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 Nouveau Départ (solo)

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Shado Kodokuna

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MessageSujet: Nouveau Départ (solo)   Jeu 16 Juil - 17:49



La route vers la Province de Sanesawa avait été plus rapide que prévu. Le climat froid qui régnait sur l'Empire de Kyang ces derniers jours avait découragé la majorité des voyageurs de s'aventurer sur les routes. De ce fait, j'avais marché seul sur des kilomètres, me hâtant sans pour autant perdre ma prudence. Engagé dans une course contre-la-montre, je me devais d'arriver dans la province avant que le bateau qui devait me mener à Daechong ne quitte le port. En plus de cela, je n'avais aucune idée de l'apparence de madame Mizuichi, la femme responsable de l'embarcation, et il me faudrait vite la trouver. Je ne veux pas manquer ma chance de quitter le continent.

Quitter le continent. Malgré la nécessité de la chose, cela me fait un peu mal. Je ne peux m'empêcher de penser que sur ces terres, je suis connu, j'ai bâti ma réputation, et les gens savent de quoi il en retourne lorsque je suis dans les parages. Là-bas, à Daechong, je devrais recommencer à zéro, perdu sur une île peuplée de gredins en tout genre. Eux non plus ne me respecteront pas, je le sais déjà. Ce sera à moi de m'imposer, une nouvelle fois. Je suis prêt à le faire, et je ne doute pas de ma réussite. L'île de Daechong représente, selon la chamane, la suite du fil de mon destin. C'est pour cela que je quitte Kyang, que je quitte le continent. J'ai besoin d'avancer au plus vite dans la vie que je souhaite avoir. Et mon objectif est loin d'être accompli. Le Royaume de Soriyeo, ma terre natale, se tient toujours debout. Depuis tout ce temps, mon but n'a pas changé: je serais l'homme qui fera chuter les terres royales en y semant le chaos et la panique. Je prendrais ma revanche sur les Lunes Rouges en tuant ses meilleurs représentants. Je ne prendrais pas place sur le trône, ça non, ce n'est pas dans mon intérêt. Non, je laisserais plutôt les Empires se disputer ces terres pourries, et je prendrai parti pour celui qui saura se montrer le plus offrant. Mais avant cela, je dois arriver jusqu'à Daechong. Et redoubler d'efforts dans mon entraînement. Là-bas, je serais plus tranquille. Mon dernier passage au Palais Impérial de Kyang m'a démontré une chose: je ne suis pas capable d'affronter vingt ennemis seul. En soi, ce n'est pas grave, car les personnes qui en sont capables doivent probablement se compter sur les doigts d'une seule main, mais pour moi, c'est dramatique. Je me suis ridiculisé en m'inclinant en seulement une poignée de minute. Je me dois de devenir plus fort. Et d'obtenir un peu d'aide. Si j'y répugnais il n'y a pas si longtemps, ma supposée rencontre avec un gamin à Daechong, combiné à mes derniers combats, m'ont montré que cela serait nécessaires. Qui sait comment je m'y prendrai? Une chose est sûre, si je débarquerai seul à Daechong, ma route vers le continent se fera aux côtés d'une équipe.

Mais déjà, je vois l'océan pointer à l'horizon. Cela signifie que je m'approche. Évitant soigneusement de passer par la cité principale, je me fond dans la foule. Soudainement, celle-ci est devenue très dense, rien à voir avec mes derniers jours sur la route. Parfait pour moi, car elle me rend bien plus difficile à interpeller pour une quelconque milice. Inspectant les quais sans grands succès, je suis finalement rattrapé par les gargouillements de mon ventre. Pénétrant dans la première auberge venu, je m'installe à une table dans le fond, incognito. Personne ne semble avoir remarqué ma présence, et moi-même ne m'occupe pas du reste du monde, trop occupé à me demander comment me nourrir. C'est alors que j'entends quelqu'un se racler la gorge à quelque centimètres de moi. Relevant lentement la tête, me voici face à deux hommes, d'apparence rustre. Ils puent la transpiration, et son vêtus bien légèrement par pareille température. De toute évidence, ce sont des habitués: leur entrée à retenue l'attention de l'aubergiste, qui les a gratifié d'un signe de tête. Mais ces inconnus n'y ont pas prêtés attention, fixés sur moi comme ils l'étaient.

Alors, l'étranger, on s'est perdu? Tu es à notre table, et je te prierai de bien vouloir en déguerpir.

Je détourne la tête, histoire d'échapper à son haleine putride. Mais alors que mon visage est dissimulé, je souris. Ces deux imbéciles pourront m'être utile:

Ce serait avec plaisir, tant c'est demandé si aimablement. Je lance d'une voix suave, celle qui précède généralement mes exécutions. Bien que je n'ai pas encore décidé du sort à réserver à ces malandrins... Mais puisque nous en sommes à nous rendre mutuellement service, j'espère pouvoir compter sur votre coopération pour éclairer ma lanterne. Je cherche actuellement le navire dirigé par une certaine madame Mizuichi, pourriez-vous me dire à quoi elle ressemble? Cela m'épargnerait des efforts superflus.

Mon ton suave, poli, mesuré, semble fonctionner. Les deux locaux hésitent une seconde, peut-être débatte entre eux de la meilleure stratégie, mais finalement, je reçois une réponse:

Et bien... c'est une bonne p'tite dame, qui s'porte bien. Vous pouvez pas la manquer, c'est la seule gosse de riche sur tout le port. Elle a toujours deux trois gamines pas loin.

