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 Burkhan Xaï, Grand Khagan du Tsian [Terminé]

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Burkhan Xaï

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Date d'inscription : 17/01/2015

Feuille de personnage
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Age:: 33

MessageSujet: Burkhan Xaï, Grand Khagan du Tsian [Terminé]   Sam 17 Jan - 13:28




Ce personnage est mon second. J'incarne déjà Shado Kodokuna.

Nom / Prénom : Burkhan Xaï

Âge : 33 ans

Sexe : Homme

Métier : Grand Khagan (empereur) du Tsian

Particularités : Une insensibilité au froid hérité des durs hivers de Lai Xai. De plus, une profonde cicatrice lui barre la totalité du ventre, mais toujours bien cachée sous les deels qu'il possède, Burkhan n'a que très rarement eu à en expliquer l'origine. Enfin, Burkhan possède le pouvoir héréditaire des Xaï: le Tsagaan. Ce don, propre à l'aîné de chaque génération de Xaï, confère à son détenteur le pouvoir de créer des illusions. En pointant sa paume droite vers autrui, Burkhan peut faire voir à celui-ci tout ce qu'il imagine. Mais ne parvenant pas à maîtriser totalement son pouvoir, il préfère le dissimuler, en bloquant les émissions psychiques de sa main avec une sphère de cuir qu'il s'est lui-même confectionné.

Classe d'arme : Tout comme la plupart des grands guerriers du Tsian, Burkhan est un cavalier d'exception. Capable de maîtriser les bêtes les plus farouches et fougueuse, sont habileté en tant que cavalier font dire à beaucoup qu'il est sans égal dans le monde. Lors des batailles, en fonction des besoins, il peut aussi bien manier l'arc que l'épée, avec néanmoins une prédilection pour cette dernière. Dans les rares cas où il se retrouverait à terre et désarmé sur le champ de bataille, il utilisera deux Kusarigama, héritage du peuple de son khanat. Enfin, en dernier recours, Burkhan fera usage de son talent surnaturel, le Tsagaan, pour mettre l'ennemi en déroute.

Possessions / Equipements :
En tant que Grand Khagan, Burkhan possède une foule de deels et de khantazs, ainsi que de janjins, lovuuzs, ceintures et bottes, de toutes factures et couleurs. Malgré ses airs rustres, il a compris, depuis son arrivée au pouvoir, l'importance de l'apparence. C'est pourquoi il prend soin de s'afficher en public avec de nouveaux habits, dès que cela est possible. 
Devant parer à la révélation de son aptitude psychique en toute occasion, Burkhan ne se départit jamais d'une étrange sphère, qu'il garde au creux de sa main droite. La légende prétend qu'il s'agit de l'œil d'une créature mystique et sanguinaire, que le Khagan aura vaincu à main nues. En vérité, il ne s'agit que d'une sphère en cuir banale qu'il a fabriqué lui-même.
Quand viens le temps du combat, le terrible guerrier qu'il est se distingue par sa large collection de montures, débutée grâce à l'économie florissante du bétail dans les khanats du Nord du Tsian, et qui s'est bien agrandie depuis que Burkhan est devenu Khagan. S'il possède des espèces des plus exotiques, il privilégie généralement un cheval de Lai Xai, plus endurant et habitué aux conditions difficiles. Quand aux armes, il possède un arc issu de l'arboriculture de Temshang, ainsi que plusieurs épées, certaines ne servant qu'en cas de cérémonies officielles, d'autres plus adaptées au combat. Les premières lui sont parvenues de Motchi, khanat connu pour ses métaux précieux, les secondes oscillent entre la solidité des métaux du nord, et la finesse combiné à la qualité des forges du Palais Impérial de Tsian. Enfin, fort d'un court passé de forgeron, Burkhan possède deux kusarigama, chargés d'une forte valeur émotionnelle, puisqu'il a fabriqué les deux outils, mais seul l'un des deux était destiné à son usage personnel...

Famille :
Burkhan est le fils aîné de Mash Xaï, khan de Lai Xai puis Grand Khagan du Tsian, et de Saikhan Xai. Il est le descendant direct de Lai Xaï, fondateur et premier khan du khanat éponyme. Les parents de Burkhan lui ont donnés une sœur, Shine Xaï, et un frère Lims Xaï. Il est très protecteur envers sa petite sœur, et est extrêmement proche de son frère. Enfin, avant même de devenir Khagan, Burkhan s'est marié, avec Tuuya Khaalag, une belle jeune femme de son khanat. Cette dernière lui a donné une fille, Alia Xaï. Mais pour le plus grand malheur de Burkhan, sa femme n'a pas survécu à l'accouchement.

Description Physique :
Originaire du khanat de Lai Xai, Burkhan est un homme de stature imposante, mesurant 1m92. Le terrible froid qui règne durant la majeure partie de l'année sur les terres qui l'ont vu naître l'a fortement endurci, au point de le rendre insensible aux basses températures. En plus de sa grande taille, sa musculature imposante fait de lui un homme respecté et même craint dès le premier regard. Si ce regard venait en plus à croiser les yeux presque noirs de Burkhan, il n'en faudrait plus beaucoup à ce dernier pour obtenir ce qu'il souhaite de son interlocuteur (si tel était le cas, bien sûr). Ses longs cheveux bruns et sa barbe lui ont souvent conféré des airs de barbares, mais depuis son accession au pouvoir, Burkhan en prend énormément soin.

Description mentale :
Au vu de ses origines, nombreux sont ceux qui ont d'abord pensé que Burkhan Xaï n'était qu'un barbare rustre et primitif. Heureusement pour le peuple tsianite, et malheureusement pour ses ennemis, le Khagan est d'une grande intelligence. Celle-ci est née de sa curiosité envers les autres, qui l'a poussé à découvrir et à s'essayer à la majorité des secteurs économiques de Lai Xai, ainsi que de son éducation, supérieure grâce à son père, ancien khan de Lai Xai et son prédécesseur en tant que Grand Khagan. De plus, Burkhan a démontré toute cette intelligence, mais aussi ses talents de stratège et sa ruse, durant les temps sombres ayant marqués l'assassinat des Tchung, et la guerre intestine pour leur succession.
Si dans ses jeunes années, Burkhan était quelqu'un de confiant, mais d'humble, son accession au titre de Khagan lui a octroyé une pointe d'arrogance, et ses exploits dans différentes batailles lui ont conférés la confiance en soi de ceux qui se savent supérieurs, tant physiquement qu'intellectuellement. Néanmoins, il ne fait jamais l'erreur de sous-estimer un adversaire. Malgré tout, il aime les conflits, car cela lui donne l'occasion de prouver sa supériorité, et si par moment il veut foncer tête baissée, il parvient à endiguer ses pulsions, et à se contrôler. Contrôle devenu primordial depuis la révélation de ses pouvoirs. Ce sont principalement ses qualités de stratège qui ont permis à son père d'accéder au poste de Grand Khagan. De ce talent, Burkhan tire une grande confiance en lui, et ne doute que très rarement de ses propres décisions. Et en plus de ses talents de stratège, il est un bon meneur d'homme, absolument pas effrayé par le front, qu'il n'hésite pas à écumer en première ligne.
Avec les femmes, Burkhan rencontre le succès. Sa musculature lui confère une aura de sûreté auprès de la gente féminine, qui succombe aisément aux charmes du Grand Khagan, qui n'est pourtant pas séducteur pour un sou. Mais depuis la mort de Tuuya, il n'éprouve plus un grand intérêt pour le sexe opposé. S'il possède un harem, conformément à la tradition de l'empire, il n'y porte pas grand intérêt. En revanche, concernant sa famille, il a toujours été très protecteur. Qu'il s'agisse de sa mère, sa sœur, sa femme ou pire, sa fille, c'est lorsque certains s'en sont pris à elles que le Khagan est entré dans ses colères les plus noires, et à déchaîné son pouvoir. Enfin, il n'est pas réellement possessif, mais si quelqu'un venait à faire souffrir ceux (et encore plus celle) qu'il aime, alors ce quelqu'un s'exposerait à de graves ennuis.

