Venez parcourir des contrées d'inspiration asiatique, en des temps reculés où régnaient les mystères, l'amour, les complots et la guerre.
 
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 L'Esprit de la Forêt (PV)

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Shado Kodokuna

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MessageSujet: L'Esprit de la Forêt (PV)   Lun 27 Avr - 17:19



Cinq lunes s'étaient écoulées depuis mon départ de la Cité Impériale de Kyang. Cinq lunes passées en la compagnie de ma plus fidèle amie: la solitude. Dans le temps sur les routes de Soriyeo, et maintenant sur celles de l'Empire, la solitude est ma seule alliée. La seule compagnie offerte à un Assassin aux lames maudites, qui chaque jour deviens plus dangereux, au fur et à mesure que cette compagnie le ronge. La solitude instille la folie dans mon esprit, un peu plus encore, à chaque fois que le crâne d'une de mes victimes s'écrase sur le sol, et que les quelques curieux qui avaient osé rester s'enfuient en courant, me laissant à nouveau seul, face à mon acte. Chaque meurtre qui passe, et c'est ma colère qui augmente. Si cela fait déjà quelque temps que j'ai appris à m’accommoder, et même à apprécier cette vie sanguinaire, je ne peux oublier que sans les Lunes Rouges, les choses auraient été bien différentes. Chaque fois que je penses à eux, ces soldats, des hommes que j'admirais, je ne peux que serrer les dents, et refouler ma haine. J'ai passé l'âge d'être admiratif. Désormais, je hais les Lunes Rouges, et j'ai juré de les faire tomber, qu'importe le temps qu'il me faudrait pour cela.

Mais ce temps n'est pas encore venu. Aujourd'hui, je me trouve en Kyang, complètement perdu, comme tant de fois je l'avais été dans le passé. Je marche au hasard, bifurque sans réfléchir, laissant au destin le loisir de décider ma future destination. De temps à autre, je croise une caravane, alors je lui demande où je suis, avant de dérober leur vie, puis leurs biens. La même bonne vieille manière de se nourrir: appliquer la loi du plus fort. Prendre ce qui m'est nécessaire, sans demander l'avis de quiconque serait gêné par mes actions. Et continuer ma route, inlassablement, avec pour seule compagnie la solitude, et comme seul réconfort le souvenir du bruit sourd d'un crâne heurtant le sol. Voilà le quotidien de Shado Kodokuna, la Lame du Chaos, l'Assassin le plus redouté de Soriyeo.

Au final, après cinq lunes, mes pas me menèrent face à des montagnes. Où étais-je? Je n'en savais rien, mais à la vue du soleil perçant droit face à moi derrière ces montagnes, j'avais dû marcher vers l'est depuis un bon bout de temps. C'était le petit matin, et la saison des Dieux ne semblait pas prendre effet en ces contrées, qui semblaient pétrifiées dans le froid depuis des temps immémoriaux. Pris par la curiosité, j'entrepris l'ascension de ce monument naturel. La neige rendait la montée plus lente que ce que j'aurais souhaité, mais son humidité me permis de constater le sang encore présent sur mes mains, dernières séquelles du dernier marchand à avoir croisé ma route. Laissant d'inégales et faibles traînées rouges dans mon sillage, je continuais ma route. Parvenu à un certain niveau, me voici face à un petit village. L'activité est surprenante, compte tenue de l'heure matinal, et de la météo, mais qu'importe, me voici qui m'avance, tâche d'ombre brillant de sa noirceur au milieu des rayons orangés du soleil levant. Déambulant dans les allées, je ne semble pas attirer l'attention des villageois, qui vaquent à leurs occupations. Au détour d'une habitation, j'aperçois ce qui semble être une auberge, et m'y engouffre. C'est à ce moment là que les regards se tournent vers moi. Comment aurait-il pu en être autrement, alors qu'une silhouette noire, encapuchonné, la barbe hirsute et les mains ensanglantées comme moi pénètre dans n'importe quel type d'établissement. Je jette un coup d'œil rapide. Quelques hommes, tous d'apparences solide, sont attablés. Au bar, un homme, dans la cinquantaine, et dont la barbe égale la mienne en longueur, me fait face. Derrière lui, une femme, d'apparence plus jeune, lance une œillade apeurée dans ma direction.

Messieurs... je commence d'un ton assuré. Bien le bonjour!

Des réactions indécises. Je retire ma capuche. Un ange passe, des visages choqués, des yeux écarquillés, l'auberge toute entière est devenue silencieuse. Passant la main dans mes cheveux emmêlés, vaguement attachés avec trois morceaux de racine, je découvre une large trace de sang, poisseux et humide, qui explique parfaitement la réaction qui venait de se produire.

Oh, ce n'est pas le mien vous savez. Fis-je dans un premier temps. Et puis vous excuserez l'odeur, je n'ai pas eu le temps de me laver depuis quelques... jours.

Semaines. je corrige pour moi-même. S'arrachant à leur torpeur, quelque uns se sont levés et me font face. Le tenancier lui-même a cessé toute activité pour m'interpeller:

Oiseau de mauvaise augure! Je ne te le dirais qu'une fois: quitte ce village sur-le-champ. Tu n'apportes que la mort!

Une moue moqueuse se dessine sur mon visage. Techniquement, il a raison, je dois bien l'admettre. Mais je n'ai pas fait tout ce chemin pour être bouté comme un vulgaire sans-abris.

Et moi qui pensais les aubergistes prêt à tout pour faire boire les clients... Me voilà déçu. Vous ne proposeriez même pas un petit verre à un homme de passage?

Pourriez-vous seulement le payer? gronda-il, l'air vaguement menaçant.

Une seconde de réflexion de ma part. Non. répondis-je simplement. Mais j'ose compter sur votre générosité pour cette fois. N'ai-je pas raison? Je demandes, tout en tapotant distraitement le manche de Zetsubo, transmettant explicitement que je n'aurais aucun scrupule à me servir moi-même.

Pour toute réponse, l'un des clients sortit une petite hache de son habit. Les plus déterminés - ou les plus saouls - des hommes ont déjà fait quelques pas dans ma direction, d'autres plus réservés n'ont pas encore bougé. Mais une chose est sûre, ces hommes arborent tous une mine menaçante.

Oh vraiment? Fis-je en soupirant. Vous voulez vraiment faire ça? Ce serait dommage de transformer cet établissement d'apparence très acceptable en un cimetière improvisé, vous ne trouvez pas?

Malheureusement pour eux, aucun ne semble vouloir entendre raison, et le tenancier ne semble pas déterminé à les arrêter. Le compte est rapide: trois hommes en première ligne, deux autres un peu en retrait. Hormis celui à la hache, aucun n'est armé sérieusement, si ce n'est un qui a brisé un bouteille pour se donner l'illusion de pouvoir se défendre. Dans un nouveau soupir, je dégaine mes deux épées, et me lance dans la mêlée. Une première tête tombe, puis une seconde. La première ligne est déjà décimée, et seul reste l'homme à la hache. Je me tourne vers lui, tandis que les deux qui étaient en retrait tentent de me prendre à revers. Ils n'y gagnent qu'une lame dans l'estomac. Profitant de la distraction, le dernier encore debout tente de m'asséner un coup de hache, mais je pare en formant une croix avec mes deux lames. Un instant surpris par sa force, je le surpasse finalement, et fait choir sa tête sans coup férir. Puis j'achève les souffrances des deux derniers, avant de faire face à nouveau à l'aubergiste. Celui-ci a quelque peu perdu de sa superbe, mais pointant le doigt sur moi, il parvient tout de même à articuler.

Malheureux... tu es sur les terres de la femme-serpent... Elle... elle te punira!

Considérant mon interlocuteur, je me contente de répondre: Je peux avoir mon verre, maintenant? Avant qu'un éclair ne me traverse: Attendez. Vous avez dit femme-serpent? C'est par où? Voyant qu'il hésite, je me fais plus pressant: Réponds et tu aura la vie sauve! Je m'approche d'un pas décidé, lui recule précipitamment. Il finit tout de même par balbutier.

Plus haut... il... il suffit de monter un peu plus haut.

Satisfait de la réponse, j'éclate d'un rire tonitruant. Une minute entière s'écoule avant que je ne recouvre mon sérieux, pour demander: Et ce verre? Il arrive oui ou non?


Une fois hydraté, je quitte l'auberge, puis le village, non sans avoir promis au tenancier de revenir m'occuper de lui si jamais il m'avait menti. Reprenant mon ascension, il me fallut une bonne heure avant de la trouver. Perdue au milieu des flocons, une petite habitation. Pas de doute, ça ne pouvait être qu'elle. La femme serpent, telle qu'elle était nommée ici bas. Celle que j'avais confondu pour une princesse dans la Forêt d'Ossoro, et qui s'était révélée chamane. Cet femme a l'esprit tordu, qui avait fait de cet autre homme étrange son protecteur. Serait-il là lui aussi? Il n'y avait qu'un seul moyen de le savoir. M'avançant vers l'entrée, matérialisé ici par ce qui ne semblait qu'un simple drap, je l'écarte d'un revers de main, apparaissant dans l'ouverture ainsi créée en m'écriant:

Coucou! Me voici! Ma voix était des plus joyeuses. Et pour cause, j'étais des plus heureux de finalement retrouver la trace de ce duo d'énergumènes. Ou au moins de la chamane, car je ne sais pas si l'autre sera là. En tout cas, il n'est pas dans la pièce. En revanche, elle, elle y est. Aussi peu soignée que lorsque je l'avais rencontrée, elle me regarde fixement.

Toujours un plaisir de vous revoir, demoiselle. je lance pour saluer la chamane. Dites-moi, où se trouve votre caniche? J'aurais pensé le trouver ici, pourtant.

Un large sourire barre mon visage encore encapuchonné, mais je sais déjà qu'elle l'aura décelé. J'entre complètement, sans attendre son invitation. Les dernières braises d'un feu crépite dans la salle, et je suis bien décidé à en profiter allègrement...
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Hebi On'na

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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Mer 29 Avr - 8:58

L'esprit de la forêt
Shado Kodokuna & Hebi On'na



Les intempéries ne lui faisaient pas peur et n'affolaient pas ses sens chamaniques. Le froid pouvait être embêtant, mais elle arrivait à réchauffer le bout de ses orteils glacés près des braises fumantes et rougeoyantes. Yoruchi et Hebi n'étaient visiblement pas chaussés pour les temps hivernaux. Ses sandales de paille boueuse ne valaient plus rien et ses tabis étaient entièrement mouillés, mais ils ne possédaient pas encore les moyens de se fournir de meilleurs habits pour la saison froide. Évidemment, Hebi n'avait rien amélioré de leur dangereuse situation en souhaitant grimper plus hauts sur les flancs de la montagne, là où il faisait inévitablement plus froid et où la neige meurtrissait cruellement leur chair tendre. Comme les pauvres normaux, ils avaient enrobé leurs pieds dans de vieilles guenilles et couvert leurs épaules de capes de paille tissée. Heureusement pour son loup, celui-ci était déjà suffisamment couvert par ses vêtements et attributs de samouraï. Quand la nuit était trop fraîche, il lui arrivait, dans les méandres de son sommeil, de se presser contre le dos brûlant de son compagnon, même si consciemment elle lui ordonnait de rester loin de sa dépouille ensommeillée.

-Mon loup est là-bas, dans la neige et le froid, chassant la bestiole pour notre pitance et moi, je ne veux que danser et chanter, comme je l'ai fait autrefois, mais l'aie-je fait, Aka? Mon doux Aka, mon gardien Aka, défenseur de mes entrailles, protecteur de mes esprits égarés, qui suis-je Aka? Marmonne moi de douces paroles, mon ami, ramène moi mon loup. La chasse est terminée, qu'il m'apporte mon foin et mes graines!

Depuis qu'ils avaient quitté l'horrible forêt maudite, son esprit s'était étrangement calmé. La jeune femme avait retrouvé davantage de traces de lucidité. Sa tête reprenait des airs normaux et elle semblait même plus jolie. Le serpent spirituel rampa jusqu'à elle et s'enroula autour de ses chevilles un peu froide malgré le feu crépitant. Pour s'occuper, elle jeta quelques brindilles à peine séchées sur les flammes mourantes.

Soudainement, le vieux drap qui servait de porte à son médiocre refuge s'écarta, laissant passer un vent froid à l'intérieur qui agita les flammes déjà bien faible. Elle lança un regard froid vers l'individu qu'elle reconnut aussitôt pour l'avoir déjà rencontré il n'y avait pas si longtemps que cela, en fait. Ses habits puaient la mort, ses airs dégageaient une forte fragrance malsaine. Hebi toisa longuement le malotru. Elle savait pertinemment que leurs chemins allaient être liés à nouveau, mais elle avait osé espéré que ce ne fut pas de si tôt. La chamane décela le large sourire chez l'assassin, mais son visage resta de marbre. Elle n'aimait pas les enfants, encore moins ceux dotés insolemment de petits couteaux.

-Te voilà sur ma corniche, pauvre sot, sot sot sot, que me vaut cette pestilente visite? s'enquit-il, incapable de politesse telle était son habitude. Tu pues la mort, misérable, va te rouler quelques heures dans la neige, peut-être que l'eau froide arrivera à effacer ta démence telle une poudrerie au travers du vent.

Elle serra un peu plus le vieux haori qu'elle portait  négligemment sur ses frêles épaules. Il y avait quelque chose de plus humain dans son regard sombre de Kyangaise, mais son esprit vaquait à d'autre occupations. La nuit dernière, elle avait rêvé, tellement rêvé qu'elle en avait eu mal. Dans ses songes, elle avait décelé de nouvelles vérités et quelques mensonges qui tardaient à courir dans sa direction. Des paroles insensées lui avaient également été murmurées dans le creux de ses oreilles gelées. L'or arriverait à qui sait attendre et bientôt, son loup et elle, pourraient entreprendre leur voie périlleuse en toute quiétude.

-Elle te plaît, ma marque? demanda énigmatiquement l'ancienne geisha avec un rictus particulièrement cruel. Ne te souviens-tu pas, de cette belle et médiocre journée, enfoncé dans la boue et la bouse jusqu'aux genoux, l'humidité pénétrant tes habits comme une coulée de bave étouffante. Oh oui, cette divine journée où les esprits se sont vengés de notre route impensable et interdite. Te souviens-tu de cette morsure qui a marqué ta chair? Oh, que je le savais, je savais que ta douce pestilence reviendrait dans mon sens, éventuellement.

Les gens ne comprenaient pas toujours ce qu'elle disait, mais en fait, il y avait un sens caché derrière toute ses paroles. Une chamane, étonnamment, ne parlait jamais pour ne rien dire. Même si la pertinence laissait parfois à désiré, il ne fallait pas tourner le dos aux mots d'un être choisi par les dieux et le monde spirituel.

-Malheureux, toi qui est gelé et couvert de sang qui te t'appartient pas, désires-tu une vision de ma part? dit-il d'une voix caverneuse. Mon troisième œil s'ouvre, mes pensées ont été purifiée par nos bonnes actions, il y a-t-il des questions qui te taraudent? Quémande moi des images et peut-être serais-je en mesure de te répondre, méprisant personnage!  Son corps gracile fut secoué par quelques spasmes qui n'étaient pas du tout dû au froid qui lui mordait les os et éraflait atrocement bien sa peau. Quant à mon loup, il chasse, il pourchasse, le grand loup, à la chasse, il va et cueille pour moi, les fruits de son labeur. Des lapins, il y en a encore, il ne capturera rien de plus gros, mais j'aime le lapin dépecé en lanières, bouilli dans l'eau chaude et digéré dans mes entrailles, mais avant, du pain!

