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 Au-delà de la route I

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Hebi On'na

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MessageSujet: Au-delà de la route I   Sam 11 Juil - 7:55


Au-delà de la route I


It's so quiet here, and I feel so cold, this house no longer, feels like home ⊹ Les portes étaient gigantesques et particulièrement impressionnantes. En plus d'être terrifiantes, elles étaient une véritable œuvre d'art. Un mythe disait qu'elles étaient indestructibles et que la muraille l'était tout autant. S'en prendre à l'empire de Miyong s'avérerait difficile simplement pour pénétrer ses impressionnantes défenses, mais pas impossible. Avec la technologie de guerre nécessaire ou suffisamment d'homme pour défoncer les grandes portes, rien n'était impossible, mais une guerre n'était pas prévue d'aussi tôt. La chamane leva sa petite tête vers le samurai qui l'accompagnait sagement en silence. Elle l'interpellait son loup, sans gêne. Un surnom soit péjoratif, humiliant ou adorable, l'opinion pouvait dépendre de esprits.

La jeune femme avait troqué ses vieux habits - si on pouvait appeler cela des habits - recouvrant à peine son corps d'albâtre pour une toute nouvelle garde-robe. Les habitués de son apparence auraient été surpris qu'une chamane semblait avoir perdu la tête savait pourtant encore se vêtir correctement et à la kyangaise. Elle ressemblait à une personne tout à fait différence. Hebi était dorénavant habillée d'un hakama pourpre et d'un kimono d'un bleu marin sans ornement ou broderie, une chamane, une aventurière n'avait pas besoin de ce genre de futilité. Son collier de magatama en jade rouge cerclait sa gorge délicate. Propre à sa profession, elle avait entouré sa taille d'une ceinture constituée d'une corde typique ornée de clochettes qui tintaient délicatement lors de ses mouvements et du vent qui se faisait très familier à ce temps-ci de la saison. Sur ses frêles épaules, elle avait jeté un châle de laine plutôt banale afin de mieux se protéger du froid. Quant à son loup, elle ne l'avait pas laissé dans son état misérable. Celui-ci portait un nouveau hakama et un kimono assortis dans des couleurs simples afin de faciliter leur voyage. Pour se prémunir un peu mieux de la froidure, elle lui avait également offert un haori particulièrement épais. Puisqu'ils allaient voyager à pieds et donc marcher pendant probablement des heures, leur pieds étaient chaussés de waraji nouvellement tissés et de tabi épais. La question que pouvait se poser plusieurs cependant était la façon dont ils s'étaient procuré tout cela. C'était pourtant très simple, la chamane n'était pas aussi démunie qu'on aurait pu le croire. Dissimulée dans une boîte sous terre se tenait quelques économies qu'elle avait gardé de ses beaux jours ambulants, ils avaient eu suffisamment pour se procurer toute les folies pour lesquelles elle avait prit goût, c'est à dire des vêtements plus confortables et plus chauds pour le voyage.

Ils étaient partis après avoir enterré et prié pour tout les innocents qu'un certain assassin, oh pardon, un meurtrier avait exécuté sans pitié et sans respect. Tuait-on vraiment la personne qui nous nourrissais aussi généreusement? Hebi n'avait point craint pour sa peau, mais elle ne pouvait pas en dire autant de ses pauvres fermiers qui lui avaient offert tant de babioles en échange de la promesse de les protéger contre les mauvais esprits ainsi que les envahisseurs. Cependant, une chamane ne pouvait toujours se mettre au travers des desseins des dieux, et cela, plusieurs ne l'avaient pas compris. C'était une bonne chose de quitter ce village ravagé par le deuil pour suivre une nouvelle route, un nouveau chemin. De toute façon, on pouvait difficilement interpréter son trou perdu dans la montagne comme étant un chez-soi.

- Au prochain! s'exclama une voix grave et masculine non loin d'elle. Il s'agissait probablement du chef de la garde qui lui permettrait de passer la frontière afin de mettre les pieds dans Miyong. Là où le destin de son loup et elle-même attendait patiemment. L'expression sévère du garde changea abruptement lorsque le ronin s'approcha derrière la chamane. L'homme ne devait pas avoir souvent l'habitude de devoir redressé la tête afin de voir le visage d'un autre homme. Un sourire narquois déforma la belle bouche de Hebi. Qu'est-ce qui vous amène en Miyong? grincha le garde en détournant le regard, évitant d'observer trop directement le samurai déchu dans les yeux.

