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 Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]

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Chün Müdân



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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Sam 4 Oct - 18:33

Le lendemain, après une nuit au sommeil profond et aux rêves inaccessibles, Chün Müdân se remit au travail. Le poème inachevé de Dame Wenji avait fait son chemin dans son esprit et elle était enfin prête à le terminer dans cette atmosphère de tristesse qu’apporte la séparation de deux êtres aimants…

Elle reprit son pinceau et utilisa une feuille de papier de riz, la plus fine qu’elle puisse trouver et d’une couleur virant légèrement sur le gris, comme les nuages commençant à se charger de pluie. Puis, avec des coups de poignets aériens et sûrs, elle traça les idéogrammes choisis.

Voici ce que cela donna :

Tandis que je vogue entre deux rives ornées de beaux arbres, dont la fraîche verdure  irrite encore mon chagrin.
Nul ne sait même qui je suis, sur cette barque voyageuse ;
Nul ne sait si cette même lune éclaire, au loin, un pavillon où l’on songe à moi.
Heureuse lune ! Elle ne quitte point ce pavillon. Rien ne saurait l’en écarter.
Elle pénètre jusque dans la demeure de celui dont je suis séparée.
Elle illumine sa porte, qui devient alors blanche comme le jade,
Et dès qu’on lève les stores, elle est au fond de l’appartement intérieur.
Tandis que l’époux s’attriste ainsi, l’épouse, de son côté, dirige vers lui ses pensées ;
Car leurs pensées se cherchent, bien qu’ils ne puissent les échanger.

Que je voudrais, se dit-elle, me fondre dans les rayons de la lune,
Franchir avec eux l’espace, et me répandre avec eux devant mon bien-aimé !
La nuit s’avance, le sommeil arrive dans sa chambre silencieuse ; elle songe, elle croit voir des fleurs tombées.
Hélas ! Voilà le printemps à la moitié de sa durée, sans que l’absent soit encore revenu.
L’eau du fleuve, qui s’écoule, ne fait que s’écouler ; le printemps s’écoule et s’épuise.
Déjà la lune s’abaisse vers les eaux profondes, et s’en retourne vers l’occident.
Elle s’abaisse, elle s’abaisse, elle va se perdre dans les brumes de l’horizon.
Le fleuve coule toujours, roulant vers l’océan ses flots inépuisables.
Combien de voyageurs ont dû hâter leur retour, en profitant d’une nuit si belle !
Ainsi pense la jeune femme ; le coucher de la lune jette le trouble dans son âme ; mille sentiments d’inquiétude et de tristesse remplissent son cœur oppressé.





Le poème achevé, Chün resta longtemps à contempler l’encre qui séchait, puis roula le papier et noua le rouleau avec un ruban rouge. Puis elle ramassa toutes les ébauches qui traînaient à ses pieds. Elle porta le poème achevé dans sa chambre et confia les brouillons à pour allumer le feu de la cuisine.

Elle prit le temps de se restaurer sagement de viande bouillie en sauce et de riz blanc, de quelques figues qu’elle affectionnait particulièrement pour leur douceur et se reposa pendant une heure… Elle avait achevé le poème un jour trop tôt et elle avait hâte de le donner à Dame Wenji. Aussi, sans attendre le lendemain la venue de Cao Shan, elle décida de l’apporter elle-même, espérant secrètement apercevoir le jeune homme.

Elle se para avec soin, mais sans ostentation. Deux longues tresses se croisaient et se recroisaient jusqu’au sommet de sa tête, fixées avec les épingles de perles blanches achetées au marché, assorties à son hanfu gris pâle. Chargée du rouleau poétique et de l’écritoire précieux, elle se présenta devant la cour du pavillon du Gouverneur Cao Long.

Je viens visiter Dame Cai Wenji, si sa santé le lui permet. Je voudrais lui faire lire la fin de son poème et j’ai également un cadeau pour elle. Si elle est trop fatiguée pour me recevoir, je vous laisserai les lui transmettre. Qu’elle ne se donne surtout pas de peine pour moi.

L’eunuque la regarda avec un sourire et hocha la tête avant de disparaître pour annoncer la visiteuse.
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Cao Long



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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Dim 5 Oct - 16:17

Cai wenji était dans le salon du pavillon entrain de jouer du Guzhang, elle faisait résonner une mélodie radieuse à l'aide de plectres en argent attachés au bout de ses doigts. A côté d'elle le gouverneur s'occupait de lire plusieurs missives qui lui avait été délivré dans la matinée. Chaque jour il recevait des propositions d'alliances, des demandes de faveurs, qu'il faisait jeter au feu après lecture.

Pendant ce temps-là Cao Shan était adossé à la fenêtre de sa chambre avec une coupe de vin à la main. Celui-ci était perdu dans ses pensées et ne remarqua pas la venue de l'eunuque. Le gouverneur et sa femme furent surpris d'apprendre la visite de la tutrice qu'ils s'attendaient à voir que demain. Dame Cai Wenji dont la santé allait beaucoup mieux se leva pour accueillir personnellement Chün Müdân. La poétesse était ravi de voir la jeune femme avec le poème.

- Dame Chün, je suis heureuse de voir ici. Entrez et prenez place je vous prie, Cao Shan sera heureux de voir.

Les deux femmes rentrèrent dans le salon et prirent place face à face. Tandis que Cao Long quitta au même moment le pavillon afin de régler une affaire. Lorsqu'elles furent enfin seules, Cai Wenji put lire le poème de la tutrice. Elle lut chacun des mots, chacun des vers, les sentiments contenus dans le rouleau déferlèrent à travers la dame lui remémorant une vague de souvenirs. L'épouse de Cao Long ne put retenir quelques larmes.

- Je suis désolé... Ne vous inquiétez pas ce n'est rien. Il n'y a rien à redire sur votre travail, il est tout à fait remarquable. Je dois reconnaître que vous avez de multiples talents Dame Chün. Que diriez vous de restez prendre le thé en notre compagnie ?

Cai Wenji sortit un petit tissu de soie puis sécha ses joue. Puis demanda à sa servante de préparer le thé. Au même instant Cao Shan sortit de sa chambre et s'aperçut de la présence de Chün. Une fin sourire s'esquissa sur le visage du jeune homme.

- Vous ici, Dame Chün, je ne m'attendais à vous voir avant demain ma Dame.

L'héritier s'assit juste à côté de la tutrice, et le thé fut servit. Les trois discutèrent pendant une bonne heure, le fils ne savait pas quoi dire face à la jeune femme. Sa main frôla celle de Chün, ce qui eut pour effet d'accélérer son rythme cardiaque. Cao Shan resta silencieux quelques instant silencieux, un peu intimider.

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Chün Müdân



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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Dim 5 Oct - 19:47



L’accueil qu’elle reçut de Dame Wenji et de son fils lui fit chaud au cœur. Elle essaya de ne pas rougir aux compliments de la première et au sourire du second. Elle se courba donc profondément vers les deux hôtes.

Je suis heureuse de vous trouver en bonne santé, Dame Wenji. Il est vrai que j’avais prévu trois jours pour vous montrer mon travail et si vous m’aviez posé la question hier, je vous aurais demandé au moins une semaine, tant ce poème a remué des émotions dans mon cœur. Mais ce matin, tout était clair dans mon esprit et j’ai pu le finir d’une traite.
Je suis honorée que la fin vous plaise.

Chün avait accepté le thé d’une inclinaison de tête. Elle avait du mal à ne pas regarder Cao Shan. Quand il lui effleura la main, elle en fut comme électrisée et se raccrocha au cadeau qu’elle devait offrir à sa mère pour donner le change.

