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 Hebi On'na - Chamane

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Hebi On'na

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Messages : 27
Date d'inscription : 26/09/2014

Feuille de personnage
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Age:: 26

MessageSujet: Hebi On'na - Chamane   Ven 26 Sep - 5:38

TAZER.
Le Serpent Rouge
Pour ma survie, j'ai ramper sous les pieds des plus forts, mais il faut toujours craindre le serpent qui dort dans le buisson, car il est toujours prêt à vous surprendre et vous mordre. Que son venin parcourt vos veines sacrées.




Nom/Prénom : Personne ne connaît son véritable nom, on la surnomme donc Hebi On'na, autrement dit, la femme serpent.
Âge : 26 ans
Sexe : Féminin.
Localisation : Empire Kyang
Particularité(s) : D'étranges marques sur le corps.
Métier : Chamane.
Classe d'arme : Corps-à-corps, une petite dague pour faire saigner. Sorcellerie (voir capacités magiques).

Possession/Équipement :

Étranges cicatrices. Un jour, elle s'est réveillée d'étranges marques sur sa peau laiteuse, celles-ci ressemblent à des écailles, comme si un serpent l'aurait enlacé fermement.

Collier magatama. Il s'agit de son trait distinctif. Un collier constitué de quelques magatama taillés dans du jade rouge. En plus d'être l'unique bijou qu'elle porte en tout temps, il s'agit aussi d'une protection contre les esprits malveillants venant de chamanes rivaux ou qui la protège des malédictions en général.

Aka. Aka est l'animal de compagnie de Hebi. Il s'agit en fait d'un esprit s'étant matérialisé sous l'aspect d'un serpent terrestre. Il est rouge et peut communiquer avec sa maîtresse. Des rumeurs circulent disant que le pouvoir de la chamane repose sur ce reptile rouge.

Capacités magiques: Hebi est une chamane et possède donc des habilités que ne possèdent pas le commun des mortels. Cette condition lui offre quelques dons et d'autre proviennent de son gardien, l'esprit serpent, Aka. Son animal totem est en effet le serpent et son élément est le feu.

Double vue. Le don de voir les esprits, les démons et la véritable nature des êtres parcourant la terre.

Vision. Le don d'avoir des visions pouvant révéler le passé, le présent et le futur. Les images sont cependant généralement fortement nébuleuses et emplit de métaphores que le chamanes doivent décortiquer afin d'en sortir la signification.

Malédictions. Le don de lancer et briser des malédictions. Les malédictions dépendent beaucoup des talents et de l'expérience du chamane ainsi que ses rituels et son envie de lancer le sort.

Le pouvoir des esprits. Le don de faire appel aux esprits, des les contrôler ou les exorciser. Un esprit consentant peut offrir de grands pouvoirs hors du commun à une chamane.

Talismans et objets protecteurs. Les chamanes peuvent fabriquer des talismans et autre accessoires servant à protéger contre les mauvais esprits et les malédictions. Évidemment, la puissance de l'objet dépendant de la puissance du chamane et de son rituel.


Description physique : Si autrefois, Hebi était d'une apparence magnifique, digne des plus célèbres geisha de l'empire de Kyang, celle-ci dévoile désormais une apparence plus négligée, presque sordide. Ses cheveux sont longs et tombent sur ses épaules et jusqu'au bas de son dos. Malgré la vie qu'elle mène, il s'agit d'une partie de sa personne à laquelle elle prend très soin. Ses cheveux, malgré leur apparence négligée et sans artifice sont lavés et peignés soigneusement. Elle mesure un 1m69, mais cette taille est généralement augmentée de quelques centimètres par le port de geta. Sa tenue n'est pas très soignée et on l'associe le plus souvent à un vieux yukata rouge possédant que très peu de motifs décoratifs et un obi de la même couleur attaché négligemment sur le devant. Elle ne porte pas convenablement ses vêtements et il n'est pas rare de voir ses épaules partiellement dénudées ou une jambe coquine apparaître. Son teint est pâle, elle évite de trop sortir au soleil et ses yeux sont foncés.

