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 Dans l'antre de la "Lune Rouge" (solo)

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Suno Uji

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MessageSujet: Dans l'antre de la "Lune Rouge" (solo)   Lun 15 Sep - 20:14

Les jours passèrent. Les nuits s’écoulèrent. Les routes furent avalées. Dormir chez l’habitant, demandant l’hospitalité d’une nuit. Prendre le pouls des populations. Tous les villages qu’ils purent traverser leurs firent bon accueil. Partout les gens aimaient les soldats de la « Lune Rouge ». Ils étaient l’élite des armées de ce royaume et l’orgueil de tout un peuple. Les gens croyaient en eux. Suno était toujours touché par ces marques d’affection et de respect.
Plusieurs jours de voyage étaient nécessaires pour se rendre au Temple de Soyeo. Le chemin était long et la fin du périple était éprouvante après un si long voyage. Leurs prédécesseurs ne s’étaient pas trompés en nichant le Temple au cœur des montagnes, près des pics enneigés.
Le chemin qui y menait était unique et dangereux. Soumis à la rudesse du climat en hiver, la route souffrait malgré l’entretien dont elle faisait l’objet. Elle était une épreuve pour les hommes et les chevaux. Mais c’était le prix à payer pour atteindre Soyeo, pour atteindre le cœur de la « Lune Rouge ».

Suno et ses deux compagnons de voyage virent alors l’objet de leur périple. Au détour du virage, il apparut, comme suspendu dans les airs, à flanc de montagne. Le Temple de Soyeo. Le soleil à son zénith éclairait de ses rayons les toits sombres soutenus par des armatures écarlates. Pour le moment était simplement visible la cour faisant office de parvis et la grande porte du Temple. Le vrai trésor se cachait derrière ces portes aux boiseries blanches et rouges.

Suno eut un léger pincement au cœur, comme toujours, en voyant cet endroit, ce parvis pour être précis. Il savait qu’il était un enfant abandonné. Il ne savait rien de ses parents si ce n’est qu’ils lui avaient donné un nom, comme pour lui montrer un quelconque attachement avant de le laisser ici. Une ultime marque d’affection, la seule, avant de se débarrasser de lui. Il savait que cela n’avait pas dû être facile, du moins l’espérait-il. Ainsi était il peut être aimé de ceux qui lui avaient donné la vie.

Il secoua la tête, il n’aimait pas être ainsi assaillit par la mélancolie. Ce qui est fait, est fait. Il ne peut revenir là dessus. Il avait stoppé son cheval, laissant les deux soldats passer avant lui. Il regarda une dernière fois le parvis. Il fit un bruit de bouche, donnant ainsi à son cheval le signal du départ. Il lui fit parcourir la route qu’il restait à franchir et se trouva devant les portes. Les deux soldats l’attendaient. Un bruit de cor se fit entendre ainsi qu’un bruit de gong. On annonçait son arrivée.

Les portes s’ouvrirent lentement. Suno mit son cheval au pas et lui fit adopter la démarche qu’il convenait, qu’il lui avait apprise au prix de longues séances d’entrainement. Un pas de défilé et qui lui seyait assez, de l’avis de Suno. Cela renforçait son côté fier et conquérant. Les soldats se massaient de chaque côté de l’artère principale, formant des unités, se mettant au garde-à-vous, face à face.

Suno défilait au milieu d’eux. Ils étaient sa famille, ils étaient ceux à qui il devait tout. Il était celui qu’il était aujourd’hui grâce à eux. Jinryon caracolait avec grâce au milieu d’eux. Il imposait le rythme de la marche.
Le Commandeur regardait ces hommes le saluer et leur rendait leur salut. Il était fier d’être l’un d’eux et donnerait sa vie pour chacun des soldats qu’il pouvait voir. Il grimpa avec son cheval les volées de marches qui séparait la cour basse de la cour haute. Un escalier séparé en trois paliers successifs séparait les quartiers bas de la structure principale du Temple. Une source était au centre de la cour supérieure, elle jaillissait directement du cœur de la montagne et s’écoulait au milieu de l’axe principal avant de s’enfoncer sous terre avant les portes et de rejaillir sous le pont menant au parvis.
Suno en fit le tour en caracolant, les deux soldats pouvant ainsi se positionner derrière lui. Il devait se trouver face à ses hommes avant de descendre de cheval.
Il stabilisa Jinryon et posa pied à terre. Les unités assemblées effectuèrent alors un quart de tour pour se trouver face à lui. Il dégaina son arme et la levant, les "Lunes Rouges" s’écrièrent :
À la Vie, À la Mort !


La clameur reprise par toutes ces voix était un moment d’une rare intensité. Il rengaina son arme et rentra dans le Temple. L’arrivée du Commandeur n’était pas toujours ainsi, heureusement. Cette entrée se faisait alors que le Commandeur avait résidé un certain temps en dehors du Temple. Quand il s’absentait pour une longue période avait lieu un cérémoniel très strict et codifié avec une sortie solennelle et une entrée solennelle.
Lorsqu’il résidait ici, tout cela était inutile, les entrées et sorties se faisaient quasi-anonymement.

Il se présenta devant les portes du Temple. Le Grand-Prêtre était là et l’attendait. Il était chez lui désormais.
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Suno Uji

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MessageSujet: Re: Dans l'antre de la "Lune Rouge" (solo)   Mer 17 Sep - 2:26

Suno se présenta devant le Grand-Prêtre qui inclina respectueusement la tête en souriant. Le Commandeur inclina également la sienne puis ils se donnèrent l’accolade.

Bon retour parmi nous, Commandeur.

Je vous remercie Renji. Ça fait du bien d’être ici.

Le prêtre acquiesça et souriant.

Je vais vous laisser vous installer avant de vous parler administration.

Je vous en remercie. Je ne serais pas long, je vous rejoints à mon bureau.