- Rien de bien important, lui raconta la chamane avec un charmant sourire emplit de bonnes intentions. La gloire et la richesse, peut-être bien.  C'est assez difficile à dire.

L'homme la toisa de haut en haussant un sourcil intrigué, mais par son apparence, il la reconnu aussitôt comme étant une chamane et s'il y avait bien une chose que ses parents lui avaient enseigné étant plus jeune, c'est qu'il ne fallait jamais dérangé une chamane, aussi excentrique celle-ci pouvait bien paraître et aussi effrayant son garde du corps pouvait avoir l'air. La chamane replaça une longue mèche de cheveux derrière une épaule.

- Je ne souhaite pas causer des problèmes en Miyong, simplement d'explorer son monde et ses gens, déclara finalement la jeune femme en jetant un œil sur son gardien obligé. J'espère que cela ne dérange personne.

Le garde les examina rapidement et ne voyant aucun bagage encombrant décida finalement de les laisser passer afin qu'ils puissent pénétrer dans l'empire de Miyong. Les deux voyageurs marchaient une trentaine de mètres avant de se glisser entre les deux gigantesques portes de métal travaillé. Pendant un bref instant, elle s'imagina écrasée entre les deux grandes surfaces et eut un frisson d'horreur. Une fois l'entrée dépassée d'une vingtaine de mètres, ils durent s'arrêter devant un nouvel attroupement de gardes. L'empereur de Miyong prenait la sécurité de ses frontières au sérieux, mais elle n'en attendait pas moins d'un fils des cieux. Attablé à un espèce de bureau de bois, un officier leur demanda leurs noms et leurs origines afin qu'ils puissent leur attribuer une passe pour se déplacer librement sur les terres de l'empereur dragon ou alors pour se faire reconnaître au cas d'une enquête quelconque, mais cela n'allait jamais arriver, n'est-ce pas?

L'officier les observa en silence avant de faire glisser les deux tablettes d'identifications vers eux et Hebi s'en empara après lui avoir dédié un sourire radieux à l'homme militairement titré. La jeune femme rangea soigneusement sa tablette dans un pan de son kimono et fit de même pour son loup avant de lui taper gentiment une épaule. Ils étaient dorénavant à Miyong, là où les lois n'étaient peut-être pas les mêmes et où ils se feraient probablement dévisager comme si la vie des autres en dépendait. Peu de temps après, à l'étalage d'un marchand ambulant, l'ancienne geisha se procura une carte de la nation qui indiquait les villages importants et les chemins impériaux.

Silencieuse, elle attrapa le bras de son gardien, puis tout les deux prirent la route principale qui devrait normalement mener au premier village impérial du pays, ceux-ci étant considérés comme les points les plus intéressants de la nation en plus d'être les routes du commerce, donc aussi les chemins les mieux protégés par les gardes impériaux. C'était une nouvelle vie qui commençait, une nouvelle aventure. Ils iraient au-delà de la route...



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Yoruichi Onimura

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MessageSujet: Re: Au-delà de la route I   Mar 1 Sep - 0:24

Il la suivait, sans un mot, les yeux clos. La tête baissé, son kasa masquant ses yeux et la moitié de son visage, ne laissant paraitre que sa lèvre inférieur et son menton de barbu, pour qui venait à leur rencontre. Hebi, elle, pouvait se retourner et voir le visage du Ronin si elle le souhaitait, tant il était sur ses pas. Quand elle se stoppait, il s'arrêta au même moment, avec une synchronisation assez étonnante au premier abord. Ses vêtements étaient neufs. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu ce sentiment de.. propreté, si j'ose dire. Il prenait le temps de se nettoyer quand il le pouvait, le plus tôt possible, mais les habits ne poussent pas sur les arbres. La couleur et les motifs? Peu l'importait. La chamane avait elle même choisie, et même si il avait eu son mot à dire, elle aurait surement fait un caprice, comme elle peut être capable d'en faire, se dit-il. Il souriait à cette idée. Un sourire rapidement effacé en se rappelant du départ macabre. Il ne savait pas ce qui s'était passé. Mais parfois, il fallait garder le silence. Si elle était présente, elle sait. Peut-être s'en veut-elle? A-t-elle des remords? Il ne la pensait pas capable d'un tel carnage, surtout qu'elle devait les protéger. Non. Couvre-t-elle quelqu'un? Encore moins. Il devait être la seule personne depuis des lunes à la côtoyer plus de quelques minutes par jour. Et ce cas, allait durer pour un très long moment encore, imaginait-il.