Description mentale : D'une nature chaotique neutre, frôlant parfois le mauvais, il est difficile de savoir à quoi pense la femme serpent la plupart du temps. Ses idées vont et viennent à une formidable vitesse et elle peut être aussi généreuse qu'elle en est cruelle. Elle aura tendance à aider simplement si elle peut avoir quelque chose en échange et cette chose doit entièrement la bénificier. Sensiblement impulsive, ses humeurs sont changeantes et il vaut mieux éviter de la mettre en colère, car son côté rancunier peut faire de terribles dégâts. Il lui arrive parfois d'agir avec une certaine sauvagerie, digne d'un animal et ses paroles peuvent parfois frôler la démence, mais elle n'en est pas une mauvaise personne pour autant. À vrai dire, elle est honnête et peut se montrer très loyale, ce qui fait d'elle une très bonne alliée. Hebi prise sa liberté et ne permettra jamais à personne de nuire à celle-ci. Elle peut facilement tuer, sans sourciller, si cela est nécessaire.

Histoire :

Ce n'était qu'une petite fille, mais il l'a vendu pour être en mesure de boire son vice, l'argent se faisant rare pour un paysan tel que lui. -Aka

Il était une fois, une jeune fille de quatre ans, née dans les taudis près de la mer de la province de Sanesawa, trois mois après la mort abrupte de sa mère. Son père était un pêcheur pauvre et au tempérament difficile et possédant un vice évident pour la boisson. Il était mécontent de toujours avoir une bouche à nourrir, une fille qui plus est, mais il trouvait aussi son enfant étrange. Il avait surpris celle-ci, quelques jours plus tôt, dans les buissons et les algues longeant la mer, s'amusant à caresser un serpent des eaux salées, une créature rampante porteuses de mauvaises intentions. Non seulement le caressait-elle comme un homme caressait son chien, mais elle lui adressait ses babillages d'enfants. Choqué, l'homme au visage buriné trancha la tête du reptile sous les yeux de la petite et la ramena chez lui où il avait déjà tout préparé pour son départ. Oui, aujourd'hui, il vendait son unique enfant. Ses plans étaient de la vendre à une Okiya.

Le prix ne fut pas très élevé, mais il aurait accepté le minimum si cela lui permettait de mettre à nouveau les pieds à une taverne de la province impériale et se remplir la panse de vin, même si celui-ci était de mauvaise qualité. Tant qu'il pouvait combler son vice, cela n'avait pas d'importance. Une nouvelle vie débuta pour la jeune fille d'à peine cinq années. Aika était son nom, mais cela n'avait pas d'importance pour une personne ayant longuement reçu le surnom de «petite sotte» de la part de son père.

Toutefois, la vie est dotée d'un don pour la vengeance envers les êtres cruels, surtout ceux apportant le malheur à des élus du deuxième monde, l'au-delà, l'univers des invisibles. Ce pourquoi, quelques jours après la vente, ivre et confus, le vilain personnage qui avait vendu aussi cruellement sa propre fille pour une raison aussi impropre qu'un vice, se retrouva mort au bas d'une montagne, devenant pitance pour les bestioles qui y résidait.

L'okāsan de l'Okiya était une femme d'âge mûr qui ne pratiquait plus la profession depuis quelques années déjà, elle était satisfaite de son achat, car l'enfant était en parfaite santé et possédait toute ses dents et semblait être en mesure de pouvoir grandir et devenir une jolie jeune femme. Elle avait reçu celle-ci à un faible prix, car il n'était pas difficile de manipuler un être aussi idiot que son ancien paternel... -Aka.

