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 L'exil ou le rameau de patience [solo pour l'instant]

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Chün Müdân

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MessageSujet: L'exil ou le rameau de patience [solo pour l'instant]   Jeu 23 Oct - 18:03

Chün prit son cheval et trois ânes chez son père que son frère ramènerait à Miyong. Il avait eu une permission spéciale de ses supérieurs pour accompagner sa sœur jusqu’au village impérial de la Province de Mongtür. Le frère et la sœur chevauchaient côte à côte le plus souvent en silence, Yù Liè montée en croupe alternativement derrière l’un ou l’autre pour ne pas épuiser les chevaux. Les ânes chargés des maigres possessions de Chün et de la nourriture pour le voyage, étaient encordés à la monture de Hui Kânhao et avançaient d’un pas courageux.

Il fallait compter plusieurs jours de voyage vers cette province à l’ouest de l’Empire, près de la frontière Kyang. A ce propos, Chün pensait à l’étranger, Tsubasa… elle ne savait même plus son nom complet… aperçu au marché de la Cité et qui n’avait jamais répondu à l’invitation de son père. Peut-être se rencontreraient-ils à nouveau lors de son retour au pays ? La jeune femme essayait de ne plus penser au passé, au prestige de sa profession au sein du Palais Impérial, à son enfance dans la maison des Tao, à ses espérances de mariage, à la vieille Hüxï qu’elle laissait derrière elle et qu’elle ne reverrait probablement pas. Quand elle sentait ses yeux se mouiller de larmes, elle se forçait à penser au Temple de Beomkang, à sa grande bibliothèque et aux trésors qu’elle recélait.

Hui Kânhao, son frère, avait le visage sévère et tendu. Il n’avait pas les mêmes pensées que sa sœur, ni les mêmes réflexions, bien au contraire. Il était furieux de la tournure des événements et gardaient yeux et oreilles attentives pour réagir avec promptitude à toute attaque de brigands sur leur maigre caravane. En même temps, il passait en revue toutes les connaissances qui pourraient convenir à sa sœur et, le cœur gros, n’en trouvait aucune de convenable, de suffisamment lettrée ou tout bêtement de prête à fonder une famille. Sa frustration augmentait au fur et à mesure de cette énumération, son désespoir de revoir sa sœur aussi et il se taisait.

Pour ne pas épuiser les chevaux et les ânes porteurs, ils faisaient halte toutes les quatorze heures de marche et bivouaquaient à la belle étoile. En cette saison automnale, le temps était doux, les moussons étaient terminées, ce qui permettait de ne pas avoir à demander l’hospitalité sur le chemin. Chün et se couchaient l’une contre l’autre pour se tenir chaud tandis que Hui montait la garde la moitié de la nuit. Ensuite, il réveillait les deux femmes pour prendre du repos à son tour. Il ne fallait pas que les montures et les paquetages soient volés.
Trois jours après leur départ de Miyong, les premières collines apparurent. Puis d’autres toujours plus hautes. Les cultures en terrasse étaient un enchantement pour les yeux. Les monts semblaient comme sculptés en escaliers pour géants, avec des murets retenant la terre éminemment productive. Si les yeux avaient leur content de spectaculaire et de beauté, les chevaux et les ânes commençaient à peiner, à trébucher sur les pierres roulantes des chemins plus pentus. Les voyageurs ralentirent le pas du convoi et firent halte plus souvent. Montées harassantes et descentes périlleuses se succédaient… jusqu’au village impérial de Mongtür.

A l’entrée du village, Chün, son frère et sa servante, firent halte pour un brin de toilette sommaire et un dépoussiérage de leurs tenues. Ils étaient harassés, mais avaient atteint leur but. Chün avait en effet une adresse  donnée par son père, celle d’un lettré de ses amis qui accepterait sûrement de la recevoir quelques jours, le temps qu’elle trouve sa propre habitation. C’est Hui Kânhao qui s’enquit de la route auprès des passants.

Maître Yoûyi, Mille bonheurs sur vous et sur votre famille ! Je suis Chün Müdân, fille de Tao Luânshi, et je vous demande l’hospitalité quelques jours pour moi et ma servante. Je souhaite m’établir dans ce village pour travailler aux archives du Temple de Boemkang.