Un cadeau ne s’accepte jamais sans contrepartie à Miyong, cela porte malheur. Vous m’avez offert un recueil de splendides poèmes, alors modestement, je vous offre de quoi en écrire encore…

Elle déposa sur la table basse le paquet entouré de papier rouge Et attendit que la Dame prenne connaissance de son contenu. Elle en paraissait ravie. Cet écritoire était l’un de ceux que l’on pouvait emporter en voyage. Précieux, léger et complet.
Le thé arriva et Chün y plongea son nez comme pour se cacher, mais elle ne pouvait pas rester comme ça ni boire sa tasse d’un trait. Il fallait bien qu’elle s’adresse à Cao Shan.

Comptez-vous retourner bientôt dans votre Province, Seigneur ? Pour la part, je ne suis jamais sortie de la Cité Impériale. Mes parents habitent à la limite des résidences nobles. Je leur rends visite deux à trois fois l’an et j’y rencontre mon frère qui fait partie de l’armée de l’Empereur. Nous sommes très proches, je n’ai qu’un seul frère, mon aîné de trois ans… Il projette de se marier…

Elle s’arrêta tout à coup de parler, craignant que son discours ne soit pris pour des avances dissimulées et ses joues rosirent sous le maquillage. Pour faire diversion, elle demanda le guzhang de Dame Cai Wenji et, assise à l’écart, chanta un air joyeux parlant de printemps et de fleurs de pruniers.

Cet instrument est une pure merveille !
Je vais vous souhaiter une bonne soirée, Dame Wenji et à vous aussi Seigneur Cao Shan. Merci mille fois pour le thé.


Elle se leva et se courba très bas, avec tout le respect qu’elle leur dévouait, et alla vers la sortie de la cour.
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Cao Long



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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Dim 5 Oct - 23:42

Cao Shan et sa mère regardèrent la jeune femme se retirait. Cependant l'héritier se leva sous le regard interrogateur de Cai Wenji, et le noble et s'adressa une dernière fois à la Chün avant qu'elle ne parte.

- Dame Chün... Sachez que vous êtes et serez toujours la bienvenue au pavillon de notre famille... J'espère avoir encore l'opportunité de vous revoir, si vous me le permettez…
Le fils de Cao Long regarda avec le cœur serré la tutrice partir. Il avait encore à l’esprit les mots, la voix, et l’image de la jeune fille. Il retourna auprès de sa mère le visage maussade, et tenta de se servir une coupe de vin. Mais avant qu’il ne puisse saisir le récipient sa ma mère lui frappa la main avec l’archer de son erhu.

- N'y touches pas mon fils, cela ne ferait que tourmenter encore plus ton esprit. Je sais que la tutrice ne te laisse pas indifférent, mais... Il ne faut pas que tu agisses sans penser aux torts que cela peut causer. Aurais-tu déjà oublier où nous sommes ? La cité impériale est un lieu où une rumeur se propage aussi vite qu'un incendie... Nos rencontres avec Dame Chün ne sont pas passer inaperçues, et certaines personnes commencent à se poser certaines questions. Tout ceci pourrait causer beaucoup de tort à notre famille, mais aussi à la sienne par dessus. Tout cela pourrait lui faire que du mal si tu ne fais pas attention Cao Shan.
- Que dois-je alors faire mère...? Le seul moyen pour éviter que cela ne lui cause du tort serait de...
- Écoutes mon fils, tu ne peux que laisser le temps jouer son rôle. Tu ne peux pas forcer un cœur même s'il parle à demi-mots. Un lien entre deux personnes ne se forment pas au premier regard, encore moins dès les premières rencontres.


La poétesse était toujours entrain de discuter avec son fils, lorsque son époux suivit de ses cousins rentrèrent dans le pavillon. Celui-ci affichait une mine furieuse qui n'échappa à sa femme. Elle décida de d'interroger son mari et ses frères par alliances, afin de comprendre le comportement de son mari.

- Et bien cher époux que c'est il passé pour que vous montriez de la colère aux yeux du monde.
- Ma dame... A l'avenir je vous demanderais d'être plus discrète concernant vos déplacement ou vos rendez-vous. Les murs ont des yeux et des oreilles un peu partout, et il semblerait qu'ils aient porté beaucoup d'attention sur notre famille.


Le seigneur n'en dit pas plus et rentra dans son bureau. L'épouse qui voulut en savoir s'excusa auprès de son fils, puis s'entretint avec ses beau-frères avant qu'ils ne rejoignent le gouverneur.

- Xiahou Dun, Xiahou Yuan, mes très chers frères, je voue prie dites moi ce qui est arrivé. Il est rare de voir notre seigneur se mettre dans cet état sans bonne raison.

Les deux frères se regardèrent dans les yeux puis se décidèrent à parler;

- Dame Wenji, il semblerait que les gens se posent beaucoup de questions concernant les rencontres de notre famille et de la tutrice impériale. Certains insinuent des choses qui sortent de la réalité, et notre seigneur a eu vent de ces rumeurs devant le régent.
- Je vois... Mais je suppose qu'il y a autre chose ?
- Si vous me permettez madame, le seigneur Yan de Tsi Laï Mung a tenté d'arranger un mariage auprès de votre époux. Il a demandé à unir l'un de vos enfants, et a évoqué votre fille Cao Lian, mais surtout votre fils Cao Shan. Tout cela à vite fait de mettre en colère notre seigneur, qui l'a envoyé paitre. Nous sommes peut-être au bord d'une guerre avec la famille Yan à cause de tout cela.
- Beaucoup de famille de noble sont à cran et nous guettent nous et le jeune héritier. Surtout depuis qu'il a été vu sortant du pavillon de la tutrice.
- Bien je vous remercie mes chers frères... Vous pouvez disposer.


Les deux hommes saluèrent humblement la femme de leur seigneur avant d'aller les rejoindre. Celle-ci partit méditer de tout cela dans sa chambre, ce qu'elle craignait était arrivé avant même qu'elle puisse faire quoique ce soit. Maintenant elle devait prendre certaine disposition pour le bien de la famille Cao, mais aussi pour la tutrice. Car la poétesse avait une certaine affection pour elle, et ne voulait pas qu'elle pâtisse de toute cette histoire. Au même moment Cao Shan qui avait tout entendu serra les dent avant de soupirer.

- Destin... Sais-tu à quel point je te méprises ?

Et le noble se leva à son tour et s'enferma dans sa chambre pour regarder la pluie qui commencer à tomber tout en maudissant le ciel.

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Chün Müdân



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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Lun 6 Oct - 20:06

Depuis plusieurs jours, Chün n’avait plus de nouvelles de la famille Cao : ni d’invitation ou de sollicitation de Dame Wenji qui pourtant avait apprécié son travail, ni de missive de Cao Shan. Ils n’avaient pas quitté le Palais Impérial, elle l’aurait su… alors quoi ? Elle s’enquit auprès de Yù Liè si elle avait entendu des rumeurs les concernant.

Yù ? Tes oreilles ont-elles entendu des nouvelles de la famille du Gouverneur Cao ?

Ah… Oui… Effectivement, le bruit se répand parmi les serviteurs que le fils serait promis à un mariage avec la fille d’une autre Gouverneur de Province. A moins que ce soit leur fille… les rumeurs sont floues comme toujours et je n’y ai pas attaché plus d’importance que ça.

Chün se laissa choir sur le banc en pierre de la cour, prise de douleurs au ventre, comme des coups de poignard. Voilà pourquoi elle ne le voyait plus : elle n’était pas fille de Gouverneur de Province et n’avait aucune chance d’intégrer une telle famille. Cao Long avait d’autres projets pour ses enfants.

Maîtresse, que vous arrive-t-il ? Dois-je aller chercher un médecin ?

Non, Yù… Apporte-moi du thé très sucré. J’ai dû encore oublier de manger aujourd’hui, passionnée que je suis par mon travail…

Mais… vous av…

Va ! Ne discute pas.