Il s’inclina et le prêtre lui rendit son salut avant de faire demi-tour, deux autres prêtres le suivant. Se redressant, il pénétra dans l’enceinte intérieure. Il suivit le chemin qui serpentait entre les cours d’entrainements, les dojos, les divers bosquets d’arbres, les autels et autres sanctuaires. Il entendait les ordres des instructeurs, des entrainements avaient lieu dans les dojos. Les plus jeunes des « Lunes Rouges » y recevaient les bases de leurs vies futures. Suno ralenti le pas, demanda aux deux hommes qui le suivaient de l’attendre ici. Il s’approcha prudemment et jeta un œil à l’intérieur. Ces enfants devaient avoir une dizaine d’années. Ils maniaient des Bo adaptés.
Le Commandeur sourit et décida d’entrer. L’instructeur le vit et stoppa l’exercice.

Les enfants ! Garde à vous ! Présentez vos respects au Commandeur Suno.

Ses jeunes élèves posèrent leurs Bo à terre, se tinrent droit et s’inclinèrent.

Bonjour à vous, Commandeur Suno.

Le soldat sourit de bon cœur et s’inclina légèrement pour leur rendre leur salut.

Bonjour à vous les enfants, avenir de la « Lune Rouge ».

Puis se tournant vers l’instructeur.

Je vous en prie, continuez, ne vous occupez pas de moi. Je veux simplement observer un peu.

L’instructeur hocha la tête et fit un geste de la main. Les enfants reprirent alors leurs armes et suivant les onomatopées de leur maitre, continuèrent leur exercice. Par courtes injonctions, les enfants enchainaient des mouvements appris depuis plusieurs années. Ils étaient tous torse nus et on pouvait déjà voir le dessin de leur musculature se faire jour. En voyant ainsi ces jeunes êtres Suno était fier, la relève était assurée, la « Lune Rouge » continuerait sa mission et ces enfants seront ceux qui l’accompliront.  

Il resta ici une dizaine de minutes, hochant la tête de satisfaction. Il prit alors congé et se rendit à ses appartements, situés au fond de l’enceinte du Temple, adossés à la montagne. Ils comprenaient un bureau privé avec une pièce attenante qu’il avait fait aménager pour contenir sa bibliothèque. Il existait une autre pièce, dissimulée qui contenait sa collection d’armes anciennes. Un pan des rayonnages de la bibliothèque pivotait afin de libérer l’accès. La pièce était éclairée par un toit fait entièrement en verre.

Un petit couloir permettait l’accès à sa chambre, une grande pièce carrée où la lumière était savamment répartie grâce à un habile jeu d’ouvertures. Deux portes s’ouvraient et une volée de marches desservait un jardin privatif. Il était muni d’une petite cour pavée où il s’entrainait et dans le fond, derrière un bosquet d’arbres, une source d’eau chaude jaillissant directement de la montagne.

Les portes étaient ouvertes, ses appartements préparés. Il fit un geste de la main et les deux hommes disparurent. Il pénétra dans son bureau pour y déposer son casque et son armure puis passa dans sa chambre. Là il ôta sa tenue complète pour aller se délasser à la source.
********************************

Il entendait le Grand-Prêtre qui discutait avec l’intendant général du Temple. Il entra dans la salle et avisant un mouvement de leur part :

Non, non Messieurs. Ne vous dérangez pas. Je m’excuse de mon retard, j’avais besoin de me délasser un peu après le voyage.

Il se massa légèrement le cou. Il avait enfilé simplement un durumagi sur ses épaules, ne portant rien en dessous et avait un baji rouge, les cheveux ballants. Sa tenue aurait provoqué l’ire de bien du monde au palais royal, mais ici c’était différent. Il s’accordait quelques écarts au protocole.

Bien, par quoi commençons nous ?

Voyons d’abord les nouvelles recrues puis attelons nous à l’approvisionnement, aux travaux, aux commandes des armureries.

Suno frappa dans ses mains.

Bien. Et bien allons-y.

Un serviteur entra, portant un plateau avec un service en porcelaine. Il leur versa le breuvage chaud et s’éclipsa. Les heures suivantes furent longues et studieuses.
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Suno Uji

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MessageSujet: Re: Dans l'antre de la "Lune Rouge" (solo)   Jeu 18 Sep - 11:32

Voilà plusieurs heures que les trois hommes devisaient. La journée était déjà bien avancée. L'arrivée  de Suno, quasiment en milieu de journée et le temps qu'il avait prit avant, avait repoussé cette entrevue et donc sa conclusion. Ils avaient déjeuné dans le bureau, ne s'accordant aucune pause. Les affaires du Temple était bien gérées en l'absence du Commandeur mais il était de son devoir de se tenir au courant de tout ce qui avait pu s'y dérouler en son absence.

Il s'était absenté deux mois. Cinquante nouvelles recrues étaient venues grossir leurs rangs, dont trente enfants. Vingt jeunes adultes repérés par des soldats expérimentés ou des officiers avaient également été intégrés. Ils allaient recevoir un entraînement particulier du fait de leur âge d'incorporation.
Les nombreuses cultures d'hiver avaient bien donné et celles de printemps étaient bien parties, les divers troupeaux alloués au Temple commençaient à sortir peu à peu. Les marchés alentours étaient bien approvisionnés et dans la semaine qui suivait allait se dérouler une foire importante drainant beaucoup de marchands dans la région.

Les bâtiments avaient bien supportés l'hiver qui n'avait pas été trop vigoureux, ce qui avait évité de nombreux désagréments. Suno était déjà plus au fait des commandes d'armes, ayant été l'intermédiaire privilégié à ce moment là au palais. Les forges et les hauts fourneaux tournaient à plein rendement. Il y avait d'ailleurs un nouvel artisan qui avait été engagé. D'après l'Intendant, il se serait directement présenté au Temple afin de montrer son travail.Ayant été mis à l'épreuve, il avait réalisé une arme d'excellente facture dans les temps impartis.
L'intendant amena ladite arme au Commandeur. Il s'agissait d'un No-Dachi, Suno sut l'apprécier en connaisseur. Il aimait se battre avec cette arme car il trouvait une certaine grâce à sa manipulation. Il la sortit du fourreau et fut intrigué par la couleur sombre de la lame. L'artisan leur avait indiqué un ajout de poudre d'obsidienne lors de la fonte de l'acier. Un filigrane d'argent au niveau de la garde dédiait l'arme aux dieux de la guerre et de la justice, se voulant leur serviteur sur cette terre. Suno entreprit quelques mouvements et put constater qu'elle était parfaitement équilibrée. Il ressentit également une étrange sensation de chaleur. Il se promit de parler à cet artisan dès le lendemain.