Histoire :

Dans le froid de Lai Xai.
Burkhan Xai vit le jour il y a 33 années de cela, dans la province de Lai Xai. La terre de ses ancêtres. En effet, Burkhan est le lointain descendant du premier khan Lai Xai, l'homme qui a rassemblé les nomades dans ce khanat qui porte désormais son nom. Aujourd'hui, les parents de Burkhan, Mash et Saikhan Xaï, dirigent cette terre du nord avec bienveillance. Le peuple, très aimant de ses dirigeants, accueilli avec ferveur l'annonce de la naissance du premier héritier du khanat. Le premier nom de la septième génération des Xaï. Pour les villageois, c'était le signe d'une prospérité appelée à durer encore longtemps. Les Xaï avaient toujours été justes avec leur peuple. Cela fut le point d'emphase central de l'éducation reçue par Burkhan. Très tôt, son père l'avait mis devant le fait accompli: un jour, le jeune garçon qu'il était deviendrait Khan de Lai Xai, et lorsque ce moment arriverait, il serait de son devoir de veiller au bien-être des siens, comme les Xaï l'ont toujours fait.
Burkhan assimila tout ceci très vite. Alors à peine âgé de dix ans, il faisait déjà état d'une grande maturité, ainsi que d'un instinct protecteur envers ceux qui eurent tôt fait de le rejoindre dans la septième génération des Xaï: sa sœur Shine, de deux ans sa cadette, et Lims, son frère, le benjamin, né trois ans après Burkhan. Ensemble, les trois enfants affichaient leur entente aux yeux de tous, et leur complicité n'était qu'un signe de plus pour le peuple que la relève était assurée. Déjà, Burkhan se montrait proche du peuple. Il n'avait de cesse de visiter les échoppes, regardant les forgerons travailler les métaux, admirant les confections en cuir du tanneur, admirant les chevaux qui évoluait sur les plaines glaciales du khanat, et enfin, de temps à autres, participant aux récoltes agricoles. De son côté Shine se montrait comme la douceur incarnée, tandis que Lims trouvait un intérêt tout particulier à écouter les conversations des autres, dissimulés en des lieux improbables. Le benjamin de la famille était passionné par les intrigues des riches, et les histoires qu'il s'en allait raconter ici et là ne manquaient jamais d'être croustillantes. Plus d'une fois, cela lui attira des ennuis, mais le jeune Lims pu toujours compter sur son frère aîné pour le protéger. Car c'est également ainsi que la face protectrice de Burkhan se dévoile: si quelqu'un tentait de faire du mal à Lims, ou pire encore, souhaitait du mal à Shine, il s'exposait systématiquement au courroux de Burkhan. En effet, le garçon avait beau être affable, poli et compréhensif, il n'en demeurait pas moins redoutable dès lors qu'on touchait à son clan.
Devant ses aptitudes indéniables au combat, son père prît l'initiative de le former plus assidûment aux arts guerriers. Aux côtés de son frère, l'héritier des Xaï appris à maîtriser l'arc et l'épée, ainsi qu'à monter à cheval. Sur ce dernier point, Burkhan montra des prédispositions exceptionnelle, et très vite, il rivalisa de maîtrise avec des adultes. Le combat monté et les duels au corps-à-corps devinrent très vite des spécialités pour Burkhan, tandis que son jeune frère se complaisait dans la discrétion. Si, comme tout Tsianites, il savait bien monter, et savait également tirer à l'arc avec précision, Lims préférait les jeux d'ombres, et les attaques à revers. Il ne fallut que très peu de temps avant qu'il ne sache user de chausse-trappes, kunaïs, senbons et autres shakens avec discernement et efficacité. Quand à Shine, son éducation guerrière fût plus limité, mais elle avait reçu en cadeau un éventail de bonne facture, et en certaines circonstances, tenait tête à Burkhan un arc en main.
C'est à l'âge de 16 ans que Burkhan, dans le but de connaître les besoins de son peuple, commença à travailler. Il avait appris depuis des lustres que l'économie du khanat reposait essentiellement sur cinq domaines: l'élevage des chevaux, la métallurgie, la tannerie, l'élevage bovin et l'agriculture. C'est ainsi que, pendant que Shine et Lims peaufinaient leurs apprentissage respectifs, l'héritier commença sa formation afin de tout savoir de l'élevage. Alternant entre les bovins et les chevaux, il en découvrit les besoins en nourritures, en soins, et comment les habituer à ces terres glaciales qui composaient le Lai Xai. Cela dura trois ans, jusqu'à ce que Lims, arrivé en âge de travailler à son tour, suive les traces de son frère et ne prenne sa place, permettant à Burkhan de se former à un nouvel art: celui de la tannerie. Il appris à nettoyer les peaux de bêtes, en enlevant les poils extérieurs et la peau intérieure, puis à effectué le tannage, et enfin à fabriquer des objets à partir du cuir. Comme Burkhan était quelqu'un d'attentif et perfectionniste, il parvint rapidement à de bons résultats, et pour l'anniversaire de son père le khan, il ne manqua pas d'offrir une ceinture de cinq mètres qu'il avait lui-même fabriqué et décoré. Mais alors qu'il remettait l'objet en main propre, le khan s'affaissa sur son trône, son visage blêmit pendant de longues secondes avant que les médecins n'accourent et n'écarte les enfants de leur père. Aussitôt cela fait, le khan retrouva une forme de contenance, et toujours haletant, expliqua:
Ne vous... inquiétez point, mes amis. Cela est normal... Il était même temps.

L'héritage des Xaï
La confusion avait, le temps de quelques heures, pris ses quartiers dans le palais du Khan. Il ne semblait en effet pas très normal qu'il soit atteint d'un malaise aussi soudain qu'éphémère. Devant les regards, allant de curieux à anxieux, le khan brandit sa main droite. Il tenait un large bâton. Puis, d'une voix suffisamment forte pour que tous l'entende, il expliqua:
Béni soit ce jour, où mon fils aîné, Burkhan Xaï, premier fils de la septième génération de notre famille, à vu se révéler à lui le Tsagaan, le pouvoir des patriarche Xaï.
Burkhan vit alors son père le prendre à part. L'homme commençait à voir les cheveux blancs clairsemer sa tignasse d'ébène. Cela lui donnait un air de vieux sage. Et face à son fils terrifié par ce qu'il venait vraisemblablement de provoquer, il expliqua clairement les détails du pouvoir nommé Tsagaan:
Le Tsagaan est un don des Dieux à la famille Xaï. Il a été confié en premier lieu à ton arrière-arrière-arrière-arrière grand-père, le fondateur de notre khanat, Lai Xaï. Il aurait, selon la légende, obtenu le Tsagaan en devenant l'hôte d'un Guériyo ancestral. Depuis, ce pouvoir se transmet de façon héréditaire au fils aîné de chaque générations, au même titre qu'une partie du Guériyo qui possédait le pouvoir. Pour l'utiliser, il suffit de pointer ta cible avec ta paume droite, et alors ladite cible verra apparaître devant ses yeux les fruits de ton imagination. Comme ceci.
En disant cela, Mash Xaï brandit sa propre paume droite devant le visage de son fils. Ce dernier se sentit bizarre le temps d'une seconde. Puis, à sa grande surprise, il se vit lui-même, en armure et à cheval, triomphant après une bataille. Et tout aussi brusquement que cette vision avait débuté, elle s'acheva, laissant Burkhan perplexe, face à son père au regard bienveillant.
Comme tu l'as peut-être compris, fils, le Tsagaan envoie l'esprit de sa cible dans un autre monde. Un monde dont tu es le maître absolu. Tout ce qui compose cet autre monde t'appartient, car il s'agit de ton esprit. Ce monde peut revêtir la plus douce des robes, comme la plus sanguinolente des armures, et n'a pour seule limites que celles que tu te fixes.
Burkhan avait écouté son père avec la plus grande attention. Il ne se remettait pas de ce qu'il venait de faire. Et d'une voix tremblante, il demanda:
Mais père, ce pouvoir ne représente-il pas un danger si je ne puis le contrôler?
Et à nouveau, Mash sourit avec bienveillance à son premier né.
Tu es devenu un homme si sage, mon fils. Je suis si fier de toi. Et tu as raison: utilisé à mauvais escient, le Tsagaan peut se révéler terriblement dangereux pour celui qui en est la cible. Mais il est de ton devoir et de ta responsabilité de contrôler ton esprit, pour éviter des drames qui ne sauraient être justifiés. D'après la tradition des Xaï, le Tsagaan n'est utilisé que comme une forme très avancée de châtiment. Mais il peut aussi être utilisé hors de nos lois, si la situation l'exige. Certains de tes ancêtres l'ont utilisés comme une arme militaire, mais il s'agit là de vils stratagème, en désaccord avec les valeurs de notre famille, celle que je t'ai inculqué. Mais désormais, tu es un homme. C'est à toi de faire tes propres choix.
Après avoir longuement considéré son géniteur, Burkhan avait jeté un rapide coup d'œil avant de s'incliner devant son khan, tout en répondant:
Père, je suis conscient de la responsabilité qui pèse désormais sur mes épaules. Je ferais tout mon possible pour utiliser ce don avec justesse, en accord avec nos valeurs. Je ne vous décevrais pas.

