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 La flamme intérieure (solo)

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Shado Kodokuna

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MessageSujet: La flamme intérieure (solo)   Jeu 11 Juin - 0:46



Il m'avait fallu deux jours pour finalement quitter les montagnes qui s'étaient dressées sur ma route. Deux jours passés à grimper dans le froid, le vent, et la neige, qui me fouettait le visage et s'immisçait dans mes vêtements. Je m'en étais toutefois servi pour atténuer un minimum la douleur causée par la malédiction de la chamane. Les deux brûlures qu'étaient ces cicatrices parallèles, situées sur mon pectoral gauche, ne représentaient plus qu'un picotement désagréable, mais quand même suffisamment important pour être remarqué. Je ne pouvais m'empêcher de rire à cette malédiction lancée par cette foutue femme-serpent. Certes elle avait promis de me punir, et je l'avais sans doute mérité, bien que ma vision des choses soient quelque peu différente. Mais moi qui m'attendais à quelque chose de réellement handicapant, me voilà déçu. Malgré tout, je trouve dans ce charme mystique un moyen de m'endurcir un peu plus, de mieux résister à la douleur. La chamane ne veut peut-être pas croire à mes sombres desseins, n'empêche qu'elle va peut-être indirectement m'aider à les atteindre.

Désormais, je me déplaçais sur une petite route caillouteuse, vide de monde. Derrière moi, les montagnes se dressaient comme les crocs d'une quelconque bête. Devant mes yeux, en revanche, s'étalait une étendue platonique. Peu de relief venaient clairsemer le paysage qui se dessinait à l'horizon, et l'absence de dénivelé sur ce qui se destinait à être mon chemin me fît sourire. J'adore faire de l'escalade, mes deux lames également, mais dans ces conditions, cela reste une tâche physique ardue.

Ce n'est qu'au crépuscule que mes pas rencontrent enfin une forme de civilisation. Sur la route, j'ai croisé quelques animaux, dont j'ai pu me repaître, mais en revanche, rien qui ne puisse étancher ma soif. Aucune forme de liquide n'est entré en contact avec ma langue depuis la neige fondue des montagnes. Mais dans le village qui se dessine dans le soleil couchant, il y aura sûrement de l'eau, que je pourrais obtenir, de gré ou de force. Visiblement, c'est un petit village de paysans. Il ne compte pas plus d'une douzaine d'habitations, ne présente pas de signes extravagants de richesse, comme j'ai pu en voir en Kyang, ni de symboles de pauvreté. La terre que je jonche, dans le couché du soleil, à pris une teinte ocre des plus agréables, et la rue principale, dans laquelle je m'engage, me laisse découvrir une population sereine. Les familles se connaissent entre elles, et s'apprécient fortement. Les sourires des enfants, la complicité entre les villageois, tout cela saurait presque m'émouvoir. S'apercevant enfin de la présence d'un visiteur impromptu, un homme s'approche de moi. Dans la trentaine, il étrenne de longs cheveux sombre, et une barbe bien fournie, quoique finement taillée. Un physique solide, celui d'un homme habitué aux durs labeurs des champs dans des conditions difficiles. Rare sont les journées où nous recevons des visiteurs. Noble voyageur, soyez le bienvenue ici. Que nous vaut le plaisir de votre passage? Interdit, je considère mon interlocuteur d'un air prudent. Un homme affable, de toute évidence, mais ne se rend-il pas compte de la personne à laquelle il s'adresse? Mon visible manque d'hygiène, bien que j'ai nettoyé les traces de sang sur mon visage et mes mains, reste criant, et la présence de deux épées dans mon dos ne semble pourtant pas lui mettre la puce à l'oreille. Finalement, je fais le choix de rester civilisé, du moins pour l'instant. Je cherche quelques informations qu'il pourrait bien me donner. Votre hospitalité me touche sincèrement. J'annonce dans un premier temps, d'une voix suave, tout en inclinant légèrement la tête. Pour vous être tout à fait honnête, je ne suis qu'une âme errante, voyageant çà et là pour découvrir ce vaste monde. Toutefois, si mes pas m'ont conduits jusqu'ici, je n'ai malheureusement pas les connaissances nécessaires pour savoir où je me trouve. Sauriez-vous me renseigner à ce sujet?