Ils finirent alors que le soleil se couchait par delà les montagnes. Les prêtres psalmodiaient les prières du soir.

*************************

Le sommeil le quitta à l'aurore, comme toujours. Il n'était pas un gros dormeur et ne l'avait jamais été. Réveillé, il se leva et fit ses étirements matinaux ainsi que sa méditation. Au milieu de la source chaude se trouvait une grosse pierre plate sur laquelle il aimait s'installer pour cette activité.
Un serviteur lui apporta alors sa collation du matin : fruits frais, riz gluant sucré ainsi que diverses viandes blanches. Du thé, d'un noir profond, permettait de compléter ce repas.

Suno décida d'aller se mêler un peu à ses hommes. Il aimait à partager leur quotidien, être proche d'eux. Il était l'un d'eaux avant d'être leur Commandeur, ainsi il participait à leurs entraînements dès qu'il le pouvait. Sortant de ses appartements, il alla d'abord à la volière. Il se doutait que Choi Young ne lui avait pas encore écrit mais tenait à avertir le maître fauconnier de son arrangement avec le capitaine, il devait donc lui apporter le message sans attendre lorsqu'il en recevrait un.
Il prit ensuite le chemin d'une cour d’entraînement. Celle qu'il avait choisit ce matin était une cour de seniors, ces hommes avaient tous le même âge que lui. Il était de leur génération, il avait combattu avec eux et avait été élu par eux.

Il se présenta à l’armurerie attenante en prit un Bo, ce matin l’entraînement concernerait cette arme. Il sortit de la pièce qui faisait office d'antichambre et arriva en haut d'un escalier qui desservait la cour en contrebas. Des hommes étaient déjà présent, certains s'échauffaient d'autres discutaient. Il sourit, inspira un grand coup et descendit. L'un d'eux le repéra et le signala au groupe dont il faisait partit. Ils le saluèrent alors en s'inclinant.

C'est un honneur de vous voir ici, Commandeur.

Allons, relevez vous soldats. Vous savez très bien que lorsque je suis ici, je suis un soldat suivant l’entraînement, comme vous. Pas de protocole, pas de hiérarchie ni de ronds de jambes.

Ils se relevèrent, un léger sourire gêné et l'un d'eux prit la parole.

Disons que ce n'est pas facile, Commandeur. Vous êtes notre supérieur et étant militaire, nous avons des règles bien ancrées.

Oui je le sais bien, c'est pour ça aussi que je ne vous en tiens pas rigueur. Mais n'oubliez pas que si vous me voyiez ici, soyez vous même. Ne vous en faites pas.

Il leur sourit et ils le lui rendirent. D'autre soldats venaient le saluer, discuter, prendre des nouvelles de la capitale. Une injonction se fit alors entendre. L'exercice allait débuter. Il s'alignèrent, séparés tous de 3mètres, leur Bo au côté. L'instructeur était face à eux, son Bo en main. Il le fit tourner et se mit au garde à vous : Bo dans la main droite, incliné vers l'arrière, reposant sur l'avant bras ; main gauche devant, ayant juste l'index et le majeur levé ; jambes fléchies, celle de gauche en avant, le pied légèrement sur la pointe. Ils le saluèrent également et d'une onomatopée l'exercice commença. Ils enchaînaient les mouvements appris depuis l'enfance, faisant virevolter les Bo dans une danse parfaitement maîtrisée.
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Suno Uji

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MessageSujet: Re: Dans l'antre de la "Lune Rouge" (solo)   Lun 22 Sep - 16:57

Rien ne s'échappait de la cour, si ce n'est quelques courtes injonctions, de faibles bruissements d'air dû à la manipulation du Bo et le bruit du frottement des Baji. Les hommes étaient concentrés, leurs regards fermes, comme détaché de ce monde. Les mouvements étaient parfaitement synchrones et s'exécutaient en une chorégraphie parfaite. Un bruit trouble cette harmonie : les Bo ont frappé le sol d'un coup puissant, ils s'envolent alors vers l'arrière, tournent au dessus de la tête, balayent l'air derrière eux ; parent un coup venant de l'avant et ils frappent l'air de leur pointe, de même que les hommes exécutent un coup de pied sauté.

L’exercice prend fin ainsi. Les hommes saluent l'instructeur et commencent à se disperser. Suno est de nouveau interrogé, il reconnaît certains hommes avec qui il a combattu et qui faisaient parti de son ancienne unité alors qu'il n'était que capitaine. Il s’enquiert d'eux, de leur santé, de leur famille. Il passe ainsi une heure de plus à parler avec eux, ils ont depuis longtemps quitté la cour d’entraînement et discutent en dehors du Temple, sur les marches menant à la cour basse. Pourquoi cet endroit ? C'est un lieu que Suno affectionne, de là il peut prendre la mesure des hommes qui aident la « Lune Rouge » dans sa tâche. Il doit également s'acquitter d'une autre tâche, il porte dans le dos le No-Dachi forgé par le nouvel artisan et doit aller le voir.

Une cloche sonne, les hommes doivent alors se rendre à un autre entraînement, Ils saluent Suno et repartent. Ce dernier se lève alors et descend les nombreuses marches menant à la cour basse. Il ne sait pas à quoi ressemble ce nouveau venu, il connaît juste son nom : Suo. Il espère que certains sauront l'aider. Arrivé en bas des marches, il tourne à droite, directement dans le quartier de l'artisanat. Malgré le fait qu'il ne porte aucun signe distinctif, les artisans le reconnaisse et le salut. Pourtant ainsi vêtu, nombreux sont ceux qui le prendrait pour un simple soldat, il ne portait que le baji de l’entraînement et marchait pieds nus. Il en profita pour demander où il pouvait trouver Suo. Les premiers en avaient entendu parlé sans pouvoir l'aider, au cinquième essai, on lui indiqua un atelier proche d'où sortait le bruit de nombreux martèlement. Il semblait en plein travail. 