Elle voyait le profil de Cao Shan comme s’il était à côté d’elle et elle l’imaginait courtiser une autre femme. Son cœur était près de l’explosion. Comme à chaque immense chagrin, elle alla se recueillir sur l’autel de ses ancêtres, alluma des bâtons d’encens et des bougies pour faire scintiller les dorures et apparaître les visages des défunts.

Ainsi, être lettré, instruit, intelligent, sensible aux mots et à la poésie, ne sert à rien contre la gloire et l’argent ! Grand-père, tu disais pourtant que j’étais un trésor… J’aurais été un homme, peut-être que tu aurais eu raison, mais je ne suis qu’une femme et je n’aurai pas la chance d’être choisie pour mon esprit.

Chün pleura ce soir là et resta longtemps dehors, laissant refroidir son thé et pestant contre les étoiles. Elle donna des ordres pour que les portes soient fermées de jour comme de nuit et n’accepta aucune visite les jours suivants.

Très affligée, elle demanda une permission spéciale pour aller visiter ses parents et son frère. Ce qui lui fut accordé. Elle emmena ses deux servantes et la cour de l’angle Sud fut déserte un certain temps.

.......................................

Un homme en armure d’apparat se faufilait dans le Palais Impérial. Il avait eu l’accréditation d’entrée grâce à une bague d’ivoire aux motifs compliqués. Il semblait connaître parfaitement les cours, les passerelles, les galeries et les ponts de l’enceinte sacrée. Son allure était souple et rapide, sans aucune hésitation. Il saluait d’un bref coup de tête toute personne rencontrée, mais à cette heure, il y en eut peu.

Près du pavillon occupé par la famille Cao, l’homme ralentit son pas et se figea, caché du portail et de l’eunuque de service. Celui-ci somnolait. L’homme se servit de son tanto pour franchir le mur de la cour et se plaqua au sol quelques minutes, le temps d’écouter si cette action avait alerté quelqu’un. Le silence lui répondit. Alors il se dirigea dans l’ombre vers les appartements du fils de la famille.

L’homme, toujours aux aguets, gratta à plusieurs reprises le montant de la baie. Jusqu’à ce qu’elle s’ouvre sur le fils des lieux. Il se releva alors et parla…

C’est moi… Chün Müdân… Pardon de vous déranger, Seigneur… et pardon de vous apparaître sous cet accoutrement, mais je n’avais pas le choix. Puis-je entrer avant que vos gens ne m’arrêtent ?

Elle enleva son casque et sa longue chevelure cascada sur ses épaules.

J’ai appris que vous deviez vous marier et ma visite doit rester secrète pour votre bien et pour le mien. Mais je me devais de vous dire certaines choses et surtout vous souhaiter bonheur et prospérité. Officiellement, je n’en aurai jamais le privilège. Je prends ce risque parce que je vous ai en haute estime, mais si cela vous est désagréable, je partirai sur le champ et vous oublierez, je n’en doute pas, ma venue étrange. Je vous en prie, Seigneur Coa Shan… Je voudrais comprendre.

Chün était au bord des larmes parce que les émotions subies, les angoisses ressenties, les déceptions absorbées, tout cela participait à son désarroi. S’était-elle trompée sur la sympathie de Cao Shan ? Voyait-il en elle une « simple lettrée » de basse extraction ? S’était-il joué d’elle en faisant semblant d’être subjugué ? Pour plaire à sa mère ? Pour passer le temps bien long au Palais pour un jeune homme ?

Elle avait là brûlé ses plumes et son sort était dans les mains de Cao Shan.
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Cao Long



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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Ven 10 Oct - 8:37

Cela devait faire presque une semaine que Dame Wenji avait coupé tout contact avec la tutrice. En effet les derniers évènements dont la famille faisait face, avaient installé une certaine tension  dans le pavillon de la famille Cao. Cao Shan ne sortait pratiquement plus de sa chambre, tellement la déprime l'avait abattu. Quant à Dame Wenji, elle s'entretenait depuis plusieurs jours avec son mari sur les éventuelles fiançailles de son fils.

La famille victime des dernières rumeurs, avait reçu de nombreuses demandes de mariage. Cao Long ne pouvant plus reculer face à ses ennemis décida alors de marier son fils. Cependant il avait laissé en suspens toutes les requêtes, et avait décidé d'annoncer le nom de la fiancée uniquement dans deux semaines. Le seigneur n'avait toujours pas choisi pour son fils, et il aurait largement préféré refuser ces offres. Mais vu la situation, il n'avait plus beaucoup de choix, et avait demandé l'avis de sa femme afin de donner le meilleur pour son fils. Il étudiait chacune des possibilités même de marier à une inconnue pour faire enrager ses ennemis.

- Nous pourrions marier notre fils à un membre de votre famille ma Dame... Notre famille pourra mieux se porter et s'extirper des griffes des clans rivaux.


La femme sourit en pensant à cette idée.

- Tenez-vous vraiment à le marier à une nomade ? Cela pourrait lui attirer quelques critiques, comme il y a dix ans.
- Ma Dame si je craignais quelques critiques de nobles hypocrites, alors je ne serais pas à vos côtés actuellement.


Cai Wenji rit en repensant à son propre mariage. En effet beaucoup de personnes avaient dénoncé son mariage, car elle était d'origine nomade. Et peu de personnes il y a dix ans jugeaient bon l'union entre elle et Cao Long. Elle se rappela les nuits passées en secret avec son époux avant leurs fiançailles, mais aussi du vœu d'absolu dévotion qu'elle avait fait devant l'autel.

Cette dernière avait deux personnes en tête mais un seule revenait en particulier, et aucunes n'apparaissaient sur les listes de son mari. Cependant elle s'était avisée de ne pas en parler d'elle. En effet ne voulait pas impliqué la personne concernée dans les activités clandestines de la famille. Car pour le bien de la famille il fallait quelqu'un prêt à tourner le dos à l'empire, or elle pensait qu'il était peu probable que la tutrice fasse cela. Et elle voulut la protéger de ce danger.

- Je connais quelqu'un qui pourrais faire l'affaire cher époux… Elle est actuellement arrivée aujourd’hui en à la capitale. De plus Cao Shan la connait bien, ils ont passé beaucoup de tems ensemble étant enfant.

La journée se déroula dans la même ambiance morose au pavillon pour le fils Cao. Cao Shan qui venait de terminer son entraînement s'enferma une nouvelle fois dans sa chambre, afin de ne pas avoir à faire face à son père ni à sa mère. Il avait horreur d'être un instrument politique, et surtout quand il s'agissait de mariage arrangé. Celui-ci décida alors de boire... Pour noyer son chagrin et sa solitude. Ainsi lorsqu'il allait se saisir de la bouteille quelqu'un gratta à la porte avec insistance. Cao Shan qui n'attendait aucune visite ouvrit, et tomba nez à nez devant un soldat au visage qui lui était familier.

C’est moi… Chün Müdân… Pardon de vous déranger, Seigneur… et pardon de vous apparaître sous cet accoutrement, mais je n’avais pas le choix. Puis-je entrer avant que vos gens ne m’arrêtent ?


Le seigneur sans un mot saisit la main de Chün avant de refermer la porte derrière lui. En espérant que personne ne les avaient vu. La tutrice retira son casque dévoilant ainsi sa longue chevelure et son visage légèrement rougi par les larmes

J’ai appris que vous deviez vous marier et ma visite doit rester secrète pour votre bien et pour le mien. Mais je me devais de vous dire certaines choses et surtout vous souhaiter bonheur et prospérité. Officiellement, je n’en aurai jamais le privilège. Je prends ce risque parce que je vous ai en haute estime, mais si cela vous est désagréable, je partirai sur le champ et vous oublierez, je n’en doute pas, ma venue étrange. Je vous en prie, Seigneur Coa Shan… Je voudrais comprendre.