La petite fille devint avant tout une servante au service des deux jeunes geisha habitant déjà l'établissement dans lequel elle vivrait désormais.  Il y avait deux autres jeunes filles un peu plus âgées qu'elle dans la maison. Elles étaient servantes aussi, mais recevaient une éducation afin de devenir de futures geisha. La petite Aika les traitait comme les grandes sœurs qu'elle n'avait jamais eu jusqu'à maintenant, mais le travail allait être difficile. Elles étaient plusieurs femmes dans l'Okiya gérée par Okāsan. Trois jeunes filles, y compris la fille de paysans, deux geisha dont une qui avait été officiellement interpellé comme telle que depuis un an et une vielle dame au teint maladif que l'on déclarait être l'ancienne Okāsan de l'Okiya. Il s'agissait d'un monde constitué entièrement de femmes et d'artifices. Deux ans plus tard, on débuta Aika commença son éducation en temps que future geisha. Avant cela, on lui avait appris les bases de l'écriture et des mathématiques, cela était plutôt facile comparé à ce qui devait arriver..

Aika était une jeune fille plutôt curieuse, mais elle accomplissait ses tâches en silence, la tête un peu en l'air, confuse. Parfois, elle croyait entendre des murmures incertains dans le creux de ses oreilles et elle faisait des rêves étranges. Parfois elle voyait des choses qui arrivaient le lendemain ou quelques mois plus tard... mais elle était assez futée pour ne pas en parler à voix haute, car dans le monde dans lequel elle vivait, elle avait compris assez tôt que tout pouvait se tourner contre elle et la réputation de son Okiya. -Aka

Les années ont passées pour le mieux et Aika s'adonnait à son éducation d'apprentie geisha.  Elle appris l'art de la musique et pratiqua le shamisen comme sa maîtresse geisha le lui avait appris, une geisha d'âge mûr du nom de Sayako. Elle n'était pas spécialement jolie, mais son maquillage arrivait à masquer les pires défauts de son faciès. Il s'agissait d'une femme relativement exigeante, mais cela ne faisait pas d'elle une femme cruelle, elle voulait simplement que son apprentie soit à la hauteur de sa célébrité. Plus elle vieillissait, plus Sayaka, anciennement Aika, devint la proie aux méchancetés de l'une de ses sœurs maiko. Sayaka n'était pas sotte, elle ressentait l'alourdissement de l'ambiance chaque fois que Yoriko se trouvait dans la même pièce qu'elle. Évidemment, elle ne purent que devenir rivales, au final.

Même si Sayaka adorait la musique et entendre le son de son shamisen, Sayako devint plus sévères et souhaita qu'elle perfectionne aussi sa danse, une tâche qui l'embêta, car elle ne possédait nullement l'agilité de Yoriko, mais la grande Sayako ne voulait rien entendre, son apprentie devait être habile sur tout les arts. Les années passaient et Sayaka devint plus belle, plus désirable, mais les voix ne se taisaient pas malgré toute ses tentatives pour les faire taire. Ses rêves étaient plus fréquents et l'ami imaginaire qu'elle s'était inventée lorsqu'elle était plus jeune revenait souvent, sous la forme d'un reptile détesté par la majorité des gens.

Une nuit, à la suite d'un terrible rêve, elle le vit. Cette créature qui l'accompagnait partout où elle allait et même dans son sommeil. Sa silhouette était nébuleuse, sa forme mystérieuse, un être invisible et pourtant, elle le voyait fort bien, elle avait toujours vu des choses que personne d'autre ne voyait.

-Ne t'en fais pas, je veille sur toi, écoute moi, j'ai des secrets à te révéler...

Les esprits savent tout, dit-on, ils voient et entends tout autour d'eux, parfois, une personne extraordinaire naît, celle-ci possédant le don de voir le monde invisible et l'énergie qui s'en dégage, Sayaka est une élue. Cette nuit-là, je lui fis voir mille et un secret et l'avertit qu'elle serait la source d'une malédiction de la part de Yoriko. Celle-ci ne m'a pas cru... -Aka