Le Commandeur s'approcha et décida d'entrer malgré tout. La première pièce était petite, elle servait juste d'antichambre à l'atelier qui se situait à l'arrière. Il vit alors l'homme qui était dans l'encadrure de la porte. Il le vit également et stoppant son travail se dirigea vers lui. Moins grand que Suno, il possédait des traits fins contrastant avec son corps musclé. Il écarta une mèche de cheveux lui tombant devant les yeux et s'essuyant le visage avec un linge il prit la parole :

Bien le bonjour monseigneur, que puis-je faire pour vous être agréable aujourd'hui ?

Il arborait un grand sourire semblant sincère.

Bien le bonjour, monsieur. C'est une simple visite de courtoisie, l'on m'a dit que vous étiez nouveau parmi nous, ainsi je me permets de venir vous voir afin de vous connaître mieux. Permettez que je me présente, je me nomme Suno.

Il inclina légèrement la tête en guise de salut poli. Le regard de l'artisan ne changea pas, il ne savait peut être donc pas qui il avait devant lui. Cela plut au Commandeur, enfin un peu d'anonymat. Il s'inclina à son tour, lui rendant son salut.

Je suis Suo et effectivement je suis arrivé récemment. Cela fait un mois que je suis dans cette enceinte et que je travail pour la gloire de la « Lune Rouge » et c'est un plaisir chaque jour renouvelé. Il est plaisant de voir ses créations utilisées par des soldats si prestigieux.

Il avisa l'arme dans le dos de Suno et la montra du doigt.

Vous désirez que je jette un œil à votre lame ? Je peux également vous conseiller quelques menus gestes d'entretien qui permettront à celle-ci de se prolonger dans le temps.

Suno secoua la tête.

Non, je vous remercie, cette lame est neuve et c'est justement à ce propos que je viens vous voir.

Il la dégaina d'un geste ample, la lame noire brillant à la lumière du jour s'engouffrant par la porte. L'artisan la reconnut de suite, son regard changea et s'illumina de fierté. Il le considéra aussi autrement.

C'est une lame magnifique que vous avez forgé ici et je tenais à voir l'homme qui l'avait réalisée. Je suis fier que vous soyez parmi nous et que vous mettiez votre savoir faire au service de notre communauté.

Seriez-vous Suno Uji ? Le Commandeur ?

A cette remarque, il ne put s'empêcher de sourire et il acquiesça.

Tout à fait, mais je vous en prie, ne changez rien à votre comportement, j'aime assez le côté détendu de cet entretien et ne veux pas qu'il devienne plus formel. Je suis ici chez vous.Cette arme est absolument magnifique, cette couleur la rend, je trouve, exceptionnelle. Et elle est très agréable de maniement, l'on ressent comme une douce chaleur, c'est très appréciable. Comme si elle vivait dans nos mains.

Vous dites avoir ressenti de la chaleur ?

Oui, tout à fait. J'ai fait quelques manipulations et j'ai ressenti comme une vague de chaleur se répandre dans mon corps.

L'artisan le regarda en souriant puis il regarda l'arme, son regard allant de l'un à l'autre, comme s'il semblait réfléchir.

Si ce que vous dites est vrai alors cette arme ne peut que vous appartenir. Il faut que vous sachiez que nous autres, artisans, voyons nos créations comme des êtres vivants. Elles sont douées de vie et ressentent des émotions. Et une chose que ne savent pas les gens, c'est qu'elles choisissent leur propriétaire, celui qu'elles jugent digne de les manipuler et je pense que c'est ce qu'il s'est passé. Par cette chaleur, elle a communiqué avec vous et vous a accepté.

Suno lui jeta un regard interrogateur.

Les armes vivent et nous choisissent ?

Oui … . Je sais que c'est une chose qui paraît incroyable mais lorsqu'un artisan mets son cœur et son âme dans une de ses réalisations, cela se ressent et se transmet de cette façon. Elles prennent vie.

Il écarta les bras comme si cette phrase était un argument irréfutable et à accepter tel quel. Il souriait toujours.

Cette arme est désormais votre et vous êtes sien, pour ainsi dire.

Suno regarda alors le No-Dachi entre ses mains. L'arme lui semblait pulser dans ses mains. Il se ressaisit et la leva afin de l'examiner plus en détails. Il murmura alors :

Ainsi, tu m'aurais choisi … Si c'est le cas, je vais tâcher d'être digne de ta confiance.

Il l'a rengaina et continua de discuter avec l'artisan quelques minutes avant de prendre congé.

Le reste de la journée se passa dans la routine de la vie au Temple de Soyeo. Il déjeuna avec le Grand-Prêtre et l'Intendant avant de s'atteler à l'administration dans l'après-midi. Il trouva du temps pour lui en fin de journée, avant que le soleil ne décline. Il put alors s'adonner à ses exercices et passa plusieurs heures à répéter ses katas. Que ce soit avec des armes ou bien à mains nues, les hommes de la « Lune Rouge » se devaient de les maîtriser parfaitement.
Les yeux fermés, il évoluait lentement, passant d'une position à l'autre, enchaînant les coups, attaques et parades diverses. Il se concentrait afin d'en ressentir chaque détail, de ressentir chaque effet sur son corps. Il était à l'écoute de lui-même. Lorsqu'il sortit de cet état de semi-conscience, la nuit était tombée et le soleil n'était plus qu'une lueur orangée à l'horizon.
Il se délassa et dîna frugalement avant de consulter divers ouvrages dans sa bibliothèque. Ne parvenant pas à trouver le sommeil, il alla se promener sur le rempart extérieur. Vêtu comme le matin, il portait simplement son Dao à la ceinture. Les hommes le saluaient et il prenait le temps de leur parler.
Il grimpa à une tour de guet et scruta le paysage vers la vallée. De faibles lueurs étaient visibles, celles des villages permettant l'approvisionnement du Temple. Il mit les mains dans le dos et inspira l'air à pleins poumons. Il se sentait apaisé ici.
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MessageSujet: Re: Dans l'antre de la "Lune Rouge" (solo)   Mar 23 Sep - 13:26

Cela faisait une semaine maintenant qu’il était de retour. Il avait reçu deux fois des nouvelles du Capitaine Choi Young, il venait juste de répondre aux dernières. Une menace planait et le Capitaine ne pouvait rien en dire, cela préoccupait Suno. Le maître fauconnier était venu le chercher avant que l’aube ne soit levée, il avait ainsi pu répondre rapidement au capitaine et Suji était reparti depuis quelques minutes.
Le Commandeur et le maître étaient montés sur les remparts et lui avait donné son envol. Ils avaient regardé l’animal prendre son envol dans la lueur blafarde du soleil levant. Ils avaient de nouveau discuté de ce faucon et de la beauté qui s’en dégageait. Le fauconnier avait alors improvisé quelques vers sur ce que lui inspirait l’oiseau.
Suno l’avait écouté et s’était laissé aller à la rêverie que ces derniers appelaient. Ils avaient ensuite pratiqué une séance de méditation sur les remparts, le vent de l’Est les balayant de sa puissance et apportant avec lui les fragrances délicates du marché aux épices qui se préparait dans le village le plus proche. Un des foires les plus importantes de la région et l’une des plus prisées, Suno appréciait y déambuler le plus simplement du monde.