Ils approchèrent des portes. Il daigna lever la tête, regardant les portes de bas en haut. Sa main droite pendait de son habit, et sa main gauche était pendante, sur le coté. Il avait l'air un d'un guerrier somnolent, mais qui n'en était pas moins sur le qui-vive. Son rôle de garde du corps, bien que temporaire, lui faisait faire la suite des choses. Il s'approcha du militaire, gardant la tête légèrement basse, devançant sa maîtresse sans un mot, toujours silencieux. Il n’appréciait pas que l'on parle sur ce ton à la chamane, et il le fit rapidement comprendre. Il la laissa parler, et regarda autour de lui, d'un œil discret et bas. Des caravanes, des marchands itinérants, des mendiants, des soldats, des voyageurs. Il ne ressentait rien de bien particulier. Rien d'intéressant ou intriguant. Nul besoin de s'attarder ici. Il laissa, encore une fois, Hebi se charger des formalités, réprimant les regards trop insistants des badauds la regardant, comme une attraction ou un morceau de viande.



*Allez Allez Allez ! Il y a de quoi faire un bon carnage ici ! Regarde ! Plein d'innocents ! J'ai pas pu goûter un seul de ces villageois, alors bordel, rattrape toi tu veux? Fissa ! La dernière fois tu m'as donné un certain repas. Qualitatif je dois avouer, je t'ai même laissé un peu plus de temps en gage de ma bonne foi ! Tu peux bien me rendre ce petit service maintenant non? Allez ! A ton vieil ami ! Si je pouvais je te frapperais le poing comme deux vieux frères d'armes qui subviennent à leurs besoins mutuels ! Et je me taperais ta chamane aussi. Tu sais tu pourrais me glisser sous son Kimono un de ces quatre. T'auras juste à dire que c'est toi qui t'impatiente ! Je suis sur qu'elle à pas vu le loup depuis des lustres.. Haha ! Le Loup, t'as compris ?!*


*Par pitié, ferme la.. tu n'as pas arrêté de parler pendant tout le voyage. Endort toi bon sang..*


Ah, oui. J'oubliais Akashusen aussi. C'est aussi pour ça que Yoruichi restait aussi calme et silencieux. Il occultait la voix de son compagnon d'infortune du mieux qu'il le pouvait. Réprimant ses idées grivoises, noires ainsi que ses pulsions meurtrières aléatoires et puissante. Un détail "mineur" bien évidemment. En pensant ces mots, de façonn à avoir ce contact presque télépathique, spirituel avec le démon, il ne put retenir un soupire d’exaspération. Le Ronin suivit Hebi, la laissant se procurer une carte et les plaques requises. Ce manège, il ne le connaissait que trop bien et s'en était habitué maintenant. il ne put s'empêcher un sourire, au sujet de la carte.


*Oh bah oui! J'oubliais ! Monsieur n'a pas besoin de carte ! Monsieur à assez fait de route pour connaitre le pays comme sa poche ! Tu peux aller d'ici à la capitale sans ouvrir les yeux peut-être ?! Espèce de .. de.. de connard présomptueux ! Sans moi tu ne pourrais même pas te torcher correctement ! Regarde tout ce que j'ai fais pour toi ! Je t'ai sauvé ici, la, la ba aussi, sans oublier la fois ou tu as manqué de perdre contre le rég.. Hey dit, tu m'écoutes ?!*

Aucunement. Il avait ouvert de grands yeux lorsqu'elle attrapa son bras. Il s'en étonnait. Maintenant qu'il y pense, depuis qu'il l'avait rencontrer, il n'avait plus eu de contact humain aussi... comment dire.. de contact humain amical... depuis un .. bon moment. Il ferma ensuite les yeux à moitié, en souriant, et la laissa faire. Pourquoi l'avait-elle fait? Il n'en savait rien, vraiment. Ce sentait-elle en danger? Si c'était le cas, elle ne serait pas si .. sereine. Quelque chose la tracassait? non plus. Sur le long terme peut-être? A vrai dire, elle était sédentaire, se disait-il. Les voyages, ne devaient pas être son fort. Alors qu'il posa de nouveau son regard sur elle, il releva un peu son bras, pour la tirer légèrement et timidement contre son flanc, comme pour la rassurer.