La chamane harponna rapidement un petit sac de voyage qu'elle délaça paresseusement. Elle plongea ses deux mains frissonnantes dans le gouffre que formait le tissu de mauvaise qualité et en sorti une large miche de pain. La nourriture qu'elle avait en main n'était peut-être plus aussi fraîche, mais elle était toujours comestible et pas trop dur pour la dent qui mordrait dedans. Elle arracha un tiers du morceau de pain et le lança subitement dans la figure de son invité inopportun.  

-Mange, prend des forces, créature de l'ombre, car tu en auras besoin pour tes prochaines aventures. Mort est celui qui a le ventre creux. Qu'est-ce que cela? Aurais-tu des questions? Bordel de merde, chenapan, pose les moi ou sort d'ici et arrête de m'embêter ou ma malédiction s'abattra sur ta chienne de carcasse.

© Grey WIND.

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Shado Kodokuna

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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Jeu 30 Avr - 15:24



Mon sourire ne s'est pas dissipé. Au contraire, il s'élargit au fur et à mesure que la chamane s'exprime. Visiblement, elle n'est pas surprise de me voir, et cela ne m'étonne pas. D'une manière ou d'une autre, ses pouvoirs l'ont sûrement prévenus de mon arrivée. Son regard, à la fois vif et absent, me fixe, cherchant peut-être à me mettre mal à l'aise, mais il n'en est rien. Je fais un pas en avant, laissant le pauvre morceau de tissu qui sert d'entrée reprendre sa position initiale. La position qu'il avait avant que je ne vienne troubler ses sens de ma fragrance délicieuse. Son accueil n'est en rien un message de bienvenue. Ses premiers mots sonneraient plus glacials encore que le temps extérieur aux oreilles du premier manant, mais ça ne me déranges pas. Au contraire, je n'en attendais pas moins de la chamane, après ce qu'il m'a été donné de voir dans la forêt. Et puis, cette impolitesse va de paire avec la mienne, qui m'introduit dans son antre sans y avoir été invité.

Ma démence? je répète, moqueur. N'es-tu pas sûre d'inverser nos places, chamane? Car la dernière fois que je t'ai vu, d'aucun se serait plus inquiété de ton état mental que du mien! Je ris de mes propres mots. Je suis encore assez lucide pour me rendre compte que je ne suis plus aussi sain d'esprit qu'auparavant. Mais je n'irais pas jusqu'à me comparer à la chamane. Pas encore, du moins. En tout cas, c'est toujours agréable d'être baigné dans un lac de compliments dès son entrée. J'ajoute ironiquement.

Elle a froid. Je le vois à sa manière d'agir, à ses vêtements. Les jours sont durs pour une femme-serpent. C'est que cette espèce n'est pas adaptée aux climats froids des sommets. Et puis, se rouler dans la neige est une manière plus qu'adéquate... si l'on souhaite tomber malade. Faute de soin, il serait bien aisé que de succomber aux dangers de l'hiver. Et je ne suis pas prêt de prendre ce risque. De son côté, la femme-serpent s'est lancée dans un monologue, qui s'il pourrait sembler obscur, voire dément à certains, fait totalement sens à mes oreilles. Néanmoins, il me faut une petite seconde pour que la lumière se fasse totalement dans mon esprit engourdi par le froid. Le souvenir refait surface. C'était juste après mon arrivée dans le groupe de sauvetage de Katsutani Tsunahiro, le prince impérial, et le frère de cette princesse de pacotille que j'ai rencontré au Palais. Alors que nous discutions, plus ou moins calmement, j'avais ressenti une brève, mais intense douleur au niveau du bras. C'était donc son œuvre? A y repenser, elle me l'avait déjà dit elle-même, un peu plus tard, mais dans le feu d'un combat, je n'y avais pas prêté attention. Ces pensées, ces souvenirs, tout cela m'arrache un grand rire.

Oh, je vois... Bien sûr que je me rappelle de ce jour. Pendant que vous vous accordiez une petite sieste, d'autres faisaient votre travail à votre place, et ont brillamment réussi d'ailleurs. Et c'était donc vous, pour mon bras... Je ris de nouveau, un rire moqueur, arrogant. Sans vouloir offenser votre force... en fait si, j'insulte totalement vos capacités, mais ce que vous appelez morsure, je le nomme piqûre insignifiante d'insecte ridicule. Et pourtant, je suis sûr que vous avez pris beaucoup de plaisir à cette action. Dites-moi, ma chair a-t'elle si bon goût pour qu'après tous ces cycles, vous vous souveniez encore de mon odeur?

Je retire finalement ma capuche, rendue obsolète par le fait qu'elle connaisse déjà mon visage, et m'avance un peu plus dans le refuge. La chaleur qui y règne est des plus agréables, en comparaison du froid qui fait loi au dehors. Pourtant, je suis vêtu pour vivre en extérieur, mais malgré mes habits, je dois reconnaître que j'ai froid. Tout comme elle à froid. Et manifestement, aucun de nous n'est capable de masquer cette sensation, car elle aussi le décèle, tandis qu'elle s'informe des raisons de ma visite. Quelles sont-elles? Je ne le sais moi-même, mais je trouverais bien quoi répondre. En fait, si je restes silencieux, c'est car je guette l'entrée de celui qu'elle aime nommer son loup. Son corps tremble, mais je n'y prêtes pas attention, mettant ces spasmes sur le compte du froid. Comme si elle sentait ma réserve, la chamane répond à mon interrogation silencieuse. Ainsi donc, l'autre brave également le froid, pour rapporter une maigre collation à cette femme? J'espère qu'il rentrera bientôt alors, car la description qu'elle me fait du lapin dont elle-même se languit me donne l'eau à la bouche, et fait gargouiller mon estomac. J'aurais dû manger dans cette foutue auberge. je penses pour moi-même. En attendant, et tel qu'elle le suggère, je me contenterais d'un peu de pain. Elle me lance ma part sans prévenir, peut-être dans le but de me toucher au visage, mais je capte la denrée d'une seule main sans difficulté. On ne vous a jamais appris à ne pas jouer avec la nourriture? m'enquis-je, un sourire narquois et le ton sarcastique.

Puis je viens m'asseoir auprès du feu, non loin d'elle. Je mange doucement, faisant durer ce maigre repas aussi longtemps que possible. Elle m'y encourage. J'en aurais besoin pour mes prochaines aventures, qu'elle dit. Elle a raison, mais je ne peux m'empêcher de me demander si elle a un quelconque projet me concernant. Mais alors que je profite du moment, et dégustes chaque bouchée, la voici qui s'énerve. J'ai oublié de lui dire pourquoi je venais troubler son quotidien. Elle réitère sa demande, commence à me menacer... et cela m'empêche d'apprécier mon pain. Je suis à peine à portée de bras, ce qui me permet de placer mon index juste devant sa bouche, effleurant très légèrement ses lèvres, afin de lui signifier de se taire. Cela est suffisant, du moins le temps que je finisses mon repas. Après cela , je m'étires, et entreprend finalement de répondre à la femme-serpent:

Un motif est-il obligatoire pour rendre visite à quelqu'un de nos jours? Où as-tu si peu l'habitude de recevoir que tu ne peux croire à un simple passage de courtoisie? Une pause, le temps d'un instant. Vois-tu, princesse, je commence, en me trompant volontairement sur sa désignation, ne serait-ce que pour voir sa réaction, J'arrive de la Cité Impériale, plus précisément du Palais. Depuis que j'ai quitté ce coin, j'ai marché un peu au hasard, et mes pas m'ont donc menés jusqu'à toi. Il faut croire que c'est la volonté de tes amis les dieux que de me voir ici. Parce que moi, à la base, je voulais juste escalader ce caillou pour avoir une jolie vue. Mon histoire, vraie dans son entièreté, m'arrache un nouveau sourire, presque nostalgique, malgré la proximité chronologique des événements. Mon passage à la capitale m'avais été très divertissant, et je tends à croire que cette rencontre le sera tout autant. Mais quitte à être là, autant que ça serves à quelque chose. Je me plonge alors dans une petite réflexion, avant de trouver quoi dire. La forêt est étrange. Je ris de cette tournure de phrase. Ce que je veux dire, c'est que depuis qu'on a sauvé le Prince, c'est le désert. Presque plus de gibier, plus de saloperies, plus rien. Même ce foutu bourbier s'apparente plus à une mare aux canards qu'autre choses. Quelque choses ne tourne pas rond. Des endroits hostiles, j'en ai vu quelques uns, mais rien de ce que j'ai connu n'arrive à la cheville du bourbier tel que je le connais. Déjà quand nous y sommes passé, quelque chose n'allait pas. Cela fait plusieurs mois, et ce calme n'augure rien de bon. Je fronces légèrement les sourcils. Est-ce que toi ou ton caniche avez remarquez quelque chose, depuis tout ce temps? Le Palais Impérial ne m'a pas apporté plus de réponses. Soudain, mon cerveau entre en ébullition. J'ai à peine finis de poser ma question, qu'une foule d'autres, certaines n'ayant aucun rapport avec la forêt, apparaissent dans mon esprit. Elle, elle ne pourra peut-être pas répondre à tout, mais il est fort possible qu'elle m'éclaire sur bon nombre de sujet.

Je me jures de me souvenir de toutes ces interrogations, et de les garder pour la suite. Mais alors que je venais d'aborder un sujet sérieux, un nouveau souvenir fait son entrée dans mon subconscient. Le tenancier de l'auberge m'a mis en garde contre cette foutue chamane. Cela me fait brièvement sourire: Ah, et aussi, il paraît que tu dois me punir pour quelque chose, mais je ne sais pas vraiment quoi... j'annonce, presque hilare, alors que le sang de mes cinq dernières victimes est encore imprégné sur chaque parcelle de mon corps.
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Hebi On'na

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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Sam 2 Mai - 3:49

L'esprit de la forêt
Shado Kodokuna & Hebi On'na



Oui, ta propre démence, pauvre mortel, répéta la chamane dédaigneusement en lui lançant un sourire mauvais. Elle n'aimait pas les étrangers qui s'attardaient chez elle, dans sa cabine au fond des bois montagneux. Certains curieux provenant du village au bas de la montagne osaient parfois s'approcher, les plus téméraires lui adressaient la parole afin de s'enquérir de quelques questions sur ce que les dieux avaient de planifier pour eux. C'est toujours agréable d'être courtois auprès de son hôte, Kodokuna Shado, petit orphelin devenu grand. À ces dernières paroles, son sourire devint plus cruel et ses yeux plus attentif à l'attention qui partageait sa cabine de pauvresse.  Tu en as de la chance, je suis souvent avare de mes compliments.

De l'humour à la Hebi, certes, mais il ne pouvait s'empêcher d'éprouver du dédain pour les invités soudain ou les hommes en général. Les mâles étaient des bêtes tordues, incapables de pensées cohérentes et gentillesse sans espérer rien en retour.  Son loup était pareil, il était venu et il avait quémander de ses talents, mais elle avait vu une lueur différente dans son regard, celle du martyre et son corps témoignait fort bien de son passé. Un guerrier, dans la chair et dans les os, voilà ce que son loup était, mais même les meilleurs méritaient un moment de répit et cette épée maudite, tout comme ses frère ses sœurs devaient disparaître.

-Une sieste? s'esclaffa la jeune femme en se tortillant légèrement sur son séant. Je ne dormais pas par choix, Kodokuna Shado, je marchais parmi les esprits et les morts, un monde que tu connaîtras peut-être si tu redoutes toujours la clémence des dieux. Elle rigola davantage lorsqu'il fit le lien entre sa chair et son odeur qu'elle en essuya une larme hilare du côté de son œil avant que celle-ci ne gèle immédiatement. Ce n'est pas le bras que j'ai mordu, mais ton âme putride. Tu as été vilain, orphelin, vilain, vilain, vilain, garçon vilain, vilain garçon...

Il retira sa capuche. Ce sombre personnage avait une obsession pour son loup dont elle ne comprenait pas la provenance. Certes, ils avaient plus ou moins des attributs similaires, mais son envie de revoir son compagnon était tout bonnement maladive. Il attrapa agilement le morceau de pain qu'elle lui avait lancé. Il l'accusa qu'elle jouait avec la nourriture et elle se contenta de lui répondre d'un sourire bizarrement blanc pour une pauvresse.

-Ta gueule, impertinent, si tu n'en veux pas, jette le au feu, hors de question que je me mette entre les dents la perversité qui traîne sous tes doigts, entre les ongles et ta peau charnue. Ce poison qui a écorché ton âme, car tu étais si faible d'esprit, marmonna-t-elle sinistrement en enfouissant un bout de pain dans sa propre bouche. Un peu de miel n'aurait pas été de refus avec ce maigre repas, mais il y avait des limites au luxe qu'elle pouvait se payer. Auparavant, elle avait droit à des victuailles provenant des villageois, mais ceux-ci avaient cru qu'elle avait quitté la montagne pour de bon donc ils n'avaient rien mis de côté pour son estomac. Elle ne leur en voulait point, elle s'était mal faite comprendre. Il n'avait pas pensé que son séjour dans la forêt d'Ossoro lui demanderait une si longue purification.

Quand elle s'emporta sur la raison de son arrivée en ces lieux, il eut l'impertinence de mettre son doigt sale devant sa bouche, effleurant de près ses lèvres. Elle feignit un calme olympien malgré l'envie pressante de lui arracher le bout de son doigt avec un habile coup de dent. Il fallait se méfier de la bouche d'une femme, il s'agissait souvent d'une arme plus redouble que le commun des hommes pouvait croire. Les mâles étaient si naïf derrière la grandeur de leur sexe. Hebi se poussa d'un côté lorsqu'il s'étira non loin de sa place habituelle. Elle grimaça en le voyant près de son feu.

-La forêt a toujours été étrange, idiot, commenta la femme serpent alors qu'il avait à peine entamer son récit. Elle se foutait bien de sa raison personnelle qui l'avait poussé à grimper ces froides parois rocheuses, la vérité était que les dieux avaient guidé son chemin jusqu'à elle. Ils avaient un sacré sens de l'humour, ces dieux. Peut-être que tu as fait fuir ce qui restait de faune et de flore avec ton odeur répugnante et ton humour à la con, crétin, plaisanta méchamment la jeune femme en rigolant plus que nécessaire. Il venait vraiment l'embêter avec ce genre de questions? Réellement? Il ne voulait pas savoir s'il allait mourir demain ou s'il allait devenir le plus célèbre acrobate de rues connu sur le continent? Non, il voulait parler d'une forêt vieille comme le monde, d'un territoire maudit depuis toujours? Soit, qu'il en soit ainsi! Que crois-tu que le palais impérial de Kyang aurait pu te révéler? s'indigna le serpent rouge en haussant un sourcil outré par les actions de son invité. Dans ce genre de situation, on visite des temples, des moines ou des chamanes, pas des palais impériaux. À quoi t'attendais-tu, pauvre fou? Déjà, je doute que les gardes te laisseraient pénétrer l'enceinte du palais légalement. Moi-même, j'ai plus de chance que toi.

L'ancienne geisha pencha la tête sur le côté et dévisagea silencieusement le visiteur. Elle le toisa sans pudeur, plongea son regard sombre dans ses prunelles rougeâtres. N'importe quel être normal aurait pu croire qu'elle lisait ses pensées comme un livre ouvert, en fait, peut-être était-ce le cas? Les véritables chamanes avaient le don de voir et entendre des choses ignorés des mortels normaux. Elle entendit l'invisible Aka siffler de contentement dans le creux de son oreille.