Au lendemain de la découverte du Tsagaan, le premier acte de Burkhan fût la fabrication d'un objet qui endiguerait le pouvoir. Son père possédait un bâton, son fils utilisa la tannerie pour se fabriquer une sphère, suffisamment souple pour être malaxée, ce que Burkhan appréciait de faire lorsqu'il devait réfléchir, mais assez résistante pour durer dans le temps. Néanmoins, cela posait problèmes dans ses activités de tanneur. Aussi, Burkhan décréta qu'il était temps pour lui de se former aux arts de la forge. Une nouvelle année passa, durant laquelle l'héritier développa, en plus de son esprit, désormais rompu aux besoins des forgerons, son physique. Désormais âgé de 21 ans, Burkhan était devenu un jeune homme au physique impressionnant. Plus d'1m90, une musculature imposante, le premier héritier forçait le respect. Et cela lui était fort utile pour dissuader les quelques petites frappes qui s'amusaient à chercher des noises à Shine, sa douce sœur, qui était devenue une belle jeune femme de 19 ans, ou à Lims, qui prenait toujours autant de plaisir à prendre des risques inconsidérés, et avait conservé à travers les années une fâcheuse tendance à s'attirer les ennuis.
Son physique bien développé poussa Burkhan à rejoindre les champs, pour participer de manières quotidiennes aux récoltes. Avec son endurance, il présentait un excellent rendement, et contribuait largement à la prospérité de son peuple. Proche des citoyens, Burkhan avait d'ores et déjà posé les bases de son futur mandat de khan, et s'octroyant le soutien inconditionnel des siens. Mais pour qu'il fasse un grand chef, il lui manquait encore une chose: l'amour.

S'élever pour mieux tomber...
C'est durant son temps aux champs que ce sentiment merveilleux frappa l'aîné de la septième génération. Pendant la saison des récoltes, son regard, pour une fraction de seconde seulement, croisa celui d'une femme qui lui était jusqu'alors inconnue, mais qui s'imprégna à jamais dans son esprit. Pourtant, il faillit ne jamais la revoir. En effet, c'est à la faveur, si tant est que l'on puisse le nommer ainsi, d'un raid de bandits sur les récoltes, que les chemins de Burkhan et de celle qu'il ne connaissait pas encore allait se croiser de nouveau. Alarmé par des cris en provenance des réserves de céréales, des denrées si précieuses pour ce peuple du Nord, Burkhan s'était précipité à l'intérieur, avec pour seule arme ses kamas. Des bandits, probablement issus d'une quelconque tribut nomades des steppes, tentaient de dérober les précieuses réserves, et une poignée d'ouvrier se battait corps et âmes pour les repousser. L'arrivée du fils du khan fît pencher les débats en faveur des travailleurs, qui mirent en fuite les voleurs. Mais au cours de l'affrontement, Burkhan avait remarqué dans la mêlée, une silhouette tirant son épingle du jeu. Une fois la poussière retombée, il s'approcha, et découvrit de nouveau le splendide visage de celle dont il avait tant rêvé depuis qu'il n'avait fait que l'apercevoir. Une peau blanche uniforme, de long cheveux châtains parfaitement lisse, et des yeux noisettes splendide. Burkhan ne pouvait pas encore mettre de mot sur ce qu'il ressentait, mais il découvrit assez vite qu'il s'agissait d'amour. Pourtant, lorsqu'il ouvrit la bouche, les seuls mots qui s'échappèrent furent:
Vous vous battez bien, puis-je savoir votre nom?
La jeune femme s'était retournée. Un peu de sang séché trônait sur sa peau si parfaite.
Je m'appelle Tuuya Khaalag. Avait-elle répondue dans un premier temps, avant que son visage ne s'illumine, dès lors qu'elle eu reconnu celui qui lui avait parlé. Et vous êtes Burkhan, l'héritier du khanat, non?
Burkhan acquiesça avec un sourire gêné. Quelques secondes s’égrainèrent, avant que d'une voix hésitante, accompagnée d'un geste qui l'était tout autant, le jeune homme ne dise: Il vous reste un... un peu de... un peu de sang sur le visage. Sang qu'il s'était empressé d'essuyer, la main tremblante. Pendant quelques minutes, les deux jeunes adultes se fixaient, se contemplaient, dans un silence qui se suffisait à lui-même. L'héritier serrait les manches de ses kamas avec bien plus de forces que nécessaire, la jeune ouvrière se mordillait la lèvre inférieure. Après quelques minutes, Tuuya brisa le silence: Il nous faudrait un meilleur équipement pour lutter contre ce genre de problèmes... Et ne sachant que répondre, Burkhan se contenta d'acquiescer, avant qu'une idée ne lui traverse l'esprit. A la fin du cycle suivant, chaque ouvrier s'était vu confié un kusarigama, fabriqué spécialement par l'héritier des Xaï. Il ne manqua pas de fabriquer deux modèles spéciaux, finement décoré. Conservant le premier, il offrit le second à Tuuya, qui accepta avec joie. Burkhan avait alors confessé ses sentiments, et ceux-ci s'étaient avérés réciproque. Une année plus tard, le mariage du fils aîné de Mash Xaï fut célébré en grandes pompes. Il fallu attendre un an supplémentaire avant que la nouvelle tant attendue soit officialisée: Tuuya Xaï, anciennement Khaalag, attendait son premier enfant. 23 ans après la naissance de la septième génération, la huitième n'était plus qu'à quelques mois de naître.
Hélas, au lendemain de l'accouchement, la khanat entier était en deuil: Tuuya était décédée en couche, laissant son mari dans une profonde détresse. Le seul motif de réconfort fût l'état de l'enfant, qui était en bonne santé. Nommée Alia Xaï, elle serait donc la première représentante de la huitième génération des Xaï. Les temps qui suivirent la perte de Tuuya furent sombres, très sombres dans l'esprit de Burkhan. Pendant trois mois, ce fût à peine s'il quittait ses appartements. Seul avec sa mélancolie, il ne dût son salut qu'à l'amour de sa famille. En premier lieu sa mère et sa sœur, qui prirent soin de la petite Alia. Mais l'état du père ne s'arrangeait pas, bien au contraire. Sombrant dans les méandres de la tristesse, il avait commencé à utiliser le Tsagaan sur sa propre personne, afin de revoir sa femme, encore une dernière fois, se disait-il, mais au fond, il savait bien qu'il recommencerait à glisser le long de cette dangereuse pente, inexorablement. Sa folie empirait, et le pire fût bien près d'arriver, lorsqu'en proie à ses mémoires, Burkhan frappa son propre ventre à l'aide de son Kusarigama. Fort heureusement, la blessure était superficielle, et la vie du futur Khan n'était pas en danger. Ce fût finalement Lims qui découvrit les pratiques de son frère, et parvint, à force de mots et de persévérance, à tirer Burkhan hors du trou dans lequel il s'enterrait.
Mon frère, tu as une fille magnifique, qui n'a pas encore eu la chance de voir son père sourire... Je ne peux qu'imaginer la tristesse que tu ressens, mais ce que tu fais... ça ne t'apportera rien de bon. Le souvenir de Tuuya vit en toi, et en Alia. Elle a besoin de toi. Ta famille a besoin de toi. Ton peuple a besoin de toi. Ne cessait-il de répéter. Burkhan savait que son frère avait raison, aussi il accepta de sortir de ses quartiers. Lorsqu'il découvrit sa fille, les joues de l'héritier s'inondèrent de larmes. Si elle avait les cheveux d'ébène de son père, ses yeux et le teint de sa peau était ceux de sa mère. A ce moment précis, Burkhan serra le nourrisson contre lui et ne semblait plus vouloir le lâcher.

