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 Le Fenghuang s'envole vers les cieux [Solo] [Décès de l'impératrice Guan Yinping de Miyong]

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Sun Xian
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MessageSujet: Le Fenghuang s'envole vers les cieux [Solo] [Décès de l'impératrice Guan Yinping de Miyong]   Dim 1 Fév - 23:08


La journée s'était bien annoncée, et pourtant. L'impératrice s'était levée de bonne humeur malgré les brûlures ravageuses qui la torturaient sous sa poitrine. Elle ne parlait même pas à sa servante de la souffrance qui lui donnait du mal à se lever à chaque matin, le sourire aux lèvres. Depuis quelques jours, elle avait cesser de prendre la médecine offerte par le médecin impérial qui l'aidait à la soulager de ses pénibles symptômes. À quoi bon ralentir l'inévitable? À la suite d'un petit-déjeuner qu'elle avait à peine touché, elle convia dans la salle de son trône les femmes du harem de Sa Majesté impérial. À la suite des salutations protocolaires, la mère de la nation avait considéré longuement et silencieusement ses nombreuses dames, assises chacune sur leurs chaises. Elles buvaient discrètement leur thé, parfois échangeaient quelques bavardages entre elles. Ou plutôt, Zhuge Lin tendait de maintenir occuper la plus jeune, dame Tao Yurao, une simple Daying qui n'avait toujours pas su se faire un nom auprès de l'empereur. Elle ne la plaignait pas, malgré les mots durs utilisés pendant ces dernières années à son égard.

À la suite de cette petite réunion qu'elle avait conclut très tôt, l'impératrice s'était retirée dans ses appartements. C'est alors que l'évènement se produisit. Un évènement qui secoua rapidement le palais impérial en entier telle une traînée de poussière dans la brise d'un ouragan. Soudainement assaillit par une horrible quinte de toux, l'impératrice avait porté sa main frileuse à sa bouche, tachant d'empêcher le goût de fer de se répandre partout devant elle. Guan Yinping était ensuite tombée douloureusement sur ses genoux. La chute lui laisserait sans doute des ecchymoses, des marques peu appétissants pour la vision mâle. Une remarque qu'elle aurait fait autrefois si elle ne perdait pas présentement son souffle et que sa vision ne tournait pas au noir absolu.

L'impératrice de Miyong s'effondra.

L'empereur de Miyong arriva hâtivement quelques minutes plus tard. Le souffle court, il n'attendit pas que soit annoncé sa présence avant de pénétrer tel une flèche dans les appartements de l'impératrice. Les serviteurs agités se tenaient à l'extérieur de la porte menant au hall d'entré. Les yeux larmoyants, ils attendaient impatiemment le verdict des médecins impériaux qui avaient été immédiatement appelés au chevet de la mère de la nation. Cependant, lorsque le dragon apparut au cadre de porte menant au lit du phénix, la majorité des médecins avaient été congédiés et s'apprêtaient à partir la tête basse. Un seul demeurait près du lit et prenait fébrilement le pouls de Sa Grandeur.

À la vue de l'empereur, tout les médecins présents s'agenouillèrent docilement par terre, craignant la réaction de leur seigneur. À la vue de son épouse pâle et fièvreuse, Liu Ma eut un élan de colère et ordonna à ce qu'on lui explique la situation. Il retint de force l'envie de piétiner les pieds des médecins avec une cruauté dont il savait être capable. Il n'avait qu'à se souvenir de sa délectation face à la peau fondue de Guan Tankishi.

-Votre Majesté, murmura péniblement une voix féminine provenant du lit aux draps de soie dorée. Il semblerait que je sois découvert...

Le dragon passa au travers des médecins sans leur donner plus d'attention. Celui qui prenait son pouls mis un terme à sa besogne et laissa sa place à l'empereur, la tête basse. L'empereur congédia tout les autres en agitant violemment le bras dans les airs, mais ordonna au dernier de rester dans la pièce. Ce médecin-ci recula prudemment à une distance raisonnable, puis baissa pudiquement les yeux afin de laisser un semblant d'intimité au couple impérial. Au fond de la pièce se tenait la servante et l'amie de l'impératrice, son mouchoir de soie tremblant entre ses doigts humides par les larmes qu'elle avait du mal à tarir.