-Je vois le questionnement dans tes yeux, aurais-tu davantage de questions pour moi, Kodokuna Shado? s'enquit la jeune femme avec une curiosité non feinte. Nous avons du temps, la cible de ton affection maladive, c'est-à-dire, mon loup, court encore après les lapins et je ne promet pas qu'il y en aura pour toi. Elle approcha lentement son visage en direction du meurtrier et renifla l'air. Elle réprima un air dégoûté et se cala davantage dans sa vieille paillasse humidifiée par le froid. D'après ce que tu me dis, le prince serait toujours en vie? C'est drôle, j'aurais cru qu'une fois une partie de ses sens revenus, il se serait aussitôt jeté du haut d'une falaise, ou dans un feu de joie, ou alors il aurait pu se passer un drap autour de la gorge. La pendaison, c'est propre. Malheureux prince, il faut croire que les dieux ont abandonnés la famille impériale de Kyang, oh, malheur de malheur, malheureuse famille de malheur, malheur, famille malchanceuse! Et dire qu'il s'agit de l'héritier du trône, mais quel malheur!

Quand il commenta au sujet qu'elle devait le punir, elle agita vivement la main en l'air comme si elle chassait l'idée de l'espace vide devant elle. La fumée produite par le feu s'éleva soudainement dans les airs, s'ébranla avant de sortir en force vers l'extérieur où le vent froid l'envoya balader ailleurs.

-La punition peut attendre, mais elle viendra, sois en assuré, déclara Hebi en levant les yeux en l'air. Elle avait quelques trucs de prévus pour ce rejeton de l'enfer. Ne joue pas les idiots, tu n'es pas un assassin comme tu prétends l'être, tu es un meurtrier, il y a une nuance. L'un est une arme guidée par la main d'un maître, mais aussi une arme payée, quant à toi, tu n'es pas payé pour tes massacres, tu jouis en faisant gicler le sang, un assassin ne s'esclaffe pas devant un tel tableau morbide. Meurtrier, oui, c'est ce que tu es. Oh, mais tu peux bien te moquer de mes paroles, je n'en ai cure, au final, les dieux te jugeront pour tes actions en tant que mortel et sans repentance, alors tu iras en enfer comme tout les autres de ta race. Ainsi soit-il, au nom des dieux et des lois divines. Maudit homme, tu aurais pu faire un effort et te rouler dans la neige avant d'entrer chez moi, oh ne t'en fais pas, je t'aurais réchauffer en te jetant aux flammes.

Son discours terminé, elle pencha la tête sur le côté, embêté par quelque chose qui la taraudait. Ah oui, la forêt, l'étrange forêt, l'étrange forêt maudite, la forêt qui était étrange et maudite et terrifiante et maudite encore.

-Il n'y a rien à remarquer, la forêt est telle comme elle l'a toujours été depuis qu'elle devint le refuge d'esprits malicieux et de fantômes maléfiques, il faudrait une équipe de véritables chamanes dotés d'un totem et du don afin de créer un exorcisme suffisamment puissant pour nettoyer une partie de la forêt, et ce, c'est à espérer que le mal ne se retourne pas contre eux.

Elle haussa les épaules, chassant cette sinistre situation d'un simple coup d'épaule. Bref, la femme serpent s'en laverait les mains jusqu'au jour où elle devrait remettre les pieds dans cette forêt maudite et revoir de ses propres yeux les atrocités qui y habitaient.

-Alors ces questions, c'est pour aujourd'hui ou pour demain? Elle sourit avant de lui dévoiler ses deux paumes ouvertes de manière presque mystique. Je te propose une vision du passé, une vision du présent et une vision du futur, quant dis-tu? Une question pour chaque époque de ta vie. Ce qui fut, ce qui est et ce qui sera.

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Shado Kodokuna

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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Sam 2 Mai - 13:28



Ma propre démence... Soit, c'est valide. Fis-je en m'esclaffant. C'est vrai, peut-être suis-je devenu complètement fou depuis que je suis sorti de la forêt. Mais mon sourire s'effaça brusquement. Elle savait que j'étais orphelin. Elle connaît aussi mon nom, mais de cela je ne suis qu'à moitié surpris. Je m'étais déjà présenté, durant son petit somme, mais il est plausible qu'elle ai entendu. Mais concernant mes géniteurs... jamais je ne les ai mentionné, et pourtant elle sait. Et cela m'intrigue. Ces pouvoirs chamaniques peuvent-ils voir ce genre de choses? C'est assez impressionnant, tout comme cela est déconcertant, de voir que tu connais mes origines. Je serais tenté de demander pourquoi, mais j'ai peur de ne pas être surpris par ta réponse.

La tension retomba assez vite, alors que je mentionnai l'épisode de son sommeil. Je me doutais bien qu'elle ne dormait pas par choix, mais ça me faisait rire de le lui laisser croire. En réalité, tel qu'elle l'expliquait, son esprit avait fait une petite excursion dans le monde des esprits. Oh... alors milles excuses, laissez-moi le soin de rectifier. Pendant que vous vous octroyiez une petite randonnée dans le monde invisible, d'autres faisaient votre travail à votre place. Et ils ont réussis brillamment. Je ris. En effet, peut-être qu'un jour je deviendrai un esprit. Si les dieux le veulent, manifestement. J'exprime la pensée qui me traverse l'esprit à cette idée: Vous savez, moi et les Dieux... c'est une grande histoire d'amour. Une longue histoire faites de blasphème, et d'insultes à ces entités divines auxquelles je ne suis même pas sûr de croire. Elle m'apprend ensuite que c'est sous cette forme d'esprit qu'elle a mordu mon âme. Cela me fait rire, tant ça me rappelle une anecdote datant de mon temps au Temple des Lunes Rouges. Si c'est mon âme que tu as mordu, pas étonnant que je n'ai rien senti. J'ai souvent entendu que les gens comme moi n'en avaient pas. C'était une référence au coloris de mes cheveux bien sûr. Le Grand Prêtre du Temple de Soyeo avait, paraît-il, longtemps refusé de me recueillir à cause de cette tignasse. Maintenant que plusieurs mèches chatouillent mon dos, tandis que le reste est attaché à la hâte, le tout couplé d'une barbe monstrueuse, je tends à me dire qu'il avait possiblement raison.

Je retire ma capuche, elle me lance mon morceau de pain. Et alors que je me moquais de son hypothétique projet de me toucher avec cette nourriture, la voici qui me traite de faible d'esprit, car je n'ai pas empêché la douce extase d'un assassinat de s'attacher à mon âme. Ce n'est pas tout à fait vrai. Disons plutôt que j'ai laissé cette extase me posséder, et ce de mon plein gré. Il eut été un temps où j'aurais regretté mes actions, où je me serais senti immonde. Mais je suis passé au-dessus de ça. J'ai accepté ma condition, et aujourd'hui je vis comme je l'entends. Alors je peux bien être un faible d'esprit, mais mon talent épées en main à fait de moi la plus grande menace de l'histoire de ce monde. Bien sûr, je ne dis rien de tout cela. Je mange, et je n'aime pas être dérangé quand je mange. Aussi je place mon doigt devant sa bouche, pour la faire taire.

Une fois mon maigre repas englouti, je commence à formuler ma requête. Elle aussi rit de la stupidité de ma première phrase, avant de lancer une petite pique qui ne manque pas de me faire rire. J'aime bien son humour, même si ce n'est manifestement pas réciproque. Et alors que je lui révélais mon passage au Palais Impérial, la voilà qui s'indigne, et moque encore mon manque de discernement. Je hausse les épaules tout en penchant un peut la tête. Elle marque un point, le Palais Impérial n'était peut-être pas la destination à privilégier dans les circonstances. Quand à la manière dont j'y avais fait mon entré. C'est-à-dire que je n'ai pas l'habitude de demander la permission d'entrer quelque part. La prochaine fois que tu passeras là-bas, les gardes et l'une de ces gamines qui se disent princesse pourront en témoigner. Peut-être va-elle croire que j'ai tuer la princesse, qui sait. Ce n'est pas le cas, mais ça aurait pu l'être. Les questions se pressent dans mon esprit, et alors que son visage s'est approché du mien, et qu'elle m'observe sous toutes les coutures, elle le sent aussi. Elle me questionne: quelles sont toutes ces interrogations? Le loup, ou le caniche, n'est pas là. Il chasse, et ce n'est pas sûr qu'il y en ai pour moi. Ce n'est pas sûr non plus que j'accepte d'être réduis à vous observer manger. Je rétorque avec un sourire en coin. Malgré tout, chaque coup de vent qui soulève le drap de l'entrée me fait jeter un coup d'œil, dans l'espoir de voir sa carcasse apparaître. Le loup, le caniche. Peut-être la seule personne que je respecte vraiment dans ce monde, malgré la façon dont je l'appelle. Lui et moi partageons la possession de lame démoniaque. Et si lui semble voir cela comme le plus lourd des fardeaux, je préfère considérer cela comme la plus grande des chances.

Mais il n'est pas là. Seulement la femme-serpent, à quelque centimètres de mon visage, en train de monologuer sur les différentes façons qu'avait le Prince de se suicider. Si je l'avais vu, j'aurais pu m'assurer qu'il allait bien. Mais j'avais préféré perdre mon temps avec cette princesse de pacotille, qui m'avait au moins assuré que Katsutani Tsunahiro était encore en vie. Si jamais il s'était suicidé, je pense que je l'aurais ressuscité pour le tuer moi-même. Après tout, c'est ce que fait un assassin... Je grogne, malgré le sourire presque sadique qui orne mon visage. Plusieurs hommes ont risqués leurs vies pour le sauver, plusieurs autres sont morts. Si jamais il avait pris sa propre vie, on aurait fait tout ça pour rien.

Quand je mentionne indirectement mes actions de l'auberge, elle élude la question, reportant sa sentence à plus tard. S'ensuit un monologue sur la différence entre un assassin et un meurtrier. Très intéressant au demeurant, je l'écoute sans broncher, un sourire en coin ornant mon visage. Quand elle a fini, j'esquisse une petite moue avant de répondre: Disons que je suis un assassin indépendant. Si cela entre dans ta qualification de meurtrier, qu'il en soit ainsi, ce n'est pas comme si ça me faisait quelque chose. En revanche, ce qui me fait quelque chose, c'est le bruit d'une tête qui heurte le sol. Je l'ai entendu deux fois ce matin, et ça redescend pas. Tu pourrais peut-être t'en occuper pour moi. Je lance, mort de rire devant ce sous-entendu salace. Recouvrant mon sérieux, j'ajoute: Et ne t'en fait pas, chamane. Si j'y passe avant toi, je te garderais une place près du brûlant feu de l'autre monde. La température sera sûrement plus agréable qu'ici.

Finalement, sa réponse concernant la Forêt vient. Et elle est quelque peu décevante. J'en ai rien à foutre d'exorciser cette putain de forêt. J'explique avec un ton bien plus calme qui ce que mon lexique pourrait laisser croire. Ce que je veux, c'est une explication sur pourquoi il y a plus la moindre trace de rien. Pourra-elle me donner une réponse? Je n'en sais rien. En attendant, elle attend la suite de l'interrogatoire, et me propose un marché. Trois visions. "Ce qui fut, ce qui est et ce qui sera". C'est acceptable. je lance en acquiesçant à sa proposition. Je n'ai pas à réfléchir longuement concernant mon premier souhait. Mon passé ne comporte qu'une seule zone d'ombre. Tout d'abord, que peux-tu me dire sur mes parents? C'est là mon souhait concernant ce qui a été. Je la fixe. J'espère que mes géniteurs sont toujours en vie, et qu'elle saura me dire où ils se trouvent. J'aurais quelques questions à leur poser avant de leur trancher la tête pour m'avoir abandonné. Elle aussi me fixe, sûrement dans l'attente des deux vœux suivants. Faisons les choses dans l'ordre, serpent. Montre moi d'abord ce passé que je ne connais pas, avant que notre attention ne se porte sur le présent et le futur.
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Hebi On'na

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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Lun 4 Mai - 23:23

L'esprit de la forêt
Shado Kodokuna & Hebi On'na



 -Les origines de ta piètre existence ne sont pas difficiles à deviner, nous nous ressemblons plus que nécessaire, toi et moi, mais je n'en dirais pas plus sur moi-même, même lame sous gorge, car mes souvenirs sont aussi brumeux qu'un début de matinée pluvieuse, déclara la jeune femme aux étranges marques sur le corps. Ça et mes talents très spéciaux, un joli cadeau des êtres supérieurs qui veillent sur nous. Contrairement à ce que tu peux imaginer derrière tes sourcils broussailleux, je ne suis pas un charlatan. Les véritables chamanes existent et on les retrouve majoritairement dans les grandes villes, dissimulés entre quelques charlatans, c'est l'expérience  et le sens commun qui te permettra d'en trouver un vrai. Moi, je n'ai pas besoin de prouver ma vérité, car tu as vu de tes propres yeux ce de quoi j'étais capable dans cette maudite forêt. Je ne suis, hélas, pas une fable.

Hélas, car elle se serait vraiment marrer de faire poireauter les gens faibles d'esprits avec de beaux mensonges et rire de leurs gueules incrédules ensuite. Cependant, elle devait admettre qu'être chamane avait son utilité, par exemple, son gardien, son animal totem, Aka, le serpent écarlate. Cette créature d'un monde invisible qui lui avait permis de survivre malgré les obstacles et réchauffer en hiver. D'ailleurs, elle se demanda qu'elle pourrait bien être la réaction de ce félon si elle lui dévoilait la présence de ce reptile rouge aux pupilles meurtrières.

-Nous avons tous des âmes, mais les rats ont des âmes, tu m'entends, même les rats et les porcs ont des âmes! s'énerva l'ancienne geisha en levant les mains en l'air comme s'il s'agissait d'une révélation écrite dans le ciel. La seule différence, c'est que les plus pieux ont plus de chances de se rendent dans les beaux cieux, au-delà de ce que l'on voit et espère atteindre un jour. Je dis les plus pieux, car ils sont le plus souvent ceux qui ne tournent pas le dos à leurs guides suprêmes.

La chamane haussa des épaules. Cet homme avait une âme, peu importe ce que les médisances racontaient à son sombre sujet. Ces yeux étaient simplement un signe de ces actions monstrueuses passées et ses cheveux, un simple erreur du destin. Toutefois, on disait qu'un enfant ressemblait à ses parents ou à ses ancêtres. De quel endroit du monde une tignasse rougeâtre de la sorte pouvait venir? Quelque chose lui disait qu'elle n'arriverait pas à obtenir une réponse auprès du monde invisible. C'était trop demander et la question n'était, étrangement, pas suffisamment pertinente. Aka siffla à nouveau auprès de son oreille, son regard reptilien dévisageait curieusement l'individu.

-J'avais bien remarquer ton manque de sens commun, à croire que tu n'as pas eu de parents pour t'enseigner les bonnes manières! commenta le serpent rouge avant de rire subitement, elle avait momentanément oublié qu'il était un orphelin, mais il n'était pas sans figure adulte pour lui inculquer des notions communes pour vivre parmi les gens. Est-ce que tu considères toute les femmes que tu rencontres comme étant des princesses? s'enquit la chamane, suspicieuse. Il va falloir t'apprendre à faire la différence entre, servantes, pauvresses et les vraies princesses issues des familles régnantes. Encore une fois, c'était complètement débile de te rendre au palais impérial de Kyang et en ce qui te concerne, je doute que tu sois passé par le temple de la famille, pauvre sot.