Cao Shan sentait que Chün Müdân n'allait pas bien. Il percevait le chagrin et la tourmente de cette dernière à son égard. Il pensa à quel point la jeune femme avait du souffrir de l'annonce du mariage prochain. Le fils prit alors la jeune dans ses bras et l'étreignit doucement.

- Ma dame si vous saviez comme je suis heureux de vous voir... J'aurais préféré que nous nous voyons dans d'autres circonstances. Mais il semblerait que le destin a choisi de nous séparer...

Il regarda Chün droit dans les yeux, il pouvait sentir le souffle de la jeune femme et voir ses iris avec précision. Il prit alors son courage à deux mains pour continuer.

- Mais sachez ma Dame, que vous êtes la seule personne qui réside dans mon cœur... Votre personne m'a charmée, par votre beauté, mais aussi par votre esprit... Vous êtes pour moi le plus précieux trésor qu'il m'a été permit d'avoir.

Cao Shan parlait avec son cœur et ne pensa pas au poids de ses mots.

- J'aimerais vous avoir à mes côtés pour toujours... Même  s'il nous est impossible, je veux pouvoir vivre avec vous cette vie qui nous a été volée. Peu importe les interdits et nos familles... Je veux pouvoir vivre mes meilleurs instants avec vous. Malgré ce mariage sans valeur qui me lie à quelqu'un d'autre. Je hais de tout mon être ceux qui ont brisé nos espoirs... Et je leur ferais payer. Chün promettez moi que nous nous reverrons malgré ce qu'il arrivera, même après ce mariage sans aucun sens.

Le fils prit la main froide de la femme qu'il aimait, et enleva une larme qui coulait le long du visage de la jeune femme. Cao Shan et Chün Müdân avait déjà braver un interdit en se voyant, mais le jeune noble était sur le point de commettre une erreur plus grave, en effleurant un interdit condamnable par la loi de l'empire : L'adultère.
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Chün Müdân



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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Ven 10 Oct - 17:38



Chün écouta les paroles de Cao Shan et les larmes retenues coulèrent enfin. Quand il la prit dans ses bras, elle se blottit avec bonheur contre lui. Mais ses paroles lui furent acides…

Ainsi, vous me demandez d’être votre concubine cachée ? Vous songez à accepter ce mariage arrangé et à être simplement mon amant ? Comment pensez-vous expliquer à votre épouse que vous ne l’honorerez pas ? Comment expliquerez-vous cela à vos parents ? Parce que votre épouse se plaindra ! Elle voudra faire honneur à votre union en ayant des héritiers pour la famille Cao. Et moi, si je conçois un enfant de vous, que deviendra-t-il ? Un bâtard ?

Elle se détacha de lui. Dans la tenue d’homme qu’elle portait, elle avait conscience de n’être pas à son avantage, mais elle persista.

J’ai pris des risques pour venir jusqu’à vous… Et vous en avez pris en me faisant entrer. Seulement, si j’accepte de vivre dorénavant dans la clandestinité de votre vie intime, quels droits aurais-je ? Moi, je pourrais me passer de droits si j’obtiens le bonheur de vous chérir tous les soirs… Mais vous aurez aussi des devoirs et ils vous empêcheront d’assouvir mes attentes. Votre vie sera compliquée. Le bonheur n’est pas négociable… Je vous souhaite longue vie et au moins affection pour votre épouse, qui, peut-être sera aimable.

Chün recula jusqu’à la porte des appartements de Cao Shan et s’enfuit par la porte coulissante, se glissant dans le noir pour refaire le chemin vers chez elle. Elle releva ses cheveux dans le casque. Elle était en larmes mais elle avait la conscience tranquille. Elle avait rejeté la proposition de Cao Shan et c’était le plus raisonnable. Par contre, qu’est-ce que ça faisait mal !

Ce qu’elle aurait aimé ? Qu’il l’embrasse en lui promettant de résister à ses parents pour l’épouser, elle ! Qu’il mette ses sentiments en avant et avant toute autre pensée ! Mais la vie n’est pas faite pour avoir ce que l’on veut. Chün se coula dans les cours et les galeries en courant presque.

* * *

Arrivée chez ses parents, elle entra très discrètement chez son frère pour lui rendre sa tenue de soldat. Devant sa sœur en larmes, il posa des questions et elle lui raconta. Hui Kânhao se mit dans une rage folle, injuriant le scélérat qui avait proposé une telle ignominie à sa sœur. Mais Chün, épuisée par les émotions, le calma.

Il ne fait que ce qu’il peut, mon frère. Et s’il ne peut pas davantage, c’est à moi de céder ou de refuser. J’étais prête à céder, tu sais ? Pour moi, j’aurais accepté la situation. Mais j’ai pensé tout à coup à mes enfants… Je veux qu’ils aient un père, un vrai.
Et toi, Hui Kânhao adoré, où en es-tu de tes amours ? Raconte-moi pour me faire oublier mes déboires…


Ah ! Au fait… puis-je garder cette armure ? S’il te plaît !

* * *

Les jours coulèrent lentement. Chün Müdân avait toujours le cœur triste, mais elle envoya une missive à Cai Wenji :

Je suis heureuse que la famille Cao ait un mariage à fêter et je souhaite mille ans de bonheur au futur couple. Avec votre sensibilité, vous comprendrez, Dame Wenji, que je ne désire pas y être invitée. Je nourrissais en effet une réelle affection pour votre fils et j’aurais aimé être celle qu’il va épouser.
Je vous en prie, détruisez ce message après en avoir pris connaissance. Je vous livre mon cœur en toute humilité parce que vous avez toujours été bonne pour moi. Je ne ferai jamais de mal à votre famille.

Adieu,
Chün Müdân

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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Sam 11 Oct - 14:55

Cao Shan regarda non sans douleur Chün Müdân quitter ses appartements. Il venait de se rendre compte, que sa proposition avait été tout bonnement indécente. Le noble regretta ses paroles, et se maudit pendant de nombreuses minutes. Le jeune homme resta silencieux pendant des jours, repensant à le fois où il avait laissé partir celle qu'il aimait.

Mais contrairement à ce que l'on aurait pu penser, la famille Cao reçu des nouvelles de la tutrice. En effet la Dame reçut une missive de sa protégé, et la lut avec attention.

Je suis heureuse que la famille Cao ait un mariage à fêter et je souhaite mille ans de bonheur au futur couple. Avec votre sensibilité, vous comprendrez, Dame Wenji, que je ne désire pas y être invitée. Je nourrissais en effet une réelle affection pour votre fils et j’aurais aimé être celle qu’il va épouser.
Je vous en prie, détruisez ce message après en avoir pris connaissance. Je vous livre mon cœur en toute humilité parce que vous avez toujours été bonne pour moi. Je ne ferai jamais de mal à votre famille.

Adieu,
Chün Müdân


Cai Wenji tiqua en lisant la lettre, et se dirigea à grand pas vers la chambre de son fils aîné. Celle-ci trouva son fils avachi sur en fauteuil entrain de broyer du noir. Cette fois-ci la mère ne s'adressa pas à son fils, avec le ton doux qu'elle avait l'habitude de prendre. Puis commença interroger son fils.

- Cao Shan, as-tu rencontré la tutrice impériale ?
- ...
- Mon fils réponds moi ! Est-ce que tu as rencontré Dame Chün malgré mon interdiction et celle de ton père ?
- ...


Dame Wenji trouvait cela insupportable de parler dans le vide, et n'aimait pas voir son fils lui montrer un tel manque de respect. Et jeta la lettre sur les genoux de son fils qui la prit et la lut. Celui-ci se mordit la lèvre inférieur en signe de désespoir et de colère. Quant à la mère, celle-ci attendait encore la réponse de Cao Shan et commençait à impatienter.