Je n'ai écouté que d'une oreille, trop occupé que j'étais à fixer la petite bourse qui pendait à la ceinture de ce paysan. Tout en prenant soin de mémoriser les informations fournies, je m'affairais à subtiliser ce précieux sésame, gage d'un futur repas. Avec doigté, je parvenais finalement à subtiliser l'objet, alors seulement que l'autre finissait sa phrase. Relevant la tête, puis me levant tout court, j'apostrophai une dernière fois les deux hommes tout en m'éloignant:

Merci de votre coopération...

Ce ton énigmatique aurait pu porter à confusion, mais ni l'un, ni l'autre ne parut relever. M'approchant du comptoir, je prenais soin de ne pas me faire remarquer, et je tendais la bourse volée, attendant en échange une quelconque pitance.
Une fois mon repas terminé, je quittais en hâte l'auberge. Je n'aimais guère trop m'attarder dans ce genre d'endroit, surtout lorsqu'on connaissait mon indice de recherche. Néanmoins, c'était là un risque que je devais prendre pour me nourrir, et ce chaque fois que je faisais halte dans une quelconque cité. Reprenant ma route sur les quais, il ne fallut pas longtemps avant de trouver ce que je cherchais. Au bout de l'embarcadère, observant de quelconques matelots s'affairer sur son navire, une femme était là. Un manteau de fourrure immaculé la tenait au chaud, et cachait un peu sa silhouette. Toutefois, on devinait sans peine son embonpoint, signe évident qu'elle était issue d'une famille assez aisée pour être nourrie à outrance. Ces longs cheveux bouclés étaient coiffés avec soin, tandis que derrière elle se tenait deux jeunes filles, qui n'était sûrement pas plus vieille que moi. Toutes deux grelottaient dans cette température probablement négative. Elles étaient outrageusement maquillée, un signe distinctif des geishas, qui finirent de me convaincre que c'était bien là celle que je cherchais. M'approchant avec confiance, je vins me planter juste devant elle, un large sourire aux lèvres:

Madame Mizuichi?

La femme leva vers moi un sourcil circonspect. Elle retint à grand peine une moue dégoûté, mais détourna vite le regard au moment de me répondre:

C'est moi-même. Que voulez-vous?

J'embarque avec vous vers Daechong. Répondis-je avec assurance. Mais à ces mots, la femme éclata de rire.

Certainement pas. Je ne prends pas de rats sur mes embarcations.

Sortant de mon habit la bourse glanée au Palais Impérial, je la tendis à la patronne de bordel. Mon sourire c'était à demi effacé.

Et avec ça? Et puis, ne me reconnaissez-vous pas?

Mizuichi n'eut pas le temps de me répondre. En effet, une troisième fille, sortie de nulle part, se précipita vers elle, essoufflée:
Madame! Les gardes! Ils viennent réquisitionner tous les navires! Ils seront là d'une minute à l'autre!

La femme cracha un juron, avant de se saisir de la petite fermement:
Ramène autant de filles que tu pourras. Nous partons dans trois minutes. Pas question de se faire prendre le bateau!

Et alors que j'avais assisté, silencieux, à toute la scène, c'est avec un pas en avant que je m'interposa:
Prends ton temps petite, la Lame du Chaos s'occupe de tout.

Deux regards interloqués. Visiblement, ni les geishas ni madame Mizuichi ne m'avaient reconnues. Mais tout aussi visiblement, elles savaient qui j'étais. Reculant d'un pas, contemplant la bourse que je lui avais tendu quelque instants plus tôt, la patronne bégaya:
C'est... c'est vous... Et ça... c'est qui? Fît-elle en montrant la bourse.

Euh... j'ai oublié son nom. Mais je crois que c'était le régent, ou quelque chose comme ça. Répondis-je en feignant d'avoir oublié le nom de Noichi Iwamae. Mais dire qu'il était le régent suffit à Mizuichi pour faire le lien. Toutefois, c'est la voix fluette de la geisha rapporteuse qui parvint ensuite à mes oreilles.

Qu'est-ce... Qu'est-ce que vous allez faire?

Ça dépend... répondis-je dans un premier temps, avant de me tourner vers Mizuichi. J'embarque avec vous?

O-Oui... J'imagine que oui, si vous pouvez faire quelque chose...

Dans ce cas, je vais décapiter les gardes. J'annonçai avec la plus grande assurance. Maintenant va! Rassemble tes copines, on a pas toute la journée.

Après une brève inclinaison, la gamine s'enfuit en courant, disparaissant vite dans la foule, à la recherche des ses collègues. De mon côté, je prenais place près du bateau, patientant pour la venue de mes futures victimes. Celles-ci parurent quelques minutes plus tard. Protégés superficiellement, armés de simples matraques, ils abordèrent madame Mizuichi au loin. Arrivés à sa hauteur, il n'eurent même pas le temps de formuler leurs demandes que je bondissais toutes lames dehors, tranchant leurs têtes en plein saut. Mon méfait accompli, j’accueillis avec une grimace les deux nouvelles marques de brûlure qui apparaissaient au niveau de mes reins, avant de disposer des corps, en les jetant à l'eau. Tout c'était passé presque sans bruit, et hormis les témoins les plus proches, personne n'avait rien remarqué. Vingt minutes plus tard, le navire de madame Mizuichi levait l'ancre, direction Daechong. Perché en haut du mât, je contemplais l'horizon, me demandant ce qui m'attendait une fois arrivé sur l'île.
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