Un sourire carnassier étira la bouche de la jeune femme au moment où elle attrapa une longue branche afin de jouer avec les braises fumantes. Elle s'amusait de voir le bout brûler et noircir tranquillement. Afin de raviver un peu son humble chauffage, elle harponna ne poignée de vieilles brindilles étrangement sèches et les jeta vivement dans les flammes qui léchaient aussitôt avidement la matière brunâtre. Des flammèches sortirent du brasier et se dirigeaient en direction du meurtrier, puis vers les chevilles dénudées de la chamane qui ne sentit absolument rien.

-On ne discute pas de telles choses avec son hôte, misérable malheur, je décide de ce que je te donne, de ce que tu reçois de moi et tu prends ce qui vient, rien de plus, rien de moins, je ne suis pas ta mère, annonça froidement la chamane. Les temps sont froids et difficiles, je n'ai pas à nourrir le premier enfoiré qui met le nez dans ma cabine, alors sois respectueux, elle prend une petite pause avec de poursuivre, je te réchauffe par curiosité de ton esprit torturé, mais je pourrais aussi te mettre dehors.  Tu iras, à ce moment-là, prendre un bain dans les larmes de veuves et des orphelins que tu as créé, il y a de cela une demi-heure, pour te réchauffer.

Elle était vraiment impressionnée par le rétablissement du prince, quoique, dire qu'il était en vie ne signifiait pas nécessairement qu'il était rétabli. Cet homme avait assisté à quelque chose peu commun chez les mortels, c'est-à-dire aux activités d'esprit malsains. L'invasion des créatures maléfiques du monde invisible n'était pas une chose courante, même dans un endroit comme la forêt d'Ossoro où régnait les fantômes et les atrocités nées du monde invisible. Quelque chose ou quelqu'un devait avoir pousser ces créatures de l'ombre à se manifester dans le monde physique et à ravager la forêt et ce qui y vivait, y compris la faune et la flore. Tient, c'était peut-être ces réflexions-là dont elle aurait dû faire part au meurtrier. Boff.

-Vois-tu, Kodokuna  Shado, nos âmes ne concordent pas, à ce rythme-là, nous ne nous reverrons jamais au-delà de la mort, car j'aurai une place de choix parmi les serviteurs dédiés aux dieux. Vois-tu, les âmes des chamanes sont très prisées par les immortels, mais qu'est-ce qu'un sot comme toi pourrait savoir de ce genre de chose? soupira la chamane en haussant des épaules. Si tu t'étais penché sur les écrits religieux plutôt que de t'apitoyer sur un sort que tu as toi-même causé par ton arrogance et ton désir d'être plus fort que les autres, peu importe qui ils furent, tu serais peut-être, effectivement, une Lune Rouge aujourd'hui.

Un sourire cruel déforma son visage alors que ces prunelles brillaient vivement sous le crépitement des flammes ravivées. Petit et mauvais orphelin était devenu grand, de chair et de sang, mais son esprit n'avait pas changé, et ce, même s'il refusait de l'admettre, ce salaud.

-Ah, une Lune Rouge, ces honorables guerriers au service du roi du royaume de Soriyeo, mais nous ne sommes pas en Soriyeo, tu as fait une belle route, meurtrier de Soriyeo, marmonna la jeune femme qui tisonnait toujours le brasier crépitant et rougeoyant à ses pieds. Le royaume de Soriyeo avait des relations plus ou moins tendues avec la famille impériale de Kyang et aux dernières rumeurs, ce royaume de pacotille s'amourachait de l'empire de Miyong. Malgré leur puissance militaire, la famille impériale de Kyang serait mieux de se serrer la ceinture si ces rumeurs s'avéraient à être fondées. Parfois les choses sont sans explication, le monde ne tourne pas autour de toi, Kodokuna Shado, tu peux te la mettre où je le pense ta forêt maudite. Si elle ne te convient pas, alors trouve toi de nouveaux bois à fréquenter.

Ah, ces orphelins avec leurs obsessions parentales. Ne pouvait-il pas être satisfait de la façon dont il avait vécu, et ce, sans une mère et un père à proprement parlé? Oh la, la, c'était toujours les mêmes questions qu'on lui radotait. Rien de bien excitant, mais soit! Qu'il en soit ainsi. L'ancienne geisha étira son bras jusqu'à une étagère poussiéreuse et en sorti une petite boîte. Une fois celle-ci installée sur ses cuisses, elle l'ouvrit. Une forte fragrance d'herbes mystérieuses et fleurs séchées s'échappa du récipient. La chamane en saisit une pincée entre ses doigts frêles puis jeta ensuite celle-ci sans prévenir dans les flammes qui s'agitèrent violemment sous l'invasion herbacée.

Une fumée épaisse s'éleva du brasier et embauma l'air de fraîches odeurs. Elle pointa ensuite le malheureux orphelin.

-Retire tes gants, entaille le bout de ton index droit, qu'une goutte de sang tombe dans les flammes et pense très fort à ta question. Ensuite, saisit mes mains au-dessus du feu! dit-elle en tendant ses mains au-dessus des flammes, suffisamment éloignée pour ne pas brûler celui qui osait la questionner aussi simplement. Elle attendit impatiemment qu'il eut fait ce qu'elle lui demandait. Maintenant, c'était à elle de jouer. Ses doigts se crispèrent sur les poignets généreusement offert du meurtrier et elle ferma doucement les paupières. Ses lèvres se mirent à remuer rapidement de propos incohérents et intelligibles pour les oreillers des mortels normaux.


Lancé de dé no.1
- Réussite. Une vision claire du passé du meurtrier parvient à la chamane.
- Échec. Des bribes brumeuses du passé du meurtrier parvient à la chamane.

Lancé de dé no. 2
- Si Réussite. Libre interprétation par Hebi On'na (Permission offerte par le joueur Shado).
- Si Échec. Aucune révélation réellement pertinente.


Les images n'étaient pas très claires. Elles étaient aussi nébuleuses que l'apparence dégagée par le meurtrier derrière l'écran de fumée qui salissait leurs bras tendus les uns vers les autres. Les doigts de la chamane se crispèrent sur les poignets du jeune homme, ses ongles mal taillés s'enfoncèrent légèrement dans sa peau. Il était possible de voir les mouvements furtifs de ses globes oculaires excités derrière ses paupières closes. Dans le vide de son esprit, la femme serpent se retrouva dans un nouveau monde, elle fit un bond vers un passé qui n'était pas le sien et tomba soudainement dans le néant. Un brouillard perpétuel lui bloquait la vue. Énervée, elle poussa un juron perceptible par le meurtrier assistant à sa méditation.

Il y a avait deux formes, un peu plus loin, devant elle. L'une des deux silhouettes semblait tenir quelque chose de suffisamment massif pour être considéré un fardeau. Hebi s'approcha à pas de loup, poursuivant les deux protagonistes de son rêve éveillé prudemment. Elle capta quelques voix, mais il était impossible de déterminer les sexes de ces étrangers voilés dans la brume. Toutefois, malgré sa vue embrouillée, la chamane devina immédiatement qu'il devait s'agir des parents si importants aux yeux de Kodokuna Shado. La jeune femme emboîta leurs pas, glissant imperceptiblement dans leur sillage. Une forme massive s'éleva aussitôt à l'horizon. Invisible aux yeux des gens du passé, l'ancienne geisha se glissa davantage près des ombres. Une forme semblant être masculine se baissa et déposa près d'une grande porte ce qui semblait être un humble berceau dans lequel s'agitait les petites mains d'un bébé d'à peine quelques semaines. « Beurk, un bébé », songea la chamane avec une mine dégoûtée. Disons simplement qu'elle n'était pas friande de ces minuscules humains, et ce, même s'ils était les protagonistes de ces visions. La chevelure rousse du coureur de la forêt maudite était plus claire lorsqu'il était enfant qu'aujourd'hui. Un trait typique ou peut-être que sa chevelure était tout simplement trop crasseuse pour y voir sa clarté. En toute honnêteté, si les cheveux d'une personne quelconque étaient considérés comme étant un trait démoniaque, alors il était normal de noircir ceux-ci d'une quelconque façon afin de passer inaperçu. L'intruse reporta son attention sur les deux ombres qui devaient être les fameux parents de son visiteur.

Malgré la noirceur de sa vue, elle ne remarqua aucune rousseur chez les deux sombres silhouettes, elle devina seulement par la taille et la forme des deux personnes que l'une était une femme et la seconde, un homme, était-ce le père de cette créature fragile et faible? Un bruit retentit et Hebi eut un mouvement de recul. Elle connaissait fort bien ce bruit, ces sons faisaient techniquement partie de son quotidien. Les mauvais esprits détestaient ce qu'ils considéraient être des cacophonies horribles et méprisables et il s'agissait d'un atout typique... des chamanes.

Le son retentit à nouveau. À l'ombre d'une large rocher, Hebi haussa un sourcil. Des rumeurs lui parvinrent aux oreilles, mais il était impossible de percevoir ce que pouvait bien raconter ces deux étrangers dissimulés dans l'ombre de ce rêve imprécis. C'est alors que le brouillard s'éleva légèrement et elle vit, elle perçu pendant un cours instants, les habits de la femme et les clochettes typiques qui ornaient ses vêtements. Un signe normal que l'on retrouvait chez tout les véritables chamanes. Là où un serviteur du monde invisible passait, il y avait le son des clochettes ou n'importe quoi qui faisait du bruit.

Secouée par cette révélation, Hebi sursauta en voyant la silhouette féminine fixer son attention sur le rocher derrière elle. Pendant ce temps, celui qui semblait être un homme toquait à la large porte. Non, ce n'était pas le rocher qu'elle regardait avec tant d'insistance, c'était... elle? La femme serpent écarquilla les yeux quand une voix terrifiante et larmoyante s'éleva dans les airs et pointa son doigt cruel vers elle. Elle qui était dans un autre monde, elle qui était simplement en train d'assister à des évènements du passé. Elle qui n'était pas dans un monde matériel.

-Ne vous approchez pas de mon fils, créature du mal! s'écria la femme qui leva ses deux mains et ouvrit ses deux paumes dans sa direction. Une douleur fulgurante ébranla aussitôt la chamane qui ferma les yeux pour finalement les rouvrir sur un Kodokuna attendant patiemment de l'autre côté des flammes. Des gouttes de sueur froide perlaient sur les tempes de la chamane qui toisa longuement son interlocuteur. Au bout d'un moment, elle décida de prendre la parole après l'avoir fixer pendant trop longtemps. Les quelques informations que je possède ne sont pas très claires, admit la chamane qui se renfrogna. Je crois cependant avoir assister au passé, mais je n'ai pas été en mesure de voir clairement ce qui semblait être vos parents biologiques. Les circonstances sont... plutôt étranges.

Hebi déglutit péniblement, elle se sentait assoiffée, mais elle ne pouvait entraver le lien qui l'unissait présentement au meurtrier, car si elle séparait ses mains des siennes, rien ne promettait que son rituel fonctionnerait à nouveau pour sa question du présent et celle du futur. Elle fronça des sourcils.

-Kodokuna Shado, déclara solennellement la chamane. Je crois que ta mère biologique était... une chamane, une vraie, lui annonça-t-elle franchement en plongeant son regard dans le sien. Les quelques indices que j'ai pu percevoir me porte à penser à cela. En ce sens, je ne sais que songer à ce sujet. Elle avala presque de travers sa salive, puis son regard devint subitement sérieux, très sérieux. Tu ne connais pas l'étendue de la situation, n'est-ce pas? Laisse moi t'expliquer, car c'est tout simple, les chamanes femelles naissent stériles, incapables d'enfanter. Il s'agit bien là du fardeau à porter pour posséder la clémence des dieux et les dons de percevoir le monde invisible qui nous entoure. Ou plutôt devrais-je dire que la majorité des femmes du monde chamanique ne sont pas en mesure de procréer et il y a des raisons pour cela. Les chamanes sont des cibles de choix pour les mauvais esprits et il est facile pour le plus fort d'entre eux de s'immiscer dans l'âme d'un fœtus. De quelques chamanes sont nés quelques héros divins, mais de cette progéniture est davantage arrivé la création de criminels, influencés dès la création par les sombres dessins du mauvais œil. Toutefois, le bien et le mal sont relatifs, même si l'âme d'un enfant aurait été pervertie avant la naissance par les plans malicieux d'un mauvais esprit qui aurait réussi à traverser les barrières instaurées par la mère chamane, car elle devait être suffisamment intelligente pour s'y essayer, au moins, et bien le libre arbitre existe toujours. Voilà pourquoi il y a eu des héros divins et des déchets malicieux, tout comme il y a des esprits bienfaisants et des malfaisants. Elle prit une pause pour souffler un peu. L'influence du mal, cependant, aurait toujours fait partie de ta vie et il semblerait, qu'elle ait gagnée, au final. Elle dévisagea son visiteur un moment. Il est aussi normal pour les enfants nés ainsi d'être pourvu des traits peu communs, elle désigna son étrange chevelure du menton.

Hebi inspira un bon coup et expira bruyamment.

-En ce sens, j'avais raison, ton esprit est faible, d'après ce que j'ai vu de celle qui semblait être ta mère, elle semblait croire que tu grandirais normalement, sans la présence de mauvais esprits, si tu vivais dans un temple, endroit normalement protégé par l'influence plus grande des dieux s'y retrouvant, son expression était de marbre alors qu'elle poursuivait sur sa lancée, de plus, avec la présence des Lunes Rouges, il aurait été normal de penser naïvement que la discipline de ceux-ci s'immiscerait dans ta tête et te sauverait de la voie noire.

Elle fit rouler ses épaules et bailla longuement.

-Alors, cette question du présent, elle vient? s'enquit-elle subitement, oubliant complètement le sujet sérieux employé précédemment où les conséquences qu'elles pourraient avoir sur le meurtrier aux pupilles rougeâtres. Au final, elle s'en foutait, non? Cela, elle n'en était pas certaine. Le fait qu'une image du passé ait pu la «voir», mais surtout l'attaquer, avait de quoi faire réagir une lunatique telle que elle.


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Fée du Destin

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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Lun 4 Mai - 23:23

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Shado Kodokuna

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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Mar 5 Mai - 13:00



Deux êtres qui n'étaient pas fait pour la vie en société telle qu'elle est envisagé partout de par le monde. Voilà ce que nous sommes. J'abrège. Elle aussi semble avoir connu sa dose de malheur à travers sa vie. Si elle refuse de s'étendre plus à ce sujet, c'est son choix. Ce n'est pas comme si ça m'intéressait. Elle se justifie ensuite d'être une vrai chamane. Je n'ai jamais remis en cause tes talents, que je saches. fis-je avec un petit sourire en coin. Je voudrais ajouter quelque chose sur les Puissants qui nous surveillent et nous protègent, mais ce n'est pas le genre de personne qui accepterait de voir quelqu'un remettre en cause les fondements des croyances divines. Du moins elle n'accepterait pas de me voir remettre en cause les Dieux plus que je ne l'ai déjà fait. Mais avec cela, elle ne répond pas vraiment à ma question, et je ne sais toujours pas comment elle a pu lire sur mon visage les séquelles d'une enfance sans parents. Si ce n'est le vieux Waizu, qui m'avait recueilli et élevé comme son propre enfant.