Le lettré avait le même regard doux que son père et il lui fit bon accueil, lui posant mille questions sur la santé de son vieil ami Tao
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Chün Müdân

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MessageSujet: Re: L'exil ou le rameau de patience [solo pour l'instant]   Mar 28 Oct - 12:08



La première visite au Temple, Chün la fit naturellement à cheval car il était loin de du village et dans les hauteurs. On pouvait en admirer son architecture de loin, mais la route était longue et sinueuse pour l’atteindre. De plus, aux petites heures du matin, le chemin était peu fréquenté. Sa jument grise, qu’elle avait appelée , donnait de grands coups d’encolure pour gravir la côte, mais Chün était légère et savait se faire aussi douce qu’une plume sur les mords de l’animal. Elle lui murmurait aussi des encouragements ou fredonnait, et toutes deux avançaient gaillardement.

La première porte du Temple était imposante et Chün s’en trouva un peu intimidée. Mais il fallait qu’elle aille au bout de sa quête. Elle descendit de sa monture dans la première cour du Temple, confiant à un petit moine vêtu de jaune. Puis elle continua à pied, ses trois livres sous le bras.

Elle n’eut pas à demander à s’entretenir avec le Dà Jisï : le Grand Prêtre était à l’entrée, debout, une canne le soutenant, comme s’il l’attendait. Chün le salua, reconnaissant sa robe et sa prestance, en se courbant et en lui embrassant le main.

Je suis Chün Müdân de la famille Tao, je suis l’ancienne Tutrice Impériale et je voudrais profiter de vos enseignements et des ouvrages de vos illustres archives. Pour ce faire, je voudrais faire don à ce Temple et à sa bibliothèque de trois ouvrages que mon grand-père détenait et dont il disait qu’ils étaient uniques…

Le vieillard eut un sourire et ses paupières se relevèrent sur des yeux laiteux et aveugles. Il frappa le sol de sa canne par trois fois, signe qu’il acceptait cette disciple.

Les archives de ce Temple sont infinies et les mieux conservées de l’Empire. Vous perdriez votre vie entière à les parcourir, ma chère enfant ! Je doute que votre vie ne soit faite que de cette essence… Il est très rare que nous recevions des jeunes femmes en ce lieu… Etes-vous veuve ou laide ? Avez-vous commis un crime ?

Chün était secouée par une telle clairvoyance chez cet être qu’elle rencontrait pour la première fois et auquel elle n’avait dit que quelques mots. Mais il était le Dà Jisï, donc proche des gens et aussi des divinités. Il était privée de la vue externe et donc plus sensible que quiconque à entendre les mots qui n’étaient pas prononcés et qui volaient pourtant dans l’air comme des parfums…

Je ne suis pas veuve mais mon cœur est en souffrance comme si je l’étais. L’homme auquel je me destinais de toute mon âme sera bientôt marié à une autre, mieux nantie que moi. Je n’ai commis aucun crime. Quant à être laide ou belle, que m’importe ? J’entre dans la vieillesse et personne de voudra plus de moi pour femme, je n’aurai jamais d’enfant… Mon érudition fait peur. Alors, je ne peux que persévérer dans ce sens : apprendre encore !

Chün éclata en sanglots qu’elle aurait voulu plus discrets, toujours agenouillée devant le Grand Prêtre. Celui-ci lui tendit la main pour la relever et ne la lâcha plus. Il serrait sa main froide dans la sienne étonnamment chaude et c’était un réconfort pour l’ex-Tutrice.

Mon enfant, votre histoire est à la fois magnifique de générosité et triste d’égoïsme. Si votre érudition ne sert pas à partager, alors elle ne sert à rien. Je vous le dirais aussi bien si vous étiez un homme ou un caillou ! Mais j’ai une idée… que je vous dévoilerai quand j’y aurai pensé davantage et quand vous serez reposée.

Le vieux prêtre souriait avec bienveillance, ce qui atténua ses propos un peu durs. Il avait pressenti que la jeune femme n’était pas faite pour rester toute sa vie un « rat de bibliothèque » mais plutôt une exploratrice curieuse et de grand talent, probablement.