Départ pour la nouveauté.
Quelques années passèrent. Désormais âgé de 29 ans, Burkhan menait tranquillement sa vie dans le khanat de Lai Xai. Son père lui avait confié le poste de chef des armées du khanat, mais hormis quelques raid de bandits déjoués, et une poignée de visites officielles, il n'avait pas utilité de ce titre. Même s'il imposait un entraînement quotidien, auquel Burkhan s'astreignait sans broncher, il n'empêchait pas l'héritier de continuer à apporter son aide aux champs. Le seul événements qui avait troublé sa tranquillité avait eu lieu deux ans plus tôt. Au cours d'un événement sans précédent, Burkhan parvint à déjouer une tentative d'assassinat contre son clan. L'assassin, fait prisonnier, refusa de parler malgré les menaces, et en vint même à provoquer Burkhan, chargé de l'interroger, en insinuant des choses déshonorantes sur sa sœur. Perdant son sang-froid, l'héritier déchaîna le Tsagaan sur son prisonnier, l'assaillant d'images toutes plus atroces les unes que les autres. Cela dura une heure entière. Lorsque l'assassin fût ramené à la réalité, il était déjà trop tard, et ce dernier avait sombré dans la folie, jusqu'à s'ôter la vie. Devant cette bavure dont il était responsable, Burkhan ne se défila pas, accepta les remontrances, et se coupa les cheveux en signe de repentir. Mais hormis cette perte de contrôle, rien ne venait troubler le quotidien des Xaï dans leur khanat. Mash et Saikhan Xaï gouvernaient toujours avec bienveillance, et était des parents et grands-parents aimant. Shine s'était mariée avec un jeune tanneur, que Burkhan avait déjà rencontré durant son apprentissage du métier. Lims, quand à lui, était toujours seul, mais savait user de ses charmes, notamment de ses yeux bleus, hérité de sa mère, qui lui conférait un pouvoir de séduction très puissant. Quand à Alia, elle grandissait dans une famille chargée d'amour, et était déjà, à 6 ans, une fillette pleine de vie et de bonnes volonté.
C'est une lettre marquée du sceau impérial qui vint troubler cette tranquillité. Les khans des six khanats étaient conviés au Palais Impérial par le Khagan, afin de parlementer au sujet de la politique de l'Empire. Face à cette requête, Mash prît la décision d'emmener ses deux fils avec lui, laissant sa femme, sa fille et sa petite-fille à Lai Xai. Partant sur le champ, le khan, Burkhan et Lims arrivèrent les derniers au Palais. Mais lorsqu'ils pénétrèrent dans la grande salle, des regards accusateurs convergèrent vers eux. Vêtus de riche deels et d'épées de cérémonie, les trois nouveaux venus analysait la scène de manière bien différente: Mash était surpris de l'accueil, Lims tentait déjà de repérer des échappatoires, tandis que Burkhan avait posé la main sur son Kusarigama, caché sous son khantazs, et qu'il ne quittait jamais. Évidemment, il ne pouvait pas s'en servir sans raison, mais il n'aimait pas la manière dont il était regardé. Cependant, l'incompréhension régnant, ce fût le Khan de Temshong qui prît l'initiative de relater les faits:
Le Grand Khagan Tchung, ainsi que le reste de sa famille, viennent, il y a quelque minutes, de périr. Le responsable est reparti aussi vite qu'il est arrivé, et personne n'a vu à quoi il ressemblait. Il va sans dire que le timing de votre entrée porte... à confusion.
Si Burkhan était indigné que les autres khans puissent porter préjudice à la droiture de son père, il comprenait néanmoins les doutes qui pesait sur lui et les siens. A sa droite, en revanche, Lims tremblait de rage.
C'est vrai que ça vous arrange, d'accuser les cibles faciles. Comment pouvez-vous croire que...    
Lims. coupa sèchement Burkhan, qui déporta ensuite son attention sur les khans qui les dévisageaient: Si on trouve l'assassin, ça suffit pour nous innocenter?
Le khan de Temshong acquiesça, secondé par des grognements approbateurs émanant des autres khans. Demandant à son père de rester dans le palais, Burkhan entraîna Lims à l'écart.
Fais attention à tes mots, mon frère. Ici on peut se faire exécuter pour moins que ça.
Mais ils nous accusent à tort, sans avoir aucune preuve, uniquement car...
Je sais. Nous sommes innocent, mais pour eux nous sommes suspects. Alors on fait avec, on trouve l'assassin, et on le ramène en vie. Aujourd'hui est un jour décisif, Lims. J'ai besoin que tu mette à profit ta discrétion, et tes oreilles. Va dans la cité impériale, ne parle à personne, ne te fait pas remarquer, ne fais qu'écouter. Je vais vérifier que notre homme ne se trouve pas dans l'enceinte du palais.
Lims acquiesça. Les deux frères s'étreignirent. Bien qu'ils aient chacun une totale confiance en l'autre, les choses étaient inédites. Une heure plus tard, Burkhan rejoignit son frère en bas des marches du palais. Ce dernier apportait des nouvelles croustillantes.
C'est l'effervescence dehors. Tout le monde est déjà au courant, et les gens parlent. Je n'ai aucune idée sur l'identité du tueur, mais plusieurs citoyens soupçonnent la même personne d'être le commanditaire: Davaa Shnov. Je n'en suis pas sûr à 100% mais il s'agirait d'un riche noble ici. Baignant officieusement dans des marchés illégaux.
Excellent travail Lims. Maintenant qu'on a un nom, il faut le trouver. Le meilleur moyen pour cela, c'est de demander aux marchands ou aux taverniers. Ce sont eux qui seront les plus à même de nous renseigner. Va prévenir les khans, et profite en pour vérifier que père ne risque rien. Je me charge du reste.
Laissant là son frère, Burkhan se mit en route. Il lui suffit de questionner le tenancier d'une échoppe pour apprendre que le dénommé Shnov vivait à l'extérieur de l'enceinter fortifiée, après la confluence du Djeeing. Arrivé là-bas, il dût demander son chemin à deux reprises, pour que ses pas le guident vers une habitation qui se fondait au milieu des autres. La main droite tenant fermement son Kusarigama, l'héritier poussa doucement la porte, risquant un œil à l'intérieur. Un homme était attablé, occupé à une quelconque rédaction. Ouvrant cette fois-ci totalement la porte, Burkhan s'éclaircit la gorge pour attirer l'attention de l'homme. Celui-ci tourna la tête, révélant une barbe sombre, longue et fournie, de petits yeux verts, et des cheveux emmêlés, trahissant son activité incessante. A la vue des riches habits de Burkhan, il fronça les sourcils d'un air anxieux et méfiant.
Davaa Shnov? demanda immédiatement Burkhan.
C'est moi-même. répondit le plus calmement possible le suspect, mais le ton de sa voix démontrait la panique à laquelle il semblait sur le point de céder.
Je vais devoir vous demander de me suivre. Votre présence est demandée au Palais Impérial.
Ce... Certainement. balbutia Shnov, qui avait sans doute déjà deviné les raisons de sa convocation. D'un pas hésitant, il s'avança vers la sortie. Mais arrivé à la hauteur de Burkhan, il le poussa de toute ses forces et tenta de détaler. Malheureusement pour lui, le fils aîné de la septième génération Xaï n'était pas homme facile à faire vaciller, d'autant plus qu'il avait anticipé ce coup d'éclat, et avec agilité et précision, il usa de la chaîne du Kusarigama pour stopper la course du fuyard. Les pointes de la boule métallique se fichèrent dans la chair de Davaa, au niveau de la cheville. Dans un cri étouffé, ce dernier s'écroula, avant de se laisser mener, résigné, vers le lieu qu'il ne souhaitait guère visiter.
De retour au Palais, Burkhan avait fait son entrée dans la salle du conseil avec son suspect sur le dos. La blessure de Davaa le ralentissait trop, et les choses avaient empirés durant l'ascension des milles marches qui menaient au Palais. Surpris de voir le fils du khan de Lai Xai faire irruption de la sorte, les différents seigneurs lancèrent des regards intrigués. Déposant son "colis" à même le sol, Burkhan expliqua:
Après enquête, menée par mon jeune frère Lims ici présent, il s'est avéré que l'identité du meurtrier de la famille impériale demeure un mystère. En revanche, de nombreux témoignages populaires indiquent que cet individu, Davaa Shnov, est probablement le commanditaire de cette vile action. Il me semble important de préciser qu'au moment où je lui ai demandé de me suivre, il a tenté de fuir, sans succès, comme vous pouvez le constater.
Recroquevillé sur le sol, Davaa tremblait. Après l'avoir considéré un instant, Lims lança:
Mon frère, vous êtes trop modeste. Je n'ai fait que suivre vos directives. Je suis si soulagé qu'il ne vous soit rien arrivé! S'ensuivit une longue accolade, durant laquelle Burkhan écouta attentivement son frère lui chuchoter: Aucun des cinq autres khans n'a l'air d'être impliqué dans les assassinats. En revanche, tous sont terrifiés, et ont dépêchés en urgence des hommes supplémentaires, en plus des gardes du corps que tu peux déjà observer. Tu as remarqué qu'il y a trois gardes aux portes, alors qu'il ne devrait en avoir que deux? Ils nous disent que ce sont des mesures de sécurité, au cas où l'assassin rôderait toujours. En réalité, celui aux portes principales et un homme de Motchi. Derrière toi, le garde supplémentaire est aux ordres du khan de Mung Gwang. Il y a trois gardes de trop dans cette salle même, devine à qui ils sont. Ouvre l'œil, maintenant qu'on a le commanditaire, l'exécuteur peut débarquer à tout moment, pour sauver son contrat.
Pour toute réponse, Burkhan souffla Bon travail petit frère. Puis se détachant de ce dernier, il se saisit de Davaa et le posa sur un siège, tout en s'adressant à l'assistance: Je suppose que vous avez des questions à poser au seigneur Shnov.
La salle dans laquelle les khans, leurs protecteurs et le noble était spacieuse. Une longue table se trouvait en son centre, sur laquelle trônait quelque mets des plus raffinés. De nombreuses cloisons laissait filtrer la lumière du jour, et de splendide draperies pendaient aux murs. Shnov était assis en bout de table, à l'opposé de la grande porte qui donnait sur le reste du palais. Ses petits yeux étaient grand ouverts, et l'homme ne cessait de jeter de furtifs coup d'œil autour de lui. Les khans restaient tous à distance respectable du suspect, laissant leurs accompagnateurs poser les questions. Malgré son comportement on ne peut plus suspect, Shnov niait en bloc son implication dans l'assassinat des Tchung. C'est alors qu'un bruit sourd, accompagné d'une incursion plus intense de la lumière, sema un vent de panique. Une ouverture était apparue dans une des cloisons, et de cette ouverture avait surgit une silhouette sombre qui contrastait avec la luminosité ambiante. Pas de doute, l'assassin de la famille impériale venait finir le travail. Un kunaï à la main, il se lança d'abord sur le khan de Mung Gwang. Ce qu'il ne savait pas, c'était que le garde supplémentaire dépêché à la surveillance de la porte de la salle se trouvait être au service du seigneur. Le garde se jeta alors sans hésitation entre l'assassin et son maître, recevant en pleine gorge la lame aiguisée du tueur. Cet acte héroïque permit à Burkhan et à Lims de s'arracher de leur torpeur, plus promptement que tous les autres. Dégainant son Kusarigama et en projetant la chaîne, l'héritier du Lai Xai manqua sa cible, de par une habile esquive de son opposant. Ce dernier était même déjà en train d'enclencher le coup fatal pour le pauvre de khan de Mung Gwang, paralysé par la peur et la surprise. Burkhan accéléra encore sa course, mais il était trop loin, il le savait déjà. C'est alors qu'une volée de Shaken filèrent si près du crâne de Burkhan que ce dernier en entendit le sifflement. L'un d'eux atteignit l'assassin directement au poignet, et avec une surprenante précision, trancha le tendon du tueur. Bloqué dans son élan, celui-ci ne put rien faire lorsque la pointe du Kusarigama de Burkhan lui transperça le cœur. Il s'écroula, tandis que le fils aîné des Xai se tournait déjà vers Shnov, qui n'avait pas bougé, et lui lança: Je suppose que vous n'avez rien à voir là-dedans?