Pour me changer les idées, je lance une blague sur mon âme. Et comme à chaque fois, la chamane y trouve quelque chose à redire. Bien sûr que j'ai une âme, aussi meurtrie et souillée soit-elle. Cette femme-serpent est-elle incapable de voir de l'humour quand on en fait? Comme ce doit être barbant de vivre avec elle! Et pour répliquer, la voilà qui parle de piété. En effet, j'ai tourné le dos à tes "guides suprêmes". J'étais pas un grand admirateur de leur politique. Je n'irai pas au ciel après ma mort. Et c'est peut-être mieux comme ça. Malgré les années qui ont passés, ma haine envers les Lunes Rouges, ni ma colère à l'encontre des dieux pour toute l'injustice dont ils ont fait preuve, rien de tout cela ne s'est estompé. Je suis toujours déterminé à faire tomber l'ordre qui m'a tant fait souffrir. Et le royaume avec.

Un nouveau rire s'échappe de mes lèvres quand elle lance sa propre blague, sur mon sens commun. Elle me demande aussi si je considère toutes les femmes comme des princesses. Je suis un vrai gentilhomme, voyons! Les femmes méritent d'être traitée comme des reines! J'espère que cette fois elle verra le sarcasme dans ma voix. En tout cas, elle ne partage pas ma "vision" des choses. En effet, j'ai préféré faire l'impasse sur les belles paroles des prêtresses. Au lieu de ça, je me suis attardé dans les appartements d'une des princesses. La cinquième, si je me souviens bien. Et évidemment que je me souviens bien, vu que l'action s'était déroulé il y a seulement cinq lunes.

Ressentant le besoin de me déplacer, je quitte ma place près du feu, me lève et fait quelque pas dans la pièce. Derrière moi, la chamane s'occupe du feu, tout en parlant de son loup et des lapins qu'il chasse. Elle n'apprécie pas, une fois de plus, la remarque sur le fait que j'envisage de me servir moi-même, mais qu'importe, j'en remet une couche: Les temps sont froids et difficiles, je répète. Je ne peux pas attendre qu'on me donne gentiment de la nourriture. Je me sers si l'envie m'en prend. Elle mentionne mon massacre à l'auberge, et j'en ronronne allègrement, tout en fermant les yeux, pour me remémorer le doux son du crâne sans vie heurtant le vieux plancher du bâtiment. Ce n'est pas la meilleure surface pour une décapitation. A la fois solide de par sa nature, mais pas aussi solide qu'au premier jour, le bruit est atténué. Je préfère les surfaces vraiment dures, pour que le bruit soit bien sourd, comme je l'aime. Mais une surface très meuble, comme le sable, est également très plaisante à l'ouïe. Perdu dans ses joyeuses pensées, du moins pour moi, j'en viens à me demander la sensation procurée par une décapitation sur l'eau. Le "plouf" pourrait potentiellement être jouissif...

Mais la chamane se charge elle-même de me ramener à la réalité. De nouveau, elle mentionne mon passé comme si elle me connaissait depuis toujours. Elle sait que je viens du Temple de Soyeo, le Temple des Lunes Rouges. Mon sourire, rêveur à l'idée de faire choir une tête ou deux, s'efface brusquement, mais comme je lui tourne le dos, elle n'en voit rien. Ce qu'elle peut entendre, en revanche, c'est le ton sérieux de ma voix. Puisque tu sembles connaître mon passé mieux que je ne le connais moi-même, tu devrais savoir ce qui m'est arrivé, et que mon désir d'être fort était plus que légitime. Ou ne fais-tu que sélectionner les bribes d'informations qui t'arrangent pour te moquer de moi? Manifestement, elle n'en a rien à foutre, que ce soit des Lunes Rouges ou de mes interrogations sur la Forêt d'Ossoro. Elle peut admirer le chemin que j'ai parcouru, si cela lui fait plaisir, mais je tends à croire qu'elle ne possède pas toutes les pièces du puzzle.

Mais cela passe au second plan, quand je pose ma première question. Mes parents. Elle ne semble pas plus intéressée que ça par le sujet, mais elle se plie à ma demande. Je la regarde préparer le feu, à base d'herbes et de fleurs. Puis elle me dit quoi faire. J'hésite une seconde: ai-je vraiment envie de savoir? Oui. En revanche, je ne sais à quoi m'attendre. Finalement, je m'exécute, retire mes gants et les laisse tomber par terre, entaille le bout de mon index droit à l'aide de Fuun, et m'agenouille face à la femme-serpent. A partir de là, je demeure silencieux, fixant calmement la chamane dans ses œuvres, ses lèvres remuent, mais je sais que ses mots ne me sont pas adressé. Ses doigts se crispent sur mes poignets, ses ongles pénètrent légèrement ma peau, sans que cela ne me fasse réagir. La vision bat son plein, et de toute évidence, c'est une expérience intense pour la chamane, qui commence à suer. Enfin, après quelques minutes, peut-être même moins, la femme-serpent repasse de l'autre côté de la barrière invisible. Un temps indécise, je devine qu'elle prend le temps d'analyser ce qu'elle vient de voir. Enfin, elle me révèle sa vision.

Rien sur mon père. Mais ma mère est, serait? Une chamane. Ce n'est pas censé être possible, mais c'est ce que les indices vus par la femme-serpent lui font croire. Potentiellement, mon âme aurait été contaminée avant même ma naissance par un esprit démoniaque. Et un puissant, puisqu'il aurait été capable de percer les défenses mises en place par ma mère, et de s'infiltrer jusqu'à moi, donnant ainsi à ma chevelure la teinte qu'elle possède aujourd'hui. Si j'ai été abandonné, c'est car mes parents craignaient cette âme hôte d'un démon. Ils pensaient que les Lunes Rouges, et le Temple de Soyeo lui-même, m'offrirait un cadre protégé des Dieux, ainsi qu'une discipline qui endiguerait la montée en puissance de l'esprit. Inutile de dire qu'ils s'étaient grandement fourvoyés. Hormis Waizu, aucun des résidents du Temple ne m'a jamais respecté, et au final, l'esprit qui vit en moi a pris le dessus sur ma conscience, me menant à ce que je suis aujourd'hui: la plus sombre légende de l'histoire de Soriyeo. Cela signifie qu'un esprit maléfique se trouve en moi? je demande, afin d'être bien sûr. Car si c'est le cas, cela explique pourquoi je deviens plus fort lorsque je laisse les démons de mes lames me posséder. Ou peut-être que ce ne sont pas les lames, mais bien l'esprit démoniaque qui prend le contrôle. Intérieurement, je ne peux m'empêcher de songer au niveau que j'atteindrais si j'étais capable de totalement contrôler cet esprit, de communiquer avec lui.

Mais la chamane s'impatiente sur la question du présent. Pour cette vision aussi, mon choix est fait. Je veux en apprendre plus sur mes compagnons de voyages. Chamane, parle moi de mes épées. je demande avec sérieux. Fuun et Zetsubo... Que peux-tu me dire à leur sujet? Ces deux démons ont-ils un lien avec l'esprit qui me hante? Un lien spirituel avec d'autres armes maudites, comme celle du caniche? Les esprits peuvent-ils répondre à cette question?
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Hebi On'na

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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Lun 11 Mai - 8:28

L'esprit de la forêt
Shado Kodokuna & Hebi On'na



Des bribes d'information choisies dans les méandres du hasard, lui servant simplement à se moquer de ce cruel individu. Oui, c'était tout à fait son genre de partager cette maigre méchanceté avec ceux qui envahissaient son domaine. Toutefois, même une chamane de son niveau ne possédait pas les connaissances ultimes. Les dieux étaient parfois des êtres capricieux et ils gardaient jalousement une grande partie des notions du monde. Tant mieux, il y avait des choses que les humains n'avaient pas besoin de savoir ou de comprendre. Les plus téméraires étaient des scientifiques et les plus imaginatifs, des philosophes ou des patrons de la religion. Un sourire narquois déforma la bouche de la jeune femme. Non, elle n'était pas celle qui se fichait gratuitement de lui, mais les dieux qui se fichaient d'eux royalement. Il y avait toujours des limites aux présents offert par les puissants aux méninges fragiles des chamanes de talent.

-Je ne sélectionne que ce que les dieux daignent me donner, répondit-elle en haussant des épaules, peu effrayée par les conséquences de ces paroles. J'accepte ce qui m'est rendu, je prend ce qu'il me faut et je repars. Je ne prend jamais davantage que ce qui m'est offert, je ne suis pas à ce point arrogante et je tiens à ma place auprès des divins. Contrairement à certains individus.


Cette vision bizarre l'avait secoué, mais son visage était toujours constitué de marbre. Une chamane ne devait pas dévoiler l'entièreté de ces pensées à ces clients, quoique, cet imbécile n'allait pas la payer à la fin. Il n'avait même pas un sou pour lécher le fond d'un bol de soupe. Elle leva les yeux prudemment vers son interlocuteur lorsqu'il conclut qu'un esprit devait être en lui. Ses yeux roulèrent et la serpent rouge soupira bruyamment.

-Plus ou moins, c'est plutôt une question d'avoir été contaminé lors de la conception ou peu après, n'écoutes-tu donc pas ce que je dis? s'indigna la jeune femme en levant les mains en l'air, dépitée, comme si elle était le savoir incarné. Ne te cherche pas une excuse pour tes mauvaises actions et tes prochains larcins, cela n'en est pas une.

Le feu crépita soudainement, des particules lumineuses s'envolaient au-dessus des flammes toujours alimentée par les résidus de bois. S'il y avait une seule trace pertinemment démoniaque chez cet homme, elle le sentirait, mais il y avait seulement une rumeur. L'écho d'une action du passé, un évènement qui n'aurait jamais dû avoir lieu. Les dieux faisaient parfois mal les choses. Oh, voilà qu'elle blasphémait! Cependant, au final, elle avait raison. Les suprêmes étaient parfois trop étranges pour la compréhension humaine, voilà pourquoi ils étaient des dieux, non?

-Ha! Ces épées ne t'appartiennent même pas! s'emporta la chamane en levant les yeux au ciel. Elle empoigna une nouvelle pincée de ses herbes si spéciales, puis les jeta sèchement dans les flammes qui s'en délectaient aussitôt. Le feu avait toujours de l'appétit et dévorait tout sur son passage, même le plus solide des métaux pouvait fondre sous une intense chaleur. Elles appartiennent à elles-mêmes, elles se servent de toi pour se déplacer et voir le monde, une action propre aux esprits enfermés dans la prison d'un objet. On ne t'a réellement rien appris dans ce temple, n'est-ce pas?

La chamane apercevait fort bien l'arrogance et l'ambition dans les yeux rougeâtres de ce sombre individu. Elle ne comprenait pas la fascination de cet individu. Avait-il réellement enlever ses lames sans comprendre l'étendu de leur influence et ce qui les habitaient réellement? Les malsains étaient des entités dénués d'empathie, de sentiments et d'émotions, ce pourquoi ils enviaient tant dans les carcasses humaines qui déambulaient sur les routes pourvus de simples plaisirs ou de simples soucis. Oh oui, les humains étaient d'une telle simplicité maladive qu'elle fascinait les esprits tortueux venant du monde invisible.

-Holà, retiens tes chevaux, petit, s'exclama Hebi qui fronça des sourcils. Cela fait plusieurs questions, sois prudent lorsque tu questionnes une chamane, car il est dangereux, parfois, de trop savoir ce qui ne mérite pas d'être su. Les oreilles des mortels sont sensibles et capricieuses, elles n'entendent que ce qu'elles désirent entendre, toi et moi, on le sait très bien.

Ses mains à nouveau liées aux poignets du visiteur et les siennes enroulées autour des siens, le serpent rouge s'abstint de davantage de commentaires, puis ferma à nouveau les yeux, laissant les visions se couler en elle telle la cascade sur le flanc rocheux d'une montagne. Ses doigts se crispèrent à nouveau sur la chair généreusement offerte par le vilain. Elle devait admettre que ces nouvelles questions étaient beaucoup plus intéressantes, car en tant que chamane, elle devait s'intéresser naturellement aux entités invisibles qui les entouraient. L'avant dernière question était la plus pertinente. Quant était-il de l'épée démoniaque de son loup? La lame affamée qui se nourrissait du sang de ses victimes pour subsister correctement parmi les vivants? L'arme corrompue condamnée à ne jamais briser sous les assauts de ses adversaires, qu'ils soient fait de chair ou de métal raffiné.


Lancé de dé x1

Réussite. Une vision complète du néant.
Échec. Une vision incomplète du néant.


La jeune femme huma les odeurs qui se dégageaient du brasier, puis laissa ses étranges senteurs lui enivrer les sens. Les paupières fermées, elle ne vit que les ténèbres et les mystères qu'elle devinait se trouver derrière ce sombre rideau. Certaines choses méritaient d'être cacher aux yeux des curieux, d'autre non. Douée de dons divins, elle pouvait voir au-delà de cette noire barrière et découvrir des vérités hallucinantes ou des mensonges pernicieux, mais toute les informations étaient véridiques selon le sens par lequel on les observait.

Soudainement, une chaleur intense envahit la curieuse chamane qui se promenait dans les brumes spectrales et elle leva les yeux vers un ciel incroyablement rougeoyant, crachant flammes et particules brûlantes dans sa direction. Pourtant, le ciel embrasé ne lui fit aucun mal et sa vue changea d'angle. Elle se trouva à flotter au-dessus d'une forge. Par-dessus celle-ci se tenait une silhouette masculine recouverte et empestant la sueur. Ses habits étaient étranges, des vestiges provenant d'un lointain passé. Probablement un passé difficilement trouvable dans les archives ancestrales du palais impérial de Kyang! L'individu sans visage, armé d'un lourd marteau, tapait férocement sur deux épées sur une surface plate et les fit reposer dans une large contenant d'eau tiède qui s'évapora instantanément sous le contact du métal rougeâtre. Une image du passé, évidemment. Ce n'est pas ce qu'elle désirait, mais cela devait certainement la mener quelque part.

Un rideau passa devant ses yeux et elle se retrouva dans un large espace vide dans lequel flottait que quelques surfaces de terre sèche. Celles-ci formaient d'énormes blocs allant contre nature, lévitant dans un vide absolu. C'était... le néant. Une dimension inconnue des hommes et peut-être même des divins. Un endroit où reposait ceux-ci qui ne pouvaient être ailleurs. La chamane sautilla d'un bloc à l'autre, dans l'effort de trouver une réponse face à cette exploration imprévue d'un monde qu'elle ne connaissait pas vraiment. Un éclat brilla à l'horizon et la jeune femme s'y dirigea sans s'attarder plus longuement. Une fois arrivée à destination, elle se retrouva face à un rocher dans lequel était taillé des symboles sans véritable signification. C'était plutôt des motifs à titre décoratifs et au-dessus de la surface rocheuse se trouvait deux femmes, ou plutôt deux créatures, ou plutôt... deux choses. Ce qui semblait être des carrures typiquement féminines étaient drapées de somptueux kimono d'un rouge incroyablement beau et portaient des masques finement travaillé. L'aventurière les dévisagea sans gêne, sachant très bien à qui elle s'apprêtait à s'adresser. C'était la première fois qu'elle allait pouvoir converser avec un esprit capable de pensées uniques après Aka. Hebi ne pouvait s'empêcher d'être légèrement excitée à cette idée.