Incertain de la façon dont il devait se comporter, l'empereur prit place sur le lit de l'impératrice et attrapa délicatement sa main dans la sienne. La froideur de celle-ci l'horrifia. De sa main libre, il se saisit de son propre mouchoir et épongea la sueur qu'il voyait perler sur son front fiévreux. L'ombre d'un sourire apparut sur les lèvres gercées de la mère de la nation. Quand était la dernière fois où il avait posé la main sur elle? Était-ce pendant les funérailles de leur garçon? Oui, ils priaient tout les deux dans le temple, dans leurs modestes habits de parents en deuil. Lorsqu'il s'était levé pour partir, il avait pressé sa main sur son épaule comme s'il avait désiré puiser une force en elle, puis il était parti, la mort à l'âme. Elle mêla ses doigts glacés aux siens, chauds et réconfortants.

-Huánghòu, murmura doucement l'empereur en caressant le dos de sa main de son pouce. Que s'est-il passé, pourquoi la mère de la nation se retrouve-t-elle assaillit par un mal pareil? Avez-vous prescrit une médecine pour cela?

Le silence et les sourcils froncés du médecin présent furent ses seules réponses. Afin d'éviter un élan de colère de la part du père de la nation, Guan Yinping attira à nouveau son attention vers elle en s'adressant à lui d'une voix faible.

-Votre Majesté, la faute appartient qu'à moi seule, avoua-t-elle calmement, le mal qui m'habite est le résultat de mon manque de vertu. J'ai failli à mes devoirs envers la famille impériale, ma vie n'est plus que futilité.

La poigne de l'empereur sur sa main se serra brusquement. Elle vit l'indignation dans ses yeux.

-Comment pouvez-vous dire pareille chose! s'indigna-t-il, sa voix faisant frissonner tout ceux qui se trouvaient dans la chambre de l'impératrice. Vous êtes la mère de la nation!

Un maigre sourire s'esquissa à nouveau à la bouche de l'impératrice souffrante.  Son cœur battait plus rapidement alors que celui du phénix semblait s'affaiblir, mais Guan Yinping avait encore quelques sages paroles à partager avec l'empereur avant de périr.

-Ce que les dieux me réserve ne peut être défait, vous le savez aussi bien que moi, Votre Majesté, lui dit-elle doucement. Ce mal dont je souffre, je vous l'ai caché, autant pour votre bien que pour le mien. Malgré les médisances à mon sujet, je ne suis point égoïste, jusqu'à mon dernier souffle, j'ai toujours désiré vous servir vous, mon empereur et mon époux, elle prit une pause pour laisser une quinte de toux sortir, une fois terminée, l'empereur essuya fébrilement les gouttes de sang qui perlaient aux coins de ses lèvres. Malgré son désir de la faire taire afin qu'elle puisse conserver ses forces, afin de pouvoir guérir, il se rendit compte qu'il ne savait pas quoi dire. Il savait qu'elle parlerait jusqu'à la fin. Au début, cette femme était en colère et j'ai ordonné à mon médecin de s'occuper de mon cas, malgré l'acuponcture et les médecines prescrites, ma santé ne fit que détériorer, je sais maintenant ce que me réserve l'avenir.

Elle toussa bruyamment sous le front inquiet du dragon dont le regard était envahit d'une profonde triste ainsi que de nombreux regrets. Ses lèvres remuèrent sous le chagrin mal contenu qui l'envahissait pernicieusement.

-Étrangement, depuis quelques cycles, je suis en paix, admit-elle ensuite en levant des yeux larmoyants vers l'empereur. Mon cœur faiblit, mais mon âme s'est renforcée, est-ce les cieux qui m'attendent, est-ce que notre bébé me tendra ses bras?

À la mention de feu leur fils, il se crispa, mais pas par dégoût comme autrefois, mais plutôt par une vieille tristesse qui refaisait surface, mais dont il avait su passer au travers, ou du moins, c'est ce qu'il croyait au plus profondément de lui. On ne se remettait jamais totalement de la perte d'un enfant, disait-on.

-Pourquoi dire des choses pareilles, rétorqua froidement l'empereur. Il n'est pas encore temps pour vous de rejoindre notre fils, votre âme demeure toujours dans votre corps mortel, et ce, encore pour plusieurs années. Il était en plein déni et il ne s'en rendait point compte.

-Sun Liu Ma, entendit-il soudainement, une voix ferme qu'il n'avait pas entendu depuis de nombreuses années. L'empereur, ainsi interpellé, baissa prestement les yeux vers l'impératrice qui l'observait avec une lueur malicieuse dans les yeux. Il s'agissait de la lueur qu'il avait aperçu la journée de leur mariage. Une fois dans la chambre nuptiale, alors qu'il mettait un peu trop de temps à relever son voile rouge, elle avait prise d'une frustration et avait interpellé l'empereur par son nom. Un peu ivre, il avait ri face à sa témérité, s'étant attendu à une marionnette envoyé par une noble famille très ambitieuse malgré leur amitié avec le nouvel empereur. Ces dernières années, l'aide de Zhuge Pin me fut très précieuse au sein du palais interne. Son talent dans les mathématiques fut très efficace pour gérer les dépenses du harem et elle sait comment le système fonctionne.