"Quoi que tes yeux et ton esprit peuvent voir, je te suis lié, Hebi. Tu es ma seule chance d'échapper à mon destin actuel. mais.. malgré tout ça.. Tu es le genre de personnage intriguant que l'on a envie de suivre."



*Oh oh ! Ce beau parleur ! Vas-y, attaque du direct ! Rentre lui dedans ! dans tout les sens du terme ! Un peu de gringe par ci et par la, et à la prochaine auberge, tu la déflo-*

Il enroula la poignée dans ses habits, et ses pensées furent tout de suite plus claire. Comme si une vois étouffée essayait de communiquer. Ah, si seulement.. Ce serait si simple. Il prit simplement son katana, et le dégaina, avant de le cogner dans ménagement contre le premier roc qui croisa leur chemin. Ce dernier se fendit en deux sur les quelques premiers centimètres, mais la lame trembla avec force, dans un son d'acier cognant, persistant, et un long gémissement de douleur pouvait être entendu par le Rônin. le calme se fit ensuite. Il rangea son arme, et ferma de nouveau les yeux, baissant la tête, la suivant -ou plutôt marchant aux cotés de la chamane-, comme il le fera, jusqu'à la fin de la route.

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Hebi On'na

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MessageSujet: Re: Au-delà de la route I   Jeu 18 Fév - 2:08


Au-delà de la route I


It's so quiet here, and I feel so cold, this house no longer, feels like home. Ils marchaient depuis une vingtaine de minutes. Les grandes portes qui séparaient si sévèrement Miyong du reste du monde s'étaient éloignées derrière eux. Hebi avait déjà rencontré des gens provenant des contrées de l'empereur dragon, mais elle ne s'était jamais aventurée sur ses terres et encore moins en géante compagnie.

Elle leva la tête vers Yoruichi et considéra longuement son profil du bas de sa petitesse. Cet homme ne parlait pas beaucoup de lui-même, mais de toute façon, n'en connaissait-elle pas assez à son sujet? Parfois, elle avait l'impression de le lire tel un livre ouvert, mais elle était incapable de tout savoir. Ce ne serait même pas amusant de tout savoir. Au bout de plusieurs minutes de silence, il ouvrit à nouveau la bouche.

- On peut pas continuer à s'user les semelles sur les routes rocailleuses, soupira le jeune femme, une lueur intelligente dans les yeux. Je suis tout de même habituée à un certain mode de vie, un certain confort, mon loup!

Ils ne devaient pas avoir le même concept du confort s'il osait pensé au trou minable où elle s'était réfugiée toute ses années. Un vieux taudis délabré logé sur la pente d'une montagne. Peut-être songeait-elle à une forme de confort? Un confort ayant eu lieu si loin dans le passé, à se lever à midi, à se vêtir des plus belles soieries de Kyang et de se nourrir de nourriture de haute qualité et des compliments d'hommes débiles et orgueilleux. Qui était cette femme d'autrefois? L'ombre de sa silhouette apparaissait régulièrement dans le brouillard de ses rêves, heureuse ou peut-être pas. Quelle différence cela faisait? Elle ne connaissait pas cette femme, cette... cette Sa...

-J'ai faim.

Un vent plus fort que les précédents les accueillit avec une vilaine et brusque bourrasque. La chamane lâcha le bras de son compagnon et se frotta vigoureusement les bras. C'était beaucoup plus l'hiver en Miyong et c'était pire lorsqu'on restait près des montagnes. Heureusement, elle pouvait se réchauffer bien assez vite, par ses propres moyens, mais elle était fatiguée, plus que ce qu'elle ne le laissait paraître.

Sur cette dernière pensée, elle soupira.