Cet aveux, accompagné par mon ton chaleureux, mettent en confiance l'homme. Il m'offre un large sourire que je lui rends presque instantanément. Intérieurement, je me délecte d'ores et déjà de ce qui suivra inéluctablement. Plus vite cet homme imprudent m'aura donné les informations que je souhaite, plus vite je me débarrasserais de lui. Quel noble dessein que celui de la curiosité! S'exclame-il d'un air enjoué. Sachez, noble voyageur, que vos pas vous on conduit sur les terres prospères de l'Empire Tsian, mené par notre Grand Khagan à tous Burkhan Xaï. Vous vous trouvez ici dans le khanat de Temshang, puisse votre séjour vous combler. J'incline de nouveau la tête. Oh, je ne tarderai pas à être comblé, crois-moi, manant. Je pense. Puis tout haut, je réponds: Merci infiniment pour cela. Je veillerais certainement à découvrir les beautés de votre région, soyez-en assuré. Néanmoins, j'ose me permettre une nouvelle question d'ordre géographique, si cela ne vous dérange pas. L'homme secoue la tête, m'invitant à parler. Voyez-vous, sont parvenue à mes oreilles des rumeurs. Des rumeurs sur l'existence d'une île. Une île dans le faste et la luxure ne serait égalé que par le vice qui la définit. Depuis, je cherche désespérément des informations sur ce lieu. En détenez-vous?

Un air surpris, puis pensif s'installe sur le faciès du paysan. Peut-être est-il un peu décontenancé par ma requête. Toutefois, c'est avec un nouveau sourire et un calme olympien qu'il me répond par la négative: Seigneur, j'ai beau sonder mes souvenirs, je ne saurais être capable de nommer ce lieu qui est l'objet de votre curiosité. Toutefois, si un tel endroit existe, il devrait être mentionné quelque part. Peut-être que les nobles de la cité principale du khanat pourraient vous aider. Mais le plus sûr pour votre entreprise serait de consulter les archives impériales, à la Cité Impériale. J'écoute l'homme avec attention. Votre aide m'est précieuse. Mais n'étant pas originaire de ces nobles terres, je ne connais pas l'emplacement de la cité impériale. Le paysan me donne une petite tape sur l'épaule, un sourire que je trouve à la limite de la condescendance sur le visage. La cité impériale se trouve à quelques jours de marche, à l'est. En prenant la grande route, vous n'auriez qu'à suivre les caravanes. Mais si vous passez par les steppes, vous pourrez éventuellement arriver plus vite, si vous ne tombez pas sur quelques sauvages. Mes yeux s'éclairent à la mention de marchands, mes cibles de prédilection. Mais au fond de moi, j'examine les deux options que me donne l'autre. Ce dernier me met d'ailleurs en garde: Je préfère néanmoins vous prévenir: les archives impériales ne sont pas faciles d'accès. Mais notre Khagan est un homme bon, et je suis sûr que si vous lui exposez votre requête, il saura exaucer votre souhait.

Un nouveau sourire traverse mon visage. Pour sûr, j'ai affaire à un vrai patriote, qui voue un vrai culte à son souverain. En tout cas, il m'apparaît maintenant clair que ce paysan n'a plus rien à m'apporter, sinon la jouissance d'entendre sa tête se fracasser contre la terre. Je suis on ne peut plus excité: j'ai construit mon méfait avec patience, cette future victime ne se méfie pas de moi, et va en payer le prix. Jouant un peu plus avec ma proie, je m'incline une dernière fois devant lui, fléchissant légèrement les genoux, préparant ainsi mon attaque à son insu. Seigneur, votre aide me fût précieuse. Et si mon destin est de paraître devant ce Khagan que vous semblez tant admirer, je considère qu'il est de mon devoir de lui faire connaître votre contribution à mon... projet. Relevant légèrement les yeux, je constate qu'il rougit légèrement, et commence à protester. Vainement, car d'un geste vif, je lui ôte la vie d'une décapitation sans merci, faisant de ses paroles de protestation ses dernières. Aussitôt, et alors que le crâne du manant heurte le sol ocre en soulevant une gerbe de poussière, je la ressens. La sensation de brûlure, comme si j'étais marqué au fer rouge, qui s'immisce dans mon être dès que j'ôte une vie. Cette fois-ci, c'est au niveau de la clavicule droite. Face à cela, j'étouffe un cri, et n'émet au final qu'un grognement sourd. Néanmoins, il est suffisant pour attirer l'attention d'une femme.