- Oui nous nous sommes vus... Il y a quelques jours, ici dans mes appartements.

Ce dernier raconta à sa mère ce qui s'était passé, et parla aussi de la proposition de clandestinité faite à la tutrice. Cai Wenji en avait entendu assez pour la mettre hors d'elle. Et sans crier gare elle gifla son fils au visage avec sa main droite, elle frappa assez fort pour que l'on puisse voir la marque de son anneau sur la joue de Cao Shan.

- Comment as-tu pu faire une telle proposition à la femme que tu aimes !? Tu es bien comme ton père, vous pensez vraiment que tous ce que vous direz s'exaucera ! Je t'avais prévenu mon fils, tu t'es précipité sans même peser tes mots... Surtout tiens-tu vraiment à la faire rentrer dans l'univers dangereux où nous vivons ? Je ne tiens pas à la mettre en danger avec ce que notre famille cache, ta position l'impliquera indirectement. As-tu pensé un seul instant qu'elle serait prête à tourner le dos à l'empire ? A sa famille ? As tu pensé à tout cela ?
- ...Je suis prêt à faire tout ce qu'il faut pour être avec elle... Même si je dois tourner à vous et à père.


La mère était choqué par les mots de son fils, décidément la jeunesse de cette époque est complètement inconsciente. La poétesse n'avait pas d'autres choix que de réparer la bêtise de son imbécile de fils, et de rencontrer Chün Müdân. Pas simplement s'excuser pour le comportement de son fils, mais aussi pour s'assurer d'une autre chose.

- Tu ne me laisses pas le choix, je dois encore une fois réparer tes erreurs...  Je ne peux pas t'assurer que tout ira bien.

La matriarche sortit de la chambre et appela sa garde du corps. Une femme en armure légère arriva et s'agenouilla devant la poétesse.

- Wang Yi nous devons sortir. Je veux que tu me trouves la tutrice impériale, et que tu prépares les choses nécessaires pour la rencontrée discrètement. Préviens-moi quand tout sera fait.
- Ce sera fait votre excellence.


La capitaine de la garde personnelle de la famille, se leva et partit remplir la tâche qui lui était confiée. Tandis que Cai Wenji repartit en direction de sa chambre où elle se prépara. Cette dernière détacha ses cheveux qui tombèrent jusqu'au bas du dos, elle appela ses servantes qui lui apportèrent une nouvelle tenue, plus sobre d'un bleu sombre comme son mari. La dame retira son hanfu, laissant dévoiler un immense tatouage de paon sur la totalité de son dos, symbole de son titre de matriarche de la famille Cao. Les servantes se dépêchèrent d'habiller le corps nu de leur maîtresse, puis de la coiffer et la maquiller. Lorsque la mère de Cao Shan fut seule, celle-ci prit une aiguille à cheveux ornée de saphir qu'elle rangea dans sa poche. Puis attendit quelques heures jusqu'à que Wang Yi ne vienne la chercher.

- Les espions de votre époux ont découvert que la tutrice a demandé une permission que expire ce soir à minuit. Ils me font dire, qu'il est fort probable que nous la trouvions au domaine de ses parents. De plus nous avons fait suivre cette dernière, ce qui nous a permit d'avoir l'adresse du domaine familial.
- Bon travail ma chère fleur de plumeria, mais il faut quand même placer un homme à la cour de l'angle sud au cas où nous nous trompions.


Les deux femmes partirent toutes les deux et prirent un couloir dérobé pour sortir du palais. Et prirent la direction des quartier résidentielles et s'arrêtèrent devant un domaine, auquel ils demandèrent l'accès. Ce fut un jeune qui les accueilli et leur demandant les motifs de leur venue.

- Je suis Dame Cai Wenji, épouse du gouverneur Cao Long et mère de Cao Shan. J'aimerais, si le moment est propice et si elle est là, m'entretenir avec Dame Chün Müdân. Dites lui que c'est une affaire de haute importance en privé.

La femme avait prononcer sa requête avec beaucoup de sérieux et gravité, il était assez rare que Cai Wenji se déplace personnellement et encore moins lorsqu'elle était à la capitale. Celle-ci attendait une réponse du jeune homme. Derrière elle se tenait Wang Yi qui tenait en garde, prêt à sortir son trishula court si on s'attaquer physiquement ou verbalement sa maîtresse.
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Chün Müdân



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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Sam 11 Oct - 21:06



Hui Kânhao s’inclina devant Dame Wenji dont il avait entendu parler par sa sœur. Il était inquiet de cette démarche et craignait pour Chün, mais il ne pouvait pas laisser une telle visiteuse dehors. Il s’empressa donc de faire entrer la femme du Gouverneur Cao et sa suivante dans la cour d’accueil et envoya une servante avertir sa sœur. Pendant ce temps, il tenta de sauver la situation qu’il sentait désagréable.

Dame Cao, Sachez que ma sœur, Chün Müdân, est une femme intègre qui ne portera jamais l’opprobre sur votre famille, quelques soient ses sentiments pour votre fils. Si c’est ce qui vous soucie, je me porte garant d’elle, elle peut rester chez nous et ne plus reparaître au Palais Impérial…

Cai Wenji n’eut pas le temps de répondre. Chün arrivait vers elle, dans un hanfu couleur de cendres rehaussé de broderies noires. Elle se courba devant la mère de son aimé et l’invita dans ses appartements avec un regard sinistre vers son frère. Cette visite faisait sûrement suite à sa missive très osée et Chün était sûre qu’elle allait recevoir des réprimandes de la Dame. Mais il était dit que dans sa saga, elle ne dérogerait jamais à ses responsabilités.

Une fois dans ses appartements, la Tutrice, fille des lieux, commanda du thé et des friandises comme si cette visite était une fête pour elle. Elle attendit poliment que la servante les serve en devisant de choses anodines comme la pousse des bambous ou la pluie qui tardait à arriver.

Ensuite, il fallu passer aux choses sérieuses et Chün inspira longuement avant de se lancer.

Dame Cai Wenji, vous avez dû avoir eu vent de ma visite clandestine à votre fils. Je vous en prie, ne pensez pas que j’avais de mauvaises intentions. Je voulais simplement lui faire mes adieux avant son mariage et rien dans mes propos ne pouvait lui faire espérer que je le contredirais. Il est vrai que je suis en mauvaise posture à l’égard de votre mari et de vous, sa mère. Mais ne me jugez pas trop sévèrement. C’était un adieu. J’en avais besoin et lui aussi, pour accepter le destin que vous lui proposez.

La voix de la jeune femme était égale et sereine, malgré la tourmente que la vue de Cai Wenji en face d’elle lui procurait. Elle tentait d’empêcher ses mains de trembler et de relever la tête parce qu’elle pensait vraiment n’avoir rien à se reprocher.

Soyez tendre avec votre fils, ma Dame… Il est amoureux de moi comme je le suis de lui, mais je l’ai dédouané de ces sentiments et je lui souhaite de tourner la page grâce à la beauté et l’inspiration de son épouse. Croyez bien que je ne souhaite que son bonheur.
Quant à moi… et bien… je vais peut-être aller exercer mes talents plus loin… dans un autre Empire. Je profite donc un peu de ma famille avant de m’en éloigner. Vous le comprenez… Je ne vous veux aucun mal.


Chün semblait essoufflée. Elle n’avait pas l’habitude de parler autant. D’habitude, elle écoutait plutôt. Elle regarda Dame Wenji siroter son thé et mordre dans un gâteau aux amandes et au miel… L’écoutait-elle vraiment ou faisait-elle semblant ? Son visage ne reflétait rien. Chün sentit son cœur se serrer d’angoisse.