L'Empereur est mort. Vive l'Empereur !
Suite au coup d'éclat des frères Xaï durant l'interrogatoire de Davaa Shnov, ce dernier avait tout avoué: Les Tchung n'ont jamais fait l'unanimité. Vous qui les pleurez aujourd'hui, vous les blâmiez hier pour vos malheurs! Aucun des Khagan n'a su unir le peuple, pas même Tchingis! Il n'eut qu'un soutien total et passager, grâce à la guerre. Mais vous, les khans, ne valez guère mieux. Confortablement installés dans vos palais, à profiter de votre richesse pendant que vos concitoyens se tuent pour survivre à nos hivers. Alors j'ai engagé cet assassin. Dans un premier temps, il devait assassiner chaque membre de la famille impériale. Une fois le dernier des héritiers éliminés, il était évident que la succession se jouerait entre les six différents khans. Mais vous avez déjà tout dans vos contrées! Ce qu'il faut au Tsian, c'est un Khagan qui les représentent, qui est admirable, qui est juste. Un Khagan qui unisse les peuples! Aucun de vous, pauvres seigneurs au rabais, n'en serait capable. C'est à peine si vous avez déjà marché hors de vos khanats! Vous ne connaissez rien à la vie de la cité impériale, comment pourriez vous comprendre les besoins de son peuple? C'est pour cela qu'il ne fallait pas que vous soyez Khagan. Alors mon ami l'assassin devait s'occuper des khans lorsqu'ils étaient tous réunis, et sans l'intervention des deux barbares, il aurait réussi! Et alors, seulement alors, j'aurai eu la voie libre pour devenir le Grand Khagan! Celui qui réunirait les sédentaires et les nomades! L'Empire tout entier, uni!
En l'absence d'un Khagan légitime, il fût décidé que le sort de Davaa Shnov serait confié au Grand Prêtre du Temple de Quingol. Une fois l'usurpateur éloigné, les six khans s'attablèrent, et ce fût le seigneur de Mung Gwan qui prît la parole:
En premier lieu, j'aimerai remercier personnellement les fils du khan Mash Xaï, pour leur intervention et leur sang-froid. Si nous pouvons dès maintenant avoir la discussion qui va suivre, c'est à eux que nous le devons.
Mais les dernières péripéties ne doivent pas nous faire oublier que l'heure est grave. Les Tchung ne sont plus. Un nouveau Khagan doit être désigné au plus vite. Les khanats du sud étant plus développé... économiquement bien sûr, je tend à croire qu'il vaudrait mieux que le Khagan arrive de cette partie de l'Empire.