-On m'appelle Hebi On'Na, on dit aussi que je suis une chamane douée, déclara doucement la chamane en levant le menton. C'était un peu désagréable de dévisager des inconnus lorsqu'ils étaient perchés si haut. Qui êtes-vous? C'était normal de se présenter en premier et attendre ensuite les présentations nécessaires de la part de ses interlocuteurs.

-Une âme mortelle qui s'aventure dans notre néant, dirent les deux inconnues en chœur. Visiblement, elles étaient jumelles, leur voix étaient pareilles, ainsi que toute le reste. Elle doit être réellement douée, comme elle le dit, pour explorer aussi loin dans le monde invisible. Nos voix sont rauques, elles n'ont pas prises la parole depuis fort longtemps, le sommeil a frappé si longtemps. Qui sommes-nous donc, alors?

Les deux formes sans visage, joliment vêtues s'étiraient paresseusement, puis descendirent un peu plus bas. Elles restaient cependant toujours perchées en hauteur, loin de cette forme humaine qui observait la scène qui se déroulait sous ses yeux avec un si grand sourire.

-Les derniers noms qu'on nous a donné, qu'était-ce donc déjà? se demandaient-elles en même temps en se regardant de travers. Fuun et Zetubo, nous croyons, c'était les derniers noms que ces curieux humains nous ont donné, rien de bien impressionnant. Nous sommes outrées, les nôtres sont bien plus beaux.

-Quels sont donc ces noms? demanda alors la chamane avec une expression faussement innocente qui ne disparu même pas lorsque les deux esprits s'esclaffaient violemment. Ils rigolaient pendant un moment avant d'applaudir la bravoure de Hebi qui haussa les épaules, peu intéressé par les humeurs étranges des démones. Il arrivait aux esprits de trop parler.

-Nous sommes de jeunes pensées, mortelle, mais nous ne sommes pas aussi sottes que nous le paraissons, nous connaissons fortement bien le sort que l'on réserve à ces lames idiotes révélant leur véritable nom. Qu'était-ce déjà? Ah oui! Une invitation directe au trépas, c'est-à-dire à ce que vous nommez, vous, simples mortels, un exorcisme menant à la tombée de notre grandeur. Au moins, nous sommes éveillées aujourd'hui et pouvons apercevoir le monde au travers des yeux pourpres de ce curieux personnage. Il sait que nous avons soif et ils nous abreuvent comme il le peu.

-Son nom est Kodokuna Shado, déclara finalement la chamane qui attendait patiemment au bas de leur perchoir. Elles devaient certainement être des esprits reliées au vent ou aux oiseaux puisqu'elles semblaient si bien aimer les hauteurs et se savoir supérieur physiquement aux autres.

-Ah oui, nous connaissons ce nom, nous le connaissons bien, très bien, dirent les deux formes masquées en hochant vivement de la tête. Nous aimons sa tête, nous nous y reposons adéquatement. Oui, adéquatement est le mot!

La chamane se frotta les tempes, prête à sortir de cette étrange vision le plus rapidement possible. Déjà, il était dangereux de converser trop longtemps avec des démons même pour une chamane de son niveau et de son esprit. Il valait mieux en finir le plus rapidement possible. Cependant, elle devait admettre que c'était marrant de voir ces deux femelles jaser aussi facilement. Elles n'avaient pas une personnalité particulièrement difficile, puis, elles semblaient vraiment désirer délier leurs langues. Trop d'années de silence forcé, n'est-ce pas?

-Mes dames, ce n'est pas que je m'emmerde dans ce trou perdu, mais je crains devoir partir, là, maintenant, admit Hebi au bout d'un moment de réflexion. Il y avait des limites à sa curiosité, tout de même! Sur ce, elle s'apprêta à pivoter dans le sens inverse lorsqu'une douleur atroce lui vrilla les sens au niveau de son épaule gauche. Une main gantée s'était posée sur celle-ci avec une force spirituelle si intense qu'elle chancela sous ce poids nouveau. Q-Que quoi? s'exclama la jeune femme qui tenta de se tourner en directement de ce nouveau mal. Elle se figea en voyant une figure gigantesque se profiler devant elle.

Le corps musclé la surpassait de nombreuses têtes et elle devina qu'il devait se trouver un sourire cruel derrière son masque orné de deux cornes pointues devant son front. Le nouveau venu s'amusa à la surplomber de toute sa tête, puis s'esclaffa bruyamment. Son rire gras fit trembler la tête et elle entendit les deux démones perchées ronchonner en brandissant leur poings dissimulés dans l'ampleur des manches de leur kimono rouge vers le visiteur.

-Où vas-tu donc, ma belle? demanda la grosse voix mâle. Si tu savais à quel point j'ai attendu le moment où tu visiterais mon humble demeure! Ah, si tu savais, sotte de mortelle comment j'ai entendu une telle occasion de t'apercevoir en mon antre!

-C'est notre antre, Akashusen! s'emportaient les deux esprits femelles au-dessus du rocher en agitant les bras comme si elles s'apprêtaient à s'envoler vers un endroit lointain, mais elles n'en firent rien.

La chamane tituba, cherchant à s'éloigner de la force suffisamment puissante devant elle pour lui faire un tel mal psychique. Elle fit marche arrière jusqu'à ce que son dos rencontre inexorablement le parois rocheuse derrière elle. Ses sourcils se froncèrent face à celui qui prétendait être la malédiction de son loup. Si son esprit était ici, cela signifiait qu'il n'était pas loin, non? Ou alors le rayon de son influence était plus large qu'elle ne le pensait où alors, sa puissance s'était élargit depuis quelques temps? Impossible de savoir pour sûr et cet esprit était assez futé pour ne rien révéler de sa propre pensée volatile.

L'énorme forme mâle s'approcha d'elle, l'enfermant entre le mur et lui. Il rigola cruellement, se moquant de l'inconfort qu'il créait chez elle et se pencha dans sa direction. Sa large main s'approcha de son masque qu'il retira partiellement, mais pas assez pour qu'elle voit quoique ce soit, tant mieux, mort était celui qui voyait le visage d'un démon, disait-on. Une longue langue ornée de petites épiques sorti de sa bouche, puis glissa lentement vers la chamane qui, rebutée, tourna le visage vers la droite. La longue surface gluante coula sur son épaule avant de remonter rapidement vers sa joue. Une douleur fulgurante lui arracha le cœur et Hebi poussa un long hurlement, frôlant la démence, frôlant le cri d'une chose inhumaine. Du sang gicla en abondance de la surface léchée et c'est à ce moment-là qu'elle rouvrit les yeux vers la réalité qui était la sienne, mais elle criait toujours.

Une main sur son mal invisible, Hebi relâcha complètement son visiteur probablement incrédule et s'effondra sur sa paillasse, en proie à une douleur invisible qui lui brûlait la peau de l'épaule jusqu'à son lobe d'oreille. Dans la pénombre de sa misérable cabine, on pouvait apercevoir des traces de chair brûlée de l'épaule jusqu'à son oreille, lui faisant de bien vilaines marques sur une partie de son visage et le dessus de son sein droit. Au bout de quelques secondes, les marques disparurent et retournaient dans le monde de l'invisible. Son corps n'avait été touché que brièvement, le temps d'un battement de cil, mais son âme, mettrait bien plus longtemps à cicatriser adéquatement.

-Enfant de chienne! hurla la jeune femme en se redressant subitement avant de lancer davantage de jurons pouvait faire rougir le plus grotesque des personnages.

Son regard se fixa automatiquement sur le meurtrier assit tranquillement de l'autre côté du feu qui n'était plus qu'un tas de braises fumantes à nouveau. La chamane lâcha un gros râle de déplaisir, maudissant son loup pour ne pas être rentré à la maison plus tôt. Elle aurait fait goûté un peu de son courroux à son épée maudite entre deux bouchées de lapin. Saleté de lame malsaine! Fils de catin! Démon de trou de...

-C'était quoi tes questions déjà? questionna la perdue en ébouriffant brusquement ses cheveux. Ah oui, les saletés que tu portes dans tes fourreaux à la con! Elle s'emportait, mais c'était un comportement normal pour celle qui mettrait longtemps à cicatriser pour les questions d'un si méprisable personnage sans importance. Elles ne sont pas des lames sottes et apprécient grandement les hauteurs, content? Elle haussa des épaules, peu encline à se préoccuper de ces informations qu'il allait probablement trouver bidons. Si elles ont un lien avec l'arme de mon loup, cela n'est pas de tes affaires! Un sourire narquois ourla ses lèvres tremblantes. J'ai l'air de quoi? Un livre ouvert? Non monsieur, je ne suis même pas payée pour te révéler des conneries alors bon, tu prends ou tu ne prends pas, à toi de prendre ta décision. Ah oui, Fuun et Zetsubo ne sont pas leurs véritables noms, mais cela est sans importance, les démons ne révèlent jamais leurs identité réelle. C'est leur point faible, vois-tu?

Après ce discours un peu brusque, elle inspira et expira bruyamment, reprenant son calme. Comment allait-elle expliquer à son cher gardien à quel point sa journée avait été épuisante? Elle allait certainement dormir pendant quelques jours à la suite de cela.

- Que veux-tu savoir du futur? demanda-t-elle finalement à son visiteur alors qu'elle était déjà à moitiée endormie. Elle sentit Aka glisser sur ses jambes, prêt à attaquer s'il le fallait. Les souffrances de sa maîtresse étaient les siennes et il avait assisté à toute la scène. Il savait qu'il allait devoir en discuter avec elle lorsque le bon moment se présentera.

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Dernière édition par Hebi On'na le Lun 11 Mai - 10:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Lun 11 Mai - 8:28

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Shado Kodokuna

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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Lun 11 Mai - 15:48



Ha ah! J'ai renoncé à ma place auprès de tes grands amis les divins le jour où j'ai refait couler le sang le long du métal qui compose mes deux lames. Je m'esclaffe. Cela fait bien longtemps que j'ai assimilé le simple fait que je n'irai pas rejoindre les Dieux dans leurs domaines lorsque mon heure sera venue. Entre les meurtres commis dans un Temple sacré, la foule d'assassinats perpétrés de part le monde, mon escapade de neuf mois dans la forêt maudite, et tous les blasphèmes dont j'ai pu me montrer capable, il semble aisé pour quiconque de déduire que j'ai cessé de vénérer ces entités abstraites. Je transpose d'ailleurs cette pensée en mots: De toute manière, qui sait ce qu'il se passe lorsque la vie quitte notre corps? Certains restent pour nous hanter, sous forme d'esprit, mais les autres? Qui te dit qu'ils rejoignent les cieux pour festoyer avec les puissants? Oh pardon j'oubliais: madame est chamane, elle fait la bise aux dieux entre deux allers-retours dans l'irréel. Je me moque. J'avais hésité précédemment, mais maintenant je ne me retiens plus, et blasphème à tout va. Mon rapport aux puissances mystiques de ce monde est plus que conflictuel, et ce n'est pas prêt de s'arranger.

Lorsque je dissertes sur la présence ou non d'un esprit en moi, elle nuance mes propos, et me défend de me trouver une excuse pour mes crimes. C'est là loin de ma pensée. Je préfère envisager la présence de ce qu'elle nommerait "fleau" dans mon corps comme un moyen d'accéder à un niveau supérieur de puissance. La question sort d'elle-même: Est-il possible, d'une façon ou d'une autre, que je communique avec cet esprit? Je parle plus pour moi-même que pour la chamane, mais il ne fait aucun doute qu'elle m'a entendue. M'apercevant que je me suis exprimé à voix haute, j'ajoute: Là n'est pas ma question sur le présent, seulement une petite interrogation personnelle. Quand à ton histoire de justification, ne t'en fait pas, j'assume pleinement mes actions, et je m'en délectes même. Ma légende n'a rien à voir avec ce démon dont tu viens de me révéler l'existence. Elle est entièrement mienne, et malgré le fait qu'elle soit abstraite, elle représente l'héritage que je laisserai dans ce monde. Pour la première fois devant elle, je parle de moi de la même façon dont je m'exprime devant mes victimes: comme d'une légende. La plus sombre légende de Soriyeo, et même du monde entier. L'ombre aux deux lames qui ne sème que le chaos. Shado Kodokuna.

Enfin je pose ma question concernant mes deux épées. Mes deux bijoux, dont la légende s'écrit en parallèle à la mienne. Nul doute que je ne suis pas le premier à les manier, mais le simple fait d'ajouter quelques chapitres à leur histoire me comble de fierté. Ne suis-je pas trop bon? je demande. De pauvres entités, dont la seule destinée est de rester prisonnières d'un objet inanimé. Je sauve ces pauvres esprits d'une vie bien morose. Et l'éternité, c'est long, comme vie, ne crois-tu pas? Alors je veux bien n'être que leur hôte, le dos sur lequel elles se hissent pour voir du pays, cela me convient bien. Le fait est que ma relation avec ces deux lames est fusionnelle. Elles ont besoin de moi autant que moi j'ai besoin d'elles.

Enfin, après une dernière mise en garde sur le nombre de mes questions, bien que toutes soit reliées entre elles, la femme-serpent se remet à l'œuvre. De nouveau, je joint mes mains aux siennes, et l'observe calmement, alors que quelques gouttes de sueur perlent sur son visage, et que ses mains deviennent de plus en plus moites au fur et à mesure que les minutes s'égrènent. Je me demande bien ce qu'elle peut voir, à ce moment là. Où son esprit s'est-il téléporté? Que va-elle trouver à me dire? J'en suis à ces réflexions lorsque ces doigts se crispent plus fort que d'habitude sur mes poignets. Sa respiration s'accélère, et quelques spasmes parcourent son corps. Finalement, elle se détache de mes mains, brisant la vision, et bascule en arrière en se tenant le côté du visage. Le temps d'un instant, j'ai bien cru apercevoir des marques de brûlures, mais alors qu'elles avaient disparus presque instantanément, je me suis dit que j'avais du rêver. Inquiet un moment, concernant l'état de la chamane, mon visage se déride, et un sourire moqueur se forme lorsque qu'elle commence à lâcher une pluie de juron. Lorsqu'elle se tait enfin, c'est une bonne vingtaine de noms d'oiseaux qui se sont portés à mes oreilles, et dans un éclat de rire, je déclare: Si tu cherches à faire l'inventaire de toutes les insultes dont j'ai fait l'objet, tu es bien partie. Je me permets d'ajouter "Immonde vermisseau des enfers", je ne suis pas sûr que tu l'aurais trouvé.