La matinée se passa comme toutes les autres, il participa à plusieurs entrainements, supervisa ceux des enfants, passant parmi eux afin de les aider, de leur distiller ses conseils. Il assista également aux cours théoriques de stratégie. Il assista aux offices des prêtres et à diverses libations. Leng arriva presque à l’heure du déjeuner alors que Suno s’apprêtait à partir pour la foire. Le prêtre ne voulut rien entendre et décida de le suivre.
Un groupe de « Lunes Rouges » descendit ainsi vers la vallée, tous étaient en habits normaux mais leur stature rappelait leur rang et leur origine.

Ils déposèrent leurs chevaux dans un sanctuaire proche et déambulèrent parmi la foule. Les senteurs les enveloppaient : curry, safran, poivre noir, cardamone, ... . Tout se mêlait et s’entremêlait en une vaste danse de saveurs. La place centrale était couverte d’étals, de marchands ambulants, de jongleurs et dresseurs d’animaux. Il y avait là un éleveur d’oiseaux possédant des perruches et des perroquets multicolores et Suno s’amusait de voir le regard émerveillé des enfants devant ces animaux. Ils semblaient tous en vouloir un et les montraient avidement du doigt. Les soldats sourient et se dispersèrent, chacun vaquant à ses occupations.

Leng et Suno marchaient ensemble et discutaient des dernières nouvelles du palais et de la capitale. Ils déjeunèrent en regardant un spectacle de jonglerie et d’acrobaties. Les différents mets préparés ici l’étaient avec les nombreuses épices vendues. Ils n’étaient ni complexes ni fait avec des viandes de toute première qualité ou des plus chères mais ils exhalaient une saveur que le Commandeur n’avait jamais retrouvée ailleurs. Ils étaient simples et en cela exceptionnels. Suno était en train de déguster un nougat quand il fut pris à parti afin de participer au spectacle. Il essaya de refuser poliment mais Leng le poussa plus fermement vers les saltimbanques, en rigolant. Il devait faire tourner des assiettes sur un bâton. Un numéro de jonglerie qu’il n’avait jamais pratiqué, cela avait l’air simple mais c’était une impression. Il fracassa plusieurs assiettes avant de réussir à en faire tourner vaguement une qui tomba mais qu’il rattrapa de justesse en souriant. Les gens applaudirent et il se prit au jeu en les saluant. Leng riait de bon cœur et Suno se promit de se venger.

Ils lui mirent ensuite des balles dans les mains afin de jongler, cela il savait faire, du moins il se débrouillait et ne s’en sortit pas trop mal jusqu’à 5 balles, ensuite ce fut autre chose. Il refusa poliment une troisième participation et rebroussa chemin sous les applaudissements. Ils poursuivirent leur chemin et la journée se passa ainsi, dans la quiétude la plus totale et la plus parfaite. Aucun évènement imprévu ne vint perturber la journée. Des marchands le reconnurent et il se retrouva rapidement au cœur de l’attention de plusieurs personnes. Certaines s’enquerraient de la vie de la capitale, d’autres de la vie au Temple et de celle du pays. Des présents leur furent fait, ils ne pouvaient refuser, cela auraient été offensant pour ces gens. D’autres voulaient leur confier leur enfant. Pour cela, Suno leur demanda de venir directement au Temple et de murement réfléchir à leur décision. Ce n’était pas un choix à prendre à la légère.

La foire se conclua par un tirs de feu d’artifices à la fin de la journée. Leng et Suno avaient chacun sur leurs épaules un enfant qui avait voulut voir le spectacle avec eux. Comment auraient ils pu refuser cela à un enfant ? Voir leur sourire s’épanouir était une félicité.
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Suno Uji

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MessageSujet: Re: Dans l'antre de la "Lune Rouge" (solo)   Jeu 25 Sep - 12:03

Les premières lueurs de l'aube étaient encore loin. Une ombre avance sous la clarté blafarde de la lune. Une silhouette encapuchonnée flirt avec le crépuscule. Elle grimpe à une tour de l'enceinte extérieure. Deux soldats sont en faction, un brasero installé au centre du carré. Incrusté dans un bloc de pierre,il dispense sa chaleur sans montrer sa lumière. Ils regardent l'homme monter et s'incline respectueusement.

Commandeur.

Allons soldats, relevez-vous. Comment se déroule votre nuit ? Calme, j'imagine.

Oui seigneur, très calme.

Comme toujours.

Il est souhaitable que ce soit ainsi, cela signifie que nous sommes en paix.

Vous avez raison soldat. Allez, je vais prendre le relais. Allez prendre un repas chaud et un repos bien mérité.

Mais Commandeur, ce n'est pas votre rôle … .

C'est autant le mien que le votre. De plus, je ne parviens plus à trouver le sommeil. Autant que vous puissiez en profiter. Allez, dépêchez-vous.

Mais … .

Vous allez m'obliger à vous l'ordonner … . Allez … Vos lits vous attendent.

Il leur fit signe de partir en souriant.

Merci, Commandeur.

Ce n'est rien.