Voyez-vous, mon khan, c'est là un point de vue que je ne partages pas. Répondit tranquillement Burkhan, qui se tenait derrière le siège de son père, mais qui remontait la pièce pour venir se placer au devant des khans. Ne nous voilons pas la face, vous incluez les deux autres khanats sudistes dans votre argument, mais tous dans cette pièce voient clairement que vous ne cherchez qu'à vous imposer comme Khagan. Non pas que je vous en blâme, tout ceci n'est que la pure logique des choses.
La surprise se peignait sur le visage du khan de Mung Gwan, mais cela ne stoppa en rien l'héritier de poursuivre: Puisque nous en sommes à illustrer les faits qui feraient de chacun le meilleur des Khagan, permettez moi donc de parler pour mon père. Mash Xaï gouverne le khanat de Lai Xai depuis désormais trente-cinq années. Depuis ma naissance, il y a 29 ans, je n'ai jamais vue la moindre personne se plaindre du traitement réservé à nos ressortissants. Dans le but d'être son digne successeur, je me suis formé à chaque secteur de notre économie. Cela m'a permis de nouer des liens avec les miens. Et de ces rencontres, je puis vous confirmer une chose: nos citoyens aiment leur khan, et mon père aime son peuple.
Le khan de Kutai s'immisça dans la conversation: Que cherchez-vous à nous dire, jeune homme?
Burkhan étouffa un petit rire, avant de ressaisir immédiatement, pour répondre non sans une pointe de malice: Ne le voyez vous pas? Nous cherchons ici le meilleur Khagan possible pour le peuple! Et à ce petit jeu là, aussi juste et bons que vous soyez tous, aucun d'entre vous n'égale mon père. Mais permettez moi de devancer vos objections, pour avancer à un point qui me semble central. J'imagine que nous serons tous d'accord pour dire qu'un bon Khagan doit aimer son peuple, mais qu'il est de son devoir de le protéger de n'importe quelle menace. Laissant passer quelques grognements qui se voulaient approbateurs, mais qui trahissaient l'irritation des khans face à l'audace du jeune héritier, ce dernier repris: En ce qui concerne cette protection, ce pilier fondateur de l'équilibre de notre Empire, je ne peux que vanter les mérites de Lai Xai. Nos chevaux sont les plus robustes et les plus endurants en ce monde, n'en déplaise à messieurs les khans de Kutai et de Kha Nyan. En ce qui concerne nos soldats, qu'importe les demandes, ils rempliront toujours leur mission. En ce qui concerne la protection personnelle du Khagan, un aspect qui est en ces sombres circonstances mis en lumière, et bien... vous avez tous vu de quoi mon frère Lims et moi-même étions capable, il y a quelques instants, pendant que tout vos gardes du corps, qu'ils soient visibles ou cachés, étaient trop occupés à être totalement désemparés. Et enfin, ai-je besoin de mentionner, que sans nous, Shnov et l'assassin seraient toujours en liberté?
Dans le silence ambiant, on pouvait presque entendre les esprits des khans réfléchir à toute vitesse. Burkhan avait exposé des faits, et il leur fallait trouver une parade. Au bout d'une minute, ce fût le khan de Motchi qui se leva: Nous vous devons sans aucun doute la vie, jeune guerrier. Mais cela ne suffit pas à faire de votre père un Khagan. Voyez-vous...
J'ai bien peur de devoir vous contredire. coupa immédiatement Burkhan. Comme vous venez de le mentionner, vous tous me devez la vie, ainsi qu'à mon frère. Ce dernier vous a bien observé et à d'ores et déjà élaboré un stratagème pour réduire une quelconque audace de votre part. Nous savons que vous avez des protecteurs supplémentaires, inutile de se le cacher. Maintenant, laissez-moi vous expliquer les choses telles qu'elles sont. Dans les cinq secondes qui viennent, si l'envie m'en prenait, je pourrais tous vous abattre, sans que vos boucliers sur pattes n'ai le temps d'esquisser le moindre geste. Après coup, il serait simple d'inventer une histoire... "officielle". Tiens, que pensez-vous d'un second assassin, qui nous aurait pris à revers alors que nous avions baissé notre garde? Je suis sûr que le peuple goberait cela. Et de toute manière, il n'y aurait plus personnes pour démentir cette version. Néanmoins, quel gâchis que de tuer d'éminents nobles tels que vous. Cela amènerait de la rancœur, et puis, un règne se basant sur un mensonge n'est pas de bonne augure. Ce ne serait pas bon pour le peuple, et je sais que vous ne voulez que le bien du peuple. Donc à présent, vous tous ici présent allez désigner mon père comme le nouveau Khagan, et lui jurer loyauté. J'ai déjà montrer pourquoi il était notre meilleure option, ne m'obligez pas à me répéter.
Tout en parlant, Burkhan s'était approché du khan de Motchi, et se trouvait maintenant à quelques centimètres de son visage. Un sourire en coin se dessinait sur le visage de l'héritier, tandis que le khan semblait sur le point d'exploser. Il n'avait aucune réponse à fournir, et Burkhan le savait. Autour de la table, les khans se regardaient, et leurs gardes se demandaient s'ils devaient intervenir. Pour prévenir cette éventualité, Burkhan avait laissé son Kusarigama dépasser de l'arrière de son khantaz, et Lims jouait distraitement avec un Shaken. Après quelques minutes, le khan de Motchi se résigna, soupira, et finit par annoncer: Moi, khan du khanat de Motchi, renonce à briguer le poste de Grand Khagan, et donne mon soutien à Mash Xai, khan du Lai Xai.
On pouvait lire sur le visage du khan combien cela lui avait coûté de prononcer ces quelques mots. Aussi Mash se contenta d'un hochement de tête poli, se gardant bien de retourner le kunai dans la plaie. Quand à Burkhan, il souriait un peu plus encore: un khan avait abandonné, et les autres allaient suivre. Une demi-heure plus tard, faute d'arguments tangibles à opposer à l'héritier, tous les khans s'étaient résignés, et la proclamation de Mash Xai comme le nouveau Grand Khagan avait été communiqué aux moines du Temple de Quingol, responsables de la cérémonie du sacre, qui aurait lieu dans cinq lunes, le temps de porter le deuil de la famille Tchung. Regagnant les quartiers qui leurs avaient été attribués, le père étreignit ses deux fils et leurs promis de régner sur l'Empire de la même façon qu'il avait régné sur le Lai Xai. Il ne manqua pas de féliciter sa progéniture pour leurs actions de la journée, particulièrement Burkhan, dont le discours avait été décisif.
A ce propos, mon frère. dit Lims. Je n'avais pas de plan spécifique pour contrer les gardes.
Je sais. le rassura Burkhan. Mais leur faire croire que tu en avais un faisais partie du plan. Les khans comptaient peut-être se rebeller, mais c'est ta présence, notre occupation de l'espace, et surtout ton faux plan qui les a dissuadé.
Lims acquiesça, et le reste de la journée fût consacré aux rires, aux chants, bref, à la célébration de la victoire.