Les jours qui suivirent et pendant tout le mois de Okang, Chün fut assidue au Temple et n’y croisa plus que des moines ou des étudiants de tous âges. Le silence y était de règle et les saluts très peu expansifs.
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Chün Müdân

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MessageSujet: Re: L'exil ou le rameau de patience [solo pour l'instant]   Mer 29 Oct - 22:49

Un après-midi, alors qu’elle feuilletait un recueil de poèmes anciens, un moine vint la trouver pour lui dire que le Dà Jisï  souhaitait la voir dans son bureau. Elle remit précautionneusement  l’ouvrage dans les rayons de la bibliothèque et suivit l’intermédiaire en se demandant bien ce qu’il lui voulait… En entrant dans le bureau du Grand Prêtre, elle fut étonnée de la splendeur du lieu : bien qu’il fut aveugle, ce prélat était entouré d’objets précieux et d’un faste dont il ne pouvait pas jouir… Mais quelle richesse pour les yeux de ses visiteurs !

Ma chère enfant, avez-vous trouvé ce que vous cherchiez dans notre Bibliothèque ?

Certes, mon Maître, mais vous aviez raison sur le fait qu’il me faudrait plusieurs vies pour en venir à tout lire, même si j’ai déjà beaucoup lu. C’est tellement… gigantesque !


Le prêtre souriait et Chün lui caressa la main pour lui signifier qu’elle était dans sa mouvance d’esprit. Il hocha la tête en retour, acceptant ce geste presque incongru.

J’ai pensé, jeune fille, que vous seriez plus utile à l’extérieur de ce Temple… Plus utile et aussi plus heureuse… Attendez, ne parlez pas avant que j’en aie fini avec vous. Retenez votre langue trop prompte à se délier !
Notre Bibliothèque, nos archives, sont exemplaires, mais il y manque beaucoup de choses et notamment dans les rubriques étrangères. Or, vous le comprendrez facilement,  notre suprématie repose aussi sur nos connaissances des autres… *soupir*… Notre département « étranger » manque cruellement de références littéraires, historiques et autres. Voudriez-vous vous charger de cela ? Je veux dire, voulez-vous nous aider à glaner les ouvrages qui nous manquent pour la connaissance des autres Empires? Des autres hommes ? Des autres cultures ? Seriez-vous prête à aller glaner pour nous ces écrits ?


Chün était bouleversée par cette requête. Non seulement, elle vivait mal cet exil, la laissant sur sa faim, mais elle louait la clairvoyance de ce prêtre qui avait su lire dans son cœur. Elle respira longuement avant de répondre :

Cette mission, si vous me la confiez, est une nouvelle chance pour moi de vivre… Vous l’avez compris et je me demande comment, mais ici je ne fais que survivre. Je serais très fière d’aller chercher dans les contrées lointaines les écrits qui vous permettraient de comprendre le Monde. Merci, Maître !

Chère enfant, vous ne partirez pas seule, évidemment. Votre servante vous accompagnera mais aussi deux moines guerriers de notre Temple. Bien que je connaisse vos talents et vos faits d’armes, je veux pour vous une protection absolue sur les chemins que vous emprunterez.

Puis-je les choisir moi-même ?

Ha ha ha… Je vous reconnais bien là, Chün Müdân… Oui, choisissez-les, mais nous en parlerons avant votre départ, si cela ne vous ennuie pas.


* * *

Chün organisa des combats au tanto contre des moines expérimentés dans ce maniement d’arme et elle désigna celui qui l’avait vaincue comme postulant à sa garde. Puis elle organisa un concours de tir à l’arc mais nul ne put faire mieux qu’elle. Elle en fut déçue mais ne se démotiva pas. De nouveaux combats au bâton furent organisés : ce n’était pas l’arme favorite de Chün, mais elle en connaissait les prémisses. Elle fut battue trois fois sur six combats et dû choisir le moine qui l’accompagnerait parmi les trois gagnants. Elle dévolut son choix sur un homme qui pouvait passer inaperçu, ni beau, ni laid, ni fort, ni faible à première vue.