Elle ne semble guère goûter à mon humour (quelle surprise), alors qu'elle se montre plus qu'évasive concernant sa vision. Mes lames aime la hauteur, et Fuun et Zetsubo ne sont pas leurs vrais noms. De plus, leur lien avec le katana du caniche n'est pas de mon ressort. Elle m'a dit cette dernière chose brusquement, crachant presque ses mots. Cela me suffit pour rire à nouveau, et analyser à voix haute. Soit. Il y a un lien, mais tu ne veux pas me le dire. Si ça te chantes. Elle reprend son calme, peu à peu, avant d'enfin me demander ma question du futur. Pour celle-ci, j'hésite un instant. Depuis que j'ai quitté le Temple de Soyeo, ma seule motivation est de faire chuter l'ordre des Lunes Rouges, et avec lui le Royaume de Soriyeo. Je voudrais lui demander si je vais y parvenir, mais quelle serait sa réaction? Oh et puis merde, je ne suis plus à ça prêt. Je me sermonne intérieurement. Finalement j'exprime mon souhait: Chamane, je ne sais si les Dieux t'ont révélés mes objectifs, mais au risque de me répéter, les voici. Ma seule motivation est de voir les Lunes Rouges et le Royaume de Soriyeo périr dans un chaos que j'aurais moi-même provoqué. Il s'agit là de la seule chose qui me fait avancer. Ainsi, ma question n'est pas de savoir si je vais réussir, mais quand? Cela semble arrogant, mais je refuse catégoriquement de m'imaginer mort sans avoir atteint mon but. Peut-être que j'essuierais des échecs cuisant, mais jamais je ne renoncerais. Pas tant que le chaos n'aura pas pris possession des terres royales de Soriyeo.
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Hebi On'na

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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Jeu 21 Mai - 3:53

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Une brise fraîche agita le rideau modeste qui recouvrait l'entrée. Le cadre de porte était devenu moite sous les assauts de la neige mouillée mêlée aux brises agressives. Après de nombreuses années à souffrir dans cette cabine perdue sur une corniche, Hebi ignorait par quel miracle ce bâtiment d'une pièce avait résisté aussi longtemps aux intempéries et aux élans capricieux de la nature. Elle n'avait rien d'une architecte, elle avait simplement réparé modiquement un vieil abris qui séjournait déjà sur les lieux après avoir grimpé les parois accidentées en quête d'une endroit isolé pour pratiquer ses talents de naissance. Évidemment, ce genre d'isolement n'était pas conseillé chez les chamanes, ceux-ci étant plus prompt à la démence qu'aux individus normaux, hélas, le monde des hommes était un univers cruel qu'elle avait délaissé sans jeter un œil derrière elle. « Une personne qui part ne doit pas regarder derrière elle, ou alors elle se transformera en statue de sel », songea amèrement la jeune femme en épiant le meurtrier d'un regard emplit de réflexions peut encourageantes à son égard.

- Si tu crois qu'elles te rendent service, alors fait toi plaisir, commenta simplement la chamane en haussant finalement des épaules. S'il voulait se faire ronger l'âme petit à petit, cela était son choix, qui était-elle pour le juger? Techniquement, elle aussi tenait compagnie à un esprit particulier, Aka n'était pas n'importe quoi. Cependant, l'influence qu'avait Aka sur elle différenciait des jumelles sur l'âme de ce fils de l'ombre. Je vais me permettre un conseil, toutefois, ajouta-t-elle soudainement en lançant ses prunelles sombres dans les yeux rougeâtres de son désagréable visiteur, évite de trop parler de tes lames à qui veut bien t'entendre, cela pourrait t'attirer des ennuis. Oh, ferme ta bouche, je n'ai pas envie d'entendre tes paroles téméraires du genre « Je tuerai tout ceux qui se mettent sur mon chemin », « je décapiterai tout ceux osant mettre la main sur mes possessions » ou encore ma préférée, « je suis bien trop fort pour n'importe qui ». Un sourire taquin ourla le coin de ses lèvres. Tu n'es pas immortel, tu es fais de chair et de sang, si la violence ou la maladie ne t'emporte pas, alors la vieillesse le fera. Dans ce monde capricieux existe, quelque part, une personne clairement plus forte que toi et qui peut mettre fin à tes plans, peu importe ce qu'ils sont et je ne souhaite pas réellement les connaître. Bref, si tu veux poursuivre sur ta voie, fais toi discret au niveau des épées ou alors ton arrogance signifiera ta fin.

La chamane savait de quoi elle parlait. L'ambition, c'était bien sur une certaine mesure, mais il fallait savoir garder ses sens en alerte et ne pas tomber pathétiquement dans l'arrogance. C'était le genre de défaut qui causait rapidement la perte d'un noble. Un accident était si vite arrivé. Il y avait eu plusieurs histoires d'un seigneur étranglé dans une ruelle sombre par des mendiants frustrés par son comportement désagréable et prétentieux ou alors des domaines détruit par des flammes criminelles et les pièces arrachées de toute leurs richesses et extravagances par un personnel qui ne pouvait plus endurer la maltraitante ou qui ne connaissait tout simplement pas la loyauté envers son maître, cela dépendait des cas.

-Putain gamin, je t'ai dis que je ne souhaitais pas connaître tes plans de ta propre bouche! s'indigna-t-elle avant de soupirer longuement et saisir les poignets de l'abruti qui n'écoutait pas un mot de ce qu'elle disait, tout compte fait. À quoi bon poser des questions et discuter avec une chamane s'il ne payait pas suffisamment attention? Je suis bien curieuse de connaître la façon dont tu arriveras à te débarrasser d'un ordre de guerriers trépignant sur les terres de Soriyeo depuis des décennies et qui possèdent des centaines de soldat à son actif et le support du roi. Cela dit, elle haussa des épaules, peu concernée par les rêves impossibles de ce curieux individu. Ah, de toute façon, ce n'est pas la réussite qui t'inquiète, mais quand le chaos sera semé parmi ces honorables troupes.

Ses doigts se pressèrent vaguement sur la chair dénudée de Kodokuna et la chamane ferma les yeux, laissant ses méninges se bercer aux sons des vagues d'information qui coulèrent en elle comme une chute sur le flanc d'une montagne en plein été. L'image fut brève et les mots que le vent susurra dans ses oreilles furent encore plus vagues, mais certaines paroles restaient nettes et précises. Hebi inspira profondément et expira lentement. Sa voix claire résonna sur les parois de bois pourri représentant sa maison modeste.

-La destinée du meurtrier est loin d'être avancée sur sa toile, dit-elle doucement sans attendre de réponse  de sa part, cependant, le chemin est plus long qu'il ne le désire, car rien de satisfaisant ne vient à celui qui ne sait point attendre. Le fruit de ton labeur débutera sur une île, là où le crime est royauté et où un bâtard attend également une chance de poursuivre sa voie. Son rêve s'étend sur une horizon qu'il n'a jamais visité et au-delà de son cœur amer et avide d'aventures.

Sa bouche se ferma en une grimace exaspérée et la chamane rouvrit calmement les yeux. Les dieux avaient parlé, et ils n'avaient plus rien à dire, c'est-à-dire qu'ils ne donneraient plus rien à l'égard de ce garçon trop curieux.

-Il s'agit, hélas, des seules choses que je peux partager avec toi.

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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Ven 22 Mai - 11:28



Fuun et Zetsubo, les lames jumelles maudites. La chamane n'avait rien pu m'apprendre d'intéressant à leur sujet, à part que se sont des démons qui apprécient les hauteurs. Cela me fait légèrement sourire. Avec mon style de combat bondissant, et mes multiples courses entres les branches de la forêt d'Ossoro, elles doivent prendre beaucoup de plaisir à voyager sur mon dos. Je leur prête mon corps, pour les faire voyager. Elles me prêtent leur puissance, pour que je puisse les abreuver. Ce n'est pas ainsi que la chamane voit les choses, mais elle préfère ne pas s'étendre sur le sujet. Au lieu de ça, elle vient me donner un conseil sur ma discrétion vis-à-vis de mes épées. Un air dédaigneux se peint progressivement sur mon visage. Je tuerai quiconque se mettra en travers de mon chemin. Le premier qui touchera à mes reliques perdra sa tête. Personne ne peux me vaincre. Elle ne veut pas m'entendre dire ses phrases, mais je les sais toutes vraies. Chamane, si tu ne veux pas m'entendre dire ces mots, soit. je réponds d'un air moqueur. Mais tu sais que c'est vrai. Et puis, selon toi, je ne suis qu'un meurtrier: pas besoin de se mettre sur mon chemin pour y perdre la tête! Je ris un instant avant de recouvrer un semblant de sérieux. Et je tends à croire que seul un démon peut vaincre un démon. Ce qui fait de ton caniche le seul être sur cette terre à potentiellement pouvoir me poser des problèmes. A moins bien sûr qu'il existe d'autres lames démoniaques. Cela me fait réfléchir. Et si le caniche et moi n'étions pas les seuls à posséder des armes possédées? Et si quelqu'un d'autre devait faire avec le poids d'une malédiction ancrée dans le métal ou le manche de son outil?

Je ne suis pas immortel, cela est vrai. Il existe quelqu'un de plus fort que moi qui pourra mettre fin à mes plans, cela n'est correct que si le caniche se dresse face à moi. Sinon, personne ne peut vaincre la Lame du Chaos. Elle ne veut pas connaître mes plans du futur. C'est dommage, elle va devoir les voir. Mourir de son arrogance... cela est une belle mort. Un mort parfaite pour une légende dans mon genre. Oui, c'est sûrement mon arrogance qui aura raison de moi, mais je suis prêt à l'accepter. Il est peu probable que j'y reste sur un champ de bataille, je suis bien trop fort pour cela. Non, pour me battre à jamais, il faudrait s'abaisser à ce que j'ai passé ma vie à faire. Il faudrait me tuer en fourbe, me trancher la gorge dans mon sommeil, ou quelque chose comme ça. Mais si je vis seul et caché, est-ce seulement possible? Je lances avec fierté. Toujours à genoux face à la femme-serpent, seulement séparé d'elle par les braises rougeoyantes du feu, j'écarte soudainement les bras, tel un gourou, et la fixe intensément d'un air extatique. Un large sourire énigmatique se dessine sur mon faciès: L'arrogance n'est qu'un signe de reconnaissance entre ceux qui font partie de la caste supérieure. JE fait parti de l'élite des guerriers... non, je SUIS l'élite des guerriers. La plus grande et sombre légende que le Royaume de Soriyeo n'ai jamais porté. La Lame du Chaos, l'ombre qui fait chuter toutes les têtes qui ont le malheur de croiser sa route. L'homme qui n'a jamais échoué. Je suis si craint que les parents, pour calmer leurs enfants turbulents, les menacent de m'appeler. Les marchands qui croisent ma route s'agenouillent devant moi et me pris de les tuer rapidement, tant ils savent qu'ils n'ont plus la moindre chance de s'en sortir! Mes paroles font remonter tant de souvenirs de décapitation que j'en éclate d'un long rire, à la fois lugubre et enjoué. Puis je reprends. Vois-tu, chamane... tu connais une partie de mon passé, tu as vu ce dont j'étais capable. Et que cela te plaise ou non, tu vas avoir le loisir d'observer ce que je vais vivre: la chute des Lunes Rouges et de Soriyeo tout entier, causé par ma main vengeresse, nourrie par la traîtrise de ces hommes sensés représenter la défense du bien face au mal. Ils m'ont créés! Ils m'ont façonnés à leur image. J'ai été formé pour devenir une Lune Rouge. Nuit et jour j'ai rêvé d'éradiquer le mal de cette Terre. Et aujourd'hui, je ne penses plus qu'à le répandre. En commençant par ces maudites Lunes Rouges... J'irai justifier leur nom en répandant leur sang sur cet astre qu'ils vénèrent. Encore une fois, je ris à gorge déployé face à l'impossibilité d'une telle tâche. Enfin, je finis ma tirade, sans me départir de mon large sourire et de mes bras écartés: Tout ce que je fait. Toutes les vies que j'ôte. Tous les mètres que je parcoure à travers le monde. Tout ça n'est qu'un entraînement, une préparation en vue de mon grand dessein. J'ai survécu neuf mois seul dans la forêt d'Ossoro. Je me suis introduit par effraction dans le Palais Impérial de Kyang. Et avant même tout cela, j'ai été l'auteur d'un massacre de Lune Rouge presque sans précédent. Douze contre un. Lances, épées, boucliers, dagues, contre les lames jumelles. Et aucune de ces soi-disant élites n'est parvenu à me toucher. Depuis, je m'entraîne, encore et encore. Je montre le monde à Fuun et Zetsubo, en attendant le jour où j'entrerais à nouveau dans le Temple de Soyeo. Oh! Je suis sûre que mes démons déchaîneront leurs pouvoir lorsqu'elles retrouveront le lieux où elles ont passées des siècles accrochées à un mur, tu ne crois pas?

Finalement je lui pose la question fatidique: quand ferais-je chuter le Royaume? De cela elle s'indigne, mais je n'en ai cure, et tends mes bras vers elle, attendant qu'elle s'en saisissent et que sa troisième vision commence. Le regard calme, un sourire confiant aux lèvres, je l'observe. Le voyage dans le monde invisible semble plus calme cette fois. Pas de sueurs, pas de spasmes, la chamane maintient une respiration calme. La vision fût courte, bien plus courte que les deux autres. Mais la voix de la femme-serpent était claire comme de l'eau de roche. Alors comme ça, je n'accomplirai pas ma tâche seul? Mon combat sera long, et débutera sur une île ou le crime est roi... je ne connais pas ce lieu, mais je suppose que je n'aurais pas de mal à le trouver. Si le crime y est maître, alors les gens craignent le lieu. Quand à sa mention d'un bâtard, je ne sais quoi en penser, mais j'ose croire que la lumière se fera dans mon esprit le jour où je le rencontrerais. La chamane rouvre les yeux. C'est tout ce qu'elle peut me dire. Soit. Je suppose que quand j'en aurais fini de faire le tour du monde, je me dirigerai vers cette terre de crime. Ou peut-être le ferais-je plus tôt, qui sait? Qu'importe, si c'est cela que les Dieux t'ont montré, je daigne bien y croire, chamane. Tu es bien l'une des seules personnes dans ce monde dont je peux croire les paroles. Mais ne saurais-tu pas quel est ce lieux dont tes amis les divins t'ont parlés? Un coup de vent plus fort que les autres vient frapper contre le drap de l'entrée, me faisant à nouveau tourner la tête dans l'espoir d'apercevoir le caniche. Mais une nouvelle fois, rien ne vient. Toutefois, cela me rappelle une question que je me pose depuis déjà quelque temps. Et tant qu'à y être: où est-ce qu'on est ici, exactement? Depuis tout ce temps, je n'ai aucune idée de l'endroit où je me trouve. Suis-je toujours en Kyang? Proche ou loin d'une frontière? A quel point ai-je marché à l'est? Je ne le sais.

Ses trois visions terminées, la chamane me lâche définitivement les poignets. De mon côté, je remets immédiatement mes gants, mais ne bouge pas d'un poil. Je compte bien profiter au maximum de la chaleur des braises. Et puis, la chamane doit toujours me punir pour mon crime de tantôt, et je suis curieux de savoir ce qu'elle a prévue. Levant les yeux vers elle, je lui lances en guise de piqûre de rappel: N'as-tu rien oublié, femme-serpent? Puis j'éclate à nouveau de rire.
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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Jeu 28 Mai - 19:09

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-Tu es bien arrogant de penser être un démon, tu es comme un paysan qui se prend pour un empereur lorsqu'il ne l'est pas, souffla-t-elle en levant les yeux au ciel. Tu n'es pas un dragon, ma fouine, mais apparemment, tu n'es pas un porc également. Quoique, ça dépend des définitions du porc, ça change tout le temps, ça! Les définitions!

L'idée qu'il existait d'autre lames démoniaques la fit frémir. Cela ne l'aurait pas surpris. Les mauvais esprits parcouraient le monde comme le vent se faufilait entre les branches, même si la majorité des démons étaient généralement des créations de l'esprit des Hommes, il y avait certains êtres qui n'étaient pas humains, mais qui frôlaient la divinité. Akashusen était l'un de ses êtres uniques, les lames jumelles l'étaient également, bien qu'apparemment moins puissantes d'après ce qu'elle avait pu voir. Leur personnalité était cependant un mystère, elle ignorait plus ou moins tout sur elles et c'était mieux comme cela.  Il y avait des créatures qu'il fallait dissocier des êtres humains. Il y avait des choses que l'Homme ne pouvait comprendre. Il y avait des faits simplement connus des divins et d'une certaine élite et l'élite, c'était elle.