Les deux hommes le saluèrent et il le leur rendit. Il se tourna ensuite vers l'extérieur et avança au bord du parapet de la tour. Il jeta un œil en bas. On tombait à pic sur une bonne trentaine de mètres, pour s'écraser sur le flanc de la montagne. La chute continuait ensuite, abrupte jusqu'au racine de ce mont. Il releva les yeux et ils se portèrent vers le pont, unique porte d'entrée du Temple. Des torches brûlaient à intervalles réguliers ainsi que sur la dernière portion de la route. De toute façon, il fallait être fou pour emprunter cette route de nuit. Il soupira, secouant la tête, chassant ses souvenirs et ses sentiments. Voilà cinq jours que Suji était reparti.

Il regarda alors vers la vallée mais le plafond nuageux était bas et cachait sa vue. Il se mit à déambuler et à observer la structure entière sous la lumière argentée. Il se dit que s'il devait un jour se mettre à la peinture, ce serait pour ce spectacle. Il savait que le prédécesseur du dernier Commandeur était versé dans l'art de la poésie. Il faudrait qu'il en approfondisse sa connaissance pour voir s'il avait put profiter de ce spectacle. Rien n'était moins sûr, il savait qu'il avait une attitude assez différente, voire par certains côtés, radicalement différente de ses prédécesseurs. Il était resté un soldat avant tout.


Le soleil montre ses rayons timidement tandis que les hommes s'éveillent. Le gong du Temple et les chants de prières des prêtres s'élèvent dans la montagne. Suno est toujours à son poste et effectue divers katas et entraînements. Avisant l'aube, il avait prit sur lui de s’entraîner dans l'espace plus exigu que représentait le fait de la tour. Ayant dégainé son Dao, yeux fermés, il exécutait les mouvements avec rapidité, fluidité et dextérité.
La lame fend l'air et semble le couper. Le son que l'on perçoit est celui du frottement de l'air sur l'arme, un léger chuintement, un léger bruit de vent. Il tourne sur lui même, feinte, se fend, pare et contre-attaque. Ses yeux sont clos, ses paupières bougent rapidement, ses yeux suivant le mouvement d'un adversaire imaginaire.
Il saute et se retrouve sur les créneaux, il passe de l'un à l'autre en continuant de … danser. Il n'y a pas de terme plus approprié pour décrire son évolution. Une dernière parade, il donne un coup de pied latéral au niveau du visage de son adversaire, le haut de son corps au-dessus du vide … . Il se redresse et saute avec un mouvement circulaire de son arme. Il retombe, comme incliné devant son Roi, genou droit à terre, jambe gauche pliée. L'index et le majeur de sa main gauche devant sa bouche en un salut, son bras droit tendu en arrière, le Dao fermement enserré dans sa main.

Il se redresse, toujours les yeux fermés, fait tourner son Dao et le rengaine. Il reste ainsi quelques minutes, droit, se concentrant sur sa respiration et ce qui l'entoure. Il est serein, maître de lui-même.

Ré-ouvrant les yeux, il est légèrement ébloui, il jette un dernier regard autour de lui et repart.

La matinée se passe ensuite dans la routine quotidienne, les rapports afflux. Les troupes des « Lunes Rouges » sont nombreuses et leurs rangs pourraient croître encore plus vite mais il est important que cela ne se fasse pas au détriment de leur excellence. Suno était fier en voyant les rapports de dénombrements ainsi que les différentes possessions des « Lunes Rouges ». Si le royaume était attaqué, ils étaient prêt. Il ne souhaitait pas une telle chose mais devait pourtant se tenir préparé. Il n'avait aucune confiance envers les Empires voisins. Et préférait préparer la guerre pour maintenir son peuple dans la paix et le Roi avait la même philosophie, ce qui était à son sens une bonne chose.

Il avait prévu pour l'après midi un entraînement particulier. Il réunit une vingtaine de soldats, qui avaient combattu à ses côtés, avec lesquels il avait été élevé. Dans la cour la plus excentrée, ils l'attendaient, chacun un Bo en main. A son arrivé, ils se saluèrent comme il se devait.

Messieurs, cela fait bien longtemps que nous ne nous sommes vu pour cet entraînement. J'espère que vous n'avez rien perdu de votre dextérité.

En parlant, il marchait, faisant tourner son Bo et s'étirant le cou, les soldats l'écoutant et faisant de même.

Souvenez-vous, ne retenez pas vos coups, contrôlez-les, maîtrisez-les. N'hésitez pas à finir votre geste et à m'asséner une frappe si vous le pouvez. Moi, je n'hésiterai pas. La « Juste correction » comme disait mon prédécesseur.

Il faisait toujours tourner son arme devant lui et sur les côtés, dérouillant ses bras.

Vous faites parti des hommes en qui j'ai le plus confiance, nous nous connaissons depuis bien longtemps, pour certains depuis l'enfance.

Trois hommes sourirent.

Oui, vous vous en souvenez.

Il leur sourit en retour.

Pour les autres, nous avons combattu et nous sommes entraînés ensemble. S'il devait y avoir une guerre, j'y participerais avec vous à mes côtés … . Messieurs. HAY !

Par cet interjection, il lança le début du combat. Il donna lui même le premier coup en faisant tourner son Bo au-dessus de sa tête et le bloquant, main droite à sa base, main gauche un peu plus haute, il donna un coup latéral en appuyant l'arme sur son bras gauche. Le soldat l'évita et commença alors l'affrontement. Quelques cris, des bruits sourds, le claquement des armes et des vêtements emplirent la cour. Il évita deux attaques et mis un adversaire à terre, le Bo le frappant dans les côtes. Il para d'autres attaques, firent de même, trois autres tombèrent.

N'hésitez pas. Je vous l'interdis. Contrôlez !

Il mit son Bo derrière sa tête et tourna sur lui même pour lui donne de l'élan, lâcha le côté gauche, l'arme tourna autour de son cou et il la retint quand elle se détendit vers le visage de son adversaire. Ce dernier para et Suno absorba le choc avant de récupérer son arme. L'assaut se poursuivit encore quelques minutes, ils ne parvenaient pas à le toucher.

Plus de convictions soldats !

Il donna un coup de la pointe de son Bo, elle fut déviée et termina son mouvement par un coup dans l'épaule de son vis-à-vis. Il avisa un mouvement sur son côté droit mais il fut trop lent et se prit un coup dans les côtes, son mouvement se terminant sur les bras du soldat.

Ils reculèrent alors, se remettant au garde à vous. Suno se redressant, les regarda avec un sourire.