Hui Kânhao était en embuscade près de la baie vitrée des appartements de sa sœur et entendait sa voix cristalline débiter des banalités qui le faisait bouillir. Mais la suivante de la Dame était là aussi et il ne pouvait pas se permettre de montrer son courroux. Nul doute qu’elle aurait réagi…
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Cao Long



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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Dim 12 Oct - 23:49

Dame Cao, Sachez que ma sœur, Chün Müdân, est une femme intègre qui ne portera jamais l’opprobre sur votre famille, quelques soient ses sentiments pour votre fils. Si c’est ce qui vous soucie, je me porte garant d’elle,  elle peut rester chez nous et ne plus reparaître au Palais Impérial…

La matriarche de la famille Cao adressa un regard froid au frère de la tutrice, mais avant que la femme puisse répondre Chün vint à sa rencontre et l'emmena dans les appartements de la jeune femmes. Dame Wenji suivit silencieusement la tutrice, tandis que sa suivante Wang Yi adressa un regard foudroyant à Hui Kânhao qui disait de ne pas commettre un nouveau faux pas devant sa maîtresse.

La poétesse entra dans une pièce en compagnie de Chün Müdan, qui l'invita à s'assoir. L'épouse du gouverneur s'assit et observa les lieux en attendant que la servante serve le thé. La première chose qui la frappa était le nombre de livre présent autour d'elle. Mais là n'était pas le motif de sa venue. Dehors la jeune fille en armure surveillait sa maîtresse depuis la baie vitrée, mais elle gardait aussi un œil attentif sur les faits et gestes de Hui Kânhao, car Wang Yi craignait qu'il ne vienne interrompre l'entretien privée. Elle resta la paume posée sur le garde de son trishula, prête à dégainer au moindre mouvements brusque du frère de Chün Müdan.

Cai Wenji était toujours assise devant la tutrice, son visage n'exprimant presque aucune émotion. Elle attendait que la maîtresse des lieux s'exprime au sujet de sa missive. Celle-ci s'élança finalement.

Dame Cai Wenji, vous avez dû avoir eu vent de ma visite clandestine à votre fils. Je vous en prie, ne pensez pas que j’avais de mauvaises intentions. Je voulais simplement lui faire mes adieux avant son mariage et rien dans mes propos ne pouvait lui faire espérer que je le contredirais. Il est vrai que je suis en mauvaise posture à l’égard de votre mari et de vous, sa mère. Mais ne me jugez pas trop sévèrement. C’était un adieu. J’en avais besoin et lui aussi, pour accepter le destin que vous lui proposez.
Soyez tendre avec votre fils, ma Dame… Il est amoureux de moi comme je le suis de lui, mais je l’ai dédouané de ces sentiments et je lui souhaite de tourner la page grâce à la beauté et l’inspiration de son épouse. Croyez bien que je ne souhaite que son bonheur.
Quant à moi… et bien… je vais peut-être aller exercer mes talents plus loin… dans un autre Empire. Je profite donc un peu de ma famille avant de m’en éloigner. Vous le comprenez… Je ne vous veux aucun mal.


La femme du gouverneur ne s'exprima pas tout de suite et se restaura d'abord, en prenant quelques gorgées de thé, et en croquant dans un gâteau. Après avoir fini la dame s'essuya les lèvres avec un mouchoir de soie, puis reporta son regard sur la tutrice.

- Relevez la tête je vous prie ... dit la poétesse. Elle tenait à ce que Chün Müdan soit attentive à ses propos.

- Tutrice Chün Müdan si je suis ici ce n'est pas pour entendre vos explications... Si vous tenez à partir plus tard je ne vous retiens pas, mais je voue prie de m'écouter avant.

Cai Wenji venait de parler avec un ton tranchant que peu de personne connaissait chez elle. Elle se comportait durement, que si la situation l'imposait.
La dame sentait déjà que le frère n'appréciait pas la façon dont elle parlait à sa sœur. Il fallut que Wang Yi montra son arme à Hui Kânhao, pour l'empêcher de rentrer dans la salle.

- Je tiens tout d'abord à vous présenter des excuses au nom de la famille Cao, pour le comportement inapproprié et les propos indécents de mon fils à votre encontre, la mère s'inclina légèrement puis releva de nouveau la tête.

- Sachez avant tout que c'est moi qui ai choisi de mettre fin à tout contact entre notre maison et vous. Car c'est dernier temps des rumeurs ont éclaté au sujet de la famille Cao, et afin de préserver la famille Cao, mais vous aussi, j'ai pris cette décision. Croyez bien Dame Chün que j'agis pour le bonheur de ma famille et de mes enfants. Mais je dois aussi m'assurer que rien ne vienne ternir notre non. Néanmoins je ne suis pas aveugle et j'ai bien vu que vous portiez des sentiments pour mon fils, et je vous aurez accepté une union entre vous et lui si les choses n'étaient pas si compliquées. Voyez vous notre famille évolue depuis des décennies dans l'univers dangereux de la haute aristocratie. Bien plus dangereux que l'on puisse penser, et je tiens à vous tenir à l'écart de celui-ci. Cependant il semble qu'il est bien difficile de vous arrêter, on dirait...

La femme sortit de sa poche la lettre de la tutrice ainsi que l'aiguille à cheveux de saphir, qu'elle posa en face de la tutrice.

- Ceci va déterminer votre choix, si vous choisissez de garder votre vie actuelle alors gardez la lettre et jetez ce bijou. Cependant si vous choisissez de prendre l'aiguille, vous serez introduit devant le clan Cao, et mon époux jugera si vous pourrez épouser notre fils, sachez déjà que vous ne serez pas seul dans ce cas. Si vous êtes accepté vous devrez alors jurer fidélité à la famille, et montrer une dévotion absolue... Bien plus qu'à votre famille... Bien plus qu'à l'empire même... Tel est le rôle d'une potentielle matriarche. Réfléchissez avant de choisir, car le prix de votre choix sera douloureux dans tout les cas.

Dame Cai Wenji avait fait en sorte que le frère entende ses propos, et fasse réfléchir sa sœur. Elle voulait que sa protégé prenne conscience du réel poids de sa décision et d'un éventuel mariage avec son fils. Dehors Wang Yi retenait son frère qui avait tout entendu, et qui tentait de rentrer. La femme en armure se retenait elle même de sortir son arme.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Mar 14 Oct - 12:15

Chün contemplait la lettre et le bijou. Elle posa ses deux mains sur ses genoux et leva les yeux vers Dame Wenji.

Le destin est assassin ! Si je choisis la lettre, ma vie est tracée, mais elle sera faite de solitude et de regrets. Si je choisis le bijou, ma vie n’est pas tracée encore puisque je ne serai pas sûre d’être la prétendante choisie par votre époux. Mais j’aurai une chance… de vivre mon amour.
D’un côté la paix sans saveur, de l’autre le risque d’être rejetée ou celui de devoir renoncer à mes parents et à l’Empereur que je sers pour être fidèle à Cao Shan… Mais si je tente l’épingle de saphir, Sun Liu Ma ne me le pardonnera pas, de toutes façons. Et si votre époux, le Gouverneur, choisit une autre prétendante, je suis vouée à une répudiation certaine de mes fonctions au sein du Palais Impérial.


Chün avait les yeux durs, comme ceux de Dame Wenji. Elle voulait ainsi lui signifier que son chantage était odieux. En contrepartie, il est vrai qu’elle lui donnait une chance de vivre avec son fils, et c’était aussi une preuve de sympathie sinon d’acceptation pour elle de cette peut-être belle-fille.

Dans la cour, elle supposait son frère bouillonnant d’impatience de connaître sa réponse, angoissé du choix qu’elle avait à faire. Elle le fit entrer, sans demander la permission à Dame Wenji.

Vous connaissez mon frère ? Je vous le présente officiellement. Il a toujours été un soutien pour moi et un ami plus qu’un frère. Kânhao, voici la Dame qui a mon destin entre ses mains.