L'empereur hocha difficilement la tête, sachant très bien ce que l'impératrice sous-entendait par ses mots. À son départ, elle désirait que Zhuge Pin s'occupe des affaires du harem jusqu'à ce que l'empire choisisse une nouvelle impératrice, un nouveau phénix pour soutenir le dragon de l'empire. Guan Yinping ferma brièvement les yeux et les rouvrit.

-Il est aussi temps pour Tao Daying et Chen Changzai d'avoir une promotion parmi nos rangs, énonça faiblement l'impératrice en jetant un regard complice vers Sa Majesté. Celui-ci baissa docilement la tête. Il avait bien connu Chen Changzai et malgré son échec de soutenir la vie jusqu'à terme, elle était dans la harem depuis très longtemps, elle méritait certainement une promotion. Quand à Tao Daying, il savait que la seule façon pour elle de monter l'échelle était de passer une nuit avec elle. Ses doigts se crispèrent sur la main de l'impératrice. Il ne pouvait plus utiliser l'excuse comme quoi elle était trop jeune pour lui maintenant. À la suite de ses réflexions, il hocha doucement la tête. Votre Majesté, dit calmement Yinping en clignant ses paupières à quelques reprises, vous m'avez toujours dit que les évènements qui mènent notre vie n'arrivent jamais pour un rien. Ma mort servira au bien commun de l'empire.

Elle marqua un moment d'hésitation.

-Yinping, souffla sombrement le dragon en essuyant à nouveau le front brûlant de la jeune femme. Vous n'avez pas à vous sacrifier pour le bien commun.

La dame l'interrompit en levant la main. Si, elle le devait. Il s'agissait là de son rôle en tant qu'impératrice de Miyong, en tant que mère du peuple.

-Je ne suis pas dupe, je connais les rumeurs qui circulent à mon sujet, mon seul regret est de craindre pour la sûreté des miens. L'affaire Tankishi aura ruiné le nom de ma famille pendant plusieurs générations, j'aimerais seulement rester pour les protéger.

Le nom de Tankishi le dégoûtait toujours autant, mais l'empereur baissa tristement la tête. Il ne pouvait pas contrôler entièrement les idées qui se propageaient telle une maladie parmi les membres et les officiers de la cour impériale et il ne voulait pas admettre à son impératrice que sa famille était effectivement sous surveillance depuis le début des agissements suspicieux de la part de la branche secondaire de sa famille. Elle devait s'en douter, d'ailleurs. Comme elle l'avait mentionné plus tôt, elle était loin d'être une femme sotte.

-Yinping, je protégerai les tient, sois en rassuré, déclara-t-il solennellement, faisant de ces mots une importante promesse qu'il conserverait en mémoire jusqu'à la fin de ses jours. À la suite de cela, il porta une main humble à son cœur, puis s'inclina respectueusement vers l'impératrice souffrante. Elle le considéra longuement en silence, des larmes brillant aux coins de ses yeux. Si elle avait été en paix face à sa mort prochaine, elle était maintenant en paix et heureuse. L'empereur n'aurait pu lui faire un meilleur cadeau. Toutefois, tu les protégeras avec moi, n'est-ce pas?

L'impératrice esquissa brièvement un sourire, puis ferma les yeux, une migraine lui tapant sévèrement derrière les tempes.

-Je suis fatiguée, Votre Majesté, affirma finalement l'impératrice avant de fermer doucement les yeux et laisser le sommeil l'envahir complètement.


Deux jours plus tard, au courant d'une nuit d'un étonnante froideur, on annonça finalement le décès officiel de l'impératrice de Miyong, plongeant ainsi les provinces et principalement la capitale dans un deuil commun. Aux grandes portes qui protégeaient le palais impérial du reste de la capitale, plusieurs foules du peuple se tenaient à genoux devant celles-ci afin de pleurer l'impératrice. Tous étaient vêtu majoritairement de blanc ou de leur plus humbles vêtements, sans parure ni décoration quelconque. L'ambiance n'était pas différente au sein du palais impérial. Tout individus qui frôlait le sol du palais était vêtu dans leurs habits de funérailles et des groupes de chaque rangs d'officiers venaient s'agenouiller devant la grande salle du trône pour payer leurs respects envers l'impératrice et le reste de la famille impériale en ces temps troublés.

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