Son choix fut validé par le Dà Jisï qui la félicita de sa perspicacité. Elle avait choisi de meilleurs guerriers qu’elle, ce qui confirmait son humilité, mais aussi des moines intègres et dépourvus de tentations. Ils prirent le thé en discutant du prochain voyage et surtout de la fréquence des retours au Temple. Le Grand Prêtre était vieux et il ne voulait pas mourir sans avoir revu cette étonnante jeune femme. Ils convinrent ensemble d’une visite tous les deux ou trois mois.
Elle reçut une carte des mondes et une bourse pour acheter les ouvrages convoités. Chün signa une reconnaissance de dette au Temple et s’en alla vers le village avec ses compagnons.

* * *

Au village, dans la demeure de l’ami de son père, les moines Liangkëjing et Jiàankè, ainsi que Yù Liè, se concertèrent avec elle sur le voyage à venir : Par quoi fallait-il commencer ? Vers où aller ?
La carte étalée entre eux, ils constatèrent que l’Empire Kyang était le plus proche d’eux, mais ils avaient deux mois avant de revenir dans cette Province et ils choisirent plutôt d’aller vers le nord vers l’Empire Tsian pour redescendre ensuite, avec la possibilité de rejoindre le Temple plus facilement. L’automne était bien installé et ils allaient vers des conditions rigoureuses de voyage. Alors autant sillonner le nord avant l’hiver !
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Chün Müdân

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MessageSujet: Re: L'exil ou le rameau de patience [solo pour l'instant]   Mar 18 Nov - 18:09

Plusieurs jours plus tard, les quatre voyageurs essuyèrent une tempête appelée « Yú de wěibā » (traduisez « la queue du poisson »), très fréquente à la fin des moussons et à l’entrée de l’automne dans la région qu’ils traversaient. Ils durent s’arrêter dans une sombre taverne, sombre certes, mais aux propriétaires accueillants. Chün leur demanda de quoi écrire une lettre et ils lui cédèrent un feuillet de papier de riz d’assez bonne qualité. Elle entreprit d’écrire à son frère, tandis que les moines guerriers et sa servante supervisaient les installations pour la nuit et leur restauration.

Attablée sous une lumière blafarde propice à la mélancolie, elle essaya d’être positive et d’utiliser des mots qui n’inquièteraient pas Hui Kânhao.


« Cher frère,

Le Dà Jisï m’a confié une mission et j’ai quitté le Temple près duquel tu m’as amenée il y a quelques semaines. Il m’a demandé de collecter des écrits épiques, historiques et poétiques chez nos voisins de civilisations différentes. N’aies crainte (je vois déjà une moue tordre ta bouche), je suis accompagnée de ma fidèle servante et de deux moines guerriers que j’ai eu le privilège de choisir moi-même. Nous allons donc sillonner les routes sur nos montures – Wu est heureuse d’avoir de l’exercice - vers des mystères, des beautés et des curiosités qui m’exaltent déjà.
Nous allions vers l’Empire de Tsian, ce qui était le plus logique avant la saison froide, mais le ciel était probablement contre puisque nous avons essuyé une tempête qui nous a cloué dans la petite ville frontière de Qiáng. Je ne vais pas risquer la santé de mes compagnons ni la mienne et nous allons changer d’itinéraire. Nous allons finalement nous diriger vers l’Empire Kyang et ses splendeurs.

Je t’enverrai une lettre à chaque étape importante de mon périple : ainsi, tu sauras toujours où je suis et où je me rendrai ensuite. Tu pourras ainsi m’écrire également au bon soin des prêtres du lieu. Tu en informeras nos parents pour qu’ils ne s’inquiètent pas pour moi. Dis-leur que je suis heureuse de cette mission, qu’elle m’honore et que je fais enfin ce que j’aime dans un but transcendant…

Mon frère, je t’embrasse affectueusement.
Donne-moi aussi des nouvelles de ma vielle Hüxï…

Ta sœur qui t’aime,

Chün Müdân »

Elle relut sa lettre trois fois pour être sûre qu’elle avait dit l’essentiel mais n’était pas entrée dans les détails angoissants du voyage. Pourtant, elle était inquiète. Elle se hâta de confier sa lettre aux tenanciers de la taverne en leur payant le coût du message et alla se coucher contre qui la réconfortait chaque soir de sa chaleur et de ses ronflements.
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