Voilà, voilà ce que j'attends, vous êtes rouillé un peu. Il est vrai que cette semaine je n'ai pas eut le temps de me consacrer à vous.Lors de mon prochain voyage à la capitale, vous viendrez avec moi, ce sera le mieux. Bien. Reprenons. HAY !

Il reprit l'assaut, ses hommes repartant au combat. L'après midi se passa ainsi. Par la suite, plutôt que de se quitter ainsi, ils rejoignirent un établissement de boisson situé dans la cour basse, l'un des rare accrédité par le Commandeur. Cela faisait aussi partie des attributions d'un chef, savoir partager des moments simples avec ses hommes. Autour d'un saké et d'une bière fraîche, ils discutèrent longuement.
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Suno Uji

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MessageSujet: Re: Dans l'antre de la "Lune Rouge" (solo)   Ven 26 Sep - 19:18

Suno était attablé avec ses hommes lorsque le maître fauconnier arriva. Il tenait une missive qu'il tendit au Commandeur. Ce dernier en détermina tout de suite la provenance, Choi Young. Il déroula le message et en entreprit la lecture.Il se leva rapidement à la vue des lignes du capitaine. Il avait le visage fermé et inquiet. Les conversations se stoppèrent et les hommes le regardèrent. Il termina la lecture rapidement et releva la tête.

Messieurs … . Rassemblez vos affaires, nous partons dans une heure pour la capitale.

Les hommes se regardèrent mais ne discutèrent pas l'ordre. Ils se levèrent et partirent au pas de course vers leurs quartiers. Suno relut le message et partir vers la volière accompagné du maître fauconnier. Il y écrivit deux missives, une pour Choi Young : simple et laconique ; l'autre pour son substitut au palais royal pour demander la réunion du conseil dès son arrivé. Il était impératif d'obtenir une décision rapide à la situation exposée par le capitaine.
Obtenir la réunion du conseil et l'invalidation de l'accord de mariage entre la princesse et un misérable noble de l'Empire Miyong était une priorité. Ce noble semble avoir de l'influence d'après le capitaine et un refus en prétextant l'application des lois du royaume de Soriyeo serait mal vu ?

Suno souffla de mépris et reparti vers ses quartiers. La nuit était tombée depuis peu, l'horizon se paraît de couleurs orangées et violettes, la nuit serait longue. Un aide de camp était là, prévenu par les soldats. Il avait préparé ses vêtements et l'aida à se vêtir. Suno mit une simple tunique puis il revêtit une cote de maille légère. L'aide lui appliqua les diverses parties de l'armure puis noua les liens pour la maintenir en place. Il fixa son Dao ainsi qu'un katana dans son dos. La poignée sortant du côté droit de sa tête. Il sortit rapidement de ses quartiers et se hâta vers les écuries. En chemin, plusieurs de ses hommes le rejoignirent et le reste attendait déjà aux écuries.

Suno en ressenti de la fierté, il n'y avait pas vraiment de raison à cela mais ils s'étaient préparés rapidement sans même une explication ni un seul mot. Il pouvait compter sur eux, il le savait, il le sentait.

Messieurs, je voudrais vous dire un mot.

Il leur fit signe de venir vers lui. Le silence se fit alors que les hommes se disposait en demi cercle autour du Commandeur.

Ce que je vais vous dire, peu d'hommes de notre royaume sont au courant.La Princesse Sian Niang est actuellement en déplacement dans les Empires, elle est accompagné du capitaine Choi Young et d'autres Lunes Rouges qui veillent à sa sécurité. Les frères de la Princesse, dont notre Roi, ont décidé de la marié à un membre de la noblesse voir des familles dirigeantes de ces pays. Un noble de la cour de Miyons a demandé sa main et les frères de Sa majesté ont accepté.
Toutefois, ce noble semble avoir une grande influence et ainsi représenterait une certaine menace si nous invoquions nos lois afin de protéger la Princesse de cette union. Il en viendrait de même si l'Empereur de Miyong s'interposait, ce qui n'est donc pas une bonne chose. Cette union se doit d'être bonne pour notre peuple mais également pour la Princesse.
Le capitaine m'a fait part de cela dans la missive que j'ai reçu tout à l'heure, j'ai donc prit sur moi de demander la réunion du conseil royal afin de retarder cette décision. Il est normal que nous attendions la réponse des autres Empires avant qu'elle soit entérinée. Je sais que d'autres ministres seront d'accord avec moi et il faut le tenter. Ce mariage est peut être une bonne chose mais cet homme doit apprendre à respecter notre Princesse et notre royaume.


Il se tût et jaugea leurs regards. Certains hochaient la tête pour signifier leur acquiescement, d'autres avaient le regard fermé.

C'est la raison pour laquelle nous allons partir pour la capitale en cette nuit.Le Commandeur regarda ses hommes et ceux-ci hochèrent la tête et ils montèrent tous à cheval. Suno les remercia et monta à son tour sur Jinryon. Le cheval se cambra et il partit ensuite au galop, suivit des soldats de la Lune Rouge. Ils sortirent par une porte donnant sur la cour basse et le bruit des sabots des chevaux se fit alors entendre sous al lune. Ils ne ralentirent pas en passant par la porte, ni même sur le pont. Ils ne se retournèrent pas une fois sur la route, continuant leur chemin et s’enfonçant dans les ténèbres. Rien ne pourrait les détourner de leur route désormais.

****************

La route, encore, encore et encore, les soldats de la Lune Rouge galopaient désormais vers le Temple de Soyeo. Le conseil s’était réuni 2 jours plus tôt et ils étaient repartis le soir même. Suno était content des décisions qui avaient été prises là-bas, la plupart des ministres s’étaient rangé à son avis et le Roi lui-même avait trouvé cette solution plus sage et respectueuse des pays voisins. Il n’était pas dépourvu de bon sens et de sagesse malgré son jeune âge. Il désirait bien faire et faire le bonheur de son peuple. Il savait écouter et savait reconnaître ses torts.