Chün avait également fait entrer la suivante qui ne pouvait laisser sa maîtresse en péril. Elle lui sourit aimablement.

Détendez-vous, il n’arrivera rien en ces murs de néfaste à votre Maîtresse. Nous nous portons en haute estime malgré les difficultés de la situation. Kânhao, as-tu quelque chose à dire pour influencer ma décision ?

Le frère s’agenouilla aux pieds de sa sœur.

Müdân, ne prends pas le risque d’entrer dans cette famille. De plus, tu ne peux être mise en compétition avec d’autres femmes… Tu es trop intelligente et trop belle… Sois fière de ton nom et renonce à cet homme. Reste chez nous ! Je jure de subvenir à tes besoins ainsi qu’à toute ma famille, ancienne et à venir.

Tu es trop aimable, mon frère, mais tu as raison sur un point, je suis fière de mon nom.  Par contre, et je m’en étonne venant de toi, tu oublies un élément primordial que Dame Wenji a intégré, elle : Cao Shan et moi nourrissons des sentiments tendres… Nul doute que tu pourras expliquer cela à nos parents et que ta descendance les rendra heureux et palliera mon absence.

Ecoute-moi, mon frère : Ma décision est prise et si mon vœu ne se réalise pas, je rejoindrai nos ancêtres.  Tu seras alors le seul à pouvoir perpétuer notre nom. Mais c’est déjà le cas depuis ta naissance. C’est là ta destinée.

Chün se retourna vers Dame Wenji et prit la lettre dans une main et l’épingle de saphir dans l’autre. Puis elle se dirigea lentement vers le brûlot qui servait à réchauffer la pièce et y jeta la lettre.

Les dés sont jetés, Ma Dame, je désire paraître devant le Gouverneur Cao Long pour prétendre entrer dans votre famille.
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Cao Long



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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Mer 15 Oct - 1:51

Les dés sont jetés, Ma Dame, je désire paraître devant le Gouverneur Cao Long pour prétendre entrer dans votre famille.

Cai Wenji soupira en entendant la réponse de Chün Müdân. La femme en face d'elle, paraissait vraiment déterminée. Et la poétesse dut se résigner face à la force de la tutrice. Et pourtant elle avait mit en garde que cela ne serait pas sans risque. Surtout que l'épouse de Cao Long craignait que la jeune femme ne soit pas prise. Car son mari était des plus imprévisible, et cette fois-ci encore plus. Dame Wenji tourna son regard sur sa suivante pour lui signifier qu'il n'y avait pas de danger. Puis se retourna à nouveau vers la tutrice, et lui porta ce même regard dur, pas celui d'une poétesse ou épouse, mais celui de la matriarche.

- Ainsi est votre choix... Bien, mais sachez que vous ne pourrez plus reculer. Je vous demanderais de vous de vous tenir prête, Wang Yi vous transmettra la date lorsqu'elle sera fixée. Vous devrez vous présenter avec l'épingle, le jour de l'introduction avec vos meilleurs atouts en mains.

La dame se leva avec l'aide de sa garde du corps, qui l'accompagna vers la sortie. Et alors que la poétesse partait pour se reposer au pavillon, elle s'arrêta un court instant devant la jeune femme. Wenji se souvint des dernières paroles de la tutrice.

- Un dernier conseil... Si votre vœu ne se réalise pas, ne désespérez pas Dame Chün. Si le printemps prend fin trop, alors il sera de retour pour vous un moment ou un autre. Soyez en certain. 

Cai Wenji prit place dans le véhicule, qui le ramena elle et sa suivante au palais. Elle chercha du regard le soleil dans le ciel, mais ne trouva que le ciel assombri par les nuages. La femme prit ceci comme un signe du ciel. De toute évidence le destin allait encore secouer sa famille.

Lorsque Cai Wenji arriva au pavillon, elle fut accueilli par son fils. Son époux devait être encore occuper mais cela ne la déranger point. La fatigue et l'épuisement ayant rongé son corps jusqu'au sang. La matriarche alla s'allonger sur son lit afin de trouver un peu dr repos.

Cela devait être un dernier moment d'acalmie avant une nouvelle tempête...
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Jeu 16 Oct - 16:40

Une fois seule, Chün Müdân s’agenouilla devant sa coiffeuse et regarda pensivement son visage dans le reflet du miroir. Elle avait encore le teint frais et les yeux brillants. Mais combien de temps duraient les fleurs de prunier ?

Je n’aurai bientôt plus l’âge de prétendre à être l’épouse principale d’un homme ou alors il sera vieux et bedonnant. Dans quelques années, des rides vont apparaître sur mon visage et mes chances d’enfanter un garçon s’amenuisent à chaque jour qui passe. Je n’ai pas à regretter la décision que je viens de prendre. Je ne veux pas être un fardeau pour mes parents ou pour mon frère qui va se marier. Je ne veux pas non plus être l’esclave de ma belle-sœur.

Sur ces pensées qu’elle jugeait raisonnables, Chün rangea précautionneusement l’aiguille de saphir dans un tiroir secret de sa coiffeuse et demanda à Yù Liè de lui préparer un bain chaud et parfumé.

* * *

Le lendemain, au petit jour, Chün alla se recueillir sur l’autel de ses ancêtres et leur demanda leur bénédiction. Elle fit brûler de l’encens et parsema l’autel de pétales de fleurs, tout en psalmodiant ses prières. Elle parla nommément à son grand-père et fut rassurée de ne ressentir aucun malaise mais plutôt une certaine sérénité. Les saluant tous plusieurs fois, elle alla lentement vers les appartements de ses parents.

Le couple Tao était en train de prendre son petit-déjeuner. Tous deux, avec leurs sourires doux, y convièrent leur fille qui ne se fit pas prier. Ils dégustèrent le thé brûlant et le riz sucré tout en se parlant avec leurs yeux, sans un mot. Au bout d’un grand moment de silence, Chün se racla la gorge et remercia ses parents de leur invitation. Puis elle lui dit l’objet de cette visite matinale.

Mes chers parents, je vais repartir aujourd’hui pour le Palais Impérial. Je vous remercie de votre hospitalité qui m’a fait le plus grand bien, tant au niveau de la fatigue du corps que de la solitude de l’esprit. Passer quelques jours chez vous est toujours un plaisir et un bain de jouvence.

Ils allaient rétorquer, mais elle ne les laissa pas parler de peur de ne pas avoir le courage de poursuivre.

J’aurai bientôt 29 ans et je viens de me proposer pour devenir l’épouse de Cao Shan, fils de Cao Long et de Cai Wenji. La route de mon destin est arrivée à un carrefour… Si je suis admise par la famille Cao, je les suivrai comme doit le faire une bonne épouse et je leur serai fidèle. Dans le cas contraire, aucune honte ne rejaillira sur notre propre nom parce qu’alors, je partirai rejoindre le Temple de Beomkang dans la partie montagneuse de la Province de Mongtür. Il y a là-bas, les archives les plus illustres de l’Empire. J’y trouverai une autre forme de bonheur.
Mais, quel que soit mon destin, il est de vous quitter et de quitter le Palais Impérial.


Dame Hëizî sortit un mouchoir de la manche de son hanfu et s’en couvrit le visage pour pleurer discrètement. Sauf que ses gémissements étaient tout sauf discrets ! Quant à Tao Luânshi, son père, il se leva et tendit une main pour que sa fille se relève aussi.

Quel que soit ton destin, petite Müdân, fleur de mon cœur, fais-nous le connaître. Si tu entres dans la famille Cao, je te doterai, car il n’est pas dit que ma fille ne partira d’ici qu’avec sa beauté et son intelligence. Si tu entres au Monastère, alors, je te doterai aussi pour que tes jours coulent sans souci.

Les larmes montèrent aux yeux de la jeune femme et elle se serra contre son père.

