang, j’ai dis qu’ils valaient mieux tous en un seul morceau !

- Mais il a toujours tout ses morceaux, Capitaine ! rétorqua le gros gaillard. L’idiot est tombé sur un harpon et il s’est ouvert la cuisse ! Un peu plus et on aurait pu le vendre comme eunuque ! ajouta-t-il ensuite, suivit rapidement de rires gras de la part de leurs camarades. On le ligote comme les autres ?

Un vent glacial s’éleva et tous se plaignirent en même temps. Normalement, ils ne s’éloignaient pas trop de lire en pleine saison hivernale, mais il avait tout de même tenté sa change pour rejoindre le continent principal et trouver quelques richesses supplémentaires. Par un curieux hasard, ils étaient tombés sur un vulnérable navire se dirigeant vers le Kyang, mais ils ne s’étaient pas attendus à l’arrivée coincidencielle de quelques Lunes Rouges près des frontières de Miyong. Quelle chance !

Puis, maintenant, les fiers soldats se tenaient ligotés à ses pieds. Celui qui en avait mangé le plus était celui à la cuisse blessé, mais il survivrait, il n’avait pas le choix s’il voulait revoir son pays un jour ou l’autre.

- Quel bordel, souffla finalement le capitaine de la Baleine Blanche. Bon, que quelqu’un bande sa cuisse, il ne manquerait plus que ça s’infecte et que ça pue la maladie à bord de mon navire, ordonna-t-il ensuite en pointant du doigt le membre de son équipage qui s’occupait naturellement des blessures de tout le monde. Dommage que ce fut un homme, il n’y avait rien de plus doux que les mains d’une femme pour soigner les plaies… et le cœur.

L’une de ses recrues s’approcha, un linge mouillé sur une vilaine erraflure qu’il avait reçu au visage pendant l’affrontement. Il lui demanda ses nouveaux ordres. La moitié de son équipage se reposait sur le bateau emprunté de force aux Lunes Rouges et le reste se tenait à bord du navire de marchands. Un homme hoqueta un peu plus loin et il se tourna en direction du pleurnichard. Par ses habits et le désespoir s’affichait sur son visage bouffé par le froid, il reconnu aussitôt le maître marchand qui semblait plus attristé par la perte de ses biens aux mains de pirates que de la vie des membres de son navire. Saleté de riche.

- Capitaine, je crois avoir trouvé une partie caché du navire ! s’écria une voix provenant de la cale.

Badaui Yong abandonna les siens et se dirigea aussitôt dans la cale, évitant de justesse de trébucher sur un tonneau au milieu du chemin, caché par le manque de luminosité des lieux. Il s’avança prudemment dans la cale et se retrouva bientôt aux côtés de son collègue. Celui-ci donnait quelques petits coups sur une surface de bois qui sonnait étrangement creuse. Un faux mur ? Il approcha son poing contre le bois humide et frappa quelques coups, haussa un sourcil et recula de quelques pas.

Le capitaine dégaina silencieusement son épée, la garde étant la même que celle des Lunes Rouges. Quand des étrangers posaient des questions sur son arme, il se contentait de répondre qu’il l’avait volé d’un cadavre d’une Lune Rouge, mais il y avait toujours plus que ce que les yeux osaient révéler. Il empoigna fermement la garde et tapa brusquement sur la surface. Un, deux, trois coups et un trou de la largeur d’un poing apparut. Curieux, le capitaine se pencha un peu et jeta un coup d’œil à l’intérieur. Il se figea en voyant des silhouettes bouger dans la noirceur des lieux. Il entendit une personne hoqueter, puis les pleurs d’un enfant effrayé.

L’homme des océans vit rouge et il se mit à donner de violents coups de pied au mur pourri. Deux membres de son équipage vint l’aider dans son acharnement et bientôt, un énorme trou déformait la surface autrefois si plate et parfaite. On apporta une torche pour illuminer les lieux et lorsqu’il vit finalement à la lumière les malheureux amassé les uns par-dessus les autres dans cette petite pièce moisie, son regard devint froid et assassin. Un bruit qui ressemblait à un grognement s’échappa de sa bouche et il vit rouge.

Il sorti rapidement de la cale et il attrapa le maître marchand par le sol, celui-ci déglutit, les yeux rougies par des larmes mal contenues. Quel porc !

- Salaupard, il y a une quinzaine de femmes et des enfants là-dedans ! Il n’avait pas besoin de détailler la situation, la scène était claire. Des individus dissimulés de la vue de tous, amaigris, l’air malade et désespérés. Des esclaves. Les Lunes Rouges qui se tenaient toujours à portée de voix levaient des yeux dans leur direction, puis se dévisageaient ensuite, certains affichaient un air dégoûté. Par leur vêtement, je vois immédiatement qu’il s’agit d’habitants de Soriyeo, espèce de merde, tu vends des frères et des sœurs de ton propre pays ! lui cracha-t-il au visage.

- Je, il hésita, je n’avais aucune idée d’une telle cargaison, par pitié, laissez moi la vie sauf ! S’il avait pu joindre ses mains et les frotter à son égard pour le supplier, cette face de chien aurait pu le faire. Pitié, pitié ! répéta le vendeur d’esclaves, l’air incroyablement pathétique.