Le lendemain matin, Sayaka fut assaillit par une terrible quinte de toux et une fièvre horrible. La migraine lui martelait les tempes et des sueurs froides rendait son corps détrempé. La malédiction avait été lancé. Yoriko ne possédait pas un tel pouvoir, elle ne pouvait faire appel au monde invisible elle-même, mais elle pouvait le faire par l'intermédiaire d'un autre élu, un chamane, les appelaient-on. La maladie aurait pu emporter la jeune femme, mais son gardien resta de son côté, la protégeant de sa puissance peu commune. Après un combat contre la maladie, le serpent de ses rêves s'approcha de la jeune femme et lui murmura des mots à l'oreille de sa voix sifflante. «Dans quelques jours, tu recevras un présent, ne parle et ne le montre à personne, car cela sera ta protection». En effet, trois jours plus tôt, la maiko recevait une paquet et l'ouvrit dans la discrétion. Dans la boîte de paille tressées se trouvait des morceaux de jade rouge, des pierres de bonne qualité et dont le prix devait être loin d'être modeste.

La nuit d'après, le serpent lui murmura des instructions. Machinalement, la jeune femme taillée dans les précieux pierres, des magatamas rougeoyant, une couleur qui deviendrait la sienne et le symbole de son élément, le feu. Une fois le jade taillé à la manière dont le désirait son ami reptilien, Sayaka joignit les morceaux avec une ficelle noire et en fit un collier. La suite de cette nuit restera immanquablement imprégné dans son esprit, car à peine eut-elle terminée son étrange besogne que le bijou nouvellement créé se mit à flotter et un serpent évanescent vint s'enrouler autour de celui-ci. Au même moment, Sayaka se sentit étouffer, comme si de larges cordes serrait contre corps en entier. Son corps se réchauffa, elle chercha son air. Sa peau devint ensuite terriblement brûlante, quelque chose semblait ramper sur sa chair. Elle perdit conscience, cette étreinte invisible lui retirait tout énergie qu'il lui restait.

Le lendemain, Sayaka se réveilla, totalement confuse, un collier de magatamas de jade rouge autour de son cou et un serpent enroulé sur sa poitrine. Son esprit était agité par une seule pensée, la vengeance envers ceux qui lui avaient souhaité du mal. Sa maladie s'était dissipée, à sa plus grande joie, mais Yoriko ne partagea pas sa bonne humeur lorsqu'elle la vit sortir de sa chambre, bien portante et souriante, son talisman de protection nouvellement créé dans les manches de son kimono.

La rivalité entre Yoriko et Sayaka devint plus violente, au final, les apprenties geisha se jetèrent des regards menaçants, mais Yoriko était la plus immature et la plus impatiente, il fit de nombreux coups bas, cherchant à gâcher la réputation de sa sœur maiko. Sayaka, quant à elle, attendait le moment opportun pour la faire descendre avec force et ce moment arriva... -Aka.

Ceux s'attaquant à la maiko Sayaka s'attaquaient aussi à sa maîtresse geisha, Sayako qui ne supportait pas les rumeurs qui circulaient sur sa virtueuse maiko. Pourtant, le jour vint où Sayaka se vit mettre aux enchères. Que vendait-on? Sa virginité, bien sûr, un bien très apprécié par les hommes de pouvoir. Yoriko ne supporta pas de voir sa rivale avoir de l'avance sur elle et décida de mettre un terme à ses chances d'avoir un succès mérité. Toutefois, son plan ne se déroula pas comme prévu...

-Petite sotte, que pensais-tu accomplir? Tu es un véritable gâchi.

L'okāsan de l'Okiya, plus vieille, pointa un doigt osseux vers Yoriki qui était agenouillé pitoyalement, une main sur son visage meurtri. Une partie de son visage brûlé à vif, plus jamais elle ne serait jolie aux yeux des hommes, plus jamais elle ne verrait de son œil gauche. Un prix justement mérité pour s'être attaqué aussi impulsivement à la gentille maiko, Sayaka avec de l'huile bouillante. Ses pleurs étaient une douce chanson triste résonnant dans l'Okiya.