Forger l'unité.
Mash Xaï avait régné sur le Lai Xai pendant trente-cinq années, puis sur l'Empire Tsian tout entier durant trois années. A son accession au trône, sa femme Saikhan l'avait rejoint pour devenir la Khagin. Burkhan était devenu le chef des armées, laissant à Shine et son mari le soin de gouverner leur khanat. Quand à Lims, il était entré au Conseil du Khagan, ce qui lui permettait de surveiller les différents nobles qui gravitaient autour de son père. Trois années durant lesquelles patriarche des Xaï s'était concentré sur l'assainissement de la cité Impériale. Bien d'autres Davaa Shnov écument la cité. disait Lims. Pour le bien de tous, nous nous devons de les identifier et de les punir. Mais Mash n'avait pas délaissé les autres khanats, avec lesquels il s'efforçait d'atténuer les tensions créées lors de la lutte pour le pouvoir. Cela passait par des aides à l'économie, ou encore par le détachement d'unités supplémentaires en certaines circonstances. Cela n'était évidemment pas suffisant pour oublier le passé, mais cela contribuait grandement à conserver une entente cordiale, du moins en surface, entre le Khagan et les khans.
Mais après trois années de règne, le poids des ans finit par exercer sur les épaules de Mash Xaï un poids plus lourd que ce que ses vieilles jambes pouvait supporter. S'affaiblissant au fil des mois, il s'était éteint paisiblement, en confiant à son fils aîné les rênes de l'Empire. Âgé de 32 ans, Burkhan vécut bien mieux la mort de son père que celle de sa femme Tuuya. Il avait retenu les leçons du passé, et ne s'était pas replié sur lui-même. Il avait pu compter sur sa mère, son frère, sa fille, et enfin sa sœur, qui avait évidemment fait le déplacement vers la cité Impériale pour pleurer son géniteur. En tant que nouveau Khagan, et nouveau chef de la famille Xai, Burkhan prît la décision, à la demande de sa mère et de sa sœur, de renvoyer Saikhan en Lai Xai pour assister Shine et son mari dans la gestion du khanat. Alia et Lims resteraient au Palais, où la première, désormais Princesse Impériale, poursuivrait son éducation, dans les valeurs de la dynastie Xai, tandis que le second s'apprêtait à recevoir un nouveau poste. Burkhan avait en effet fait mander son frère. Lorsque celui-ci paru, Burkhan l'étreignit avant de prendre la parole:
Mon frère, j'ai beaucoup réfléchi, et je pense qu'une place permanent au Conseil réduit l'importance que tu pourrais avoir pour l'Empire. Aussi je voudrais te confier un nouveau poste. Lims, je veux que tu deviennes mon Maître-Espion. Tu as fait un travail remarquable durant le règne de père pour pacifier la cité impériale. Cela est désormais fait, mais nous devons étendre cela à l'Empire tout entier. En tant que Maître-Espion, j'ai besoin que tu sois mes yeux et mes oreilles à travers nos contrées. Qu'en dis-tu?
Lims sourit franchement avant de répondre: Burkhan, c'est avec joie que j'accepte ta demande. Quels que soient tes plans, je les appliqueraient. Tu peux compter sur moi.
Excellent. Voici justement mon plan concernant le futur. Les khans, cela tu le sais, nous voient d'un très mauvais œil, et cela ne m'étonnerait pas qu'ils colportent à notre sujet des rumeurs malvenues. Mon premier objectif en tant que Khagan sera d'unifier le Tsian entier derrière son chef, comme Tchingis Tchung a su le faire en son temps. Notre Empire se doit d'être uni. Pour cela, je vais partir en voyage, à travers les six khanats, afin de rendre une visite diplomatique à nos amis. Là-bas, j'aurais besoin de toi pour surveiller mes arrières, au cas où.
Ce sera avec plaisir que te suivrais dans ton voyage. Mais selon moi, une simple visite diplomatique ne sera pas suffisante...
Je sais, Lims. Mais elle peut aider à apaiser un peu plus les tensions. Père nous a montré le chemin à suivre pour atteindre l'unité. Mais oui, il en faudra plus pour définitivement rassembler le peuple.
Après une nouvelle étreinte fraternelle, Lims commença à se détourner, avant que Burkhan ne l'interpelle une dernière fois.
Quand nous serons dans les khanats Lims, regardent les femmes. Mes conseillers me harcèlent pour que je me constitue un harem, alors je compte profiter de nos visite diplomatique pour demander aux khans de me fournir une concubine.
Les visites diplomatiques du Khagan s'étalèrent sur deux mois, et furent couronnées de succès. Aucun problème ne fût à déplorer, les khans se montrèrent enclin à la discussion, et cerise sur le gâteau, la délégation impériale repartait avec six ravissantes concubines pour le harem du Khagan. Bien que Burkhan n'ai que faire de ses femmes, tant le poids des années ne parvenait pas à lui faire oublier Tuuya, il n'en demeurait pas moins soulagé que ce problème de tradition soit écarté. Son retour au Palais fût accueilli avec suffisamment d'enthousiasme pour combler le cœur de Burkhan. Quand à Lims, si ce dernier avait repéré quelques malfrats de seconde zone au cours de leurs pérégrinations, rien n'avait retenu son attention. Néanmoins, il avait entendu des choses qui pourrait s'avérer intéressantes. Dès lors qu'il se retrouva en privé avec son frère, il lui en fît part:
Burkhan, j'ai peut-être eu une idée pour unifier les peuples.
Cela me réjouis Lims. soupira Burkhan. Mes conseillers m'ont ennuyés pendant des heures. Ils sont satisfait du harem, mais maintenant ils veulent que je me trouve une Khagin.
Si ce que j'ai entendu dans les khanats est vrai, on pourrait même faire d'une pierre deux coups. Glissa Lims.
Et bien? s'étonna alors Burkhan, qui se languissait des ragots de son frère.
Et bien j'ai réfléchi, et j'en suis arrivé à la conclusion que si Tchingis Tchung avait uni le Tsian, c'est car il était arrivé à un moment où on ne l'attendait pas. Les khans se disputaient futilement pendant que nous étions envahi, et c'est Tchung qui a sauvé la mise.
C'est plausible, mais je ne vois pas où tu veux en venir.
Et si notre ticket pour obtenir la totale cohésion de l'Empire était un Tchung?
Burkhan fronça les sourcils. C'eut été une excellente idée si les Tchung étaient encore en vie...
C'est là que les rumeurs entrent en jeu. Ce ne sont que de minuscules bruits de couloirs, mais je les ai entendus partout où nous sommes allés. Il resterait un héritier de Tchingis. Ou plutôt une héritière. Elle aurait pris la fuite il y a des années, mais personne ne saurais dire ce qu'il est advenu d'elle.
Burkhan réfléchit à toute allure. S'il existait une survivante Tchung, cela était évidemment une aubaine. L'épouser et en faire sa Khagin lui permettrait d'être un peu plus apprécié par le peuple. Mais pour cela, il avait besoin d'elle vivante.
Lims. finit-il par dire. Je veux que tu te rendes au plus vite aux portes de l'empire. Là-bas, interroges toutes les caravanes marchandes étrangères, tous les gardes, tous les passants, qui tu voudras. Mais j'ai besoin de savoir qui est cette héritière, et si elle est encore en vie ou pas.
Sans un mot, Lims hocha la tête et quitta immédiatement le palais. De son côté, Burkhan retourna auprès de ses conseillers, et s'efforça de penser à autre chose qu'à la possible opportunité qui s'offrait à lui.
Trois mois plus tard, Lims était enfin de retour. Lorsqu'il appris cela, Burkhan le convoqua immédiatement en privé. Il venait de passer trois mois à assurer la prospérité économique de l'Empire pour les années à venir, et malgré l'importance de la tâche, il n'avait pas pu retirer de son esprit le nom de Tchung. Enfin, son frère paru devant lui, encore paré de ses habits de voyage. Après une étreinte, Burkhan lança un regard interrogateur à son frère. Un regard qui se passait de mots, et qui enclencha l'explication de Lims.
Tshona Tchung, la fille de l'ancien Khagan. Un diplomate de Soriyeo m'a donné son nom. Quelques marchands itinérants en avaient également entendus parler. De ce que je sais, elle a fui l'Empire il y a treize ans, et a refait sa vie, anonymement, au Royaume. Mais là encore, elle a finit par disparaître sans laisser de traces. J'ai cherché auprès des arrivants de Kyang et Miyong, et jamais personne n'a entendu ce nom. Tout porte à croire qu'elle est restée dans les contrées sauvages, entre Soriyeo et Kyang.
Mais on est pas sûr qu'elle soit toujours en vie... regretta Burkhan. Il faut vérifier, cette Tshona pourrait être la solution à nos problèmes.
Veux-tu que j'y aille moi-même?
Non, j'ai besoin de toi ici. Je vais trouver une solution.