Dégoûté, il laissa froidement tomber le connard sur le plancher. Celui-ci parut brièvement soulagé jusqu’au moment où le capitaine dégaina à nouveau son épée devant tout le monde et planta la lame dans le ventre du mécréant. L’esclavagiste eu le souffle coupé et plaça une main tremblante sur le trou qui saignait abondamment. Ses lèvres remuèrent, mais aucun son ne sorti. Son visage blanchi et il s’écroula froidement sur le sol, gigotant faiblement avant que son regard ne s’éteigne à tout jamais.

- C’est bien le mieux que peut faire votre roi de pacotille, dit sèchement le capitaine dont le regard ne s’était toujours pas adouci, incapable de protéger son peuple convenablement, sans talent régler ce genre d’injustice.

Les mots traîtres lui méritèrent des regards noirs et d’autre confus de la part des Lunes Rouges présentes. L’un d’eux eu un haut le cœur et déversa son dégoût devant lui, lui attirant des moqueries de la part des pirates qui avaient silencieusement assisté au spectacle. Le capitaine Yong ne montrait pas souvent le côté violent et sanguinaire de sa personnalité, mais il y avait certaines choses pour lesquelles il n’avait aucune tolérance. Ceux qui étaient avec lui depuis le début le connaissaient très bien et savaient, mais les autres, restaient dans l’ombre de sa vie.

- Que faisons-nous du reste de l’équipage marchand, demanda l’un des siens, l’air confus, on les laisse partir ?

Badaui sembla réfléchir un moment. Il agrippa le corps sanglant qui traînait à ses pieds et le jeta par-dessus bord, sans respect pour le corps ou les gens qui pouvaient l’attendre à la maison. Si la vie n’avait pas voulu qu’il possède sa propre famille, cet esclavagiste de Soriyeo le méritait encore moins.

- Transférez tous ce qu’il y a de valeur dans la Baleine Blanche, ordonna-t-il finalement. Le même matelot s’enquit sur les esclaves qui frissonnaient au fond de la cale. Il n’avait pas envie de les laisser partir avec le navire marchand et ils allaient mettre le feu au bateau de Lunes Rouges après l’avoir dépossédé de tous ses biens.  Nous ferons une escale vers Miyong, c’est tout, soupira-t-il ensuite.

Puis, tout le monde se mit au travail. Un peu plus loin, une Lune Rouge épiait le capitaine de la Baleine Blanche. Il était le chef de cette petite expédition dont le but avait été seulement d’enseigner certaines bases maritimes aux recrues les plus fraîches qui n’avaient encore jamais mis pied sur un navire. Il avait remarqué la vieille épée du capitaine, il avait décerné, même de loin, les décorations sur la garde qui indiquaient un soldat d’un rang suffisamment important dans les troupes de Lune Rouge. Il porta son attention sur le soldat gémissant à ses côtés alors qu’on bandait vulgairement la plaie ouverte sur sa cuisse. Heureusement qu’il n’avait pas perdu plus de dignité que nécessaire.


*


- C’est une bonne idée, ça, Patron ? demanda Pangpang qui haussa un sourcil concerné en direction du capitaine qui regardait le lointain, la main en visière, observant le port avec un sourire en coin. Si on les trouve, il va y avoir des problèmes en Miyong, non ?

- Ouais, répondit le seigneur pirate avec un sourire espiègle malgré le sérieux de la situation et l’air inquiet de ses compagnons les plus proches. Ils étaient au moins une quinzaine. Une quinzaine d’anciennes Lunes Rouges qui avaient été trahie par leur patrie et leur roi, indignement accusé d’une traîtrise qui n’avait jamais eu lieu. Ils étaient ses amis, ses frères et sœurs et son unique famille désormais.

- J’ai entendu dire qu’il y avait des projets d’alliance entre le royaume de Soriyeo et l’empire de Miyong, je ne pense pas qu’ils seront ravis de voir des soldats arrivés par la mer, ajouta un autre en croisant les bras.

- Effectivement, rétorqua passivement le capitaine en haussant les épaules. Mais ce n’est pas notre problème, n’est-ce pas ?

Certains baissaient les yeux, incertains, d’autres hochaient vaguement la tête.

- Ils pourraient se diriger ailleurs, non ? questionna Pangpang en jetant un coup d’œil au port à plus mètres d’eux. On leur a tous de même donné des pagaies.

- Pour aller où ? répondit un autre. Visiblement, ils veulent survivre comme n’importe qui, ils vont se rendre au port où alors ils se dirigent vers l’océan, comme des couillons et meurent de froid avant d’avoir faim. C’est plus glorieux de se faire décapiter par un empereur que de devenir de la nourriture pour poisson.

Des grognements approbateurs se firent entendre parmi le petit groupe d’anciennes Lunes Rouges. Quant au capitaine, il regarda pensivement la barque s’éloigner de la Baleine Blanche. On s’était emparé de la majorité de leurs armes, mais Yong avait ordonné qu’on leur laisse leurs armures et leurs couleurs de Soriyeo ainsi que leurs épées. Il savait qu’il n’allait pas créer une guerre, mais suffisamment de mécontentement de la part des autorités de l’empire de Miyong.





© Grey WIND.


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