L'imbécile avait visé le visage de Sayaka avec son huile, mais quelque chose d'étrange s'était produit au moment de l'attaque, et le tout s'était retourné contre la vilaine. Sayaka, encore maiko à ce moment-là, avait tout prévu et s'était arrangé pour que l'okāsan assiste à la destruction de Yoriko afin que celle-ci en paie les conséquences.

-Quel manque de grâce et de fraternité, regarde comme tu es laide, tu ne me sers plus à rien, je ne pourrais tolérer de conserver une telle difformité même comme servante!

Ainsi, la maiko Yoriko fut déshonorer, à sa plus grande horreur et renvoyée de l'Okiya dans laquelle elle avait habité toute sa vie. Peu de temps après les enchères, la maîtresse de l'Okiya fut tristement emporté par une forte fièvre apportée avec l'âge et c'est sa fille adoptive, Sayako qui devint maître des lieux.

Au final, Sayaka devint une geisha accomplit, sa virginité fut vendue avec un certain succès à un riche commerçant de la cité impériale de Kyang, dont la qualité des produits était prisées de tout les nobles. Sayaka en fit son maître. Une année plus tard, la célèbre geisha Sayako fut emporté par la fièvre, étrangement semblable à la précédente okāsan... -Aka.

Monsieur Tamotsu était un commerçant célèbre dans la capitale et très riche. Il aimait s'entourer de belles femmes pour attiser la jalousie et le respect de ses pairs et ne se gênait pas de se vanter des nombreuses enchères qu'il avait gagné contre d'autre pour s'attribuer la virginité d'une geisha. Pourtant, Sayaka était plus qu'un prix, car il s'était en effet entiché de la jeune femme nouvellement geisha. Elle était magnifique, entouré d'un mystère qui l'enivrait et possédant de multiples talents pour le distraire. Il désira en faire sa maîtresse et au bout de nombreuses tentatives pour la séduire, Sayaka, encore naïve face au monde des hommes, se laissa emporter par l'euphorie d'une relation intime avec cet homme.

Sayaka découvrit la débauche que l'on pouvait partager avec un homme et l'excitation de recevoir de multiples présents dont la valeur surpassait toute ses attentes. Cependant, à mesure que son succès en tant que geisha grandissait, monsieur Tamotsu devint de plus en plus jaloux et possessif. Il avait du mal à accepter que la grande Sayaka avait d'autre clients et qu'elle n'avait pas nécessairement besoin de lui pour survivre et entretenir son succès. Ses gestes et ses mots devinrent plus agressifs avec le temps , un jour, il l'accusa de coucher avec d'autre clients et se comporter en prostituée. Elle le gifla, il la frappa pour immédiatement s'excuser ensuite. Le lendemain, elle recevait le kimono le plus exquis n'ayant jamais existé.

Malgré les regrets de monsieur Tamotsu, le comportement de celui-ci ne fit qu'empirer au cours de l'année, mais Sayaka ne pouvait accepter de le repousser, car il revenait toujours, piteux et s'excusant et il s'arrangeait toujours pour que son succès atteigne le sommet. Cependant, elle ignorait qu'une voix malicieuse entretenait les rumeurs à son sujet auprès de monsieur Tamotsu, une voix ne cherchant qu'à assouvir sa terrible vengeance.

Cette nuit-là, je compris que personne autre que moi pouvait être l'allié de la geisha Sayaka. Le monde des mortels est un univers cruel et sanglant et les ennemis sont à toute les portes. -Aka

Au cours d'une nuit de pleine lune, Sayaka s'était rendue à la demeure de monsieur Tamotsu. Un ravissant établissement entouré de magnifiques jardins. Elle entra dans une pièce discrète, généralement réservée pour leurs ébats... ou leurs disputes. Comme à chaque fois, monsieur Tamotsu était là, il l'attendait, mais il ne souriait pas. Il se contenta de s'approcher et la prendre agressivement dans ses bras, tentant déjà de lui défaire de force son joli obi. L'homme la gifla lorsqu'elle tenta de fuir son emprise et recommença machinalement à la déshabiller, ignorant ses protestations violentes. Ce n'était que le début de l'horreur.