Suno l’appréciait et trouvait que le destin lui avait joué un drôle de tour tout de même. Cette situation ne pourrait durer éternellement mais pour l’heure, seul comptait le retour sain et sauf de la Princesse.
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Suno Uji

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MessageSujet: Re: Dans l'antre de la "Lune Rouge" (solo)   Mer 1 Oct - 12:44

Suno était dans sa bibliothèque, plongé dans la lecture d’un ouvrage du fondateur des « Lunes Rouges ». Cet homme avait une connaissance de la guerre et de la stratégie militaire qui dépassait l’entendement. Suno avait suivit un bon apprentissage de la stratégie et des diverses tactiques militaires, de la part des meilleurs instructeurs. Il avait enrichi sa connaissance par l’étude de divers ouvrages mais ce que cet homme faisait tenait du génie.
Ses victoires étaient parfaites et il semblait tout pouvoir prévoir à l’avance. Le Commandeur était vraiment admiratif et c’est pourquoi il ne se lassait pas de lire et relire les divers récits, les mémoires et étudier les terrains d’actions de ces actes. Il espérait ainsi pouvoir se rapprocher de ce génie et pouvoir ensuite le transmettre à son tour.
Le livre à la main, il s’était approché d’une carte disposée à plat sur une grande table en chêne. Tout y était reproduit et Suno y avait disposé des jetons de shôgi pour symboliser les troupes. Il analysait la situation depuis deux longues heures et ne parvenait pas à trouver une faille dans l’exécution du plan. Il entendit les pas avant que l’homme ne soit visible.

Allez-y, entrez.

Il avait dit cela en relevant la tête. L’homme n’en fut pas surpris. C’était le maître fauconnier. Il tenait deux messages dans ses mains.

Commandeur. Suji est arrivé il  a quelques minutes et il était suivit d’un messager du palais, un messager royal.

Suno reposa son ouvrage sur la table et s’approcha du fauconnier pour prendre connaissance des messages. L’homme repartit aussitôt. Il lut d’abord le message du palais et ce qu’il lut le surpris. Il allait donc repartir sur les routes, en direction de l’Empire Miyong. Le second annonçait le retour de la Princesse. Le timing était parfait, il serait aux Portes du Royaume avant leur arrivé et pourrait donc s’y entretenir avec eux. Il déposa la missive royale et le courrier de Choi Young sur la table et alla reposer le vénérable ouvrage dans la vitrine appropriée.
Il fit alors le tour de la pièce et entra dans la partie plus secrète de ses appartements. Il admira sa collection d’armes et récupéra le No-Dachi de Suo, il était assez amusant de voir que l’artisan avait le même nom que son prédécesseur. Devait-on y voir un signe du destin ? Il prit également un katana et son Dao. Il apporterait ces armes pour son voyage. Il ressortit, récupéra les missives et alla trouver ses hommes. Il l’accompagnerait.

Il les trouva dans une cour d’entrainement proche de ses quartiers, ils étaient là, tout les vingt. Il sourit en voyant Dang Na diriger l’exercice. C’est lui qui dirigeait cette petite unité, que l’on pouvait qualifier « d’élite ».  Il s’appuya à un arbre et attendit la fin de l’exercice. Dang avisa sa présence et les fit stopper. Ils se tournèrent vers lui et le saluèrent, il le leur rendit.

Messieurs.

Il avança vers eux en brandissant la missive royale.

Le Roi m’envoit en Empire Miyong afin de discuter avec l’Empereur de divers accords militaires. Vous m’accompagnerez. Nous partons dans deux heures et nous ferons halte aux Portes du Royaume. Messieurs, à vos affaires.

Les soldats saluèrent et se dispersèrent sans un mot, au pas de course. Seul Dang resta et il s’approcha de Suno.

Les Empires ? L’Empire Miyong ?

Et oui mon ami. Il est fini le temps où nous les combattions, désormais la paix guide les pas de nos dirigeants respectifs.

Pour ma part, cela me convient tout à fait même s’il nous faut continuer à être vigilant. Cela prouve que ce que nous avons vécu et fait n’a pas été vain. Tu n’es pas d’accord ?

Si, totalement. Allez, va te préparer ou on va encore t’attendre.

Dang sourit et lui donna une tape sur l’épaule. Il partit et Suno le suivit.

******************

Deux heures plus tard, il arrivait sur la cour haute, suivit des vingt hommes de son escouade. Les deux le suivant directement, portaient chacun un étendard qui signifiait que le Commandeur des Lunes Rouges étaient parmi eux. Les étendards étaient de forme rectangulaire verticale, noir. En leur centre était représenté une lune rouge, entière, disposant seulement d’un croissant argenté dans sa partie inférieure. Au-dessus de cette lune, était inscrit le signe signifiant « Vie » et en dessous celui signifiant « Mort », les deux de couleur rouge.

Leurs chevaux avaient été amenés. Suno s’approcha des escaliers, il dominait ainsi la cour basse où les soldats étaient rassemblés, au garde-à-vous. Il s’agissait là d’une « sortie solennelle ». Le Commandeur se mit à genoux puis salut ses hommes en s’inclinant totalement, son front touchant le sol, ses mains de chaque côté de sa tête, posées sur le sol également. Par ce salut, il leur promettait de revenir ici et de reprendre sa place à leur tête. La cérémonie de « l’entrée solennelle » traduisait le respect de cette promesse et son accomplissement.
Suno se releva, les hommes s’inclinant légèrement. Il se tourna alors vers Jinryon et se hissa sur lui. Le cheval piaffait d’impatience et sentait le départ proche. Il avait envi de courir et de dépenser sa puissance. Les soldats de l’escouade montèrent à leur tour leurs montures et attendirent le signal de départ. Suno tapota légèrement les flancs de Jinryon qui se mit à avancer et il le fit se cabrer juste devant les marches. Le cheval poussa un hennissement puissant et s’élança, dévalant les marches rapidement. Les hommes le suivirent et ils accélérèrent une fois arrivé dans la cour basse et franchirent les portes au galop. Les deux portes étendards juste derrière lui, le tissu claquant dans le vent. Ils disposaient d’un emplacement où loger le pied de l’étendard juste à côté de la selle, ils gardaient ainsi les mains libres.

Le bruit des sabots emplit le pont et les soldats ne ralentirent pas en passant le premier virage. Rien ne pourrait les arrêter désormais, leur objectif était les Portes du Royaume de Soriyeo.
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