Elle pousse un cri. Un air à la fois surpris et choqué se lit sur son visage. Des larmes commencent à embuer ses yeux, alors qu'elle semble reconnaître ma victime, et qu'elle accourt à son chevet. Bien sûr, elle ne peut plus rien pour lui. Et sans le savoir, elle vient de signer son arrêt de mort. Encore en proie à la douleur de la brûlure sur le côté droit de mon corps, je dégaine Fuun dans ma main gauche, et tranche une seconde tête. Une nouvelle gerbe de poussière, et pour moi, une nouvelle montée de douleur. Cette fois, pas de seconde cicatrice, mais un prolongement de la première, comme si une lame invisible frappait deux fois au même endroit. Je sens, doucement, la brûlure linéaire se propager jusqu'à mon épaule, manquant de me faire crier à nouveau. J'étouffe à nouveau le son de ma voix dans un grognement presque plaintif. Cela m'énerve, me rend fou. Je suis la Lame du Chaos, l'assassin légendaire qui ne connaît ni la défaite, ni les blessures, et je suis là, à devoir souffrir à chaque fois que je tue, à cause d'une stupide malédiction lancée par une pauvre folle ermite, et qui se prétend élue des Dieux! J'ai plusieurs fois pris des coups dans ma vie, mais jamais depuis que je suis devenu le terrible assassin, je n'ai été mis en difficulté. Et me voilà impuissant face à un pouvoir que je ne maîtrise pas. Cela m'énerve. M'énerve plus que tout. Et cela m'arrache un long cri bestial. Un cri inhumain, qui ne manque pas d'attirer la plupart des hommes du village. Ce qu'ils doivent voir en pointant leurs nez dehors ne doit pas être jolie. Une forme humaine, drapée de noir, découpant les derniers rayons du soleil, presque juché sur deux cadavres sans tête. Un homme avec deux épées, un homme qui souffre, un homme qui n'en est plus vraiment un. Cela suffit à déclencher un branle bas de combat général. Plusieurs formes émergent des habitations, pour venger leurs camarades injustement tombés. Moi de mon côté, toujours en proie à l'intense douleur causée par le maléfice, je n'y fais pas attention. La rage de souffrir à éveillé en moi quelque chose d'enfoui. Je la sens monter. L'autre partie de moi. La version qui ne fait plus aucune différence entre allié et ennemi. La version qui a tuée douze Lunes Rouges de Soriyeo sans subir le moindre dommage. Est-ce que ce sont les démons de mes lames qui prennent le dessus? Ou bien l'entité innommable qui a perverti mon âme dès ma naissance? Qu'importe, je me laisse posséder bien volontiers, inspirant un grand coup, embrassant du regard ceux qui mourront dans les secondes qui suivront. Un frisson me parcourt l'échine, et je sens enfin mes yeux virer totalement au rouge sang. La suite, ce n'est qu'un long trou noir.

Lorsque je m'éveille, la lune est déjà haute dans le ciel. Face contre terre, je peux toujours sentir le poids de mes deux lames dans mes mains. Je transpire à grosse gouttes, et de la terre est collée à ma peau. Je peux également en sentir dans ma bouche et mes narines. Je ne semble pas blessé, si ce n'est une douleur lancinante qui court tout le long de mon bras droit. Me redressant, puis m'asseyant à même le sol, je découvre mon bras, et constate avec effroi la présence d'une interminable ligne de brûlure. Il s'agit évidemment de celle entamée par le meurtre de ce couple, qui débute sur ma clavicule droite, et s'enroule progressivement autour de mon bras, ne stoppant sa course qu'au niveau de mon poignet. Relevant la tête, je constate que si cette cicatrice est si longue, c'est qu'il y a une raison. Je suis littéralement assis dans une mare de sang, rendu poisseux par son mélange avec la terre et le sable du village. Autour de moi, des dizaines de cadavres jonchent la grande rue. Me relevant totalement, je commence à inspecter les environs, curieux des dégâts causés par mon moi démoniaque. Certaines portes sont arrachées, des fenêtres sont brisées. Dans certaines maisons, le chaos est tel que les cadavres qui s'y trouvent ne seront jamais identifié. Je constate que je n'ai pas fait dans la dentelle: homme, femme, enfant, animaux, il n'y a plus âme qui vive dans le village. Le massacre est total, les ressources des habitants sont désormais mienne, rien ne peut venir me déranger. Cette pensée cheminant dans mon esprit, elle m'arrache un long rire. Un rire lugubre, mais satisfait.

Je ne me suis pas éternisé dans ce petit village du khanat de Temshang. Après m'être lavé, nourrit, et avoir emmagasiné quelques provisions et bandages pour la route, j'ai quitté les lieux. L'aube ne pointait pas encore, mais je ne doutais pas que quelqu'un finirait sans doute par s'apercevoir de mon œuvre. Autant ne pas être là à ce moment là. Remettant ma capuche, je laissais le désormais village fantôme derrière moi. Mais avant cela, il m'était venu une idée, que j'avais immédiatement mise en application. En effet, à l'aide de mes épées, j'avais tracé, sur plusieurs cadavres, puis sur les murs de certaines maisons, et enfin à même le sol, un symbole. Un symbole facilement identifiable, et qui ne manquerait pas de faire jaser: celui des Lunes Rouges de Soriyeo.
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