Cette solution survint deux semaines plus tard. Deux prisonniers de longue date demandaient une audience pour obtenir leur libération. D'ordinaire, Burkhan ne portait guère attention à ces requêtes, souvent désespérées, et laissait aux responsables des prisons le soin de juger de la pertinence des demandes. Cette fois, ce fût différent. A la surprise de ses conseillers, le Khagan accepta de recevoir les deux criminels. Burkhan avait un plan, et il comptait bien le mettre en œuvre. Lorsque les deux hommes parurent, il suivit néanmoins le protocole et commença par demander:
Messieurs, pourquoi avez-vous été condamnés?
Nous avons été reconnus coupable de vol de Sigre, mon Khagan. répondit le premier. Nous avons purgés notre peine et demandons aujourd'hui à reprendre le cours normal de nos vies.
Burkhan considéra les deux hommes. C'est là un crime extrêmement grave que de voler un Sigre. Passible de mort, dans certain cas.
Mon Khagan, nous avons eu tout le loisir de prendre conscience de la gravité de nos actions, et devant vous, nous nous en excusons. Tout ce à quoi nous aspirons à présent, c'est de retourner chez nous, auprès de nos femmes et de nos fils...
Burkhan réfléchissait. Ses conseillers l'observaient, attentifs. Après une minute, le Khagan interpella un garde.
Allez donc me cherchez Lims... et un fantassin quelconque. Quand à vous tous, ajouta-il à l'attention de ses conseillers, laissez-moi seul avec nos deux amis. J'ai une petite idée quand à la suite des événements.
Certains voulurent protester, mais Burkhan leva la main pour signifier que s'était inopportun. Tout fût fait tel qu'il l'avait demandé, et lorsque Lims et le soldat arrivèrent, il put exposer son plan.
Que les choses soient bien claires, si les mots que je m'apprêtent à prononcer sorte de cette pièce, le responsable sera exécuté. Suis-je clair? Bien. Messieurs, je ne peux vous cacher que le vol de Sigre est un acte difficilement pardonnable, mais je serais prêt à vous donner votre liberté, si vous me donnez satisfaction. Qu'en dites-vous?
Qu'attendez-vous de nous, mon Khagan? répondit précipitamment celui qui avait déjà pris la parole.
Peut-être savez-vous que l'ancienne famille impériale a été assassinée. Cependant, il reste une dernière héritière des Tchung. Selon nos sources, elle se trouverait actuellement dans les contrées sauvages qui séparent l'Empire Kyang du Royaume de Soriyeo. Je veux que vous vous rendiez là-bas, avec un Sigre, de préférence un enfant. Si la Tchung est toujours vivante, il y a de grande chance qu'elle soit la seule à reconnaître l'animal. Si vous la trouvez, faites en sorte de lui donner le Sigre. Vous vous ferez passer pour des marchands, et lui direz que vous l'avez trouvé près de sa mère morte alors que vous quittiez l'Empire, et que vous souhaitiez le vendre pour vous assurer quelques pièces d'or. Ce brave soldat vous accompagnera pour s'assurer que vous remplissez la mission. Une fois le Sigre remis, en revanche, il vous laissera à votre sort, et rentrera ici me confirmer ou pas, la réussite de la mission. Dès que vous aurez remis le Sigre à la Tchung, vous serez libre. Maintenant allez vous préparer, je veux vous voir partir dans l'heure.
Les deux jugés et le soldat s'inclinèrent, et s'éclipsèrent. Seul Lims demeurait.
Et moi? Pourquoi m'as-tu mandé?
Pour que tu entendes le plan. Et aussi car s'ils réussissent, c'est toi qui te rendra dans les contrées sauvages pour convaincre notre Tchung de rentrer au pays. Avec un Sigre à ses côtés, tu auras moins de mal à l'identifier. Cela te va?
Lims acquiesça, et sortit à son tour. Burkhan se plongea alors dans ses pensées. Dès que ce soldat reviendrait, il serait fixé.
Deux mois plus tard, il fût annoncé le retour de soldat qui avait prît part à l'expédition de recherche de l'héritière Tshona Tchung. Immédiatement, Burkhan fît appeler Lims, et demanda au fantassin de lui fournir son rapport. Encore en armure, ce dernier apparu, s'inclina, et relata les faits:
Après une semaines de recherches sur les routes arides, notre convoi à été pris d'assaut par des bandits. C'est alors qu'un guerrier masqué est apparu et à mis en fuite nos assaillants. Alors que nous le remercions et qu'il s'apprêtait à repartir, il a décelé le feulement du Sigre, et a semblé très remonté de le voir en ces lieux. Au vu des circonstances, nous avons décidé de lui confier le Sigre, conformément à votre hypothèse stipulant que la Tchung était la seule personne présente dans les contrées sauvages à pouvoir connaître la valeur de l'animal.
Burkhan fronça les sourcils. Il restait un léger doute sur l'identité du désormais possesseur du Sigre. Il était très probable qu'il s'agisse de Tshona, mais il ne pouvait en être sûr. Et puis, une princesse impériale était-elle capable de mettre en déroute cinq bandits? Peut-être, après tout elle avait probablement reçue une éducation militaire, qu'elle avait eu tous le loisir de développer au cours de sa fuite. En treize ans, beaucoup de choses pouvaient arriver. Cela démultipliait les possibilités, et empêchait Burkhan de mettre au point un plan parfait en tout points. Finalement, au sortir de sa réflexion, il annonça d'un ton neutre:
Lims, à toi de jouer. Retrouve ce guerrier, et assure-toi que c'est bien celle qu'on cherche. Il ou elle à pu mettre cinq bandits à mal, alors équipe-toi en conséquence. Soldat, merci pour se rapport, vous pouvez disposer.
Assis sur son trône, Burkhan regarda son frère quitter la pièce. Si la mission qu'il lui confiait était risquée, il avait néanmoins une confiance aveugle en son frère. Lui n'allait pas le décevoir.


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MessageSujet: Re: Burkhan Xaï, Grand Khagan du Tsian [Terminé]   Mer 21 Jan - 19:30



Bonjour, en tant que deuxième compte, nul besoin de vous souhaiter la bienvenue, mais faisons le pour la forme. Re bienvenue parmi nous, j'espère que vous continuerez a vous plaire sur le forum et a prendre plaisir a RP parmi nous.

De coutume, je devrais commencée par vous dire: " C'est moi qui vais m'occuper de la correction de votre fiche. " Sauf que a dire vrai il y'a bien peu a corriger. Une fiche comme je les aime, de bonne taille et de qualité, dont j'ai beaucoup appréciée la lecture. Un BG visiblement travaillé, un contexte maîtrisé.

Trêve de compliments néanmoins et passons aux corrections, enfin a LA SEULE correction que je vous demanderais.  I love you

Like a Star @ heaven Au sujet du Tsagaan, j'ai beaucoup appréciée votre descriptif et que vous en ayez parlé comme d'un don héréditaire. Cela de ce fait rentre bien dans les BG du forum. Je voudrais néanmoins vous demander d'ajouter une petite ligne, (peut être dans l'explication du père de Burkhan) pour expliquer que leur premier ancêtre a avoir eu ce don avait été chamane ou était entré en contact avec un esprit ou une entité surnaturelle. En effet en dehors de sang surnaturel dans les veines, c'est la le seul moyen sur De Sang et De Soie de posséder un pouvoir.

Voila hormis ce petit détail a revoir, je ne vois rien d'autre a faire que vous valider en vous transmettant quelques liens et conseils.

Like a Star @ heaven Ayant choisi d'incarner un poste important, vous vous devrez d'avoir une présence régulière sur le forum.

Like a Star @ heaven En cas d'absences, toujours prévenir dans le forum approprié.

Like a Star @ heavenN'hésitez pas a développer vos BG selon vos envies. ( En les postant dans la partie Z.D.D, afin qu'ils soient valider puis poster par le staff ensuite dans la partie adéquate. )

Like a Star @ heavenA votre envie, vous pouvez ouvrir votre Journal de bord, et au besoin en cas de PNJ, Votre Registre.

Bon jeu et encore bravo pour cette fiche.

Cordialement.
Sian-Nyang
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Burkhan Xaï

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MessageSujet: Re: Burkhan Xaï, Grand Khagan du Tsian [Terminé]   Mer 21 Jan - 21:06

Bonsoir

J'ai rajouté une explication sur le Tsagaan, cela convient-il?

Merci pour tous ces compliments, ça me fait très plaisir Very Happy

Aucun soucis concernant ma présence sur le forum, j'ai pas mal de temps Wink

Cordialement
Shado / Burkhan
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MessageSujet: Re: Burkhan Xaï, Grand Khagan du Tsian [Terminé]   Mer 21 Jan - 21:10

Re Bonsoir,

C'est bon pour l'ajout. Merci a vous.

Bon jeu et a bientôt en rp. Wink

Cordialement.

Sian-Nyang
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MessageSujet: Re: Burkhan Xaï, Grand Khagan du Tsian [Terminé]   

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Burkhan Xaï, Grand Khagan du Tsian [Terminé]
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