Cao ou les moines me prendront comme je suis ! Par contre, Cher père, j’ai une requête… J’emmène Yù Liè avec moi, mais Hüxï, je voudrais qu’elle finissent ses vieux jours auprès de vous. Elle ne pourra pas me suivre.

C’est entendu, ma fille, je vais la nommer Doyenne des servantes de la maison.


Comme à son habitude, Tao Luânshi lui lança un clin d’œil complice, tandis que sa femme se lamentait toujours. Après un baiser à chacun d’eux, Chün partit préparer son retour au Palais Impérial.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Ven 17 Oct - 17:46

Quelques jours passèrent depuis la rencontre entre Chun Mudân et Cai Wenji, et les préparatifs pour les fiançailles de son fils avançait à grands pas. L'épouse de Cao Long supervisait chacun des détails de l'organisation de l'introduction de la future fiancée de son fils. D'ailleurs ce dernier était enfin sorti de sa chambre et s'était résigné à son destin. Cependant il ignorait l'introduction de Chun auprès de la famille, entant que potentielle épouse.

Le seigneur Cao Long était parti dans l'après-midi afin de se rendre à la réunion de semestriel des gouverneurs auprès de l’empereur. La matriarche passa sa journée à briefer ses servants sur le déroulement de la rencontre. Tout les membres principaux de la famille allaient être présents lors de l'introduction. Et la poétesse voulait que tout soit parfait pour ce moment. Malheureusement une nouvelle allait changer les choses.

En effet, un peu avant le crépuscule, Cao Long revint au pavillon. Ce dernier avec la mine confidente convoqua son épouse dans son bureau. Il venait juste de sortir son entretien avec Sun Liu Ma.

- Eh bien mon cher époux, quelle nouvelle m'apportez vous pour que vous me demandiez à me voir en privée.
- Ma Dame, je tiens à m'entretenir avec vous une nouvelle fois au sujet de l'avenir de notre fils.
- Je croyais que la discussion était close mon seigneur, l'introduction aura...
- Il n'y aura pas d'introduction.
- Je vous demande pardon, mais je vous prie de bien vouloir vous justifier.
- Il n'est plus nécessaire de chercher une épouse pour notre fils. Sa majesté l'empereur tient à unir notre fils Cao Shan à sa sœur la princesse impériale, Sun Xishi.
- Et comme c'est un désir de l'empereur...
- Il s'agit donc d'un ordre... Vous rencontrerez la princesse en privée bientôt, et je vous demanderez de préparer le famille Cao à cet évènement. L'introduction de prétendante n'est donc plus à l'ordre du jour.
- Comme vous le voudrez mon seigneur... nous préparerons l'ensemble de la famille pour ce futur mariage.


Le couple se sépara au bout de cinq minutes, et Cai Wenji appela sa suivante Wang Yi afin qu'elle remette une message à la tutrice.

- Wang Yi, je veux que tu te rendes auprès de la tutrice pour lui livrer ce message : Il n'y auras pas plus de cérémonie. Sa majesté à décidé d'unir Cao Shan à sa sœur . Dites lui que je suis désolé pour le désagrément causé auprès de la tutrice. Et que j'espère la revoir personnellement un jour.


La jeune femme se dépêcha et parcourut le palais à la recherche de Chun, la garde du corps partit au domaine familiale de la tutrice impériale, et tomba sur le frère de celle-ci. Elle  répéta mot pour mot, le message de sa maîtresse. Elle décocha un regard dur et froid à Hui Kânhao lui précisant de transmettre le message à sa sœur dans les plus brefs délais. Puis elle repartit en direction du pavillon Cao rejoindre sa ma^tresse.


Dernière édition par Cao Long le Ven 17 Oct - 21:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]   Ven 17 Oct - 20:57

Hui Kânhao reçut le message oral de la famille Cao avec grand soulagement. Il se retint de sourire à la suivante de Dame Wenji et de montrer son contentement à ce revirement. Evidemment, sa sœur allait être triste, mais au moins la garderaient-ils avec eux et elle pourrait toujours travailler au Palais Impérial si elle le désirait. Il s’empressa de retrouver ses parents pour leur annoncer la bonne nouvelle.
A sa grande surprise, sa mère éclata en pleurs, son mouchoir déjà mouillé sur les yeux et son père fléchit le cou comme assommé par la nouvelle.

Ne me dites pas que vous vouliez que notre Müdân parte en Province ! Je trouve que c’est une bonne nouvelle que la famille Cao ne veuille pas d’elle… Non ?

Les parents ne dirent rien, laissant leur fils dans l’expectative. Puis Tao Luânshi l’informa de l’alternative que sa sœur avait prise en cas de refus de la famille du Gouverneur : se retirer dans un Temple très lointain. Hui Kânhao baissa la tête à son tour, se maudissant d’avoir éprouvé de la joie en espérant garder sa sœur. Il essaya de consoler sa mère en l’entourant de ses bras puissant et en posant sa tête sur sa poitrine.

Pendant ce temps, Maître Tao était parti vers les appartements de sa fille.

Ne sois donc pas si pressée, ma fille… Ce que j’ai à te dire va te meurtrir le cœur, mais tu es courageuse et je ne vais pas prendre des chemins de traverses pour te l’annoncer : Cao Shan va s’unir à la sœur de notre Empereur. Je me mets à la place du Gouverneur, cette offre est un ordre déguisé et il ne peut pas refuser. Ainsi, il n’y a plus de cérémonie prévue pour d’éventuelles prétendantes. Tu ne peux pas rivaliser avec une telle opportunité. Cao Shan n’aura pas le choix non plus.

Chün avait chancelé et s’était réfugiée dans les bras de son père. Ainsi, les ancêtres qu’elle avait tant priés n’avaient rien pu faire pour elle devant la puissance de l’Empereur Sun Liu Ma. Elle en éprouva de la haine… Contre l’Empereur, contre le pouvoir, contre tous les hommes.

J’avais décidé de partir et je ne changerai pas d’avis. Il faut que je retourne au Palais prendre mes affaires et démissionner de mon poste auprès de l’Impératrice et de la mère de Cai Cai. Ensuite, j’irai où je t’ai dit. Pour moi, ici, il n’y a plus aucun avenir. Je vieillis, mon père, et si je ne trouve pas de mari pour avoir des enfants, les livres m’accepteront toujours et me livreront leurs secrets, rides ou pas… Mes yeux voient… Je n’ai pas à me plaindre. Adieu, mon père.

Tao Luânshi serra sa fille dans ses bras et lui donna sa bénédiction, retenant ses larmes. Cette belle enfant qu’il avait conçue, aimée et éduquée dans l’amour des belles écritures, voilà qu’il l’avait trop longtemps gardée pour lui et il avait fait son malheur par égoïsme. Il alla se recueillir sur l’autel des ancêtres de la famille et pleurer tout son soûl, caché au regard des autres.

* * *

De retour au Palais Impérial, Chün Mûdân, accompagnée de Yù Liè, empaqueta ses livres pour en faire livrer la majorité chez ses parents, n’en gardant qu’une dizaine pour la suivre dans son voyage. Sa servante s’occupa des vêtements et des ustensiles de cuisine, de la vaisselle de terre ou de porcelaine, des objets de toilette et des bijoux de sa maîtresse. Chün piqua dans ses cheveux, comme une provocation au destin, l’épingle de saphir qui ne lui servirait plus que d’ornement.

Elle alla ensuite s’enquérir d’une entrevue avec l’Impératrice pour prendre congés et annoncer son départ pour le Temple de Beomkang. Nul doute que cette grande Dame, Mère de tous, aurait eu vent de ses déboires et comprendrait ce départ. Quant à sa destination, elle ne pouvait qu’être considérée avec admiration.


* * *


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Dans l'ombre des livres [Pv : Chün Müdan]
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