-J'ai invité quelques uns de mes amis, cela ne devrait pas te déranger puisque tu es une prostituée, quelques hommes de plus devraient te satisfaire tant qu'ils ont de l'argent!

En effet, trois hommes apparurent soudainement dans la pièce, empestant l'alcool, des sourires pervers déformant leurs lèvres affreuses. Une ombre se découpait derrière eux, mais elle ne pouvait pas clairement voir s'il s'agissait d'un quatrième homme ou autre chose. Les trois hommes la maintenaient par terre et monsieur Tamotsu se dépêcha d'écarter les pans de son kimono pour prendre possession de l'attribut désiré. Un cri inhumain s'échappa de la bouche de la geisha, ce qui fit arrêter, l'espace d'un instant, la violence des hommes. Ils se regardèrent, éberlués.

-Ah, mais qu'est-ce que c'est que ces cicatrices! s'écria l'un d'eux en observant les jambes blanches de Sayaka. C'est dégoûtant!

D'étranges marques apparurent sur son corps, réchauffant ses membres terrifiés. Les cicatrices donnaient l'impression qu'un serpent lui passait sur le corps, des imitations d'écailles se matérialisèrent sur sa peau blanchâtre. Monsieur Tamotsu rit, affirmant que cela était sans importance tant qu'ils pouvaient la posséder, mais il ne la posséda jamais.

Au moment où il s'apprêtait à la détruire à la vue de tous, une chose incroyable se produit, une silhouette sombre et assoiffée de sang sorti de sa poitrine et s'enroula autour du cou de monsieur Tamotsu et serra avec force. Effrayé, les trois autres hommes observèrent la scène avec horreur et reculèrent près des murs. Étrangement, Sayaka n'avait pas peur, elle se sentait, en fait, en parfaite sécurité et fixa son regard vide sur le spectacle se déroulant sous ses yeux. La silhouette se matérialisa davantage et prit la forme d'un magnifique serpent aux écailles rouges, brillant merveilleusement bien sous le faible éclairage offert par les chandelles environnantes. La bouche du reptile s'ouvrit, un liquide jaunâtre s'échappa de sa gueule et il mordit le visage de monsieur Tamotsu lui arrachant des cris de douleur. Le serpent laissa le corps tomber sur le sol, ne lui donnant pas le soulagement de lui briser la colonne. Monsieur Tamotsu se tortilla longuement sur le sol, les mains sur son visage ensanglanté et commença à gonfler sous l'effet du venin qui le détruisait de l'intérieur.

Comme une marionnette sans vie, Sayaka se tourna machinalement vers le trois autre individus et les fixa longuement. L'un d'eux hurla et tenta de s'échapper, mais le serpent rouge le rattrapa aisément et le jeta à terre, prêt à assouvir les besoins de vengeance de sa maîtresse.

Le sang des mortels me rend plus fort, ma force devient cella de ma maîtresse, sa vengeance est ma vengeance. Plus jamais on ne lui fera du mal. -Aka.

Sayaka admira les corps sans vie sous ses yeux, un sourire malsain aux lèvres. Plus jamais un homme ne mettrait ses mains dégoûtantes sur son précieux corps. La taille du serpent diminua considérablement puis rampa le long du corps de sa maîtresse avant de s'enrouler autour de son cou, telle une écharpe, sifflant agréablement dans le creux de son oreille. Un bruit attira l'attention des deux complices et la geisha, décoiffée et partiellement habillée s'approcha d'un mur qu'elle arracha avec force. Ce qu'elle découvrit derrière celui-ci fut une jeune femme habillée telle une paysanne, le visage à moitié déformé par des brûlures. Yoriko...

La vilaine tenta de fuir, mais le serpent la rattrapa bien assez tôt et la maintint au sol. Il ne l'acheva pas, cependant, sans la permission de sa maîtresse. L'envie de tuer était pourtant très forte et sa gueule dégoulinait de sang.  Démente, Sayaka se pencha sur sa proie et posa un doigt gracile devant une Yoriko apeurée et larmoyante.