-Les héros ne sont pas mort d'arrogance, ils ont perdu a vie grâce au courage ayant mené à leurs actions héroïques, mais cela, c'est incompréhensible pour une tête telle que la tienne. C'est pas une mauvaise chose, il faut  une quantité phénoménale de gens pour former un monde tel que nous le connaissons. Elle rigola doucement, un petit rire hilare et alors que le meurtrier se jetait dans ses vantardises, son rire se fit plus fort, plus moqueur. Effectivement, cet homme était la définition même de l'arrogance, au point où la chamane ne pouvait pas du tout le prendre au sérieux. Tu as de grands projets, gamin, souffla-t-elle finalement en essuyant une petite larme hilare au coin de son œil.

Ce jeune homme était aussi perdu dans ses méninges que elle dans son esprit torturé depuis son départ de la capitale de Kyang. Là-bas, elle avait abandonné sans réellement s'en rendre compte, les belles soieries, les richesses, la compagnie mondaine et le thé de haute qualité. Regrettait-elle sa décision? Pas vraiment, les dieux avaient choisi une autre voie pour elle. Était-elle simplement suffisamment saine d'esprit pour comprendre aujourd'hui sa décision et d'être en mesure d'y songer et de ressentir ensuite des regrets? C'était compliqué avec une tête comme la tienne, mais derrière ses cheveux sales et abîmé, sa tenue débraillée et sa peau atteinte des conséquences du beau et du mauvais temps se cachait toujours les vestiges d'une magnifique geisha de Kyang.

-Alors, mon beau, tu me reviendras le jour de ton succès dans cette périlleuse mission! s'exclama-t-elle soudainement en tapant doucement des mains, croyant à peine aux desseins de ce pauvre sans esprit. Quand tu auras amassé assez de fonds pour te payer quelques soldats relativement bon au combat et sachant suivre une stratégie correctement, alors tu me rendras visite et je rirai encore de ta gueule!

Hebi laissa s'échapper un long bâillement et étira ses longs bras au-dessus de sa tête. Ses entrailles vibrèrent discrètement sous le maigre tissu recouvrant partiellement son corps. Un signe physique que la faim la tenaillait depuis trop longtemps, mais son estomac n'était pas fragile. Elle était habituée à la faim, au froid ou au chaud. Elle avait bien marché jusqu'ici, dans ce trou perdu, loin de la vie mondaine de la capitale. Elle avait troqué les beaux vêtements qui lui restait sur le corps pour le minimum nécessaire et avait marché pieds nus jusqu'à ce qu'une vieillarde ai inutilement pitié d'elle et décide de lui fabriquer des sandales tressées, la chaussure du fermier.

-Je peux omettre les vérités ou refuser de prononcer des paroles, si je le désire, mais je ne mens jamais, les chamanes fonctionnent généralement de cette façon, c'est ça le luxe de savoir ce qui n'est pas su des autres. Une activité relativement amusante, je dois l'admettre. Être privilégiée, c'est si... divin!

Elle haussa rapidement des épaules.

-Je n'ai plus rien à dire sur ton cas, tu ne me paie même pas pour toute ces conneries, alors moi j'ai terminé de te raconter des trucs, hein! dit-elle en levant fièrement le menton.  Écoute, si tu ne connais pas la carte de ce pays, ce n'est pas mon problème, bonne chance pour trouver cet endroit où le crime est la nouvelle royauté!

Elle n'avait pas à lui indiquer où ils étaient placés sur la carte. C'était une question débile, sans importance, s'il voulait des informations, il devait commencer par cesser de tuer la plèbe et poser ses foutues questions à la con. Elle n'était pas son guide ou sa mère, aux dernières nouvelles. D'ailleurs, sa mère biologique l'intriguait fortement. Chamane ou non, c'était bien connu qu'il était difficile, voir cruel, de séparer une mère et son enfant. Une séparation qui visiblement ne lui arriverait jamais. Grand bien cela lui fasse! D'ailleurs, cela expliquait pourquoi elle n'avait jamais reçu d'enfant de la part de...

-Moi je n'oublie rien, dit-elle doucement. Je n'oublie rien et ta punition est déjà entamée, j'espère que tu l'apprécieras, car tu sais, cette plèbe, peu importe leurs noms, elle est sous ma protection lorsque je suis dans les parages. Je me suis occupée de bien pire que toi par le passé et si ce n'est pas moi et bien c'était les gardes impériaux. Ah, si beaux dans l'uniforme! Ils me regardaient de façon bizarre, cependant...

Peut-être car elle avait l'air d'une folle avec ses cheveux en bataille, son sourire carnassier et ses vêtements qui recouvraient que ce qu'il fallait si elle ne mettait pas un simple effort dans sa tenue. Les chamanes avaient beau avoir la tendance d'être populaire, quant à elle, elle ressemblait plutôt à un fantôme, même les prostituées, si mal vues dans le public, s'habillait mieux qu'elle. Hebi était spéciale, toutefois, elle n'avait pas de compte à rendre à personne.

Soudainement, elle leva le doigt vers le meurtrier, un sourire hilare aux lèvres. Oh oui, il était déjà puni, elle l'avait maudit. Pour combien de temps? Elle ne le savait pas trop, mais il souffrirait comme elle l'avait décidé, la malédiction avait été lancé, mais il n'avait pas besoin de connaître les conséquences, l'avenir prochain. D'après ses dires, il découvrirait bien assez tôt.

-Rira bien qui rira le dernier, murmura la chamane pour elle-même en faisant craquer ses longs doigts avant de s'étendre sur sa paillasse.

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MessageSujet: Re: L'Esprit de la Forêt (PV)   Ven 29 Mai - 12:55



Ne m'as-tu pourtant pas dis qu'un démon vivait en moi depuis ma naissance? Cela ne fait-il pas de moi un démon? C'est sa vision qui m'a appris la probable présence de cette entité dans mon corps. Cela me suffit pour me considérer comme un démon. Quoique, je me voyais déjà démoniaque avant de connaître l'existence de l'esprit, alors je suppose que ça ne change rien. Elle peut bien me trouver arrogant, elle n'aurait peut-être pas tout à fait tort. Mais je prends quand même le temps de lui expliquer mon point de vue sur la question. L'arrogance, c'est juste une forte estime de soi qu'on refuse de cacher. C'est ce que j'étais avant, du temps où j'étais élève au Temple de Soyeo: un élève largement supérieur aux autres, mais nullement démonstratif. Un pauvre gamin sans parents qui ne rêvait que d'héroïsme, de justice et de batailles épiques. Aujourd'hui, je suis un homme qui ne cherche qu'à répandre la désolation, et qui en récolte beaucoup de plaisir.Chamane... on sait très bien toi et moi que je n'ai rien d'un héros. Je lance en réponse à ses paroles. Mais je suis assez d'accord: les héros meurent à cause de leur courage. Et il faut beaucoup de courage pour oser m'affronter seul. Tiens, cela pourrait être pas mal comme surnom, le Tueur de Héros. Je commence à en collectionner, des sobriquets, et celui-là je l'aime bien. Allez! La prochaine fois que j'aurais affaire à un pseudo-sauveur, je me présenterai ainsi. Qu'en penses-tu chamane? Je demande avec un sourire carnassier. Elle rit. Depuis quelques secondes déjà, elle se marre doucement. De toute évidence, mes objectifs lui semble dérisoire. Elle ne me respecte pas, cette chamane. Mais est-ce qu'elle respecte quelqu'un?

Je me lance dans ma longue tirade. Elle m'écoute en silence, essuyant de temps à autre une petite larme perlant au coin de son œil. Lorsque j'en termine, elle se moque à nouveau de moi, applaudit doucement, avec un mépris des plus déplaisants. Tout comme beaucoup avant elle, la chamane ne peut pas croire une seconde que je sois capable de détruire les Lunes Rouges. Elle verra, le monde entier verra ce dont je suis capable. En attendant, elle énonce un point qui lui semble primordial: trouver des compagnons. C'est à mon tour de rire à gorge déployée. Ne m'écoutes-tu pas, femme-serpent? Les Lunes Rouges ne sont rien comparées à moi! Pourquoi aurais-je besoin d'argent? Pour me payer des soldats décents? Et à quoi me serviraient-ils, sinon à me ralentir? Je ne cherche pas à prendre le contrôle du Royaume. Je cherche juste à y semer le chaos et la terreur. Je rappelle, histoire d'être clair. Toutefois, demeure encore l'inconnue du bâtard dont tu as mentionné l'existence. Si mon destin devait être lié au sien, alors je ferais en sorte qu'il ne soit pas trop un boulet. Ce bâtard m'intrigue. D'ordinaire, jamais il ne viendrait à l'idée de m'associer avec quelqu'un. Mais la chamane a parlé, son sort sera le même que le mien. Je ne sais pas quoi en penser, si ce n'est que j'espère qu'elle se trompe. Vu tous les crimes que j'ai commis, mon sort ne risque guère d'être plaisant, et je ne penses pas que quiconque soit apte à subir le même châtiment. Et ne t'en fait pas, chamane. On se reverra un jour. Je t'apporterais l'étendard des Lunes Rouges du Temple de Soyeo. Où la tête du Commandeur. Où les deux.

La conversation était terminée, elle me le fait clairement savoir. Pour trouver mon emplacement actuel sur la carte, ou cette fameuse île où le crime règne en maître, je peux aller me faire voir. Ce n'est pas très grave, je trouverais bien assez tôt. Demeurant encore quelque secondes auprès des braises, histoire d'emmagasiner un maximum de chaleur avant mon départ, je prends le temps de lui rappeler sa promesse. Elle n'oublie rien, et elle m'a déjà puni. Je la fixe un instant avant de lui faire mon plus démoniaque sourire. Et bien dans ce cas, je suppose qu'il ne me reste plus qu'à découvrir de quoi il s'agit. Tout en disant cela, je me lève, replace ma capuche sur mon visage, et prends la direction de la porte. Je sens déjà le froid attaquer mes membres, mais je prends encore un instant pour dire au revoir à la chamane, à ma manière. D'ordinaire, les gens qui voient ma tête perdent la leur. Si je fais une exception pour toi, c'est uniquement car je veux voir ta tête lorsque je triompherais des Lunes Rouges. Mais ne t'en fait pas, moi non plus, je n'oublie pas. Pour tes services rendus aujourd'hui, et pour la promesse que je t'ai faites, la Lame du Chaos te laisse la vie sauve. Elle ne sera pas aussi clémente la prochaine fois. Sur cette ultime menace, je passe la porte, non sans arracher le pauvre drap qui recouvrait l'entrée.

Je compte passer de l'autre côté de la montagne, continuer encore vers l'est, puisque manifestement c'est dans cette direction que je marches. Mais hors de question de faire ça le ventre vide. De ce fait, je redescends dans le village où je m'étais arrêté plus tôt. Dès mon arrivée, les quelques personnes qui se trouvaient dehors par cette tempête se mettent immédiatement à courir, et à se barricader dans leurs habitations. J'éclate d'un rire tonitruant. C'est si bon de recevoir le respect qu'on mérite. Je m'extasie. Puis je me diriges vers l'auberge dans laquelle j'avais pu boire le matin même. Un écriteau m'apprends que l'établissement est fermé pour la journée. Qu'importe, j'entre. Sur le sol, les corps de mes dernières victimes ont disparus, mais pas le sang, qui est encore relativement frais. Je hume l'odeur du liquide avec un large sourire. Depuis une pièce que je ne distingue pas, le tenancier hurle: Vous ne savez pas lire?! On est fermé! Je sais! je crie à mon tour pour lui répondre. Mais j'ai la dalle, alors apporte moi à manger! Le pas qui s'ensuit est lourd, prudent. Le visage de l'homme apparaît derrière le comptoir. Rien qu'à voir ses yeux exorbités, il est aisé de dire qu'il est terrifié d'entendre ma voix à nouveau. Il tremble de tout son corps, et sa voix est plus qu'hésitante. Pitié, laissez-moi vivre. Je vous jures que la femme-serpent vit plus haut. Je vous en supplie ne me tuez pas. Je le considère un instant. Cet homme tient à la vie. Finalement j'éclate de rire. Je l'ai trouvé, ta femme-serpent. Je t'ai dit que j'avais faim, alors donne moi à manger, et que ça saute! Sans demander son reste, l'aubergiste disparaît en cuisine. Il en ressort un quart d'heure plus tard, avec un large plat, comportant viandes, légumes et pommes de terres. Un vrai repas de roi comme je n'en ai jamais eu. Un immense sourire se forme sur mon visage, et je dévore tout. Le regard craintif, le tenancier m'observe me repaître. Sans doute qu'il espère juste me voir manger et partir. Dommage, j'ai d'autres plans pour lui. Lorsque enfin j'en termines de mon repas. Je fixe mon hôte un instant. Un élan de panique se propage en lui: Le seigneur désire-il autre chose? Est-il satisfait? Sans répondre tout de suite je me lève. Tout ceci était délicieux. Mais un bon repas doit toujours se terminer... par un dessert. Trop rapide pour le vieil homme, je dégaine Fuun, et frappe dans un premier temps au crâne, avec le pommeau de l'épée. Sonné, l'aubergiste tombe à genoux, avant de lever des yeux implorants vers moi. Pitié... Je ne lui laisse pas le temps d'en dire plus, et je le décapite sans sourciller, un air satisfait sur le visage. C'est en rengainant mon arme que je l'ai senti. Au niveau du pectoral gauche, une intense sensation de brûlure, très douloureuse, m'a soudainement saisie. Portant ma main sur la zone sensible, je ne peux retenir un cri. La sensation est atroce, comme si une lame chauffée à blanc venait de se poser sur moi. Me découvrant un instant, je découvre avec effroi une marque de brûlure, linéaire, longue d'environ cinq centimètre, se dessiner sur mon torse. Rapidement, je verse de l'eau sur la plaie, mais rien n'y fait. La douleur diminue légèrement, mais refuse de s'en aller. Alerté par mes cris, une femme, également dans la cinquantaine, fait soudainement son apparition. Apercevant celui qui est sans doute son mari mort, elle pousse un immense cri, tombe à genoux, et crie de plus belle. Encore en proie à la douleur, je me saisis immédiatement de Zetsubo, et la faire taire définitivement, tout en hurlant un Ta gueule! tonitruant.

C'est alors que la douleur, vive, brûlante, fait son retour. Un coup d'œil me suffit pour remarquer qu'une seconde marque linéaire, de longueur égale à la première, a fait son apparition, parallèlement à la première. Mais paradoxalement, je la trouves moins douloureuse que la première. Certes, la douleur est toujours difficilement supportable, mais de mon ressenti, tuer cet homme, et donc recevoir ma première brûlure, a été infiniment plus douloureux. Peut-être que je m'y habitue déjà? En attendant, la corrélation entre les meurtres, les marques de brûlures et la malédiction de la chamane est rapidement faite. Alors c'est tout ce que tu as trouvé? Me brûler à chaque fois que je tue? Comme c'est décevant, je m'attendais à mieux de ta part... Je grommelle, seul dans la taverne ensanglantée. Peut-être que les sens chamaniques de la femme-serpent lui permettront quand même de m'entendre, qui sait? En attendant, c'est avec deux meurtres de plus à mon actif, mais également deux douloureuses marques de brûlures, que je quitte la taverne et le village, en route vers l'est, toujours dans l'inconnu concernant ma prochaine destination.
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