- Je sens que quelque chose de terrible est sur le point d'arriver, même je ne peux pas encore mettre le doigt dessus. Pays de merde! s'exclama-t-elle pour conclure sa plainte avant de sonder les environs de son regard perçant. Terrible pour qui? Je l'ignore, c'est difficile à dire, peut-être pour tout le monde! J'ai froid, trouvons vite un abris pour la nuit et de quoi faire un feu, avec un peu de chance, on pourrait trouver une maison et quémander un espace dans une écurie.

Comme pour la narguer, un délicat flocon de neige fuit d'entre deux nuages et tomba sur le bout de son nez. Elle renifla furieusement, se sentant menacée par les caprices de la nature.

- On ne devrait pas passer la nuit dehors, et ce, même si tu es un loup et que je suis un serpent.  Nous sommes des animaux, mais tant que ça.

Un autre coup de vent la déstabilisa et elle leva un regard inquiet vers l'horizon, en direction de la capitale qu'elle ne pourrait pas apercevoir avant plusieurs semaines, mais cela ne l'empêchait pas de connaître la source du malheur à venir. C'était... compliqué. Et quand elle pensait à lui, ça lui faisait mal aussi, tellement mal. Oh, qu'elle avait mal et les cieux avaient mal, mal, mal, mal, mal, mal...

Des sueurs froides perlaient sur son front fiévreux et elle sentait Aka qui se noua autour de sa gorge. Une caresse qui démontrait clairement sa démence, son incapacité à penser comme avant. Penser comme qui? Comme elle? Telle cette femme d'autrefois, si jeune, si innocente, si vulnérable, si faible, si belle, si douce, si joyeuse, si ça, si tout, si ça, si ça, si cela, si comme ça, cela comme ci.

Elle expira bruyamment, tendant une main tremblante vers l'horizon comme si sa vie en dépendait. Oh, l'empire allait saigner abondamment, mais il allait cicatriser comme il l'avait toujours fait. Le ciel allait être réparé et l'homme reprendrait femme. Il vivrait heureux ou faussement heureux, cela restait à prévoir. De quelle homme parlait-elle? Il y avait le loup, mais où était le dragon? Ah oui, le dragon se cachait dans son antre, sur son nuage, dans les cieux, dans la rivière rouge, la rivière de sang, la rivière de cadavres, de regrets, de mensonges, oh délicieux mensonges, mais quel dragon se reposait sur son nuage sans une traînée de sang derrière lui? C'était ainsi qu'était construit une dynastie réussie.


Plusieurs heures plus tard, à quelques mètres de ce qui semblait être une auberge de grand chemin, Hebi ressenti une force surprenante transpercer sa poitrine et elle se figea instantanément, là, sur la route. Son regard hagard fixa à nouveau l'horizon et elle tomba à genoux avec force. Elle aurait pu se les briser, mais elle résista avant de laisser sa tête se plaquer lourdement sur le sol ferme et dur, et rocailleux, et maintenant recouvert d'un peu de sang. Oui, parfois, elle se pétait hasardement la tête sur les chemins. Ça lui arrivait, ça arrivait à tout le monde. Elle repensa à Yoruichi qui essayait de briser un rocher avec la lame d'Akashusen. Akashusen pas content, Akashusen le dévoreur. Akashusen, la lame éternelle, le métal qui ne brisait jamais. Le plus orgueilleux d'une famille entière. Non, il en existait une autre, autant orgueilleuse, mais s'était compliquée, très compliqué. Ah, et voilà son don qui s'échappait de ses mains.

- Fait chier de marcher depuis des heures! Je ne veux plus, porte moi! ordonna furieusement l'ancienne geisha en martelant le sol de ses petits poings. Je veux un bol de riz, un feu, une couverture et un toit au-dessus de ma tête! cria-t-elle, se qui sembla attirer l'attention de deux silhouettes qui fumaient à l'entrée de la distante auberge dans le lointain.

Ils ne leur restaient plus que leurs habits sur leurs dos et leurs uniques talents. Ils ne possédaient aucun tael permettant un échange contre des marchandises quelconques. Des trucs utiles comme de la nourriture, du riz, du pain et une couverture dans une écurie pourrie. Voyage de merde. Pourtant, elle n'était pas si capricieuse. Son dérangement provenait peut-être d'autre chose.

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