-Sois... maudite, murmura mielleusement la chamane en posant finalement son doigt sur le front de l'ancienne maiko.

La jeune femme sentit avec horreur son corps devenu mou, complètement paralysée par une force étrangère. Ses yeux s'agrandirent de stupeur lorsqu'elle vit Sayaka se redresser et se diriger vers la sortie. Sa voix était bloquée dans sa gorge, elle avait trop peur de dire quoi que ce soit, mais elle allait hurler, Sayaka allait en faire une certitude. Le serpent glissa dans le sillage de maîtresse, laissant une traînée noirâtre derrière lui. Les marques noires devinrent de petites flammes rougeoyantes et le feu dévora rapidement la jolie maison ainsi que ses occupants, vivants ou pas.

Ce fut la fin de la geisha Sayaka et son Okiya qui brûla aussi plus tard dans la nuit, ma maîtresse abandonna son nom et ses biens et disparu sous le couvert de la nuit. -Aka.

L'ancienne geisha s'échappa au cours de la nuit et sorti de la capitale sans attirer plus d'attention, ses seules possessions étant les vêtements délabrés, sa bourse à peine remplie, le serpent pendant à son cou telle une écharpe et un sentiment de liberté qu'elle n'avait pas ressenti depuis longtemps. Sur la route, elle rencontra un marchand et sa caravane, elle échangea son somptueux kimono pour un yukata de coton sans importance ainsi que quelques provisions et une jolie dague. Elle accompagne la caravane jusqu'à un autre village puis retourna seule sur la route pendant plusieurs mois. Une vision lui indiquant le chemin à suivre jusqu'au début de son destin.

La neige tombait tranquillement et l'ancienne geisha arriva finalement à un village éloigné de la civilisation, parmi les montagnes séparant l'empire Kyang de l'empire de Miyong. N'importe qui aurait eu froid par ce temps hivernal, mais son corps était brûlant et euphorique. Les villageois, craintifs, eurent bien du mal à accepter sa présence malsaine, mais elle s'imposa.

-En échange de vivres et de ressources, je promet de protéger votre village et vos récoltes, leur dit-elle avant de s'éloigner dans la montagne et des villageois.

Dans la montagne, elle découvrit une vieille habitation délabrée constituée de deux pièce et décida d'y demeurer. Étrangement, les  récoltes des villageois l'année précédente se fit meilleure et c'est avec une certaine réticence que l'on commença à envoyer des biens à la sorcière qui vivait dans la montagne. La règle était de tout déposer au pied de la montagne et au cours de la nuit, la chamane descendait pour venir chercher ce dont elle avait de besoin. Que faisait-elle en haut de la montagne? Elle suivait les enseignements de son ami reptile afin de devenir une puissante chamane.

Aujourd'hui, les villageois la surnomme Hebi On'na, la femme serpent et personne ne cherche à la déranger. Le village est paisible et les récoltes idéales, mais la chamane sait fort bien qu'un jour, elle devra quitter cet havre de paix pour parcourir le monde et accomplir ses devoirs de chamane. Le rêve d'un loup solitaire est peut-être le début?



Autre

Prénom ou pseudonyme: Lady Sparkle

Expérience rp: Suffisamment.

Comment avez-vous connu «De sang et de soie» ? Très bonne question.

Commentaire? I am a kawai potato.


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MessageSujet: Re: Hebi On'na - Chamane   Lun 29 Sep - 2:34


Et bien que dire, si ce n'est que c'est une fiche superbe ! Un personnage haut en couleur et fort intéressant, un univers, sans surprise, parfaitement maitrisé .. Une écriture fluide, agréable et prenante. Je valide et plutôt deux fois qu'une. Bravo pour cette superbe fiche.

Tu connais le chemin, je t'épargne dont les liens habituels ... Wink
Sian-Nyang
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